Voyant cela, le vieillard se sentit éconduit. Il ne put que faire demi-tour et regagner sa chambre.
Cependant, au milieu de la nuit, sortit discrètement pour se rendre à la cour de la Vieille Madame au Manoir Est. Elle lui avait dit dans la journée qu'elle viendrait soigner son corps la nuit. Il ne fallait que trois jours d'acupuncture et quelques jours de médicaments pour éliminer ses maux physiques.
Le vieillard sut que avait quitté sa chambre. Lorsqu'il sortit pour vérifier et vit qu'elle se dirigeait vers le Manoir Est, il alla se recoucher.
Seule une servante de confiance était restée auprès de la Vieille Madame dans la Cour Est pour veiller la nuit. Quand elle entra dans la cour, la servante de confiance près de la Vieille Madame se retira et demeura hors de la cour.
Lorsque pénétra dans la pièce, elle trouva la Vieille Madame assoupie sur la chaise longue, recouverte d'une couverture. Elle appela : « Madame, êtes-vous encore éveillée ? » Elle pensait qu'elle allait dormir un moment puis se lever, mais on aurait dit qu'elle l'attendait ?
« Je ne dors pas. Je t'attendais ici. » La Vieille Madame répondit, puis lui fit signe de s'asseoir. « As-tu dîné ? »
sourit. « Oui, je suis sortie et j'ai mangé dehors. »
La Vieille Madame hocha la tête. « Tu es sa disciple, mais tu as été si négligée. J'aurais dû t'inviter à dîner ce soir. »
« Ça va. » Elle ne prêtait pas attention à ces gens.
« Les jambes de Junyang peuvent-elles être guéries ? » La Vieille Madame demanda, le regard fixé sur .
« Elles peuvent l'être, mais c'est impossible sans disposer de tous les médicaments nécessaires. Cela va prendre du temps ! » Tout en sortant les aiguilles d'argent, expliqua : « Ses jambes n'ont pas bougé depuis longtemps. Même s'il guérit, il devra faire de l'exercice avant de pouvoir marcher. Je crains qu'il ne puisse pas marcher avant un certain temps. »
La Vieille Madame acquiesça à sa réponse. « Il ne connaissait pas la médecine. Il ne t'a pas enseigné les arts médicaux, n'est-ce pas ? »
« Non. » leva les yeux vers elle en souriant. « En fait, Maître ne m'a rien enseigné parce qu'il n'avait laissé qu'un fil de son âme et ne pouvait rien m'apprendre. Il m'a aidée à ouvrir mes méridiens et m'a donné la Lame Bleue, toutefois. Il m'a aussi laissé beaucoup de manuels secrets. »
Toutes ces années, hormis les compétences qu'elle avait apprises dans sa vie précédente, elle s'était formée elle-même en lisant ces manuels secrets.
En entendant cela, la Vieille Madame resta stupéfaite. Bien qu'elle l'eût déjà vaguement deviné, après tout, elle-même avait dit aujourd'hui que Chu Ba Tian n'avait laissé qu'un fil d'âme à ce moment-là. Naturellement, il lui était impossible de rien lui enseigner. Pourtant, rien que par respect pour ce Maître, elle les aidait de la sorte. Cette piété la toucha.
Aujourd'hui, elle avait dit que si la famille de son fils aîné voulait quitter le Manoir Zhuo et s'établir à part, elle pouvait aider. Mais elle avait tout de même coupé court à cette possibilité. En un mot, elle était égoïste.
« Appelle-moi Vieille Madame à présent ! Ne m'appelle plus Madame. » Elle dit à .
resta interdite et la regarda. « Pourquoi ? »
« Maintenant que je suis la mère du Patriarche Zhuo, tu dis, n'est-ce pas confus si tu m'appelles encore Madame ? » Elle sourit. « Appelle-moi juste Vieille Madame ! »
hocha la tête. « D'accord, je vais te faire de l'acupuncture ! »
Elle acquiesça et s'allongea tranquillement sur la chaise longue molle, la laissant planter les aiguilles. En voyant , vêtue en jeune homme d'azur, si sérieuse en posant les aiguilles, elle ne put s'empêcher de demeurer hébétée et ses pensées dérivèrent...
En un clin d'œil, après tant d'années, elle croyait qu'il n'y aurait plus de nouvelles de lui. Inopinément, sa disciple venait encore à eux....