« Ils attaquent vraiment ? »
Midi, le lendemain.
Après avoir attendu l'arrivée de l'armée du comte Lumberjack équipée d'alliage de mithril, la totalité de l'armée combinée sous les ordres du second prince lança une attaque totale contre le château royal.
« Ne vous inquiétez pas ! La différence de force sera décisive ! Il nous suffit de gagner du temps ! Tenez le château ! Ce sera notre victoire si nous tenons jusqu'à l'arrivée des renforts ! »
Le premier ministre Val lança ces ordres au capitaine du troisième ordre de chevalerie, Djarum, qui lui demandait, affolé.
Cependant, quelques minutes plus tard, le premier ministre remarqua la présence des soldats armés d'alliage de mithril.
Les soldats de Lumberjack formèrent une ligne sans la moindre brèche et, avançant à l'unisson, repoussèrent les soldats de la faction du premier prince à l'intérieur du château.
La différence d'équipement sautait aux yeux. Des épées et des lances en mithril capables de vaincre un ennemi en un coup, et des armures en mithril qui encaissaient deux ou trois coups. De plus, leur légèreté extrême offrait une mobilité excellente. Et il y en avait deux mille ainsi équipés. Des soldats ordinaires ne faisaient pas le poids.
« Rideau magique, prêts ! …… Feu ! »
Ils n'étaient pas les seuls renforts actifs. Particulièrement notables étaient les mages de la première division des mages de la cour royale.
Profitant de leur mobilité, ils se portèrent sur les flancs et utilisèrent Rideau magique — c'est-à-dire des sorts de 《première forme》 enchainés. L'armée ennemie fut saisie par la pluie drue de 【magie】 qui s'abattait sur eux en biais depuis l'avant. Ne sachant comment y faire face, ils ne firent que tourner les talons et fuir.
L'aspect le plus efficace de cette pluie de sorts était qu'elle ne s'arrêtait pas. Contrairement aux sorts de 《deuxième forme》 et de 《troisième forme》, la 【magie》 des sorts de 《première forme》 avait des temps de préparation et de recharge très courts. En tirant à tour de rôle et par vagues, la première division des mages de la cour royale réalisa une pluie continue. Cela n'aurait servi à rien si leurs sorts ne faisaient que des dégâts de tir à la petite balle, mais là, l'augmentation de leur INT devint visible. Résultat, la puissance était telle qu'on ne pouvait tout simplement pas l'ignorer. En d'autres termes, le nombre de blessés augmenta immédiatement. D'une certaine manière, c'était plus embêtant qu'un fort taux de morts.
« Merde ! Repli temporaire ! Reformez les lignes et frappez cette division de mages sur le flan ! »
Dans cette confusion, le commandant de l'armée ennemie donna ces instructions et tenta de reconstruire tant bien que mal les lignes de soldats.
Puis, alors que quelque chose tombait au sol…… Une peur encore plus grande les frappa.
« !? »
Au moment où il levait son épée pour donner ces ordres, le bras du commandant fut arraché en un instant.
Personne parmi les présents ne comprit ce qui s'était passé.
« C-C'est un tireur d'élite…… ! »
Le commandant hurla d'une voix rauque. À ce stade, la terreur et la confusion s'étaient propagées à tous les soldats.
Mais c'était logique. C'était une attaque d'【archerie】 capable d'arracher leurs membres même protégés par une armure, en un seul tir, et de les snipper depuis une position inconnue…… Quoi qu'ils fassent, c'était l'enfer.
Ils pensaient tous la même chose : « Le prochain, c'est ma tête ».
C'était une attaque combinée de 《archerie de tour》 grade 9 et de 《archerie de chevalier》 grade 9 — une attaque de Silvia Virginia.
« Repliez-vous ! Repliez-vous ! »
……Et ainsi cela s'acheva. La faction du second prince parvint à encercler le château royal.
Moins de deux heures s'étaient écoulées depuis le début de la guerre. Ce fut une fin de campagne splendide où seules les pièces minimales furent utilisées. Probablement seulement possible grâce au commandement de Windfield.
« Où ont-ils caché une telle force ! Et où diable ont-ils trouvé autant d'armures en mithril pour équiper tant de soldats ! »
Incapable d'accepter la scène devant lui, le premier ministre se tint la tête dans une tentative d'échapper à cette réalité.
Il ignorait que c'était Second qui avait rassemblé tout ce mithril en à peine un mois. Non, il savait qu'il en集めていた. Mais il n'avait jamais imaginé qu'il y en aurait autant.
« Où sont ces renforts !! »
Perdant patience, il ouvra son dispositif de communication. Et encore et encore il tenta d'entrer en contact.
Cependant…… Il n'avait toujours pas reçu de réponse formelle à sa demande de renforts.
Il attendit, et attendit, mais peu importe le temps, il n'y eut aucune réponse.
« ………… Je vois. »
À ce moment, il comprit enfin.
Il avait été abandonné.
« ……………… POURQUOI…… POURQUOI ÇA…… AAAAHHHH, AAAAGHHH…… ! »
Ses entrailles bouillonnaient de colère. Sa voix se transforma en quelque chose qui n'avait plus de voix, mais un gémissement de souffrance et de frayeur.
Si les renforts arrivaient, ils pouvaient gagner. Si l'empire envoyait ses renforts, même ces soldats en mithril deviendraient triviaux.
Et pourtant, même avec ça…… !
Le premier ministre était si en colère que le grincement de ses dents s'entendait. Du sang coula progressivement de son poing serré.
« MAUDITS SOIENT-ILS !! »
« Tout le monde, écartez-vous. »
Devant la porte, Eko interpella les gens d'une voix joyeuse.
Les soldats assiégeants, obéissant aux mots d'Eko, dégageèrent un passage.
Eko alors, se préparant à courir vers la porte, s'apprêta à activer 《maniement de bouclier de tour》. Ce n'était pas une compétence défensive de 【maniement de bouclier】. C'était une compétence de 【maniement de bouclier】 pour attaquer.
C'était une compétence qui ajoutait une valeur multiplicative de VIT à FOR, une attaque de charge effectuée en sautant en avant. Et son 《maniement de bouclier de tour》 était au grade 9. Cela signifiait un bonus de 250 %. Sa puissance était insondable.
« Transformation ! »
Par-dessus ça, elle utilisa 《transformation》. Son rang était grade 1. Ce qui boostait toutes les stats de 280 %.
Ça devint bruyant, qu'ils soient ennemis ou alliés. Ce fut un choc pour ceux qui voyaient la compétence 《transformation》 pour la première fois. Dans le cas d'Eko, c'était transformation attribut terre. L'apparence d'Eko, vêtue d'une armure rocheuse rugueuse, ressemblait presque à un enfant démoniaque revêtu d'une armure de guerrier.
« J'arrive ! »
« Quand tu veux ! »
Au signal d'Eko, Silvia, qui était positionnée loin en arrière, répondit. Elle avait aussi utilisé 《transformation》. Les compétences qu'elle préparait étaient une combinaison de 《archerie de tour》 grade 9, 《archerie de chevalier》 grade 9, et 《attribut feu・troisième forme》 grade 9, une compétence composée de 【archerie magique】 — c'était actuellement son attaque de puissance maximale.
« C'est parti ! »
« D'ac-coord ! »
Juste avant que Silvia ne tire, Eko activa 《maniement de bouclier de tour》 avec un large sourire et fonça vers la porte. Leur synergie était exceptionnelle, après tout elles étaient capables de faire des tours du donjon de Limptfert toutes les deux seules.
« C'est mauvais » — Malgré le fait que ce n'était l'attaque que de deux personnes, les soldats de la faction du premier prince sentirent intuitivement le danger et tirèrent leurs arcs tous à la fois.
Ça aurait dû être une pluie de flèches rendant impossible toute approche. Cependant…… La charge d'Eko repoussa tout ce qui touchait le grand bouclier, le réduisant en poussière sans s'arrêter le moins du monde. C'était la terrifiante compétence 《maniement de bouclier de tour》.
« BAーーーANG ! »
« !? !? »
Presque au moment où la charge d'Eko percutait la porte du château, Silvia lança sa compétence de 【archerie magique】.
La force de l'impact fit trembler les murs eux-mêmes…… Et la porte fut détruite accompagnée d'un énorme rugissement.
C'est impossible ! Il n'y a pas moyen qu'un être vivant puisse détruire la porte du château en une seule attaque !
Tout le monde pensa cela, mais ils furent démentis par la terrifiante scène devant eux.
Personne parmi les présents n'aurait cru que l'une était une ancienne chevalière ostracisée, et l'autre une demi-humaine rejetée comme une ratée à l'académie royale de magie.
« Toutes forces, chargez ! »
Et ainsi, la porte du château fut facilement franchie.
D'ordinaire, il aurait fallu des dizaines de soldats utilisant des engins de siège, sous une pluie de flèches, de sorts, de pierres et d'huile bouillante. Et seulement après avoir attaqué la porte du château encore et encore, elle aurait fini par céder. Mais là, avec seulement deux personnes et une seule attaque, elle fut détruite sans subir le moindre dégât.
Un siège aurait dû être avantageux pour le premier ministre. Quoi qu'il arrive, ils auraient dû pouvoir tenir quelques jours. Mais qui au monde aurait pu s'attendre à ce que la porte cède dès le début, en un clin d'œil.
…… Non. Le premier ministre aurait dû prendre des contre-mesures après avoir vu Second, la veille, détruire le mur du terrain d'entraînement. C'est-à-dire, si c'était même possible de prendre des mesures en un seul jour.
Mais c'était une partie de vitesse…… Comme l'avait dit Windfield, une bataille ultra-rapide qui ne laissait pas de place à l'adversaire pour jouer. Comme Oda Nobunaga, qui après avoir fait attaquer les deux forteresses de Marune et Washizu, quitta le château de Kiyosu juste avant l'aube, et en une demi-journée, profitant de la pluie battante, lança une attaque surprise contre l'armée Imagawa à Dengaku-Hazama, une bataille éclair.
(NdT : Je ne suis pas sûr de l'exactitude historique, je l'ai traduit tel qu'écrit n'étant pas vraiment versé dans l'histoire japonaise)
La désespérée bataille de siège fut brisée en un instant. Des soldats équipés d'alliage de mithril déferlèrent dans le château par le grand trou où se trouvait la porte, et personne ne put les arrêter.
Puis. Le château, en un clin d'œil, était tombé――
******
« Ils nous ont bien eus. »
Dans une grande pièce si somptueuse que le mot « luxe » ne suffisait pas à lui rendre justice, un homme se parla à lui-même.
Une beauté que tout le monde envierait. Un corps parfait sous tous les aspects. Un homme dont la présence n'était pas inférieure à celle de la pièce elle-même.
« Qu'en penses-tu, Merson ? »
« Je pense qu'on aurait dû envoyer des renforts. »
« Hahaha, je m'en doutais. Mais ce n'est pas de ça que je parlais. »
Assise en face de l'homme se trouvait une jeune femme, qu'au vu de leur différence d'âge, on aurait prise pour sa fille. C'était une beauté exquise avec une atmosphère similaire à celle de l'homme.
« La subordination du royaume a échoué. Dans ce cas, peut-être devons-nous changer d'approche. »
« Hô. As-tu déjà quelque chose en tête ? Dis-le-moi. »
Semblablement intéressé, et agissant comme s'il gâtait un enfant, l'homme l'incita à continuer.
« Si c'était moi, je gagnerais le royaume et j'admonesterais le pays sacré. »
« Et comment le gagnerais-tu ? Avec l'affaire de cette fois, le royaume sera sur ses gardes. »
« C'est une réponse simple. Ça ne marcherait pas si j'épousais quelqu'un de là-bas ? »
Un silence s'installa un instant. L'homme effaça son sourire précédent et fit face à la femme.
« C'est une bonne idée. Cependant, une fille comme toi est plus précieuse que le royaume. »
« Vos louanges sont gaspillées sur moi. »
« Penses-tu que je cherchais à te louer ? C'est faux. Ce serait naïf de croire qu'en mariant un gamin comme Maine, nous obtiendrions le royaume. »
« Pourquoi ? Même jeune, il sera tout de même le roi du pays. »
« Ne sois pas idiote. Tu ne sembles rien comprendre à cette seule pièce. »
« Est-ce que…… est-ce que c'est lié à la raison pour laquelle vous avez refusé la demande de renforts, Père ? »
« Tu as entendu le rapport de l'Ombre, toi aussi, non ? »
« …… Vous plaisantez, ce n'était pas vraiment censé être pris comme une blague ? »
« Hahaha ! Tu l'as dit. Eh bien, attends et vois. Ce sera une bonne leçon pour toi. »
« Compris. Si vous le dites, Père. »
« Le pays sacré ne pourra plus mettre la main sur le royaume. Ce sera un spectacle à voir. »
« On dirait que vous vous amusez, Père. »
« En effet, ils ont cherché noise à un homme comme ça. Pourquoi ne pas en profiter ? »
* * *
« Haaa, j'ai pas envie de le faire…… »
Sur le chemin de la frontière.
Je m'inquiétais tout seul. Je ne cessais de penser à comment s'excuser auprès d'un ami après s'être mis en colère et l'avoir offensé.
D'ailleurs, quand est-ce que j'ai utilisé 《invocation de monstre》 pour la dernière fois ?
C'était depuis cet incident où elle a failli tuer ses alliés, non ?
Pensant que je m'en occuperais plus tard, je l'ai simplement remis à plus tard. Je l'évitais juste inconsciemment parce que je ne savais pas trop comment gérer ça. Tout ce problème avec elle.
Cependant, le moment est venu. C'est tout.
Enfin, je dois me décider.
Née dans les ténèbres de la bibliothèque souterraine du donjon de classe supérieure 『Isoreus』, une espèce mutante du loup de flammes noires, le loup des ténèbres — Anko.
Une carte maîtresse que j'ai passée des mois entiers à acquérir, mais aussi, une mine terrestre surdimensionnée dont je ne sais pas vraiment comment me servir.
Pour être honnête, j'ai un peu peur.
Je ne sais pas exactement de quoi j'ai peur, mais j'ai peur de la revoir en face et d'échanger des mots avec elle.
Peut-être est-ce mon sentiment de culpabilité de l'avoir ignorée si longtemps, ou une honte d'avoir essayé de l'utiliser comme un outil, ou peut-être juste une peur primale. Ou probablement…… son « affection trop lourde », que j'ai légèrement remarquée.
Bah, je ne le saurai pas tant qu'on ne se rencontrera pas et qu'on ne parlera pas.
« … Est-ce que je l'appelle ? »
Cela faisait trois heures que je m'inquiétais. Je me suis enfin décidé.
Heureusement, il est tard dans la nuit. En ce moment, je suis en plein voyage de nuit.
M'arrêtant sur le bas-côté de la route, je descendis de Septième Teiō.
Sur ce chemin forestier sombre, seul le clair de lune éclaire les alentours. Je prends une grande inspiration…… Puis j'active 《invocation de monstre》.
Immédiatement après. Comme si les ténèbres se tordaient sur elles-mêmes, le vide prit lentement la forme d'une femme envoûtante vêtue de noir, se révélant.
Yeux bridés et un visage doucement souriant d'où l'on ne pouvait ressentir aucune expression précise. Puis, elle s'agenouilla silencieusement sur place et baissa la tête.
« ………… »
Le silence suivit.
Quelques secondes plus tard, je me souvins. À ce moment-là, je lui avais ordonné « N'entreprends aucune action sans ma permission ».
…… Cela veut-il dire qu'Anko obéit à mes ordres même si je l'ai négligée si longtemps ?
En même temps qu'un frisson me parcourait l'échine, une question surgit. Qu'est-ce qui la pousse à faire ça ? En y réfléchissant, je ne sais pas grand-chose d'elle.
« Désolé de t'avoir fait attendre. Tu peux parler. »
Quand je lui donnai la permission, Anko s'inclina encore plus bas et parla respectueusement.
« Ahh, mon Seigneur. Mon bien-aimé Seigneur. Je voulais vous voir. »
Et à nouveau, le silence suivit.
…… C'est tout ? Après que je l'ai ignorée pendant longtemps parce que je trouvais ça chiant de la gérer, elle me dit qu'elle m'aime et qu'elle voulait me voir…… est-ce vraiment tout ?
Ça me donna une sensation mystérieusement agréable. Comme quand, après t'être excusé auprès d'un ami que tu croyais fâché, tu as l'impression qu'il ne l'était pas du tout. Non, ce n'est pas tout. Derrière ce soulagement se cachait le plaisir coupable d'avoir obtenu une femme qui m'obéissait absolument. Une femme commode. On dirait qu'au final, j'en profiterai.
Mais, c'est pas bien. Pas bien. Je vais résister à la tentation avec un esprit résolu.
« Dis tes vrais sentiments, Anko. Toi et moi, on doit parler cartes sur table. »
Accroupi, je parlai en regardant Anko dans les yeux.
Faisant une figure surprise, les yeux en forme de ハ et les yeux humides, Anko commença à rassembler ses mots.
« Seul vous pouvez me tuer (m'arrêter), mon Seigneur. Seul vous pouvez me faire vivre (m'utiliser au mieux), mon Seigneur. Je ne peux m'empêcher de vous aimer inconditionnellement, mon Seigneur. C'est tout. Je suis juste satisfaite que vous, mon Seigneur, m'ayez libérée de ce sortilège de liaison de Dieu. »
« En d'autres termes, tu m'aimes juste parce que je t'ai apprivoisée ? »
« Vous avez tort ! Je vous aime parce que vous êtes vous, mon Seigneur. Pas n'importe qui, mais parce que c'est vous, mon Seigneur ! »
Une confession fervente. Ça me fait plutôt plaisir. Heureux…… Mais je ne suis pas tout à fait convaincu. Est-ce qu'elle a une obéissance absolue parce qu'elle m'aime ? A-t-elle supporté parce qu'elle m'aime ? Est-ce que ça lui va ?
« … Vous avez une tête qui dit que ça n'a pas de sens pour vous, mon Seigneur. C'est bon, j'ai pris ma décision. Je parlerai plus en profondeur. »
Anko, qui avait lu mon expression, parla d'un air vif et d'une expression plus sérieuse. Le grain de beauté sombre près de ses lèvres la rendait très sexy.
« Tout d'abord, il y a une chose que vous avez mal comprise, mon Seigneur. Ce serait une énorme erreur de penser que j'aimerais n'importe qui qui m'aurait apprivoisée. Si vous pensez autrement, amenez cette personne ici tout de suite ! Vous comprenez ? Pour moi, maintenant et à l'avenir, vous êtes le seul. Mon seul et unique. »
« O-o k. »
« Ensuite. Vous vous êtes excusé de m'avoir fait attendre. Pourquoi !? Je n'ai aucune plainte à être traitée comme votre outil, mon Seigneur. Au contraire, c'est très agréable quand vous le faites ! Bien sûr, il y a le désir d'être un peu plus proche et à vos côtés, mais si j'insiste, il y a encore du plaisir dans le fait que moi, un loup des ténèbres, serais négligée ! »
« O-o k…… »
« Juste en étant utilisée par vous, je me sens en extase ! Je peux être au zénith rien qu'en vous servant ! Ahhh, mon Seigneur ! Je suis à vous, mon Seigneur. L'Anko de mon Seigneur ! Juste ça suffit ! N'oubliez absolument pas ça ! »
« J-je vois. Je comprends. Je suis convaincu ! »
Ça avait un sacré impact. Je n'eus d'autre choix que d'acquiescer.
Peut-être que j'ai ouvert une terrifiante boîte de Pandore.
« Ahh, vous être convaincu, c'est juste parfait. Mon Seigneur, s'il vous plaît, utilisez cette Anko ici comme un outil par tous les moyens. Laissez-moi être votre arme de massacre. Je deviendrai le bouclier qui vous protège de n'importe quoi. Ici, je suis à votre volonté, mon Seigneur. »
A l'air d'être dans un état d'euphorie, Anko enlça mon corps.
…… Je vois, avec ça, je peux être convaincu.
En y repensant, chaque fois que je lui donnais un ordre, elle avait toujours cette expression en extase. Je suppose que pour elle, être commandée, être utilisée, est un plaisir. Après avoir passé des siècles dans la solitude en tant que plus fort être, le loup des ténèbres, à la bibliothèque souterraine d'Isoreus, elle se réjouit d'être utilisée par une présence plus forte qu'elle. Et ça tombait sur moi. Elle a attendu des décennies, des siècles pour trouver un taré comme moi. Et puis, j'ai apparu. Pour moi, je suis la seule personne au monde sur qui elle peut compter. Et ça l'a rendue « tordue ». Pour elle, ce n'est pas décrit comme une simple dépendance, mais comme un amour profond et dense. Sa vie. Son âme. Elle mise tout son corps et son âme sur moi.
« … Ah »
Juste au moment où elle allait toucher mes lèvres, je relâchai son corps. Alors qu'elle laissait échapper une voix légèrement déçue, Anko, pour une raison quelconque, paraissait bien plus attirante qu'avant.
« Ne fais pas cette tête. Tu n'as rien fait de mal. »
Moi, son maître, je dois accepter ses sentiments tordus qui débordent. C'est la responsabilité de l'homme qui l'a nommée, et aussi, de l'homme qui l'a tuée à moitié 2 168 fois.
Je dois arrêter de l'éviter. Aussi, je dois arrêter de faire des suppositions et de décider de ce qui m'arrange. Essayer de ne pas la stimuler n'avait absolument aucun sens. Je dois l'affronter de face. C'est tout ce que j'ai à faire. Juste ça.
Nous échangeâmes des mots chuchotés à une distance où nous pouvions sentir le souffle de l'autre.
« J'ai un travail pour toi. C'est un gros travail. »
« Oui, peu importe ce que c'est. »
« … Mais avant ça. »
« Mon Seigneur, je suis très heureuse. Ahhh, pour Anko, c'est la meilleure récompense…… »
Anko dit en approchant son visage et en mouillant ses yeux, pour ne pas me laisser finir.
« S'il te plaît, prends les devants, c'est ma première fois. »