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Loner Life in Another World

Chapitre 31

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Chapitre 31

Chapitre 31

Chapitre 31/11427%~7 min de lecture1 382 mots

Aujourd'hui encore, comme toujours, la même guilde. Ça fait déjà plusieurs jours que j'y vais tous les matins, et personne ne me regarde dans les yeux, c'est dingue. J'ai entendu dire que dernièrement, beaucoup d'aventuriers se réveillent avec un torticolis, c'est peut-être lié ?

« Comment se fait-il qu'il n'y ait toujours les mêmes demandes tous les jours ? Je viens tous les jours, moi. »

« Comment se fait-il que vous soyez là tous les jours, hein... Haaah. »

Un soupir mêlé à un regard noir. Pas mal comme variation pour la présidente de l'accueil.

J'avais prévu d'aller chercher les otakus aujourd'hui, mais apparemment, l'incident d'hier a plus affecté les filles que prévu, alors je me retiens. Pourquoi ? Elles n'ont même pas été blessées ? Le bandit s'est juste essoufflé tout seul, est devenu violet et s'est effondré ? Alors que je n'ai jamais rien fait de mal, je me fais engueuler pour rien. Incompréhensible.

Cela dit, même si je veux gagner de l'argent, il n'y a pas de bon boulot. Jamais. Je n'en ai jamais vu.

Une allocation de 50 000 ère par jour, c'est de la maltraitance, c'est trop cruel.

À ce rythme, mon cote de popularité auprès du sexe opposé, mon cote, mon cote... Prof, je veux mon cote, mon cote. Niveau lycéen garçon.

« Dis donc, même si c'est pas une demande, t'as pas un plan pour gagner un peu de thune ? »

« Ça n'a plus rien à voir avec la guilde des aventuriers, ça ? D'ailleurs, vous n'êtes même pas aventurier au départ ? Et puis, d'après ce que j'ai pu entendre, après la guilde, la boutique d'armes et l'épicerie se sont fait voler tout leur fric, mais votre argent, il est où ? Pourquoi il disparaît tous les jours ? Vous ne pouvez pas vous empêcher de voler la caisse d'une boutique par jour ? »

On dirait bien que l'autre monde manque de liquidités. La monnaie ne suffit pas, du coup elle ne circule plus, les fonds des commerçants sont à sec, et c'est de ma faute. C'est une spirale déflationniste qui a été invoquée dans l'autre monde avec moi ? Je croyais qu'il n'y en avait pas parmi mes camarades de classe ?

Pas de boulot dehors, pas d'argent en ville. Je sors, on s'inquiète pour moi. Je reste, je veux de l'argent. Mais je reviens à « pas de boulot ».

J'ai jeté un œil par-ci, fait le curieux par-là, j'ai vu tout mon fric disparaître... Bon, tant pis, je vais aller chasser du gobelin.

Pour une raison quelconque, y a plein de soldats qui patrouillent en ville. Pour une raison quelconque, ils me courent après quand ils me voient. Pourquoi ?

« Pourquoi vous fuyez ? Hier, on a dit qu'on enverrait quelqu'un, pourquoi vous étiez pas à l'auberge, pourquoi vous nous faites chercher et après vous fuyez ? »

Pendant que je courais pour leur échapper, une jeune et jolie servante m'a interpellé. Je me suis réjoui en pensant à un drague inversée, mais elle m'a emmené au manoir et là, je me fais engueuler par la demoiselle ?

« Ben ouais, quand des inconnus me coursent, je fuis, non ? L'envoyé, c'était les soldats ? Et on n'avait pas convenu de quel jour "ultérieurement" ? »

« Et pourquoi vous vous laissez attraper par une jeune et jolie servante que vous ne connaissez pas ? Vous aviez complètement oublié, hein ? Quand vous m'avez vue, vous avez fait une tête de "qui ?" Vous avez perdu la mémoire, hein ? »

Elle m'engueule ?

« Ahaha, ça fait longtemps ? Tu allais bien ? T'as grandi du coup... je t'avais pas reconnue ? »

« On s'est vu hier, hein ? Y a même pas une demi-journée ! Pourquoi vous dites que j'ai grandi ? J'ai pris du gras en un jour ? Et puis, c'est typiquement le genre de conversation où vous faites semblant de savoir qui je suis alors que vous n'avez aucune idée, non ? Vous avez complètement oublié, hein ! C'est ça, hein ? Je suis trop anonyme pour qu'on se souvienne de moi ! Vous avez même oublié mon nom et le nom de la ville, c'est sûr ! »

« Mais non, j'pourrais jamais vous oublier, vous ! Printemps, été, automne, hiver, pas un instant je ne vous ai oubliée, Merimeri-san ? »

« Pourquoi vous avez retenu que ça !? Même si vous le dites super bien, la fin devient une question ! Vous vous souvenez même pas d'une seule saison, et encore moins d'un instant ! D'ailleurs, on s'est rencontré hier ! Hier, pour la première fois ! »

On dirait qu'elle m'engueule.

···

···

···

On m'a fait entrer dans le manoir, on m'a préparé à manger. De l'hospitalité ? Du christel ?

« Aujourd'hui, je voulais te remercier pour hier, t'offrir le déjeuner, et aussi une modeste récompense, mais... pourquoi je suis en train de hurler tout en m'énervant, moi ? »

« Euh... Mystère ? »

Contrairement à sa tenue de voyage d'hier, la demoiselle portait une belle robe simple mais bien taillée... et elle piétinait rageusement. C'est à la mode chez les nobles ? Pour les bals ? « Mademoiselle, si vous voulez, on pourrait piétiner ensemble ? » Un truc comme ça ? Être noble a l'air dur.

« Nnnh !... Bon, voilà, c'est une maigre récompense. Acceptez-la. Et comme hier vous n'aviez pas de pièce d'identité, on vous en a préparé une, servez-vous-en si vous voulez. Ça sert aussi de laissez-passer pour cette ville, donc plus de frais d'entrée. Y a le nom d'Omu gravé dessus, alors retenez-le, c'est Omu. Le nom de la ville et le nom de ma famille, c'est Omu. Y a bien un nom. C'est écrit dessus. S'il vous plaît, retenez-le. Merielle Shim Omu, j'ai mis le nom complet, alors oubliez "Merimeri-san". »

Le repas était bon. La discussion... bah, on a causé. Ouais, c'est bon.

« À la base, mon père, le seigneur, voulait vous remercier lui-même, mais il a dû partir ce matin avec ma mère pour la ville voisine, alors il m'a dit de m'excuser pour l'impolitesse. Ils vont agrandir le panneau à l'entrée de la ville d'Omu, pour qu'on puisse lire "Omu" de loin, ils vont le faire énorme. Et dans la ville, ils vont mettre des banderoles "Bienvenue dans la ville d'Omu" un peu partout pour faire de la pub. Ils ont commandé 100 panneaux directionnels "Omu" pour l'extérieur. Ils sont même en réunion pour se demander s'ils ne devraient pas créer un hymne de la ville d'Omu et le passer 24h/24 à fond. »

Partout dans le monde, les bureaucrates aiment gaspiller, hein. Ils sont sûrement en collusion avec les fabricants de banderoles et les compositeurs pour élargir leurs privilèges. Vraiment, pas l'ombre d'une éthique de serviteur public, ils manquent de sens commun, donc ils pourrissent. Et ils ne se rendent même pas compte qu'ils pourrissent. Ils ne pensent probablement pas être déraisonnables. Au sens ultime, ils manquent des qualités requises pour la redistribution des richesses. Sûrement qu'ils croient qu'utiliser l'argent des autres pour créer des privilèges, c'est normal, même dans les entreprises privées. C'est le comble de l'inconscience. Moi aussi, si j'avais pas été transféré dans l'autre monde, j'aurais visé un poste à la bibliothèque municipale, mais eux ils se vautrent dans les privilèges ! Moi aussi je voulais acheter mes bouquins préférés avec l'argent public ! Lecture à volonté ! Je finirais par dire que la bibliothèque, c'est MA bibliothèque perso ! S'ils ont du fric pour des banderoles, qu'ils le mettent dans la bibliothèque ! C'est pour ça que les bureaucrates et les fonctionnaires sont... [le reste de la tirade continue sur le même ton]

« Hé, oh, pourquoi vous m'écoutez jamais ? Vous m'ignorez ? Vous faites la sourde oreille ? Vous êtes un compositeur sourd ? Ça, en vrai vous entendez, hein ? Vous m'écoutez ? Et en plus, pourquoi vous retenez pas mon nom ? »

Ah, la demoiselle causait, apparemment.

« Pareil que la fois d'avant, votre attitude a pas changé, hein... J'ai mis une robe, je me suis fait belle, et pourtant... »

Le majordome m'a engueulé.

C'était la servante que je voulais, moi...

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