Lorsque le Vieux Yu huma le riche parfum de l'élixir, son esprit trembla. Ses yeux s'écarquillèrent d'étonnement tandis que son corps se figeait instantanément. D'une expression insondable, il posa sur le jeune homme qui remuait le liquide médicinal un regard d'une attention fascinée. Cet élixir n'avait pas explosé, alors même que ses ingrédients étaient incompatibles.
Comment, comment est-ce possible !
Comment a-t-il fait ? Il a juste attrapé diverses substances médicinales et les a mélangées de la sorte, comment ont-elles pu ne pas se repousser ? A-t-il omis quelque chose ? Lui, il ne voyait pas où était le problème !
La réaction des trois examinateurs fut la même que celle du Vieux Yu : ils furent totalement abasourdis. Pourtant, ce n'était pas parce que l'élixir de Feng Jiu n'avait pas présenté de répulsion. C'était parce que les méthodes et les étapes de raffinage n'étaient pas ce qu'ils pouvaient comprendre. Ils étaient stupéfaits par le parfum de l'élixir. C'était au-delà de leurs attentes que le jeune homme ait pu réellement produire l'élixir.
Bien que le puissant parfum médicinal se fût déjà répandu, Feng Jiu n'interrompit pas son travail. Au contraire, elle surveilla le liquide et usa de la méthode de distillation pour en extraire la quintessence finale.
Lorsque s'écoula un certain temps, le riche parfum médicinal s'estompa progressivement. L'intense odeur d'avant avait disparu ; seul demeurait un parfum pur.
Le Vieux Yu vit Feng Jiu prélever le liquide médicinal final du distillateur. Feng Jiu tira de sa manche deux flacons transparents qu'elle remplit du liquide vert pâle. Le vieil homme se hâta d'aller se placer devant la table de raffinage.
« C'est fini. Veuillez examiner ! » Elle tendit un flacon au Vieux Yu pour qu'il l'inspecte.
Du début à la fin, le Vieux Yu comprit clairement que le jeune homme était un alchimiste de rang Saint ! Sa technique était irréprochable et il semblait maîtriser les connaissances du raffinage que même lui ignorait. En regardant le liquide devant lui, il était très sûr qu'il était comparable à un élixir spirituel.
Qui plus est, au-delà de leurs attentes, il lui fallut moins de trois shichen (six heures) pour achever tout le processus.
Réprimant son choc et son excitation, le Vieux Yu sortit un petit tube d'élixir pour en évaluer la couleur et l'odeur. Finalement, il regarda Feng Jiu, et sa voix ne put cacher son excitation. Il demanda : « Jeune ami, puis-je savoir quel est l'effet de cet élixir ? »
« C'est un flacon de médicament pour assister les cultivateurs lorsqu'ils tentent une percée. C'est une double portion, de sorte qu'au minimum un cultivateur au Noyau d'Or ou au rang Empereur puisse le prendre. L'effet dépend de chaque individu, je ne suis pas sûre. » Elle haussa les épaules. De toute façon, elle savait que la dose était amplement suffisante.
Les yeux brillants, le Vieux Yu tint ce liquide entre ses mains sans parler pendant un bon moment. Les trois examinateurs à ses côtés ne purent s'empêcher de demander : « Vieux Yu, est-ce conforme ou pas ? La couleur et l'odeur de cet élixir sont-elles bonnes ? »
Entendant cela, le Vieux Yu reprit ses esprits. Il regarda Feng Jiu comme s'il voyait un trésor scintillant. Ses yeux étaient pleins d'excitation. « Bien bien bien ! C'est formidable ! Un jeune alchimiste de rang Saint comme vous n'est pas apparu dans ces centaines de pays de troisième grade depuis des siècles. Il est même très probable que les pays de second rang n'en aient jamais eu non plus. Ce jeune ami est un génie né ! »
À ces mots, les trois examinateurs restèrent stupéfaits. Leur mâchoire en tomba presque de stupeur. Inattendu, ce jeune homme avait vraiment atteint le niveau d'alchimiste de rang Saint ?
Voyant ces trois-là le fixer béatement, le Vieux Yu s'écria : « Qu'attendez-vous encore, abasourdis ? Apportez vite le badge d'alchimiste ! Le vieil homme va le fixer lui-même sur le frère Feng ! »