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Loner Life in Another World

Chapitre 17

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Chapitre 17

Chapitre 17

Chapitre 17/11415%~13 min de lecture2 543 mots

17e jour Devant la grotte

J'avais pris mon petit-déjeuner, alors c'était le départ.

« Allez, on prend un raccourci à travers la forêt, donc équipez-vous correctement. »

« « « Oooooohhh ! » » »

Tout le monde a la pêche dès le matin, on part pour quel continent ? Une traversée longitudinale ? Je ne connais que la transversale, moi ?

« Vous voulez aller en ville, tout le monde ? »

« « « « Uoooooohhh ! » » » »

Il y avait peut-être des champignons dangereux dans le lot ? C'est pour ça que je disais de rester sur le poisson...

Dans la forêt, y a presque que des gobelins, quelques kobolds, pas d'orcs. Ça devrait avancer tout seul.

Tout le monde a gagné des niveaux et court plus vite, du coup on progresse bien même en se battant, ils ont pris de l'endurance ?

D'ailleurs, même dans la grotte, elles comparaient leurs ventres : qui avait maigri, qui avait une taille fine, qui s'était musclée... J'aimerais bien qu'elles fassent un peu attention aux lycéens, quand même.

Avant midi, on a dépassé le point où on avait fait demi-tour hier. Si ça continue, on aura fait une sacrée distance d'ici ce soir.

Midi, c'était rations séchées aux champignons, mange en marchant. Fade, mais la route est longue. Les otakus, ils ont bien réussi à s'en sortir ? S'ils habitent dans la forêt en chemin, on risquerait de les chasser par erreur.

Je vérifie la bouffe avec *Appréciation*, mais y a que des herbes médicinales. Rien que des antidotes, c'est un flag ? Bon, je les ramasse quand même.

S'il y a des antidotes, c'est qu'il y a du poison, non ? Si c'est pas un flag, c'est juste de l'herbe.

Même avec *Vision lointaine*, y a que la forêt à perte de vue, des présences de kobolds partout, et que des antidotes à ramasser... La pêche du matin s'est évaporée. Pause.

« Pauuuse. Jus dispo, pas cher, pas cher ! »

« Monsieur, un jus, paiement en nature. »

« C'est gratos. »

« Jus... un... seul... prix... vaut... pas... l'air... d'en... avoir... »

La fille du clan nu a commencé à écrire des "の" par terre, moi aussi j'ai envie de le faire, mais j'ai pas eu le temps de creuser un sous-sol...

« Haruka-kun, arrête de coincer Fukunuki-san, elle est à deux doigts de craquer. »

Heu... pourquoi c'est toujours moi qui me fait engueuler à la fin ? Je distribue juste du jus ! C'est de la maltraitance psychologique ? Ou mentale ?

« On a bien avancé, mais le bivouac est sûr, non ? Le bord de la rivière ? C'est loin, mais y a des îlots au milieu ? »

*Vision lointaine* arrive juste à voir, donc c'est assez loin. Mais si les monstres évitent vraiment l'eau, c'est un point sûr.

J'vais faire une reconnaissance ? Y a un truc que je veux tester.

« La forêt a l'air safe aussi, je vais faire un tour en éclaireur ? Genre ? »

« Si c'était pas une question, je te croirais sur parole... Moi aussi j'y vais ? »

« Non, présidente, tu gères ici. Je vais juste jeter un œil, seul ça ira. »

Je me sépare du groupe de tête, je cours en renforçant mon corps avec *Enveloppement magique*. Jusqu'ici, routine. Et j'allège mon corps avec *Magie de poids*... Oh... Ça marche pas mal... Encore plus léger... Encore plus vite... Encore encore...

Je file en aval le long de la rivière. En forêt, je fonçais à toute vitesse, mais impossible : à cette allure, les arbres foncent sur moi comme un danmaku, c'est mort.

Sur le rivage, moins d'obstacles. Le pied est mauvais, mais mon corps est léger, j'avance en bondissant.

Je pourrais pas voler ? Je suis léger et rapide, si je prends de l'élan et que je saute, ça devrait le faire, non ? Faut une ligne droite... Oh, le chemin est droit !

« Ça va voler, c'est sûr... A... I... C... A... N... F... L... Y... Uoooooooooohhh !! »

Plus que voler, c'était une marche aérienne ultra-rapide sur longue distance ? Vivre une trajectoire balistique en vrai, la vie est pleine de surprises, c'est plus rare qu'une invocation dans un autre monde.

Le rivage et la forêt rétrécissent sous mes yeux... La sortie est en vue... La forêt s'arrête... J'ai regardé au-delà avec *Vision lointaine*, et ça a été l'erreur...

En plein ascension balistique à très haute vitesse, avec une résistance de l'air dingue... Si je perds l'équilibre... Je m'écrase, fin de l'histoire.

« Gyaaaaah aaaaaaaaah aaaaaaaaaaah ! » (Bokutsu !! Baki ! Guja !)

Je me suis écrasé. PV sous la moitié. Le ciel est plus dangereux que les monstres, et l'inattention encore plus. Et ce bruit final ? Quoi, je me suis fait traiter d'idiot par le sol ?

Montée balistique, vrille dans la forêt... Ça fait mal, mais c'était fun. Heureusement que j'avais *Enveloppement magique*.

Vu d'en haut, le relief est clair : la rivière fait un énorme détour à droite. Mieux vaut couper plus à droite. J'vais le signaler.

« Je suis de retour. Si on tire jusqu'au milieu de la nuit, on sort de la forêt. »

« Hein ? T'es allé jusque là-bas ? »

« Non, je me suis fait catapulter et j'ai vu d'en haut ? Genre ? »

« Le *Hourensou* des compétences spéciales de Haruka-kun ne marche jamais ! Tu pars en reconnaissance et tu te fais catapulter ! T'as le skill satellite de reconnaissance !? Pourquoi tu reviens en lambeaux !? »

Bah, je suis solitaire, j'ai personne à qui rendre compte, personne à contacter, personne à consulter, et mon niveau monte pas.

« Voilà, je me suis dit : "Et si je pouvais voler ?", résultat : plus catapulté que volé... Tombé ? Plutôt écrasé ? »

Même pas déchiré, ce manteau ? Et ces vêtements en tissu ? Tissu ? C'est quoi le tissu, à ce niveau ? Même les griffes des kobolds n'ont pas pu l'entamer. Quoi qu'il arrive, sale ou couvert de sang, un coup d'eau et c'est neuf. Le villageois A, il faisait quoi dans son village, au juste ?

En forêt, on décale le cap franchement à droite. On passe plus profond, c'est un raccourci, mais faut rester vigilant, y a peut-être des monstres inconnus.

Les groupes se relaient en tête pour chasser les monstres, le suivant prend la suite quand il rattrape. Résultat : la vitesse ne baisse pas.

La présidente a vraiment de la jugeote, du commandement, de l'analyse... Peut-être aussi des capacités de... non, je pense à rien... Juste la météo, elle tient ? Vraiment ?

Déjà la nuit. Bientôt minuit. La forêt s'éclaircit pas mal, on va bientôt en sortir, mais une fois dehors, plus aucun abri... Bivouac par ici, la rivière est proche.

« On campe. Genre ? »

« « « « Haaaaah, pour ! » » » »

Tout le monde a l'air crevé. Montons les tentes. Voilà, c'est fait.

On me fusille du regard. L'apparition subite de la tente, ou plutôt du *Dôme d'air*, a l'air de pas leur aller. Quoi que je fasse, je me fais dévisager, et ça non plus ça me va pas.

« Non, j'ai juste dit "ouvre-toi" et ça s'est ouvert. Regardez, y a de la place pour vingt personnes. »

J'ai fait un bain de fortune au bord de l'eau, mis des paravents, fait chauffer l'eau et fui direct. Parce que si la fille du clan nu se déshabille, c'est moi qui vais me faire engueuler. J'ai chopé le titre "Persona non grata" ou quoi ?

Aujourd'hui, que des antidotes. Pas de quoi faire un festin. Salade de champignons à volonté, mais tout au sel, faudra faire avec.

Les filles se relaient : bain, repas, roupillage dans la tente.

Si je m'active trop, la présidente et les siennes se gênent. Donc je fais semblant de me reposer assis, tout en posant la main au sol pour discrètement injecter de la magie et créer palissades et fossés.

D'ailleurs, les otakus faisaient pareil à la base. Ah oui, les trous pièges. Creusons. Je pourrais pas faire des pièges magiques ?

Pas besoin de garde. La tente a une protection anti-monstres, je peux faire *Détection* et *Perception de présence* en dormant. Jusqu'ici, j'ai toujours repéré les otakus, les gobelins et les idiots.

Par contre, les filles, ça leur fera de l'entraînement. Elles en auront besoin.

Je pensais faire une rotation à cinq groupes : les quatre groupes de filles et moi. Mais pour une raison mystérieuse, c'est devenu quatre tours avec moi fourré dans un groupe de filles.

Les tentes, c'est relou. Il fait beau, les sacs de couchage suffiront. L'effet *Hikikomori* me protégera de toute façon.

Au fait. Il n'a plu que deux ou trois petites averses nocturnes ? Pas de vraie pluie ? C'est la saison sèche ?

Y a la garde, je dors... Mais comment tout le monde sait l'heure, au fait ?

·

·

·

« Haruka-kun, réveillez-vous, c'est votre tour de garde. »

Je suis déjà réveillé grâce à *Perception de présence*, mais pour garder la tension, mieux vaut pas le dire.

« Ouais, je suis levé... Et après ? »

« Vous comptez dormir combien ? Cette vie ne vous suffit pas !? »

Je dis des conneries en sortant de la tente, et les quatre reines du sport musclées m'attendent. La plus faible ? Probablement la fille du clan nu.

« Salut. Bon, on assure la garde. »

« Faaah... Juste rester éveillé, pas besoin de rondes ? »

« Dors pas, je te fais un câlin. »

« Sommeil... sommeil ? ... Dormir ? »

« Si je te fais un câlin, toi aussi tu dors. Et le dernier mot : dors PAS ! »

Les sportives sont des célébrités. Parfois dans le journal en petit, mais connues.

Connues, donc elles ont peut-être un nom. Moi je sais pas ?

Bien réfléchi, dans l'ancien monde aussi, elles devaient galérer.

Ne serait-ce que les filles : la nageuse du clan nu, candidate aux JO.

La gymnaste qui a envie de dormir, elle aussi,出場してたらしい aux compétitions internationales.

Les deux autres, des gens de la télé, championnes inter-lycées en première année, vice-championnes, des stars.

« Euh... C'était... Le lycée machin, les Pylônes Jumeaux !? »

C'est ça ! Y avait une banderole au lycée. Mmh, j'ai vu ça... Bien joué, mes neurones gris...

« « « Qui sont les Pylônes Jumeaux !? Vous voulez dire qu'on a les cuisses épaisses !? Et "le lycée machin", vous avez oublié le nom de VOTRE propre lycée !? » » »

« Ah ? Y'avait pas une banderole comme ça devant ? »

« C'est Tours Jumelles ! Pylône, ça sort jamais en premier ! »

« Si vous mettez une banderole "Pylônes Jumeaux", je vous brûle, sûr ! »

J'avais tort ? Mes neurones gris ont décidé que ça s'en foutait.

« Ahaha, faire la garde entouré de célébrités, ça stresse ! »

« « « Pas des célébrités, vous connaissez même pas nos noms !! Pourtant on est camarades de classe ! » » »

« Moi... clan nu... razoku... kotte... razoku... »

La blessure de la fille du clan nu est profonde. Traumatisme des mecs qui l'ont agressée ?

« Non, mais... la fille du clan nu, je l'ai vue à la télé... celle-là... le monde de la natation féminine... Mamma Mia... Purin ? »

« ... Mamma Mia... Purin... Oishisou... Purin. »

Heu, la blessure s'aggrave. Traumatisme des combats quotidiens contre les monstres ?

« Comment vous entendez "Mermaid Princess" et ça devient "Mamma Mia Purin" !? »

Ah, une oreille qui traîne... Le fameux *Soramimi Ear* ?

« Uu... Le mien doit être tout faux aussi. »

« T'inquiète, celui de la gymnaste, y'avait une affiche au lycée, dans le couloir du haut... Febreze ? Je l'ai vu ce matin. »

« Qui a collé une affiche Febreze en haut du couloir !? »

« « « C'était écrit "Danse des fées au-dessus du plancher" !! Qui faisait du Febreze dans le couloir !? » » »

Quel groupe pénible. C'est la garde, fermez-la un peu, c'est bruyant. Je leur ai fait la remarque, et c'est moi qui me suis fait engueuler. C'est ça, la contre-attaque ?

Je checke les alentours au coin du feu. *Perception de présence* et *Détection* : rien qui approche. Les quatre reines du sport sont toujours boudeuses.

C'est ça : ni filles ni gars, ni intelligence chez les muscles.

« Vous voulez du jus ? »

« « « « Waaai ! » » » »

Au fond, même race que les idiots et les gobelins. Facile à acheter.

« Le jus de baies, tu disais qu'il n'y en avait presque plus, c'est bon ? »

« Ah, j'ai juste mis des baies à tremper dans l'eau, et le goût ne fait que se concentrer ? Je dilue, je dilue, et ça redevient fort, boisson mystère à volonté. »

« Oooh, à volonté, service boisson illimité monde parallèle ! »

« Au moment de se séparer, j'en donne à tout le monde, un sac par groupe. »

« Haruka-kun, tu rentres vraiment ? »

Même si la logique dit que c'est juste, l'émotion n'accepte pas.

Je m'en rendais compte : plusieurs filles ne l'acceptaient pas.

Mais elles comprendront. Elles savent mieux que quiconque ce que ça implique.

« Quand tout le monde vise les championnats du monde par équipe, vous intégrez un nul sous prétexte qu'il est venu avec vous ? C'est le malheur pour les deux camps. »

Quoi qu'on ressente, celles qui se battent pour le sommet du sport le savent, au fond d'elles, à en vomir.

Dans l'ancien monde, celles qui peuvent comprendre l'écart de niveau, c'est sûrement elles seules.

·

·

Enfin la fin de mon tour. La relève : le duo président-vice-président. D'ailleurs, qui était le vrai vice-président ?

Je dors.

17e jour, nuit profonde, bivouac, dans la tente, réunion de filles

Après la relève du bivouac, j'écoute le rapport du groupe sportif.

Comme elles n'avaient pas beaucoup l'occasion de parler, elles voulaient me remercier. C'est pour ça qu'on les a mises de garde avec Haruka-kun, mais...

« Désolée, c'était mort. Au final, c'est moi qu'on a convaincue. »

« Quand il dit ça... T'as plus rien à répondre. »

« Au final, j'ai été menée par le bout du nez par Haruka-kun. »

« Rien pu dire... Pourtant j'avais plein de trucs à dire... »

Comme prévu, c'est mort.

Haruka-kun, dès qu'on le remercie sérieusement, il noie le poisson. Mais pas n'importe comment : ça dépasse la centrifugeuse, un remix à rotation ultra-rapide, genre chute libre bungee, tu sais plus de quoi tu parles, et quand tu t'en rends compte, tu t'es mis à hurler au lieu de remercier !?

« Faut vraiment qu'on retrouve Oda-kun et les autres en ville pour leur demander conseil. »

La persuasion est impossible. Il nous laisse même pas dire merci.

Tout le monde veut dire merci à Haruka-kun, elles font la queue pour ça... C'est juste un timide maladif, au fond.

Fin du 17e jour

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