Tandis que le Troisième Ancien maudissait, ce qu'il ignorait, c'était que l'homme d'âge mûr parti en sens inverse avait fait demi-tour après avoir marché quelque distance. Il s'était caché dans l'obscurité pour observer la situation. Ce ne fut que lorsque les gens de son clan furent revenus qu'il comprit qu'ils avaient vraiment retrouvé leur Patriarche.
Il fut mécontent d'apprendre que le Patriarche et les autres n'étaient pas morts, aussi les suivit-il en silence et vit qu'ils se cachaient en réalité ici, sur l'aéronef.
C'est donc ça ! C'est donc pour ça qu'ils étaient encore en vie ! C'était parce qu'ils étaient protégés par ces gens à la force insondable !
Lorsqu'il les vit tous se reposer là, il eut une autre idée et profita de la nuit pour regarder autour de lui. Il prévoyait d'attirer les bêtes féroces et de les laisser tous mourir dans la gueule de ces bêtes !
Il ne savait pas que Du Fan et les autres l'avaient repéré dès son arrivée. Ils feignirent calmement de n'avoir rien remarqué. Cependant, au milieu de la nuit, Ombre Un sortit en silence et garda l'œil sur l'homme d'âge mûr.
Lorsqu'il le vit disperser de la médecine autour de l'aéronef dans le but d'attirer les bêtes féroces, une lueur d'intention meurtrière traversa ses yeux froids. Pourtant, il n'intervint pas, mais observa tandis qu'il utilisait la médecine pour attirer plus d'une dizaine de bêtes féroces, lui se cachant dans un arbre imposant pour regarder.
À cause de la coercition qui les entourait, bien que les bêtes féroces fussent agitées par l'odeur de la médecine, elles n'osèrent toujours pas approcher et se contentèrent de rôder aux alentours.
Lorsque Ombre Un, caché dans l'ombre, vit cette scène, il s'approcha de l'homme d'âge mûr par derrière et le fit tomber d'un coup de pied.
D'un coup de pied lourd accompagné d'un grand fracas, l'homme d'âge mûr hurla. Il perdit l'équilibre et tomba de l'arbre, s'écrasant lourdement au sol.
Parce que ce coup de pied était si violent, il ne put reprendre son souffle ni mobiliser sa force physique, son énergie spirituelle ou son souffle. Mais à cet instant, dès qu'il tomba, les bêtes féroces se ruèrent sur lui et, les crocs à nu, se jetèrent sur lui avec leurs dents acérées.
« Sss ! Ah ! Non ! Partez ! »
Les rugissements des bêtes féroces s'accompagnèrent de cris de terreur. Les cris traversèrent la nuit et parvinrent distinctement aux oreilles de tous.
« C'est la voix du Troisième Maître ! »
Les membres du clan familial Mu furent saisis de stupeur et regardèrent dans la direction des cris. Au milieu des arbres serrés de la forêt, ils ne purent distinguer sa silhouette et n'entendirent que les rugissements des bêtes féroces et les cris perçants et familiers.
Le Patriarche Mu et le Troisième Ancien se regardèrent. Ils rassemblèrent leur souffle et sautèrent en hauteur pour observer. Ils ne purent s'empêcher de haleter en voyant ce qui se passait. Plus d'une dizaine de bêtes féroces l'encerclaient et le mordaient. Il était projeté au sol et roulait dans tous les sens. Les bêtes féroces ne le mordaient pas à mort, mais jouaient avec lui.
Parfois elles mordaient profondément, parfois superficiellement. Son corps était maculé de sang et il hurlait à répétition. La forte odeur de sang emplissait l'air. Finalement, ils virent l'une des bêtes féroces lui arracher le bras. La vue de cela fit trembler leur cœur.
Surtout le Patriarche Mu. Il savait que si lui et son fils n'avaient pas échappé par hasard plus tôt, le sort du Troisième Frère serait très probablement aussi le leur.
C'est pourquoi, en voyant cette scène, bien que son cœur tremblât légèrement, il observa aussi de sang-froid. Tout cela était de sa propre faute et il n'avait à s'en prendre qu'à lui-même !
Au bruit d'os brisés s'ajouta un cri perçant. Les cris allèrent en s'affaiblissant jusqu'à ce que les appels à l'aide ne puissent plus être entendus…