Je suis sortie de la prison et je suis rentrée dans ma chambre.
J'allais sortir Akitus, mais l'horloge indiquait déjà trois heures.
'Ah, c'est vrai. La réunion !'
Je devrais d'abord aller faire mon travail.
Je me suis dirigée droit vers le bureau.
« Mademoiselle ! J'ai entendu dire que vous aviez ramené un esclave ! »
Dès que j'ai ouvert la porte du bureau, le vicomte Dier m'a interpellée avec des yeux larmoyants.
« Ouais, et alors. »
'Pourquoi je n'arrête pas de voir des hommes faits avec les yeux larmoyants, ces temps-ci ?'
'Ce n'est pas bon pour ma santé mentale, qui est une jeune pousse en pleine croissance.'
« Quand même, votre premier esclave, c'est moi ! »
« Alors arrête de parler et mets-toi au travail ! »
« Sniff, c'est trop dur. Mais c'est ce que j'aime chez vous, mademoiselle. »
« ...... »
'Je suis déjà fatiguée.'
« Comment s'est passé le Conseil des anciens ? »
Le comte Kandor a incliné la tête à ma question.
« Ne vous inquiétez pas. Nous réglerons complètement la question lors du vote de la présidence du Conseil des anciens, qui se tiendra au début du mois prochain. »
« Ne te contente pas de gagner. Il faut gagner de façon écrasante. »
« Bien entendu. »
Le comte Kandor a eu un sourire confiant.
« Et du côté de tonton Dier ? »
« La création de la guilde marchande en est à ses dernières étapes. Toutes les procédures légales sont achevées, et il ne reste que la sélection du personnel. Voyez ce rapport pour le détail. »
« D'accord, alors l'étape suivante, la plus importante, c'est la production d'Or noir....... »
« Ne vous inquiétez pas. Nous garderons une confidentialité totale sur la ligne de production. »
« Bien. Alors il est temps de préparer les documents indiquant d'où l'on rapporte l'Or noir, sur les autres continents. »
'Il faut que je monte une société-écran.'
« Oui, nous allons commencer à préparer cette partie comme mademoiselle l'a demandé. »
La réunion d'aujourd'hui servait à vérifier les progrès accomplis jusqu'ici et ce qu'il fallait faire ensuite, alors elle n'a pas pris beaucoup de temps.
Après avoir regardé les rapports et donné mes retours, j'ai posé les deux coudes sur la table.
« Alors, vous avez découvert quelque chose au sujet de mon esclave ? »
Je ne leur avais donné aucun ordre à son sujet.
Je n'en avais eu ni le temps ni la tête.
Mais les deux ont hoché la tête comme si ça allait de soi.
C'est pour ça que j'aime les gens qui sont bons dans leur travail.
« C'est un « porteur de don », qui peut accomplir des facultés. Mais ce qui est inhabituel, c'est qu'il possède deux facultés en même temps. »
« Il utilise même le poison, dont on dit qu'il est inutilisable en tant que faculté. »
« Le plus étrange, c'est que ses niveaux d'Éther sont tous extrêmement normaux. »
« Normaux ? »
« À en juger par les seuls chiffres, il ne devrait jamais pouvoir utiliser de faculté. Pour en utiliser deux, ses niveaux d'Éther devraient être bien plus élevés que ceux des autres porteurs de don. »
De même que les magiciens ont le mana, que les maîtres d'épée ont l'Aura et que les prêtres ont le pouvoir divin, les porteurs de don ont l'Éther.
L'Éther est la source de la vie et existe aussi chez les humains ordinaires.
Cependant, il apparaît particulièrement élevé chez les porteurs de don, si bien qu'on suppose que l'Éther est la source de leurs facultés.
On dit que plus un prêtre est fort, plus il possède de pouvoir divin, et que plus le don est fort, plus il possède d'Éther.
« Bref, il y a plus d'une ou deux choses inhabituelles dans les facultés qu'il possède. »
« C'est exact. »
« Vous savez comment il est arrivé ici ? Déjà, le délai n'a aucun sens. »
« Il a volé un cheval à la salle des ventes et il est venu jusqu'ici à cheval. »
'Il est si jeune, et il monte à cheval ?'
'Bon, ce n'est rien à côté du reste.'
« Nous n'avons pas encore découvert pourquoi il est venu au domaine. »
'C'est sans doute parce qu'il pensait que les gens d'ici pouvaient le tuer.'
« Vous l'avez identifié ? »
« Je suis désolé. Nous essayons encore de l'identifier, mais cela semble difficile. »
« Déjà, la façon dont il a été vendu à Astal est un mystère. »
'Argh.'
C'est frustrant parce qu'il n'y a aucun indice sur son identité.
J'ai fermé les yeux un instant et j'ai réfléchi.
Dans ce cas, est-ce que ce serait ça ?
« Il pourrait être le prince d'un royaume déchu ? »
« Pardon ? »
« Ou un prince impérial d'un autre continent ? »
Vu les paramètres de réglage d'un monde de romance fantasy, il n'y a rien d'autre.
Beauté stupéfiante + faculté spéciale + secret non dévoilé.
'Avec ces trois choses-là, il ne peut pas manquer un secret de naissance !'
Mais les réactions des deux hommes ont été étranges.
« Non, pourquoi quelqu'un qui serait prince ou prince impérial apparaîtrait-il dans une vente aux enchères du marché noir ? »
« Parfois, mademoiselle, quand je vous écoute, vous dites des choses qui n'ont aucun sens. »
'B-Bon, ça pourrait arriver !'
« D'habitude, on leur accorderait l'asile dans un autre pays, par liens du sang ou pour des raisons politiques. »
« S'ils sont pris par l'ennemi, ils deviennent prisonniers de guerre, pas esclaves du marché noir. Ou alors ils meurent, tout simplement. »
« Et de nos jours, les pays s'effondrent à cause des monstres, pas à cause des différends nationaux. »
« C'est exact. Les autres pays accueilleront la royauté ne serait-ce que pour s'emparer d'un territoire. »
« Et même s'ils n'ont pas demandé l'asile ailleurs, un prince doté de telles facultés ne serait pas vendu comme esclave, même si son pays tombait à cause des monstres. »
Tout ce qu'ils disaient était juste.
'Tss.'
J'ai fait la moue.
'Ces gens n'ont aucun romantisme.'
─────
Il n'y avait pas beaucoup d'informations sur lui, mais mon affaire de gisement pétrolier avait pas mal avancé.
J'ai quitté le bureau et j'ai félicité les deux.
« Vous avez bien travaillé tous les deux. Grâce à vous, mon travail a beaucoup diminué. »
« Bien jouer fait aussi partie du travail des enfants. Le temps s'est beaucoup radouci, alors jouez dehors. Mon fils aussi voudrait voir mademoiselle. »
« Ah, alors je devrais inviter grand frère un de ces jours. »
L'identité de grand frère a provoqué un grand remous dans le domaine.
Heureusement, c'était dans un sens bienveillant.
D'habitude, les nymphes sont des êtres qui suscitent des fantasmes à faire battre le cœur.
Récemment, un roman intitulé 〈Le comte bourru et la fée de l'eau〉 se serait échangé en secret parmi les employés.
Bien sûr, le roman a une fin heureuse.
'Comme prévu, les titres des romans d'ici n'arrivent pas à la cheville de ceux de la K-romance fantasy.'
Ça devrait être un truc du genre : J'ai séduit le tyran en cachant mon identité.
« Mademoiselle, moi aussi je veux jouer avec vous. »
« Non. »
Comme je refusais fermement, le vicomte Dier s'est mis à geindre et à supplier.
« C'est trop dur. Vous n'êtes froide qu'avec moi, mademoiselle. Vous avez dit que votre travail avait diminué grâce à moi. »
« On va jouer à quoi ? »
« Les cheveux de mademoiselle... »
« Si tu me dis que tu vas me faire quarante-neuf tresses, je vais vraiment me fâcher. »
« Alors trente-neuf tresses, ça irait......? »
Au lieu de répondre, je l'ai regardé comme s'il était un insecte.
« Je suis le seul à pouvoir voir cette tête-là chez vous, mademoiselle ! Après tout, je suis votre premier esclave ! »
Le vicomte Dier ricanait quand même quand.
« Mademoiselle, l-l'esclave de mademoiselle vous demande. »
est venu dire le tonton chevalier.
« Il me demande ? »
'Qu'est-ce qui se passe ?'
Comme je me mettais en route, le vicomte Dier m'a retenue.
« V-Vous allez directement voir ce type parce qu'il réclame sa maîtresse, maintenant ? »
« Non, sinon je fais quoi. La situation est... »
« Vous ne goûtez même plus avec moi, ces temps-ci ! Même quand je vous achète un goûter, vous dites juste : « Pose-le » ! »
'Ha.'
« Si c'est un esclave, il va vous servir à vos côtés et vous tresser les cheveux, c'est ça ? »
'Non, il ne les tressera pas.'
'Il est enfermé en prison.'
'Je devrais peut-être jeter tonton en prison aussi ?'
À ce moment-là, le comte Kandor m'a dit d'un ton posé :
« Mademoiselle, cela vous conviendrait-il que je vous accompagne ? Le voir en personne pourrait m'aider à le comprendre. »
'Oh, comme on peut l'attendre de papy.'
'Ma lumière et mon sel, une personne normale !'
« D'accord, allons-y ensemble. »
« M-Moi aussi ! Je veux venir aussi ! »
« Bien. »
En regardant le vicomte Dier, tout content de cette permission, j'ai eu un sourire sinistre.
'Tonton Dier, fais attention.'
'Tu risques de finir en prison après avoir vu ça.'
─────
Contrairement à tout à l'heure, il était debout.
'Ça doit encore être dur pour lui de s'asseoir.'
Le vicomte Dier et le comte Kandor chuchotaient à côté de moi.
« Ouah, j'en avais entendu parler, mais c'est vraiment un beau garçon. On dirait qu'il est arrivé à la salle des ventes à cause de son visage, pas à cause de ses facultés. »
« Certes, je comprends pourquoi mademoiselle a parlé du prince d'un royaume déchu. Il a l'air du personnage principal d'un roman de ce genre. »
'Non, j'ai fait un jugement rationnel à partir des paramètres de réglage.'
J'ai fait la moue.
Son visage était un désastre de petites plaies, et ses lèvres étaient couvertes de croûtes, mais il restait beau.
Au milieu de tout ça, ses yeux, pleins de méfiance comme ceux d'un animal sauvage blessé, me fusillaient du regard.
« Qu'est-ce que tu vas me faire, maintenant ? »
« Je t'ai dit que je te punirais pour avoir attaqué le domaine. Tu as déjà oublié ? »
Il m'a fusillée du regard avec des yeux qui n'y croyaient pas du tout.
« Et puis, toi. »
J'ai levé la tête d'un air assez arrogant.
« Tu ne me vouvoies pas ? »
« ...... »
'À l'aide, grande sœur la méchante !'
'Je m'excuse de t'avoir insultée en te traitant de patate douce [en Corée, une personne étouffante à force d'être passive] !'
« Tu es mon esclave. Tu n'es rien de plus que ma propriété. Tu dois montrer du respect à ta maîtresse, non ? »
Le bruit de ses dents qui grinçaient était terrifiant.
'On dirait que la bénédiction de grande sœur la méchante a marché.'
« Je suppose que la fille d'une famille noble qui ne connaît rien au monde veut jouer à l'esclave, mais je n'ai aucune intention d'entrer dans son jeu. »
« Ce que tu penses n'a pas d'importance. Ce sont mes pensées qui comptent. »
« Si c'est un crime d'avoir attaqué le domaine, je le paierai de ma vie. »
« C'est ça que tu veux ? »
« ...... »
J'ai souri et je l'ai toisé.
« Et si tu étais poli quand tu demandes une faveur à quelqu'un ? »
« ...... »
« Ou quoi, ça te dirait de participer au jeu de l'esclave de la fille d'une famille noble qui ne connaît rien au monde ? »
Ses yeux ont lancé un éclair.
Mais je n'ai pas cédé et j'ai continué de parler.
« Tu es plutôt utile, alors ce serait amusant de faire de toi une poupée tueuse. Ou bien, comme tu as un joli visage, ce serait agréable que tu me serves pour que les autres m'envient. »
En regardant son visage, qui se remplissait silencieusement de colère, j'ai souri largement.
« C'est très facile de t'empêcher de mourir et de te contrôler comme bon me semble pour le restant de ta vie. »
« ......Tuez-moi, c'est tout. »
Le bruit de ses dents qui grinçaient était terrifiant, mais il est bien devenu poli, comme je l'avais dit.
Mais ça ne m'a pas satisfaite.
« Si tu le fais, montre du respect à ta maîtresse. »
« ......Maîtresse. »
'Très bien.'
'Avec ça, son affection pour moi sera complètement coupée.'
'Quoi qu'il arrive à l'avenir, il ne sera jamais obsédé par moi !'
'Alors, la suite, c'est...'
Comme je réfléchissais à l'avenir, j'ai entendu des voix chuchoter derrière moi.
« Comme prévu, notre demoiselle a du charisme malgré son jeune âge......! »
« Qui donc s'inquiétait que mademoiselle soit trop tendre avec ce type ! Elle est si intelligente ! »
« Une tyranne ! Notre demoiselle est une tyranne ! »
« ...... »
'Taisez-vous, s'il vous plaît, tonton chevalier.'
'Son expression devient de plus en plus bizarre.'
'Tonton Dier, arrête de pleurer !'
« Hum-hum......! »
Je me suis raclé la gorge pour changer l'ambiance.
J'allais me retourner, mais je me suis arrêtée.
« Au fait, toi, comment tu t'appelles ? »
« ......Je n'ai rien de tel....... »
'Il ne veut pas me le dire ?'
'Ou alors.......'
'Il ne le sait peut-être pas, ou il n'a pas de nom, comme moi avant.'
Mon cœur s'est serré.
« ......D'accord. »
Je me suis retournée et j'ai quitté la prison souterraine.
Contrairement à la prison sombre, dehors, tout était plein d'un soleil éblouissant.
« M-M-Mademoiselle ! »
Le vicomte Dier tremblait et me regardait avec des yeux larmoyants.
'Argh, mauvais pressentiment.'
« Moi aussi je veux vous appeler maîtresse, mademoiselle ! »
'Argh.'
'Pourquoi les mauvais pressentiments se réalisent-ils toujours ?'
Un instant, l'image du vicomte Dier en tenue de servante m'appelant « Maîtresse ! » m'a rempli les yeux.
« Je déteste vraiment ça. C'est le pire. »
« V-Vous êtes trop dure......! »
Le vicomte Dier s'est enfui en semant des larmes.
« Ah, je ne voulais pas en dire autant, mais je ne savais pas....... »
J'ai tendu la main trop tard, mais le vicomte Dier était déjà loin.
'Tonton Dier va sûrement bouder et faire tout un cinéma à la prochaine réunion, comment je vais gérer ça ?'
« Mademoiselle, vous en voyez vraiment de toutes les couleurs. »
Le comte Kandor m'a tapoté l'épaule.
J'ai été touchée et j'ai levé les yeux vers lui.
« Je suis tellement contente que papy soit une personne normale. »
'Mon précieux ami normal !'
Quand j'ai regardé le comte Kandor avec des yeux qui pétillaient, il m'a souri en retour.
'Regardez-moi ce sourire digne de confiance !'
« Mais vous ne m'envoyez plus de dessins, ces temps-ci ? »
« ...... »
'Que tout le monde sorte.'
'Je veux être seule.'
─────
Je suis revenue dans ma chambre et j'ai sorti Akitus.
'Pourquoi est-ce que j'hésiterais ?'
'Il faut que je l'apaise en douceur avant qu'une soif de vengeance ne pousse en lui.'
« Invoquer un roman ! »
[Veuillez m'indiquer le 〈Roman〉 que vous souhaitez invoquer.]
« 〈Vous vous trompez de personne, duc !〉 Peut-être, hum. De l'épisode 50 à 70 ? »
[Voilà une requête inhabituelle pour une lectrice de romans.]
'Quoi ?'
[Les romans doivent être lus en suivant le déroulement.]
[Vous devez les invoquer dans l'ordre, à partir de l'épisode 1.]
'Non, je les ai déjà tous lus !'
[Nous allons commencer le paiement à partir de l'épisode 1.]
'Hé !'
─────
Akitus a brillé et le livre s'est ouvert tout seul.
À mesure que les pages tournaient, les lettres précédentes disparaissaient et de nouvelles lettres commençaient à s'y graver.
[Nous avons invoqué 〈Vous vous trompez de personne, duc !〉 de l'épisode 1 à l'épisode 70 en utilisant du cash.]
« Héhéhé....... »
Seul un rire creux est sorti.
J'ai tourné la page d'Akitus, qui avait fini d'invoquer.
Heureusement, la faculté que je voulais se trouvait exactement à l'épisode 70.
'Dois-je considérer ça comme une chance, ou pas ?'
Si ç'avait été l'épisode 50, j'aurais pleuré des larmes de sang, alors j'ai décidé de le prendre comme une chance.
'Bref, je peux enfin utiliser la nouvelle faculté que j'ai obtenue en montant de niveau !'
Déverrouiller une faculté équipée.
Ça veut dire que je peux immédiatement tirer et équiper une nouvelle faculté.
« Déverrouiller une faculté ! »
[Cash insuffisant.]
'Il faut aussi du cash pour ça ?'
'Il n'y a pas de repas gratuit ici-bas, snif.'
J'ai d'abord vérifié mon solde de cash.
– Solde de cash : 1100 cash, ticket de tirage à 5000 cash (x2), ticket de tirage à 3000 cash (x2), ticket de tirage à 2000 cash, ticket de tirage à 1000 cash
J'avais accumulé beaucoup de tickets de tirage en cash.
'Hum, je devrais tous les tirer ?'
'Non. Je vais me concentrer sur un seul aujourd'hui.'
« Je tire un ticket de tirage à 5000 cash. »
'Je ne vais pas éparpiller ma chance, je vais la concentrer sur celui-là !'
'Alors s'il vous plaît......!'
[Utilisation d'un ticket de tirage à 5000 cash.]
[Félicitations !]
[Vous avez gagné 5000 cash !]
'C-C'est vrai ?'
'J'avais dit que je concentrerais ma chance, mais je ne m'attendais pas à obtenir 5000 cash aussi parfaitement !'
'J'ai un bon pressentiment.'
J'ai résisté à l'envie d'en tourner un peu plus et j'ai décidé de passer directement à la faculté.
[Utilisez du cash pour déverrouiller la faculté équipée.]
[Veuillez nous indiquer la faculté que vous souhaitez déverrouiller.]
'J'aimerais bien déverrouiller 〈Keuf, keuf, ça remonte !〉 si je le pouvais.'
Mais je ne peux pas la déverrouiller parce qu'elle est passive, alors tant pis.
Et donc.
« 〈Affronte la bombe fiscale !〉 »
En fait, je me demandais s'il ne valait pas mieux déverrouiller 〈Même ce qui n'existait pas apparaît〉.
Je suis sûre que je ne me servirai pas de celle-là de sitôt.
Mais ça m'inquiétait parce que c'est une très bonne faculté.
'Et si la faculté déverrouillée disparaissait complètement ?'
Il y avait eu un message disant que le coffre à facultés avait été déverrouillé, mais je ne sais pas quelles restrictions il a, ce coffre.
[Utilisation de 5000 cash pour déverrouiller la faculté 〈Affronte la bombe fiscale !〉.]
Une lumière s'est écoulée du cœur de cristal sur la couverture d'Akitus.
La lumière a bientôt pris la forme d'un cristal en forme de cœur ailé.
Je l'ai tenu dans ma main et j'ai réfléchi.
'Ça devrait aller si je le range, non ?'
« Je vais le ranger dans le coffre à facultés. »
[Rangement de la faculté 〈Affronte la bombe fiscale !〉 dans le coffre à facultés.]
En même temps que la notification, une nouvelle fenêtre est apparue devant moi.
'C'est semblable à la fenêtre d'objets ?'
En pensant ça, j'ai approché le cœur de cristal de la fenêtre, et il s'y est infiltré.
Quand j'ai tendu la main vers l'image de cœur sur la fenêtre, je l'ai reprise en main.
'D'accord, il n'y a pas de restriction particulière.'
Bien sûr, ça a coûté 5000 cash rien que pour la déverrouiller, alors elle a intérêt à être bonne !
J'ai remis le cœur dans le coffre et j'ai ouvert Akitus.
'Alors il est temps de tirer une faculté !'
[Utilisation du trait 〈Rush & Cash〉 pour extraire la faculté de l'héroïne du 〈Roman〉.]
Un petit flot de particules de lumière s'est écoulé du livre ouvert.
Bientôt, les particules de lumière se sont scindées et se sont fondues en deux cristaux.
'Ah, c'est vrai. Je peux invoquer cinq facultés au total en ce moment.'
Comme j'en invoquais déjà trois, il ne pouvait pas en sortir davantage.
'S'il vous plaît, il faut que l'une de ces deux-là soit la faculté que je veux......!'
En réprimant mon angoisse, j'en ai choisi une.
[Vous avez sélectionné la faculté 〈Oublie-moi〉.]
'Oublie-moi......?'
'Cette héroïne n'était pas amnésique ?'
Je ne sais rien rien qu'en regardant qui a nommé la faculté.
[Création de la faculté.]
Le cristal en forme de cœur qui a jailli de ma main s'est élevé et s'est infiltré dans le cœur de la couverture, devenu transparent au moment du déverrouillage.
Tous les cœurs se sont de nouveau teintés de rouge.
[Faculté 〈Oublie-moi〉]
– Phrase d'empathie :
'J'avais promis que je ne tromperais plus personne pour m'enfuir.'
J'ai serré le poing très fort.
Mais je n'ai pas changé d'avis.
'C'est pour le duc.'
Il ne le pensera jamais, mais c'est le seul chemin qui me reste.
'Mets-toi en colère en voyant que je suis partie. Maudis-moi d'avoir encore fui, crie que tu ne peux pas me faire confiance, et ensuite.......'
J'ai ravalé les larmes qui montaient et je me suis mordu la lèvre très fort.
'Oublie-moi.'
C'est le moment de me fabriquer le déguisement le plus parfait.
'Ouah, j'avais vraiment tapé du poing sur ma poitrine en disant que c'était de la patate douce quand j'ai lu ça avant.'
Encore maintenant, cette scène était de la super patate douce.
'J'avais même pensé que le héros allait forcément s'en rendre compte, mais il n'a rien remarqué du tout.'
Le héros ne reconnaît pas l'héroïne même quand il la voit juste devant lui.
Bien sûr, grâce à ça, le héros complètement fou lance toutes sortes d'opérations de traque, et c'est du grand spectacle.
C'est le moment où l'héroïne de 〈Vous vous trompez de personne, duc !〉 prend sa décision en pleurant.
Elle a échappé au regard du héros grâce à un objet magique qui changeait complètement son apparence.
L'usage de cette faculté est laissé entièrement à la discrétion de la lectrice.
– Effet de la faculté : Change l'apparence à volonté pendant une heure, par illusion.
– Nombre d'utilisations disponibles : 0/10
'D'accord. C'est la faculté que je voulais !'
Je n'aurais jamais cru qu'une scène qui m'avait fait m'étrangler avec de la patate douce me serait aussi utile.
Bref, je me sentais bien.
J'ai tiré la faculté comme il fallait, et j'ai tiré une nouvelle faculté sans épuiser toutes celles que j'avais équipées !
'Alors il ne reste plus qu'à aller voir ce gamin.'
J'ai posé Akitus sur la table de chevet à côté du lit et j'ai quitté la chambre.
J'allais sortir de mes appartements quand je suis tombée sur Laura dans le couloir.
« Où allez-vous, mademoiselle ? »
« Euh-euh, voir ce gamin. »
« Vous y êtes déjà allée deux fois aujourd'hui ? »
'Oups', me suis-je dit à ces mots.
La façon de traiter l'assaillant du château ducal touche aussi au prestige de la famille ducale.
'C'est un peu gênant que les gens me voient lui rendre visite souvent sans lui infliger de vraie punition.'
Ils diront : « Pourquoi ne le punissez-vous pas alors que vous allez le voir comme ça ? »
« Vous irez demain. Aujourd'hui, prenez un bain. »
« Mmh....... »
'Mais je devrais au moins soigner ses blessures, non ?'
« Vous ne voulez pas prendre de bain ? Prenez-le avec le canard et la baleine. »
'Non, je ne me plains pas de ne pas vouloir prendre un bain !'
« Il y a aussi de nouveaux jouets ! Les amis tortue et loutre ! »
« ......Loutre ? »
'Non, ce n'est pas ça !'
« Bien sûr ! Allez, allons prendre un bain avec notre amie la loutre ! »
Laura m'a prise dans ses bras et est partie vers la salle de bains en fredonnant.
─────
« Maintenant que j'y pense, mademoiselle, il paraît que le vicomte Dier a traversé le jardin en pleurant aujourd'hui. »
a dit Nancy en me massant les mains pendant qu'elle les séchait.
J'ai secoué la tête dans la baignoire.
« Tonton Dier me demande de l'appeler maîtresse ! »
« Oh là là, mademoiselle n'aime pas que le vicomte Dier vous appelle maîtresse ? »
Nancy a écarquillé les yeux en appliquant de l'huile sur mes cheveux.
« C'est laid à voir, un homme fait qui fait ça. »
« C'est un tonton pour vous, mademoiselle. Mais beaucoup de gens aimeraient ça, non ? »
« C'est agréable qu'un homme beau et capable vous appelle « maîtresse ». »
« Les cheveux roux, c'est un plus aussi. »
Laura est fan des cheveux roux.
Je ne déteste pas les cheveux roux non plus.
Il n'empêche.
« Pff, vous n'y connaissez rien. »
J'ai redressé mon buste penché et j'ai regardé mes grandes sœurs.
Je veux dire, j'ai beau être réincarnée et avoir cinq ans, je m'y connais très bien !
J'ai avec moi jusqu'à des milliers de romans de romance fantasy.
« Pour se faire appeler maîtresse, il faut être abstinent ou séducteur. Ou innocent comme une feuille blanche. »
Des big data accumulées sur des siècles.
La meilleure forme de beauté fondée là-dessus.
« Tonton Dier est trop agité. Ça ne colle pas, même quand il m'appelle maîtresse ! »
Quand j'ai tapé sur l'eau, l'amie loutre et l'ami tortue se sont enfuis en panique.
« C-C'est vrai. »
Les grandes sœurs ont hoché la tête avec des visages gênés.
Mais après avoir réfléchi un moment, elles ont eu l'air de comprendre la grandeur de mes paroles et leurs yeux ont changé.
« Maintenant que j'y pense, ce serait bien qu'un chevalier abstinent m'appelle maîtresse. »
« Oui, toujours boutonné jusqu'au cou, hein ? Un homme dont la seule peau visible est l'espace entre ses gants et ses manches, hein ? »
« Haaa....... J'adore tellement ça. »
« Ou un homme rusé comme un renard, qui frétille ! Il sourit des yeux et il vous appelle maîtresse. Mais il ne doit faire ça qu'avec vous. S'il sourit à un autre, il est immédiatement disqualifié. »
« Keu ! Quelle combinaison exquise ! »
Bien sûr, bien sûr.
C'est un réglage à la longue tradition.
Il y a une raison à sa popularité.
« ......Mais, mademoiselle. »
Anna m'a regardée avec des yeux étranges.
« Comment savez-vous ça ? »
« ...... »
'C'est vrai, j'étais un bébé de cinq ans.'
C'est seulement là que les autres grandes sœurs, fascinées par la beauté classique que je leur avais enseignée, s'en sont rendu compte et m'ont regardée.
'Euh, c'est que.'
J'ai roulé des yeux.
« ......C-C'est Clartier qui me l'a dit ! »
'Hé, je ne sais pas ! Je ne sais pas !'
'Dans ce cas-là, c'est de la diffamation !'
'Si tu te sens lésée, viens me trouver ! Je te réduirai en miettes !'
« Le père et la fille Tarenka ne sont vraiment d'aucune aide ! »
« On m'avait dit que les gamins d'aujourd'hui étaient précoces, mais quand même ! »
« Qu'est-ce qu'ils ont appris à notre innocente demoiselle ! »
'Quoi, c'est bien pourtant.'
'Les grandes sœurs aussi ont aimé ça, franchement.'
« Mademoiselle, c'est trop tôt pour vous. Ces mots-là, c'est pour les grandes personnes. Oubliez ça vite. »
Anna s'est mise à me masser le cuir chevelu en me disant d'oublier ça vite.
'Est-ce que ça s'oublie, si on fait ça ?'
'Elles s'en souviendront toutes, mais c'est à moi qu'on dit d'oublier.'
'Elles vont sûrement avoir une discussion approfondie sur la combinaison de rêve, en me laissant de côté.'
'Tss.'
J'ai fermé les yeux sagement, même si mes lèvres faisaient la moue.
Ah, ça fait du bien.
Le toucher des grandes sœurs, c'est ce qu'il y a de mieux.
J'ai détendu mon corps et je me suis plongée dans mes pensées.
'Maintenant que j'y pense, il y a quelque chose d'étrange.'
'Pourquoi la quête pour chasser ce gamin n'arrive pas ?'
'Même me dire de faire boire du cidre à Clartier était arrivé sous forme de quête.'
'Il serait plus logique que la quête me tombe dessus en me disant de chasser ce gamin, plutôt que de me dire de le tuer.'
'Mais pourquoi elle n'arrive pas ?'
'Y a-t-il une raison qui empêche le démon d'envoyer une quête pareille ?'
'Le démon lui-même a-t-il des restrictions ?'
'Ou bien est-ce lié à cet enfant ?'
J'ai grogné longtemps, mais il n'y avait rien que je puisse savoir en y réfléchissant maintenant.
« Voilà, vous avez été courageuse. Vous vous en sortez si bien, pourquoi disiez-vous que vous n'aimiez pas ça ? Vous vous sentez bien après le bain ? »
« L'amie loutre aussi est contente de prendre un bain avec vous, mademoiselle. »
« Elle dit qu'on recommence la prochaine fois ! Vous le ferez, hein ? »
'Non, elles n'arrêtent pas de me traiter comme une gamine qui ne veut pas prendre son bain.'
'J'aime bien prendre des bains, moi.'
'Bien sûr, il y a eu une période où j'étais complètement un bébé à cause du malus et où je pleurais et faisais un cinéma en disant que je ne voulais pas me laver.'
'Argh.'
'C'est mon karma.'
« Mademoiselle, levez le bras, s'il vous plaît. »
Bientôt, j'étais enveloppée dans une grande serviette moelleuse.
Anna m'a donné des biscuits et du lait chauffé au miel en récompense d'avoir bien pris mon bain.
'Hou, la vie d'enfant, c'est ce qu'il y a de mieux.'
Personne ne me donne de récompense pour avoir pris un bain quand je suis grande.
Mon corps était chaud et mon ventre plein, alors le sommeil me gagnait.
J'ai entendu Anna rire en séchant mes cheveux.
J'ai ouvert la bouche, en marmonnant, les yeux fermés.
« Demain...... est-ce que je pourrais aller voir ce gamin ? »
« Oh là là ? On dirait que mademoiselle aime beaucoup cet enfant. »
« Bon, il est assez beau pour qu'on l'aime au premier regard. Nos jeunes maîtres sont formidables, mais ce gamin a quelque chose de différent. »
« Ce n'est pas ça ! »
'Tout le monde croit à tort que je fais ça parce que je suis fascinée par sa beauté ?'
« Je travaille dur pour la paix dans le monde ! Et c'est un enfant ! »
J'ai ouvert grand les yeux et je me suis plainte de l'injustice.
« Les enfants doivent bien manger et bien jouer. Ils peuvent faire des erreurs parce qu'ils ne savent encore rien ! C'est aux adultes de corriger ça ! »
« Oui, et c'est vous, l'adulte, qui allez corriger ça ? »
« Aïgou, notre demoiselle a grandi ? »
Les grandes sœurs m'ont pincé les joues en riant.
'Argh !'
« Bref, il a attaqué le château ducal, alors je ne peux pas simplement le laisser filer et m'occuper de lui, mais quand même, il n'a pas franchi la ligne. Vous avez bien vu que tous les chevaliers se sont rétablis, non ? »
« Oui, ils sont venus vous voir ce matin et ont fait tout un raffut en disant de ne pas s'inquiéter. »
« C'est ça ! »
J'ai redressé fièrement les épaules, en leur disant de regarder ça.
« Hou-hou, faites comme vous voulez, mademoiselle. »
« Qui vous empêcherait de le faire, mademoiselle ? »
« À condition de bien prendre votre bain, cela dit. »
'Oh, ces grandes sœurs !'
'Complètement surexcitées !'
─────
Le lendemain.
Je me tenais devant la prison souterraine avec un grand panier.
Le panier était plein de nourriture, de bandages, de médicaments et d'eau propre.
'C'est lourd.'
'J'espère que ce type comprendra cette sincérité et aura bon cœur.'
'S'il te plaît, ne sois pas obsédé par moi et ne te venge pas !'
Cachée dans le couloir de la prison, j'ai utilisé ma faculté.
[Activation de la faculté 〈Oublie-moi〉.]
[Veuillez imaginer dans votre tête l'apparence que vous souhaitez.]
J'ai imaginé la meilleure apparence pour ouvrir le cœur des autres et les approcher.
'Cette apparence-là va forcément marcher !'
Je n'ai senti aucune énergie particulière dans mon corps.
Mais la hauteur d'où je regardais était différente, et surtout, la main n'était pas ma main.
J'ai lentement replié et déplié mes doigts par curiosité.
Elle n'a pas l'air d'être à moi, mais elle bouge très bien selon ma volonté.
Quand j'ai touché mon visage, j'ai senti une texture complètement différente.
'Ouah, incroyable.'
'Le déguisement, c'est de la vraie magie !'
J'ai ramassé le panier que j'avais posé et je suis entrée avec assurance.
Le gamin, qui était assis sans bouger à fixer le mur, s'est levé d'un bond en me voyant.
'D'accord.'
'Le gamin est toujours poli.'
'Il faut respecter l'ordre des anciens et des cadets.'
J'ai fait un sourire doux avec un visage ridé.
« Mamie est là. »
Allez savoir pourquoi, l'expression du gamin était étrange.