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Mesmerizing Ghost Doctor

Chapitre 6

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Chapitre 6

Chapitre 6

Chapitre 6/3952%~5 min de lecture863 mots

Une petite silhouette frêle était accroupie au coin d’une rue discrète, bâillant à s’en détacher la mâchoire. Ses yeux à demi clos scrutaient les patrouilles qui arpentaient l’animée artère commerciale pendant qu’il sortait une pomme de sa vareuse pour y planter les dents avec un air d’ennui plat.

Affublé de haillons vieux, décrépis et crottés, son visage maculé arborait même des plaques de boue incrustées dans la peau. Un lambeau de tissu lacéré entourait ses cheveux, faisant de lui le parfait portrait d’un jeune mendiant chétif et amaigri. Qui aurait pu soupçonner que celui qui avait si violemment exaspéré le maire de la cité, au point de le pousser à ordonner un ratissage complet pour retrouver la fille en provenance du bordel, ne fût autre que ce petit mendieuillet au coin de la rue ?

« Quel mauvais sort ! Comment vais-je bien pouvoir sortir d’ici ? Même si j’avais la patience d’attendre, le poison qui circule dans mes veines ne m’en laissera pas le temps ! » En croquant dans sa pomme, Feng Jiu poussa un long soupir. Si elle avait su que l’homme vulgaire et écœurant qu’elle avait achevé la veille n’était autre que le fils unique du maire, elle l’aurait sans doute épargné ; le magistrat n’aurait alors déployé toutes ses forces pour patrouiller de quartier en quartier et traquer sa trace.

Mais qui pouvait bien être cet homme en noir ? Un assassin ?

À mesure qu’elle évoquait l’énergie brutale qui émanait de l’homme en noir dès qu’il déployait ses techniques, une inquiétude sourde commençait à nouer son estomac. Elle s’était juré que, après sa renaissance, son pire calvaire serait de survivre sous le joug d’une antique dynastie. Qui pourrait prédire que les habitants de ces contrées pratiquent la voie de l’immortalité ? La quête de l’immortalité relevait purement du délire imaginaire ! Toutefois, en rappelant qu’elle, simple née au XXIe siècle, avait eu le privilège – ou le supplice – de revivre dans un lieu aussi maudit, le surnaturel lui-même finissait par sembler tolérable.

La voie de l’immortalité ! Dans ce cas, tout l’arsenal de techniques que son physique maîtrisait risquait fort de valoir bien peu face à ces adeptes du Dao céleste !

Elle jeta d’un geste sec le tiers restant de la pomme et demeura assise à geindre intérieurement, le moral en chute libre. Jusqu’au tintement net et cristallin qui résonna juste sous son nez.

Ting ! Ting ! Ting !

Au creux du bol ébréché posé devant elle, une fine pépite d’argent se mit à tournoyer sur elle-même avant de se figer au centre. Feng Jiu la contempla un instant, le regard vague, avant de la saisir pour l’examiner de plus près. Rien ne distinguait cette minuscule pièce d’un caillou ordinaire, sinon son éclat métallique.

Elle leva les yeux et orienta la tête vers celui qui venait de lancer la pépite dans sa vaisselle : une vaste épaule drapée de noir se dessina dans son champ de vision. L’homme avançait à pas comptés, légers mais assurés. Tout en lui dégageait une pression glaciale qui invitait instinctivement chacun à maintenir leurs distances.

Guidée par un réflexe pur et sans appel, elle bondit aussitôt pour agripper la jambe de l’homme, se mettant à pleurnicher à tue-tête : « Woo hooo… Beau-frère ! Je t’ai enfin retrouvé, ah, mon cher beau-frère ! » L’homme en noir effectua un détour fulgurant : elle serra le vide, bascula de tout son poids en avant, sentit ses paumes frotter contre le sol pierreux et étouffa un cri de douleur.

Le drapé noir fronça imperceptiblement les sourcils. Son regard acéré balaya la courte silhouette vautrée au sol, puis il reprit sa marche, imperturbable. Un coup d’œil suffit à comprendre que le pauvre hère gisant au pied de sa botte ne pratiquait nullement la voie des immortels.

Certes, en cette heure, Feng Jiu n’était plus que le fruit d’un corps banal. La parcelle de qi accumulée par le précédent propriétaire s’était évaporée sous l’effet dévastateur du poison que Su Ruoyun lui avait fait ingérer de force. Elle n’était désormais plus rien d’autre qu’une mortelle dépourvue de toute capacité à canaliser l’énergie spirituelle.

Et c’est précisément pour cette raison que, face à une telle nullité dénuée de tout fondement martial, les adeptes de l’immortalité ne pouvaient manquer de baisser leur garde.

« Beau-frère ! Ne m’abandonne pas ! Waah… J’ai enduré mille épreuves juste pour te rejoindre, mon cher beau-frère ! Beau-frère… » Elle se redressa et chargea à nouveau, marqua plusieurs nouveaux faux-pas et termina tête première par terre, jusqu’à ce que l’homme en noir eût finalement interrompu sa progression.

« BEAU-FRÈRE ! » L’occasion ne se présentait qu’une fois ! Elle enserra sa cible de tous ses membres, s’accrocha à la jambe de l’homme en noir comme une koala accrochée à son arbre, puis leva vers lui des yeux mouillés de larmes où tremblait une pointe de crainte mêlée à l’espoir.

Or, lorsqu’elle osa lever le menton pour plonger son regard dans le visage de l’homme, un spasme involontaire contracta brièvement sa lèvre inférieure… Cet avantage sur lequel elle s’était suspendue tel un marsupial n’était-il pas, au fond, plutôt une imprudence ?

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