Le lendemain, je me rendis comme d'habitude à Nihonium dès le matin.
En entrant au premier sous-sol, je tombai sur la princesse Marguerite et son groupe.
Ce sont ceux qui mettent en boîte l'air droppé par les monstres que cette belle jeune fille, la princesse Marguerite, a vaincus, pour le revendre.
Leur chef, un homme, me vit et m'aborda avec un sourire.
« Yo, Satou-san. »
« Yo. »
« Je voulais te remercier si on se rencontrait. Merci d'avoir utilisé les Pandora Box. Grâce à toi, la notoriété de cette boîte a grimpé en flèche. »
« C'est vrai ? »
« Vraiment, merci. »
« Plus que ça, vous êtes encore là pour produire de l'air aujourd'hui ? »
En demandant ça, je jetai un œil à l'intérieur du donjon.
Un peu plus loin, j'aperçus la princesse Marguerite, avec son allure flottante, et ses quatre assistants.
Ils étaient en plein combat. Les quatre hommes affaiblissaient l'ennemi à l'extrême, et la princesse Marguerite portait le coup de grâce — une scène familière.
« Ah. Ces temps-ci, les ventes stagnent un peu, alors je me creuse la tête pour savoir quoi faire. »
« C'est sûr… »
Après tout, ce qu'ils vendent, c'est de l'air.
Le plus incroyable, c'est qu'ils en aient vendu jusqu'ici.
« Ce n'est pas que la popularité de la princesse Marguerite a baissé, mais bon… »
« Vous ne pouvez pas vendre autre chose ? »
« Autre chose ? »
« Oui. Vous utilisez les Pandora Box pour mettre en avant "produit par cette fille", non ? Alors il doit y avoir d'autres trucs qui se vendraient mieux. Par exemple, des culottes. »
« — ! »
L'homme écarta grand les yeux, stupéfait.
« Tu es un génie ! »
« … Plutôt un vieux pervers, peut-être. »
Je le regrettai dès que je l'eus dit. Le burusera, c'est d'une autre époque.
« Ça se vendrait ! Ça se vendrait, mais… l'image de la princesse Marguerite… »
« C'est salissant, en un sens. Comme ouvrir le ventre d'une poule pour en sortir l'œuf. »
« ? »
L'homme pencha la tête, perplexe.
Ah, dans le monde du drop, ce proverbe ne passe pas.
L'expliquer serait chiant, alors je bottai en touche.
« Autre chose, hein… mouais, c'est difficile. »
En voyant l'homme grogner, je réfléchis moi aussi.
À quoi pourrait bien servir la mention "produit par cette fille qu'on appelle princesse" pour vendre.
Je repensai tout à coup à la veille.
Smith avait proposé de fournir une arme à Emily pour en faire une vitrine publicitaire.
Le mot "marque" me traversa l'esprit.
« Et des bagues, ça irait ? »
« Des bagues ? »
« Oui, des bagues. Des bagues produites par la princesse Marguerite. Ce n'est pas vulgaire, et on peut les vendre exactement comme l'air ou les culottes. Tiens… un slogan du genre "La bague que la princesse Marguerite t'offre". »
« Tu es un dieu !!! »
L'homme me couvrit d'encore plus d'éloges.
« Oui, les bagues, c'est bien ! Vraiment bien ! Pour les bagues, ce n'est pas Shikuro mais Macrolide. Du coup, il va falloir engager des aventuriers… »
L'homme se mit à marmonner en se pinçant le menton.
Un vrai commerçant né, qui fonce explorer les possibilités dès qu'il flaire une opportunité.
Je n'allais pas le déranger plus longtemps, alors je —
« Kyaa ! »
Un cri retentit.
Je regardai ce qui se passait : c'était la princesse Marguerite qui hurlait.
Ses quatre assistants venaient de se faire surprendre par plusieurs squelettes surgis des murs et du sol ; certains étaient à terre, d'autres projetés au loin.
Les squelettes, après avoir éliminé les hommes, se tournèrent vers la princesse Marguerite.
Par réflexe, je sortis mon pistolet et tirai des balles d'entrave en rafale.
Le squelette qui levait son bras d'os pour attaquer la princesse Marguerite se retrouva ligoté par des cordes de lumière.
J'avançai, attirai la princesse Marguerite qui faillait s'effondrer, et reculai en sautant.
En l'air, j'échangeai vite fait contre des balles normales, et tirai en rafale sur le squelette.
Plusieurs balles le touchèrent, pulvérisant ses os.
Presque au moment où je retombai au sol, le squelette disparut sans rien laisser.
« Ça va ? »
« Ah… »
La princesse Marguerite me repoussa de ses petites mains contre ma poitrine.
Elle détourna le visage, baissa la tête. Ses joues étaient écarlates.
« Ça va, princesse ! »
« Oui, ça va… »
Elle répondit d'une voix frêle à l'homme qui accourait.
Soulagé de la voir indemne, l'homme se tourna vers moi et s'inclina profondément.
« Merci ! Vraiment merci ! »
« Tant mieux si tout le monde va bien. »
« Laisse-moi au moins te remercier. »
« Pas la peine d'en faire autant. »
« Si, d'après ce que j'ai vu, l'attaque qui a achevé le squelette tout à l'heure est un consommable. Des flèches ou ce genre de truc. Me faire utiliser un truc pareil dans un donjon où il n'y a même pas de drop, c'est vraiment navrant. J'ai une idée ! Je te rembourserai avec une bague ! »
« Hein ? »
« Justement, on venait de décider de vendre des bagues avec le numéro de série de la princesse. Prends la toute première, je t'en prie ! »
« C'est moi qui serais mal à l'aise. »
« La princesse est fragile, tu es littéralement son sauveur, sans flatterie. S'il te plaît ! »
L'homme baissa encore la tête.
Bon, on ne refuse pas un cadeau qu'on me tend.
☆
Après m'être séparé des hommes, je descendis au quatrième sous-sol de Nihonium.
J'affrontai une momie presque immédiatement, à bout portant, par surprise. Je la terrassai au corps à corps, puis tirai une balle de soin sur les bandages qu'elle était devenue pour la faire disparaître.
Pas de drop.
« Hmm. »
Je fis le point, puis continuai plus loin.
Cette fois, deux momies en duo.
Elles avançaient vers moi. Je remarquai une différence de vitesse entre les deux, alors je me retournai d'abord pour prendre la fuite.
Quand les deux momies me poursuivirent en file indienne, je me retournai d'un coup et tirai une balle perforante.
La balle guidée transperça les têtes des deux momies alignées et les fit exploser l'une après l'autre.
Leurs corps s'évanouirent, ne laissant que des bandages emmêlés qui tombèrent au sol.
J'y tirai une balle de soin pour les faire disparaître.
Encore aucun drop.
Après avoir vérifié, je plongeai la main dans la poche à ma ceinture.
Il y avait cinq grains à l'intérieur.
— PV max +0. — PV max +0. — Endurance +1. — Endurance +1. — Endurance +1.
Les annonces d'augmentation de stats retentirent d'un coup, pour chaque grain — chaque graine.
Celles de la momie vaincue en protégeant la princesse Marguerite, plus celles depuis que j'étais descendu au quatrième sous-sol.
Cinq au total, notifiées ensemble.
Cette poche, c'est l'objet droppé quand j'ai battu le Sultan Slime Égaré.
Son effet : absorber directement les drops à l'intérieur.
C'est proche d'une caisse de collecte ou d'une Pandora Box, mais la différence décisive, c'est qu'il saute l'étape "le drop apparaît" pour le mettre direct dedans.
De l'extérieur, on a l'impression qu'"il n'y a pas eu de drop".
C'est un équipement bien pratique.
Jusqu'ici, quand je devais tuer un Égaré en ville ou devant du monde, je faisais gaffe à ce que personne ne voie le moment du drop. Dorénavant, je n'aurai plus à me soucier de ça.
Pendant que je réfléchissais, une autre momie apparut. Je l'expédiai illico et purifiai ses bandages.
Puis je retournai la poche pour ne pas toucher son contenu, et laissai les graines tomber au sol.
— Endurance +1.
Je les ramassai et montai ma stat.
Tant qu'elles sont dans la poche, je ne les ai pas "touchées", donc elles ne disparaissent pas.
Si je les accumule dedans et les ressorte du donjon pour les transformer en Égarés, ça me fera même économiser le coût des caisses de collecte pour reunir mes balles spéciales.
« Y a-t-il d'autres usages ? »
Tandis que je tournais cette particularité dans tous les sens.
J'enchaînai les momies mécaniquement, une après l'autre.
Et mon Endurance passa de E à D.