Un jour, quelque part, le monologue de quelqu'un ?
J'ai couru après Haruka en riant. C'était sûrement un bonheur idiot, un rire sincère venu du fond du cœur, d'une fraîcheur désarmante.
« Attends ! Je ne te laisserai pas fuir !! »
« « « C'est exact, tu es coupable ! C'est l'heure du sermon !! » » »
C'étaient des jours si amusants que je ne pouvais m'arrêter de rire. Papa, Maman, grande sœur, désolée, mais j'avais désormais un endroit qui m'était cher. J'avais trouvé un lieu qui comptait pour moi. Oui, parce qu'en ce monde, il y avait quelqu'un que je voulais poursuivre.
« Encerclez-la ! Sécurisez la méchante !! »
« « « « Compris ! » » » »
Le bonheur... c'était quelque chose dont je rêvais vaguement. Mais la réalité était totalement différente de ce que j'imaginais, bien loin de ce que j'avais envisagé. Pourtant, j'avais sûrement trouvé dans ce monde ce qui comptait plus que tout. C'était pour ça que j'étais sérieuse. Ce monde mettait ma vie en jeu, mais... ici seul existait mon sentiment sincère.
Parce que j'avais gagné des camarades et une meilleure amie, rivales et alliées indéfectibles, camarades d'armes et sœurs. Des jours à rire sans fin avec des camarades irremplaçables.
« Droite, les demoiselles sont trop peu nombreuses ! Qu'est-ce que vous faites ! »
« On se déploie ! »
« Je laisse la suite à votre charge !! »
C'était une immense pagaille où volaient les compétences de l'autre monde, chaque matin et chaque soir un théâtre de folie à en mourir de rire.
« Hé, si y a pas de friandises, faut juste menacer l'artisan à domicile, cette théorie présente des points de problème multiples et variés dans un état de pointillisme qui semblent multicolores, mais la quantité totale de friandises est toujours correctement, exactement, légitimement et directement proportionnelle au set de plus ! C'est poko, non ? »
« Interdiction de faire des remarques bedonnantes aux demoiselles ! Bouche cette sale gueule ! »
« « « « Compris ! » » » »
C'était bien loin de l'amour rêvé dans les manga pour filles, pas un fragment du romantisme vu dans les films d'amour, les amourettes admirées dans les romans d'amour pur avaient depuis longtemps volé en éclats quelque part.
Parce que la vraie force féminine, c'était... une violence qui arrachait quoi qu'il arrive ce qu'on ne voulait absolument pas perdre. Ce sentiment seul restait égoïste, absolument pur, où qu'il aille.
« Je ne te laisserai jamais fuir » « « « C'est ça, c'est ça, tend les mains docilement pour les menottes » » » « J'ai des chaînes » « « « Ah, merci... recevez les chaînes ? » » » « Heu, c'est quoi ce truc, Prométhée ! »
Ceux qui parlaient de ce qu'est le vrai bonheur ne le comprendraient sans doute jamais. Car c'était un cri d'âme follement cher qu'il n'était pas nécessaire qu'on vous enseigne.
Ceux qui parlaient du bonheur suprême ne trouveraient sûrement que des contrefaçons de pacotille. Parce qu'un bonheur fait pour être montré aux autres, un bonheur d'ornement, c'était du pipeau. Parce que ça, c'était une chose unique et absolue, sans comparaison possible.
Le bonheur, c'était quelque chose qu'on décidait en s'en rendant compte ? Pas besoin de s'en rendre compte pour savoir si on était heureux, pas besoin de décider non plus. Le bonheur, c'était une force de destruction, un bonheur d'allégresse explosive qui te rendait heureux bon gré mal gré !
Le bonheur ne durait pas toujours... non, ce n'était pas qu'il ne durait pas. Il déferlait comme une vague furieuse. Si on ne se débattait pas désespérément pour ne pas s'y noyer, en écartant les flots, le bonheur devenait hors d'atteinte.
Le bonheur était juste là ? Le bonheur venait si on attendait ? Si maintenant on ne tendait pas la main, si on ne l'attrapait pas et ne s'en emparait pas, on n'aurait absolument jamais le bonheur. Si c'était un bonheur d'aumône ou de perte, on n'en voulait pas, parce que le bonheur fuyait ! Oui, il courait partout comme un fou ! Et le vrai bonheur, il n'y en avait sûrement qu'un seul au monde !!
On ne voulait pas être comblée, et même si on nous l'offrait, on ne devenait pas heureuse. Nous voulions nous tenir côte à côte avec le bonheur. Ni l'attendre, ni le recevoir, ni le trouver pour s'y immerger, ni se le persuader, ni vouloir qu'on nous le donne, ni vouloir le frimer devant quelqu'un. Juste, juste rattraper ce bonheur-là.
Ça ressemblait à de l'admiration mais c'était désespéré, ça ressemblait à un rêve mais c'était plein de méfaits, ça ne ressemblait ni à l'amour ni à la romance, mais le cœur en avait soif et criait tant c'était cher.
« Équipe bloomers, on y va ! » « Équipe maillots scolaires en déploiement, on l'encercle » « Équipe maillots de compétition ! On va l'attraper !! » « Équipe leotards, encerclement terminé, OK » « Équipe cheerleaders, on fonce ! »
Une seule chose précieuse. J'avais enfin compris que tout, la deuxième place comme la centième, la millième, c'était pareil tant que ce n'était pas la première. Mon unique bonheur se fraya un chemin à travers la tempête de ciseaux du crabe en rafale, virevoltant comme des feuilles dans la tourmente.
« Hé, laisse de côté ce costume d'une indécence et d'une extravagance incroyables et la lubricité de son contenu, d'habitude dans l'affaire d'incident où on fait des farces si on nous donne pas de friandises, quoi qu'il en soit si on donne pas de friandises, tabasse jusqu'à ce qu'on en fasse, ce truc là, Monsieur Tête-de-citrouille en aurait la tête dans les mains et ferait une reconversion en Monsieur Tête-de-pasteque, cette info d'embauche grave n'atteint pas un chômeur comme moi... pourquoi donc ? »
« S'il y a une affaire d'incident, fais des friandises ! Ei ! »
« Si tu veux pas être Tête-de-pasteque, fais des friandises, non ? Toryaa ! »
« Si l'info d'embauche vient pas, fais des friandises (abré... Uryaaa ! »
Vouloir tout, ce n'était pas vrai. Parce qu'on voulait tout donner, et ce qu'on voulait, c'était une seule chose ! Juste... qu'on me dise qu'il était bon de rester ensemble pour toujours. Je voulais qu'on ait besoin de moi.
Mais ce qu'on voulait fuyait comme une lueur de chaleur, dansait comme un mirage. Laissant une rémanence comme un rêve fragile qui allait disparaître, il s'enfuyait prestement sous la table comme un cafard. Évitant les chaînes qui tourbillonnaient, esquivant les entraves charnelles qui soufflaient en rafales, je courais, je courais, je tendais la main, mais ça n'atteignait pas !
Mais j'avais décidé que cette main, toute ma vie, continuerait de s'étendre. Et une fois qu'elle avait saisi, je ne la lâcherais plus jamais ! Alors cette main poursuivrait jusqu'au bout du monde — parce que c'était pas juste que les gamines de l'orphelinat aient des macarons !! Uryaaa ! ... Attrapé... fufufufufufu ♥
« Ugyaaaaa ! Muguuu... ou plutôt monyun ? Bon, j'ai compris, compris de façon jouissive et bizarrement mystérieuse, hé ! Qui caresse mes cuisses intérieures, pas besoin de dire qui me mord la tête, mais moi je suis pas contre caresser, lécher, frotter mes joues contre Mademoiselle Cuisse, par contre me faire caresser c'est autre chose et l'affaire de phénomène d'incident qui devient un cas d'actualité surprenant même l'actualité, c'est important, tu sais ! (Shakiin ☆) — c'est pas ☆, n'ouvre pas, protège, ma prière poignante et ardente pour que la protection de hanches ne s'ouvre pas mais protège, avant qu'elle n'arrive c'est dangereux, j'ai vraiment compris... hé, sérieusement, monsieur le lycéen c'est dangereux — l'explosion prématurée recèle le risque de faire exploser madame Cote-d'affection, alors pourquoi la protection de hanches s'ouvre-t-elle pas secrète mais complètement !? En plus c'était un bon son ! Guu, gyaaaa ! »
L'entraînement volontaire de cette nuit fut très long... mais le macaron avait eu le goût du bonheur. Ouais, la larme aussi... ♥
Aujourd'hui encore je levais les yeux vers le ciel nocturne — même maintenant, il y avait des jours où je pleurais en me souvenant, voulant revoir ma famille.
Même quand j'avais peur et mal et que je voulais pleurer, verser des larmes vers un ciel sans lune... ça serait sûrement comme ça pour toujours encore.
Mais parce qu'il y avait dans l'autre monde ce que je ne pouvais pas obtenir depuis toujours, ce que je rêvais... ce n'était pas du superficiel, c'était de l'amitié sincère, une raison de vivre en jeu... et un rêve doux, doux, ardent, à en déborder.
Malgré ça, je voulais ne serait-ce qu'un instant revoir papa et maman. Juste un mot, dire « merci »... mais je voulais rester dans l'autre monde. Parce que j'avais enfin trouvé un endroit où je pouvais être moi-même.
Je pensais à ma famille que je ne reverrais plus. Je confiais à la voilée d'étoiles mes sentiments qui n'atteindraient pas d'ici. Je voulais vous voir, j'étais seule, merci pour toujours. Et... ne vous inquiétez pas.
Tu sais, j'étais maintenant vraiment heureuse.