À cause du doute qui le rongeait, il descendit l'escalier à la recherche de la silhouette rouge qu'il avait aperçue...
De l'autre côté, Feng Jiu et Guan Xi Lin trouvèrent un bon restaurant et louèrent une salle privée, commandèrent plus de dix plats et deux jarres de vin, refermèrent la porte hermétiquement avant de s'asseoir pour manger.
Posant son voile sur le côté, Feng Jiu versa le vin en disant : « Grand Frère, restons ici un moment ! Allons trouver un petit coin tranquille avec une cour à louer. Ce sera bien plus commode que de loger à l'auberge. »
« D'accord, nous irons chercher dès que nous aurons fini. » À ce sujet, Guan Xi Lin n'avait absolument aucune objection.
« Petite Jiu, ne bois pas que du vin. Prends d'abord un bol de soupe mijotée. » Il remplit un bol de soupe et y préleva avec une louche un morceau de viande frite à l'œuf : « Goûte, dis-moi si c'est bon. »
« Toi, mange ! Je me débrouille seule. »
En disant cela, elle remarqua qu'il n'était pas vraiment habitué à devoir se servir de sa main gauche et ne parvenait même pas à tenir correctement ses baguettes ; elle prit donc un peu de chaque plat et l'entassa dans son bol en ajoutant : « D'ici un moment, quand j'aurai pu élever ma culture, j'irai chercher toutes les herbes nécessaires pour soigner ta main droite. »
Entendant ces mots, il fut un peu surpris et demanda : « Ça peut encore se soigner ? »
« Mmh, seulement les ingrédients nécessaires ne sont pas faciles à trouver. » Elle vida son bol de soupe et ses baguettes attrapèrent quelques bouchées de plats tandis qu'elle poursuivait : « Mais il n'y aura pas de problème, j'ai une confiance totale en ma capacité à rendre ton bras tel qu'il était avant. »
Avec ses compétences en médecine, tant qu'elle parvenait à réunir toutes les herbes requises, il n'y avait aucune maladie qu'elle ne pourrait soigner.
Sans parler du fait qu'il ne s'agissait que du tendon de l'épaule rompu par la morsure, même si le bras avait été arraché entièrement, elle aurait su le rattacher.
Bien qu'il ne regretât pas que son bras soit estropié, l'entendre dire qu'il pouvait encore être soigné le remplit néanmoins d'une grande joie. « Petite Jiu, si mon bras peut vraiment guérir, alors je travaillerai sans relâche ma culture et je te protégerai. »
Elle hocha la tête et sourit. Elle savait qu'il possédait une puissance considérable. Ayant pu terrasser une meute de loups et un tigre féroce par sa seule force, on pouvait imaginer à quel point sa puissance devait être explosive lorsqu'il était acculé.
Elle croyait aussi qu'il deviendrait encore plus fort à l'avenir !
En bas, Murong Yi Xuan buvait à une table du premier étage, ses yeux calmes plongés dans une profonde réflexion.
Il ne savait pas ce qui l'avait poussé à suivre cette silhouette jusqu'ici, ni pourquoi son esprit pensait que la silhouette rouge était Qing Ge. Mais avec ce seul coup d'œil depuis l'étage tout à l'heure, la vue de dos avait vraiment été très ressemblante.
Pourtant, après les avoir suivis jusqu'ici, il n'était plus si sûr à cet instant, car le port des deux personnes n'était pas le même.
Qing Ge était douce et parlait doucement, tandis que la dame en rouge était sauvage et envoûtante. La tenue rouge qu'elle portait était hautement saisissante et sa Qing Ge à lui était remarquable également, mais différemment de cette personne. De plus, elle ne portait jamais de rouge.
Pourquoi soupçonnerait-il que la Qing Ge déjà en route pour le retour était une imposture ? Ces manières, chaque froncement de sourcil et chaque sourire étaient tout aussi familiers et il était évident que c'était bien elle !
Cependant, une voix dans son cœur continuait de questionner, ne lui laissant d'autre choix que de demeurer suspicieux.
Après qu'un long moment se fut écoulé, lorsque les portes de la salle privée à l'étage s'ouvrirent, la silhouette rouge apparut à nouveau devant lui. Les yeux ébahis et fascinés des convives, tant à l'étage qu'en bas, ne purent s'empêcher de suivre sa silhouette malgré eux. Le voile qui ondulait légèrement à sa marche les fit tous souhaiter ardemment qu'une bourrasque violente souffle à cet instant, qu'elle emporte ce fichu voile et révèle ce qui se cachait dessous.
Murong Yi Xuan leva les yeux et vit la dame en rouge, à l'allure saisissante, descendre lentement. Chacun de ses pas était assuré, empli de grâce, ses vêtements rouges comme le feu, brillants comme le soleil couchant. Mais de son être émanait une aura froide et inaccessible, faisant ressentir à quiconque s'en approchait la présence de l'allure noble et révérée d'un conquérant, se dégageant naturellement de son corps.
Sentant qu'un regard la scrutait, Feng Jiu se tourna réflexivement dans cette direction. Lorsque leurs regards se croisèrent, nul ne comprit la lueur qui brilla dans leurs yeux...