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Moto Sekai Ichi’i no Sub-chara Ikusei Nikki

Chapitre 64

Moto Sekai Ichi’i no Sub-chara Ikusei NikkiMoto Sekai Ichi’i no Sub-chara Ikusei Nikki
Chapitre 64

Chapitre 64

Chapitre 64/14644%~24 min de lecture4 710 mots

Je m'appelle Ploum. J'ai quatorze ans cette année et je suis palefrenier de la maison Firstest. Un palefrenier, c'est celui qui s'occupe des chevaux. Pour qu'un idiot comme moi se voie confier un tel poste, sans blague, j'ai été incapable de travailler correctement les premières semaines. C'était vraiment le bordel. Même les tâches les plus basiques étaient difficiles ; je me suis fait botter par un cheval, et même tabasser par Jast-aniki.

Ah, Jast-aniki, c'est mon supérieur. C'est une sorte de « Maître d'écurie », bref, c'est la personne la plus importante des écuries. Il a deux ans de plus que moi, les cheveux bruns plaqués en arrière et des yeux sanpaku perçants. C'est un Aniki terrifiant qui ferait fuir n'importe qui rien qu'en le regardant. Et en plus, il est incroyable, après tout, il est membre des 『The Big Four』.

Il est sérieusement incroyable, non ? C'est quoi, les 『The Big Four』 ? En partant du majordome Cubero, puis le chef cuisinier Sovra, le jardinier en chef Lilly, et enfin le palefrenier en chef Jast. Il parait que chacun de ces quatre est incroyablement dangereux, mais je pense qu'Aniki est encore plus incroyable. Pourquoi ? Parce qu'il est mon Aniki ! Il est vraiment cool. Je ne sais pas si c'est à cause de sa gueule, ou parce qu'il bosse dur, mais en tout cas, il est vraiment cool.

……Ah. Et Aniki est le seul qui s'occuperait d'un gamin esclave aussi négligeable et sans valeur que moi. Et aussi, Aniki est le seul qui m'engueulerait sans me virer――

« Hé, Ploum. Qu'est-ce que tu fous dans le coin de la cantine, sans même manger ? »

« Gueh, Aniki ! S'il te plaît, ne surgis pas comme ça ! Des notes, je prends des notes ! »

À un moment donné, il semble qu'Aniki soit arrivé sans que je m'en rende compte.

Je ne sais pas vraiment écrire, tu vois. C pour ça que je m'entraîne dur en ce moment. Je me disais que ce serait bien si, un jour, j'arrivais à écrire quelque chose comme une biographie ou un truc du genre.

Cependant…… je serais un peu gêné si Aniki l'apprenait. C pour ça que j'ai menti par réflexe.

« Hein ? Tu écrivais ? »

« ……Eh bien, oui. Mais même si j'écris, y a des mots que je connais pas. »

« Pour de vrai !? T'as appris ça où ? »

« Mes parents me l'ont appris quand j'avais neuf ans. »

« Ho ! Tu as eu une éducation précoce, dis donc. C'est pas mal, ça. Ça a dû t'être utile. »

« Ouais. »

C'est un mensonge de dire que je sais écrire. Enfin, c'est vrai que mes parents me l'ont appris. Mais la vérité, c'est qu'ils essayaient juste d'augmenter mon prix de vente comme esclave. Les esclaves qui savaient lire et écrire se vendaient plus cher, donc pour eux, c'était un investissement.

Mais quand j'ai appris à peine à lire et écrire, j'ai surpris mes parents en train de discuter avec un marchand d'esclaves pour me vendre, et j'ai pensé « C'est pas bon ». Me disant « À ce rythme, je vais me faire vendre », j'ai fui la maison et j'ai vécu dans les bas-fonds boueux. C pour ça que je sais en fait seulement lire et écrire les a-i-u-e-o. Après tout, t'as pas besoin de lire ou d'écrire pour être voleur. Enfin, j'étais pas très doué donc j'ai fini par faire une bourde, me faire chopper et devenir esclave.

……Parlant de ça. Là, je suis esclave, non ? Vu que je touche un salaire plutôt sympa, j'ai pas trop l'impression de l'être.

C'est un miracle, un vrai miracle. Quelle chance d'avoir été acheté par cette maison. Si t'es un gamin esclave de quatorze ans comme moi, soit on te force à bosser jusqu'à la mort, soit on te refourgue à quelque pervers dans un deal sous le manteau. Et si t'as de la chance, tu finis jouet de quelque noble. Moi j'ai pas une grande gueule, donc c'était impossible de base.

Hein, attends…… ? J'y avais pas vraiment réfléchi jusqu'ici, mais en y pensant bien, la maison Firstest est pas un peu bizarre ? Même en tant que palefrenier de bas étage, j'ai un salaire suffisant, le boulot est pas si dur et ça vaut le coup, le dortoir pour nous les domestiques est un manoir, j'ai pas à payer loyer ni bouffe, et comme je suis esclave, je paie pas d'impôts moi-même.

Whoa, c'est pas incroyable ça ? Presque le paradis ? Et si moi j'ai ça, combien Aniki et les autres des 『The Big Four』 ils touchent ? Ou plutôt, pourquoi Aniki a atterri palefrenier dans un endroit pareil ? Aniki et les autres des 『The Big Four », ils sont esclaves comme moi ?

…………Hein ? Si j'y réfléchis, je connais en fait rien du tout sur Aniki……

« Alors ? Des notes sur quoi ? »

« Ahh, euhm. »

Pendant que je pensais à plein de trucs, la voix d'Aniki m'a ramené à notre conversation d'avant. Aniki a l'air étonnamment persévérant.

Uwaa, comment je le bernais ? Rien me vient. Ahh, c'est foutu, je vais passer pour suspect. Mince, tant pis, je vais devoir mentir pour m'en sortir.

« E-En fait……. Je pensais à Aniki et aux 『The Big Four』…… J'aimerais écrire une biographie sur vous…… mais je sais pas par où commencer. »

Ahh-aah, c'est fini. Il va totalement démasquer le truc. Honte sur moi. « Ne viens pas me cracher tes mensonges à la figure », et il va sûrement me frapper. Je parie 10 000 CL qu'il le fait.

Aniki m'a alors dévisagé avec ces yeux qui font pas leur âge pour un gamin de seize ans. J'ai fermé les yeux involontairement, serrant les dents en même temps.

« —―C'est pas une excellente idée, ça, Ploum ! »

Pourtant, ce qui m'est tombé dessus, c'étaient ni des insultes ni des coups, mais des mots enthousiastes.

« Ma biographie, hein ? J'attends ça grave. »

« O-Ouais. Eh bien, attends-toi à du lourd. »

« Ouais ! Ah, au fait, ce serait pas mieux de faire une interview ? »

« N-Non. »

« HEIN ? »

« Nan, t'as raison. Une interview serait super. »

« Je le sais bien ! »

Comment on en est arrivé là ? C'est le bordel ; je vais devoir retenir ça en faisant semblant de prendre des notes……

« D'accord. Demande-moi ce que tu veux. »

« Aniki, t'es pas occupé par le boulot ? »

« T'inquiète. Je suis en pause en ce moment. »

Aniki a l'air d'être d'excellente humeur. Il sourit à plein dents. C'est à cause de la biographie ?

……Bon, Aniki est content, je peux pas trahir ses attentes. Retenant ma faim, j'ai préparé le stylo et le papier.

« Alors, pour commencer, tu faisais quoi avant d'arriver ici ? »

« J'étais voyou. »

« Un voyou !? »

La première question a révélé un fait étonnant ! Aniki était un voyou !? Ce Aniki incroyable !? Pour de vrai !?

Tout ce que je pensais sur la façon de faire une biographie correcte s'est envolé d'un coup et j'ai commencé à poser plein d'autres questions.

« Donc, t'étais voyou, hein !? »

« Bah, j'ai commencé comme orphelin. Mais après plein de trucs, j'ai dévié et j'suis devenu voyou. »

« Ah, donc t'étais un de ces guetteurs des bas-fonds ? »

« J'avais pas ce luxe. Je volais tous les jours ; je volais juste pour bouffer ce jour-là. »

« ………… »

Pareil que moi. Voler ou se faire voler, racketter ou se faire racketer. Une vie pourrie à marcher sur les autres. C'était ça, ma vie. La seule façon de vivre que je connaissais.

« Mais j'étais nul là-dedans, donc j'ai eu d'autre choix que de devenir esclave moi-même pour pouvoir manger. Enfin, vu le résultat final, je pense que c'était un bon choix. »

En disant ces mots, les yeux d'Aniki se sont perdus au loin et il a continué.

« Et pendant que je croupissais là dans une cage de merde, à vivre déprimé, on m'a soudain dit de dégager. C'est là que ces deux-là m'ont récupéré. »

« Ces deux-là ? »

« Second-sama et Yukari-sama. »

Second-sama !? C'est quelqu'un qu'un sous-fifre comme moi n'a jamais vu encore, notre Maître. Yukari-sama est la cheffe des servantes donc je l'ai vue quelques fois, mais je lui ai jamais parlé. Pour quelqu'un comme moi, ce sont des êtres célestes. Wahou, Aniki a rencontré ces deux-là en face à face. Comme je disais, Aniki est grand.

« Ils avaient une aura impressionnante. Je pouvais rien faire d'autre que me sentir submergé. Je tremblais même comme un slime nouveau-né. »

« Tu rigoles !? Aniki, toi !? »

« Ouais. Silvia-sama et Eko-sama sont dingues, mais ceux-là sont sur un tout autre niveau. »

Le visage d'Aniki s'est élargi en un large sourire. En y pensant, tout le monde est pareil. Quand ils parlent de ces quatre de la maison Firstest, ils finissent souvent par avoir un air heureux. Comme quand tu parles de tes meilleurs potes.

……Je suis sûr que c'était de l'envie. C pour ça que j'ai dit ce que j'ai dit ensuite.

« Mais Aniki, toi aussi t'es incroyable. Enfin, t'es pas dans les 『The Big Four』 ? Peut-être que tu perdrais même pas contre Second-sama si tu-ughh―― »

L'instant d'après, le poing serré d'Aniki a heurté mon ventre.

« Uh…. Kah..! »

J'arrive plus à respirer !

« Hé, Ploum. Je sais que t'es un idiot et que tu parles sans réfléchir. Mais tu dois savoir qu'il y a des trucs qu'on peut pardonner et d'autres non. »

« Uu……uuu. »

« Peu importe la raison, même si c'est une blague, tu dois toujours respecter ton maître. Ça m'importe peu si tu penses que ton Aniki est meilleur. C'est une énorme erreur, mais les gens sont humains, donc on peut pas s'empêcher de faire des erreurs. Cependant, tu ne dois jamais le dire. C'est putain d'irritant. »

« ……Oo……kay. »

« Bon, je comprends que c'est dur de montrer du respect à quelqu'un qu'on n'a jamais rencontré. Cependant…… rappelle-toi que toi, moi, et tout le monde dans cette maison ont une énorme dette de gratitude envers lui. »

Ahh, c'est exactement comme dit Aniki. J'étais con. Je réfléchissais pas du tout. C'est évident d'être irrité si quelqu'un parle comme ça de quelqu'un que t'aimes. Moi je serais pareil si on parlait d'Aniki comme ça. J'irais peut-être même jusqu'à régler le compte moi-même.

Bon, mais même avec ça…… j'aime toujours Aniki. J'aime Aniki qui m'engueule comme ça.

« Je suis vraiment désolé, Aniki…… ! »

« Quoi ? Pourquoi tu pleures ? Vraiment !? T'es pas un idiot !? Putain, t'es pathétique ! »

C'est un tyran, il a une sale gueule et il est prompt à la violence, mais Aniki a été la première personne que j'ai rencontrée ici. Je veux le suivre pour le reste de ma vie.

Je suis juste un gars stupide, mais quand même, je veux suivre Aniki. Donc, tant que je pense encore « Puisqu'Aniki le respecte, moi aussi je le ferai », j'ai décidé de respecter le Maître. Après tout, ce qu'Aniki dit est absolu.

Cependant, cette image qu'il a est trop grande pour que je puisse l'imaginer. Je suis sûr que c'est quelqu'un d'incroyable, mais là tout de suite je pige pas vraiment. Ça fait un peu comme quand les gens disent « Puisque Dieu a créé ce monde, il faut lui prier ». J'ai jamais vu ni rencontré Dieu, donc j'ai pas vraiment envie d'y croire.

Cependant, je me demande pourquoi Aniki le respecte autant ? Peut-être que les 『The Big Four』 sont pareils ?

Soudain, je me suis intéressé au Maître. Un homme qui rassemble autant de respect de la part de types aussi féroces et forts. Je me demande à quel point il est incroyable. Puisque, contrairement à Dieu, je peux vraiment le rencontrer, je devrais pouvoir le découvrir. Cependant, je pense pas que j'aurai l'occasion de le voir. Que faire ?

« Bon, alors mon interview est finie. Comment ça serait d'aller chez Lilly-chan demain ? Il continuera l'histoire. »

« ……! D'accord, merci ! »

C'est vrai, je peux entendre parler du Maître par les 『The Big Four』 !

« T'es incroyable, Aniki ! »

« Quoi ? Ah, ouais. »

Le lendemain. Après être allé à la cantine à midi, je me suis dirigé vers le jardin pour interviewer le jardinier en chef, Lilly-san.

« Oh mon dieu, c'est pas Plo-chan ? Je t'attendais. »

« S-salut…… Je suis Ploum, Lilly-san. »

« Oh, s'il te plaît, pas de « san ». Appelle-moi juste Lilly-chan, d'accord ? »

« O-okay. Lilly-chan. »

Le jardinier en chef Lilly―― un homme musclé, bodybuildé, qui agit comme une « grande sœur » m'a accueilli avec sa voix rauque.

Jusqu'ici, je l'avais seulement vu de loin, mais le faire face comme ça me met vraiment une pression incroyable. De plus d'une façon.

« J'ai entendu parler de toi par Jas-chan. Il a dit que tu allais écrire ma biographie ! Vas-y, je répondrai à aaabsolument tout ce que tu demanderas ! »

Il a parlé en tortillant son énorme corps……

« A-D'accord, allons-y…… Lilly, -chan, t'as quel âge ? »

« Demander l'âge à une demoiselle, c'est pas poli. Mais je te répondrai rien que pour toi. J'ai 38 ans cette année. »

38 ans, c'est plus une demoiselle. Enfin, sa barbe et son crâne chauve le font 확실히 paraître vieux…… pourtant, ses muscles bien dessinés sont incroyables.

« Tu faisais quoi avant d'arriver ici ? »

« J'étais aventurier. J'étais un artiste martial de rang C. »

Tout comme Aniki, ses yeux se sont perdus au loin. Je me demande ce qui est arrivé à Lilly-san dans le passé…… ?

« Mais, pour être totalement honnête, je voulais pas être aventurier. Cependant, on m'a refusé au boulot que je voulais vraiment, fleuriste, à cause de mon apparence, donc j'avais d'autre choix que de bosser dur en tant qu'aventurier pour survivre. »

« Mais, t'es quand même costaud, non Lilly-chan ? »

« Pas du tout. J'étais certainement fort, mais être aventurier, c'est pas si gentil. C pour ça que des aventuriers de niveau intermédiaire comme moi formaient des équipes pour défier les donjons. »

Le visage lumineux de Lilly-san s'est un peu assombri en disant ça.

« « Tu es dégoûtant »…… On me le disait souvent. En face, dans mon dos, et même sans le dire en mots, leur attitude l'exprimait. Ils m'ont tous harcelé. J'ai été ostracisé et ils m'ont aussi volé mes objets. Je me demandais toujours pourquoi j'étais né dans un tel corps, mais c'était douloureusement clair que rien n'y pouvait être fait même si je m'en faisais du souci……」

« Lilly-chan…… »

Cette personne a aussi souffert.

« Un jour, une nouvelle femme a rejoint l'équipe où j'étais. Cette fille comprenait beaucoup ma situation. C'était la première fois qu'on se rencontrait, mais j'avais l'impression qu'elle était une amie proche. »

« Ahh, donc elle t'a pas abandonné. »

« ……J'étais très content qu'elle m'ait désigné comme garde pendant qu'elle se changeait. Je pensais qu'on me traitait enfin comme une femme. Mais, tu vois, quelques minutes plus tard, cette fille a commencé à hurler. »

« Ha…… ? »

« C'était un piège. Pour me virer de l'équipe. Tous les membres avaient comploté et tendu ce piège pour moi. »

« ………… »

……C'est affreux. Entendre une histoire aussi terrible, je sais pas quoi dire. Je me demande ce qui est arrivé à Lilly-san après.

« Je suis devenu esclave sous l'accusation de voyeurisme. J'étais vraiment désespéré à ce moment-là. Après tout, personne n'achèterait une fille avec un corps musclé aussi dégoûtant que le mien. Et même si j'étais acheté, mon avenir aurait probablement été du travail forcé jusqu'à la mort. Non ? J'étais complètement acculé. »

Bah, c'est évident de désespérer dans cette situation. Si c'était moi, je pourrais plus faire confiance à personne. Cependant, je vois, Lilly-san était un esclave acheté par cette maison.

« —―Jusqu'ici, c'était juste une histoire déprimante. Mais à partir de là, j'ai vraiment commencé à briller―― »

…………Hein ?

« Ahhhh ! C'était le coup de foudre, c'était vraiment le coup de foudre ! Je pourrai jamais oublier de ma vie le choc que j'ai reçu quand j'ai vu Second-sama pour la première fois ! »

« ……O-okay. »

« La raison évidente, c'est qu'il était super beau, non ? Mais si Second-sama n'avait pas été là, c'aurait été la fin pour moi. Impossible de ne pas tomber amoureuse ! En plus, il m'a donné une vie sans encombre et m'a confié le boulot que j'ai toujours voulu faire…… Ahh, je crois que je vais… ! Je crois que je vais pleurer !! »

Il avait un air sombre jusqu'à présent, mais il est revenu à son état habituel et on dirait que ses émotions allaient exploser.

Lilly-san a alors commencé à parler sans arrêt de la grandeur du Maître. J'avais l'impression de pas trouver le bon moment pour couper court.

« —―C'est pas vrai !? Hé, Plo-chan, tu m'écoutes ? »

« O-Ouais. Mais, c'est l'heure de la prochaine question. »

« Ahh, oh mon dieu, c'est pas possible, je me suis trop emportée. Désolée. »

Je suis sauvé……

« Bon, la prochaine question, c'est pourquoi tu es devenu jardinier ? »

« Ahh, pour ça. Je suppose que la raison principale, c'est que je le voulais. »

« Tu le voulais ? »

« Ouais. Tu trouves pas que s'occuper du jardin, c'est bien ? J'ai toujours rêvé de ce genre de boulot. Faire pousser de jolies fleurs et entretenir un jardin de rêve, tu vois ? »

Ahh, c'est vrai, il m'avait dit qu'il voulait être fleuriste. Je suppose qu'il a ses côtés mignons.

« Cependant, ce n'est pas mon seul boulot. En fait, ça fait aussi office de patrouille. Un truc comme agent de sécurité. Cube-chan a dit que c'était parfait pour moi vu que j'avais l'air costaud. »

« Certainement, si Lilly-chan est là, n'importe quel voleur qui essaierait d'entrer s'enfuirait en pensant qu'un monstre est sorti. »

« Qu'est-ce que t'as dit ? »

« Non, rien, oublie. »

Whoa, cette personne est vraiment flippante.

« Fuu…… oh mon dieu, on dirait qu'on a plus de temps. C'est presque l'heure pour que cet endroit ouvre. Donc, j'ai été utile ? »

« Ouais. Extrêmement utile. »

« Alors c'est bien. Eh bien, je vais aller parler avec Sovra-chan. À plus~ »

Lilly-san m'a serré la main et est parti. C'était la première fois que je parlais avec Lilly-san, mais il a l'air d'un bon gars. Il a l'air d'être à la fois craint et aimé par ses subordonnés au jardin.

Demain, c'est le tour de Sovra-niisan, hein ? ……Je suis pas trop à l'aise avec lui.

——

——

« Ohh, le raté est arrivé. »

Le soir du lendemain. Quand je suis allé à la porte arrière de la cuisine, Sovra-niisan m'attendait là en fumant une clope.

Il a les cheveux noirs en bataille avec une barbe et porte des lunettes. Pour être honnête, il a pas du tout une tête de cuistot.

« Qui est un raté ? Moi c'est Ploum. »

« Ahh, c'est ça ? De toute façon, assieds-toi là. »

« Y a que le sol là-bas ! »

« Quoi ? Je vois. Bah, peu importe, assieds-toi où tu veux. »

J'ai l'impression d'être haï, d'une façon ou d'une.

« Chef cuisinier Sovra. 35 ans, célibataire. Candidatures pour petite amie acceptées. »

Sans attendre que je pose une question, Sovra-niisan s'est présenté. Hé, attends une minute. Candidatures pour petite amie ?

« Tu t'es disputé avec ta copine ? »

« HAAAAAA ? J'ai jamais eu de copine, idiot. »

« Alors, c'était qui la fille avec qui tu marchais l'autre jour ? »

« Punaise. »

« ……………Haa. »

« Ahh, c'est ça que tu voulais dire ? D'accord, je pige. Je te préparerai une ou deux femmes―― »

« C'est pas ça ! Ça va, je suis bon ! De toute façon, continuons l'interview ! »

Ahh, c'est un cas désespéré, c'est trop un dragueur.

« Tu faisais quoi avant d'arriver ici ? »

« J'étais aventurier de rang B. »

« Ehh, pour de vrai !? »

Inattendu. En plus, rang B. C'est plutôt costaud.

« Mes compétences en Escrime et en Maniement de lance étaient assez bien pour faire hurler les filles, tu sais. Bien sûr, mes « compétences nocturnes » les feraient hurler aussi. »

« C'est ça ? Alors, pourquoi t'es venu ici ? »

« Je me suis fait avoir par une femme. »

« Nbufu ! »

Je me suis pris un coup.

« C'était une garce que mes parents avaient égoïstement décidée comme ma future épouse. Mais c'était juste pour qu'ils puissent échapper à leurs dettes. Dès le début, c'était juste une ruse pour me faire porter la dette que ma famille avait envers des gens dangereux. »

« ……C'est plutôt dur. »

« Et le pire, c'est que cette femme l'a pris super au sérieux. En plus, il parait qu'elle a emprunté de l'argent aux mêmes gens dangereux et qu'elle devait le rembourser vite. C pour ça que j'ai décidé de devenir esclave pour payer l'argent…… »

« Mais ? »

« En fait, elle a juste utilisé l'argent pour elle. Je l'ai su que plus tard, et je pouvais rien faire vu que j'étais juste un esclave, mais la dette est restée et devait être transmise au maître qui m'achèterait. Je suis devenu totally un esclave piège. »

« Wahou, quelle femme terrible. »

« Bah, elle m'a bien eu. »

« C'était le pire…… »

Mais, du coup, avec ça je suis un peu convaincu. Sovra est connu comme un dragueur qui sort avec plein de femmes différentes en ville quand il a le temps, mais y a une rumeur comme quoi il ne passe jamais trop de temps avec une seule. Quand je l'ai vu en rendez-vous en ville, j'ai cru qu'il avait enfin décidé de se poser, mais je suppose qu'il s'amusait juste.

……Il ne deviendra jamais sérieux avec qui que ce soit. Ou plutôt, il ne peut pas devenir sérieux. Ça a l'air un peu cool, mais il ne s'amuse pas un peu trop ? Je me demande s'il veut vraiment une relation sérieuse, mais que ses soucis l'en empêchent ?

Ahh, j'ai remarqué un truc bizarre. Demandons-lui.

« Sovra-niisan. Je le dis juste comme ça, mais pourquoi tu as pas posé la main sur les servantes ? »

C'était juste une question anodine.

Mais à cet instant―― Un couteau a transpercé le sol juste sous mon entrejambe.

« Ueeehh!? »

« Arrête de dire n'importe quoi. »

C'était une voix calme. J'ai tout de suite remarqué qu'il était extrêmement en colère. J'ai encore fait une connerie ?

« J-Je suis désolé, niisan. »

« Je veux pas de tes excuses stupides, putain de gamin. On dirait juste que tu piges toujours pas ta position. Ahh, sérieusement, c'est quoi ce que Jast fout…… »

Sovra-niisan a dit ça en se grattant la tête, visiblement irrité.

J'ai été vraiment pris au dépourvu. Mes paroles inconsidérées l'ont fait mal penser d'Aniki !

« ……Écoute-moi bien, à qui tu penses qu'appartiennent les servantes ? On va l'entendre. »

Après avoir poussé un énorme soupir, Sovra-niisan a ouvert la bouche.

À qui appartiennent les servantes…… à qui appartiennent-elles ? …………Ah.

« ……C'est Second-sama ? »

« Réponds plus vite, bordel. À qui tu appartiens ? Qui t'a acheté et t'a donné une si bonne vie ? »

« Second-sama. »

« À qui j'appartiens ? Dis-le. Qui achèterait un vieil esclave usé dans la trentaine avec des millions de dettes, et lui payerait encore un salaire, et lui donnerait à manger, à s'habiller et un toit ? Allez, dis-le ! Dis-le ! »

« Se-Second-sama ! »

« ……Idiot. C pour ça qu'y a aucune chance que je touche à quelque chose qui appartient à Second-sama. Ne dis plus jamais un truc comme ça, même en blague. La prochaine fois, je te planterai dans l'entrejambe, putain de gamin pourri. »

Écrasant sa cigarette, Sovra-niisan m'a tourné le dos et est parti.

Il avait totalement raison…… J'étais un con.

Je suis rentré dans ma chambre, déprimé, en traînant le corps. C'est une grande chambre dans l'énorme manoir des domestiques, donc personne penserait qu'elle appartient à un simple palefrenier. Même la nuit, j'ai rien à faire, le dîner est juste servi.

Allongé sur mon lit moelleux, j'ai regardé le plafond faiblement éclairé.

……J'ai un peu cru que c'était le paradis. Que j'étais béni. Cependant, je n'avais pas réalisé que ce paradis était tout grâce à quelqu'un.

Tout comme Jast-aniki, Lilly-san et Sovra-niisan l'ont dit. J'ai enfin commencé à le comprendre un peu après me l'être fait dire par les 『The Big Four』.

Est-ce qu'un jour viendra où je pourrai parler comme eux ? Si oui, j'aimerais qu'il arrive plus vite.

Je me suis endormi en pensant à ça.

* * *

« Les jeunes d'aujourd'hui sont bons à rien. Ils sont pas assez sérieux. En premier lieu, ils sont naïfs. Tu piges ce que je dis, Jast ? »

« À peu près, Sovra-niisan. »

La nuit. Il y avait deux personnes qui buvaient du vin dans le coin de la cantine.

Un homme avec des lunettes aux cheveux en bataille, Sovra, et un jeune homme aux cheveux plaqués en arrière, Jast.

« Pourtant, le discours de ni-san a l'air d'avoir super bien marché. Ce mec est allé direct se coucher. »

« Ha. Je faisais juste le con avec lui. »

« Tiens ni-san, bois encore un coup. »

Jast a resservi du vin pour améliorer l'humeur de Sovra.

« Ohh, merci. Hein ? Bah, il était pas si mal. Mais c'était tout parce que tu l'as pas éduqué correctement. »

« Je suis vraiment désolé pour ça. »

Jast s'est juste incliné en souriant. Sovra a poussé un soupir après l'avoir regardé, puis après avoir vidé son verre, il a rouvert la bouche.

« Une biographie, hein ? J'aurais pas cru qu'un tel idiot serait capable d'en écrire une. »

« Il continuera d'apprendre à partir de maintenant, j'en suis sûr. C'était pas le cas pour nous aussi ? »

« Je suppose. »

Ils ont tous les deux fermé les yeux en se remémorant le moment où ils sont arrivés à la maison Firstest pour la première fois.

« ……J'étais désespéré. J'étais à l'origine bon en cuisine, mais j'étais pas pro. À l'époque, c'était tout étudier et s'entraîner. Je pense pas que je lirai un livre aussi vite à nouveau. »

« J'étais désespéré moi aussi. J'ai dû bosser super dur vu que je savais pas lire. »

« T'as vraiment eu du mal. Bah, moi aussi j'ai eu ma part. J'ai soudain dû faire trois repas par jour pour quatorze personnes. J'ai dû m'améliorer même si j'aimais pas ça. »

« Hahaha, c'était une façon de s'améliorer. »

Ils ont tous les deux ri en se remémorant leurs moments difficiles.

Ils ne pouvaient s'empêcher de rire. Pourquoi c'était si dur ? Pourquoi étaient-ils si désespérés ? Ils se comprenaient sans mots. Ils voulaient juste être utiles pour Second.

« Oups, il est déjà si tard ? »

Après avoir regardé la montre, Sovra a parlé.

« D'habitude, Cubero-san serait déjà venu nous chasser. »

Jast a répondu en riant fort. Si le majordome Cubero trouvait deux personnes en train de boire au milieu de la nuit, il les gronderait sûrement.

« Ahh, c'est vrai. Cubero devait pas venir le chercher ? »

« Oui. C'est enfin, demain. »

Le duo a pensé au lendemain en buvant leur verre. Un visage d'homme leur est venu à l'esprit.

Un visage qu'ils reverraient après quatre mois, leur maître.

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