« Mon seigneur ! » s'écria l'éclaireur, nous rapportant les dernières nouvelles. Selon les rapports, une guerre avait éclaté entre l'armée de deux mille hommes menée par Lethys Blouse et la force de vingt mille hommes commandée par Rozel.
Lethys tenta d'éviter la guerre de position et recula graduellement en utilisant des tactiques de guérilla. Il semblait avoir tiré parti du terrain, cependant… « Sans notre soutien, il ne peut pas gagner cette guerre », soupira Raymond.
Nous pourrions être dans de beaux draps !
Il allait de soi que nous devions secourir Bartolo en premier ; le rallier à notre camp aurait été immoral, car cela aurait ruiné notre réputation.
D'ailleurs, je n'étais pas prêt à sacrifier une armée de deux mille hommes ; si possible, je voulais qu'ils fassent jonction avec nos forces principales.
« Mon roi, je crois que nous devrions aller les soutenir (Lethys). C'est une bonne occasion d'affaiblir l'ennemi. Le général adverse est inférieur au général Curiu, nous devrions saisir l'opportunité pour détruire cette armée de vingt mille hommes. D'un autre côté, plus nous avons de soldats, mieux c'est. En comptant la faction de Carlo et l'armée de sir Lethys, nous n'avons que quatre mille hommes. Ils n'osent pas affronter les troupes de Rozel de front, donc leurs forces sont dispersées. Si nous ne parvenons pas à les rassembler, il sera très difficile de vaincre l'ennemi. »
Hum, ça a du sens. Pour battre l'ennemi, mieux vaut le frapper là où il est le plus faible. J'ai suivi le conseil de Bartolo et décidé de secourir lord Lethys en premier. « En route vers le territoire de Blouse ! »
« Cher roi de Rosyth, nous vous sommes reconnaissants pour le courage et le soutien de vos troupes ! Comment puis-je vous récompenser ? » Grâce au guide avisé envoyé par Lethys Blouse, nous avons rejoint son armée sans encombre. Nous avons emprunté une route que Cairus ne connaissait pas, et ce sans aucune perte. Avoir une connaissance parfaite du terrain était crucial.
« Ne vous en faites pas, lord Lethys, nous sommes désormais collègues ! » Après les salutations, nous avons immédiatement tenu un conseil de guerre.
« L'ennemi est posté sur le bassin avant avec une armée de vingt mille hommes, dont mille cavaliers. »
« Et pour les monstres volants ? »
« Nous ne pouvons pas le déterminer. »
Hein…
Était-ce si facile de détruire notre armée qu'ils n'avaient pas besoin d'envoyer de monstres et de cavalerie ?
Bon, c'est vrai. L'armée de Lethys jouait un rôle de guérilla pour attirer leur attention vers la zone montagneuse. Évidemment, la cavalerie n'y servait à rien.
« Bien, nous agissons dès que tout est prêt… au total neuf mille fantassins et quatre mille cinq cents cavaliers, moins nombreux au total mais supérieurs en cavalerie. »
« Mon roi Cairus, il semble que le roi de Rosyth s'apprête à faire jonction avec l'armée de Lethys », dit l'adjoint, relayant les informations de leurs éclaireurs au roi Cairus en souriant de joie.
« Excellent ! » pensa le roi. Exterminer ces fourmis était plus difficile qu'il ne le croyait. Puisque les rivaux évitaient toujours la bataille rangée, il devait les écraser graduellement.
« Cependant, si l'armée du roi de Rosyth rejoint Lethys, ils devront nous livrer bataille. Quelle chance inespérée de tous les nettoyer d'un coup ! » (Cairus)
« Hahaha, je vais prendre la tête du roi de Rosyth ! » Cairus et Curiu pensaient que le roi de Rosyth sauverait d'abord leurs compatriotes de Bartolo Pompée, mais à leur grande surprise, il choisit de soutenir Lethys, ce qui parut un peu inefficace.
« Mon roi Cairus, le général Curiu a dit qu'il valait mieux éviter la bataille rangée. »
« Imbécile ! L'ennemi est là, et je devrais éviter le combat ?! Curiu a dit ça pour s'attribuer le mérite ! »
Quand Curiu partit avec Cairus, il dit :
« Comparé à nous, le roi de Rosyth a moins de troupes, mais ses soldats sont de meilleure qualité et il a plus de cavalerie. Souvenez-vous : pas de bataille ! Ignorez ses provocations et faites de votre mieux pour protéger la ville. Après avoir fait tomber sa capitale, je rassemblerai tous nos cinquante mille soldats et les éliminerai totalement. Compris ? »
Aux yeux de Cairus, Curiu n'était que jaloux. Bon, les gens ne voient que ce qu'ils veulent voir.
« Préparez la bataille ! Hahaha, je vais établir le plus grand record de cette guerre ! »
Les deux armées se faisaient face dans une vaste plaine, et l'armée de Rozel occupait le point haut, la colline.
Bah, ce n'est pas très difficile pour nous de gérer un tel avantage. Notre équipement différait de celui de l'ennemi. Nos rivaux, des soldats de Galie, portaient des braies et utilisaient des épées au lieu de lances. Comparés à nos hoplites, ils étaient plus souples et avaient une meilleure manœuvrabilité.
« Almis, ça va ? » Tetra me regarda en me posant la question, visiblement inquiète.
« Pas de problème ! Ça a été testé sur maints champs de bataille, sois tranquille ! »
J'étais le chef suprême de cette guerre. Bien que j'aie dirigé de nombreuses batailles, c'est ma première fois à cette échelle. Mais j'étais confiant, car Raymond et Alexios m'apporteraient un soutien suffisant.
« Parce que nous serons aussi là ! »
« En fait, c'est ça qui m'inquiète… »
« Almis~ ! »
Julia esquissa un sourire en coin, juste une petite blague. J'ai été touché par ce geste.
« Julia a d'excellentes capacités anti-malediction, qui nous seront d'une grande aide ! »
« Hum… ma magie est aussi bonne que tu le dis. Peut-être inférieure à celle de Julia, elle reste suffisante pour le plan anti-illusion. J'ai entendu dire que Rozel a aussi de bons sorciers. »
Bah, les malédictions n'étaient pas particulièrement utiles sur le champ de bataille.
Évidemment, les illusions faisaient toujours partie de notre stratégie, mais…
Il y avait tant de moyens de résister à une malédiction. Comparé à l'effort offensif pour en lancer une, il est bien plus facile de s'en défendre.
« Bon, c'est l'heure de commencer. Écrasons-les avec notre conviction absolue de vaincre ! »
L'infanterie légère de Rosyth entra la première dans la bataille et commença à attaquer l'armée de Rozel avec des jets de lances et des flèches.
Les Rozel tentèrent aussi de riposter à notre attaque aérienne avec leur infanterie légère.
« Lances explosives… Feu ! »
Sur l'ordre de Gram, les lances explosives dessinèrent des arcs dans le ciel et scellèrent la défaite de Rozel.
L'air se remplit de la forte odeur de poudre noire et d'herbes sèches, qui servaient de médium aux malédictions des sorciers.
« Ébranle la terre… »
« Fais tourner le ciel ! »
Lulu et Soyon psalmodièrent ces mantras et brisèrent le sens de l'équilibre de l'ennemi par la malédiction.
« Laisse-moi m'en charger. »
Tetra leva sa baguette. Un éclair se matérialisa et frappa l'armée de Rozel.
« Je ne vois rien que de la fumée ! »
« Qu'est-ce qui se passe ?! Quelqu'un peut m'expliquer ?! »
« Le sol tremble ?! »
« C'est quoi cette lumière ? »
« De la foudre !! On se bat contre le dieu du tonnerre ?! »
Les forces de Rozel sombrèrent dans la panique. Cependant, leurs sorciers d'élite les calmèrent immédiatement avec de la magie apaisante.
Et puis la malédiction rebondit. Mal fait, mal reçu. Telle est la règle des malédictions.
Comparé au lancement, faire rebondir une malédiction est bien plus facile. C'est pour ça qu'il est très risqué d'utiliser des malédictions sur un champ de bataille.
« Idiot ! Tu t'es maudit toi-même ! »
Cairus rit et dit :
« Après tout, trop jeune, trop simple ! »
Mais la malédiction fut parée parfaitement par une femme.
« Bah, pas de surprise que la malédiction ait rebondi. »
C'est Julia.
Elle la renvoya une seconde fois, toute seule.
En plus, Lulu et Soyon aidèrent à la rendre encore plus puissante.
L'armée de Rozel continua de s'effondrer.
« Voilà notre chance ! Tout le monde, suivez-moi ! »
Almis mena la charge sur son cheval, Sakura, suivi de près par ses fidèles élites.
Nos cavaleries prirent l'armée de Rozel à revers et commencèrent à la serrer de près.
« Ron, couvre mes arrières. Vas-y ! »
« Oui, monsieur ! »
Almis s'élança dans la mêlée, son épée damas de dragon luisant au soleil. Sur son passage, des montagnes de corps mirent une pression énorme sur les ennemis. Ron nettoya chaque ennemi qui tentait d'attaquer les arrières d'Almis.
« Mon roi, laissez-moi vous aider ! »
Gram décocha calmement ses flèches vers les chefs d'escouade de Rozel. La plupart furent abattus sur le coup, et leur formation commença à s'effondrer faute de chaîne de commandement complète. Ce fut une aubaine pour Almis de détruire complètement les défenses ennemies.
Cependant, Rozel avait deux fois plus d'infanterie que Rosyth, et ils se mirent à avancer vers l'armée de Rosyth.
« Allez ! Écrasez-les ! »
Puisque l'armée de Rozel occupait la colline, elle avait l'avantage de la hauteur, ce qui influence énormément le cours de la bataille. Ils voulaient en profiter pour anéantir les forces rivales.
« C'est plutôt corsé… c'est très dur pour nous de faire face à un tel nombre d'ennemis. »
Almis fit de son mieux pour stopper l'ennemi tout en encourageant ses soldats à tenir la formation.
« Tenez bon ! Je suis le fils de Mars ! Les dieux sont avec nous ! »
« C'est ça ! Tenez bon ! Notre roi se bat avec nous ! »
Almis hurla et motiva ses troupes à se battre jusqu'au bout contre un ennemi deux fois plus nombreux.
Avec leur roi sur la ligne de front, il était impossible pour des soldats de battre en retraite.
Cependant, la différence de nombre ne se compense pas par le seul moral.
Peu à peu, l'armée de Rosyth fut repoussée, mais…
« Tout le monde, décochez vos flèches sur l'enne et brisez leur formation ! »
Après avoir brisé l'arrière-garde ennemie, Muzio donna l'ordre à sa cavalerie.
« Cavalerie, en avant !… plus de têtes, plus d'argent ! »
Visant l'aile droite, Alexios donna l'ordre aux siens.
« Allez les gars ! Ne perdez pas face à ces putains de cavaleries ! »
« Ne déshonorez pas votre capitaine ! »
Les cavaliers menés par Roswald et Virgar fonçaient sur l'aile gauche ennemie.
Front, avant, aile droite, aile gauche…
L'armée de Rozel était parfaitement encerclée par nous.
« Merde ! Comment peuvent-ils avoir autant de cavalerie ! »
Parce que l'armée de Rosyth encerclait ses troupes de toutes parts, Cairus échoua à reformer son armée.
« Recul !! »
Il s'enfuit du champ de bataille, suivi de son adjoint agité et de sa garde. La retraite est aussi une stratégie militaire viable. D'ordinaire, le commandant doit être le dernier à évacuer le champ de bataille. Cependant, Cairus ne cherchait qu'à fuir le plus vite possible.
« Putain, arrêtez-vous !! »
Entendant ça, Cairus se retourna prestement.
« Je suis Roswald Calpurnius. Je prendrai ta tête ! » Dit Roswald, brandissant son épée.
Cairus dut parer avec la sienne.
Mais…
Kiiiiin… Avec ce bruit, l'épée de Cairus fut coupée en deux.
Technologie sidérurgique rudimentaire VS Acier damas de dragon
Fleurs de serre VS Chevalier vétéran
Le résultat ne faisait aucun doute.
« Cairus est mort ! »
Et ainsi le cours de la guerre commença à tourner en faveur de l'armée de Rosyth.