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La princesse oubliée

Chapitre 397 : Histoire annexe (Dimitri) (3)

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Chapitre 397

Chapitre 397 : Histoire annexe (Dimitri) (3)

Chapitre 397/397100%~11 min de lecture2 049 mots

se tenait aux côtés de , dans le bureau de l'empereur. Depuis que l'empire venait d'être fondé, la charge de travail de avait décuplé par rapport à l'époque où il n'était que roi de Grandcrest. En tant que bras droit et secrétaire particulier de , l'aidait dans ses tâches autant qu'il le pouvait.

« Hah, le soleil est presque couché et je n'ai fait que la moitié de cette montagne de documents. » soupira . « J'aimerais en avoir fini avant le dîner. Je veux dîner avec ma famille, puisque j'ai promis à de ne plus jamais y manquer maintenant que les jumeaux grandissent. »

« Les jumeaux viennent d'avoir un an, Votre Majesté. Ils ont vraiment besoin du temps et de l'attention de leur père. » dit avec un sourire. « Pourquoi ne pas me laisser le reste ? Je n'ai rien à faire chez moi. »

« Tu me sauves la vie, . » sourit devant son geste. « Mais tu ne peux pas faire cela chaque fois : toi aussi, tu as une vie à mener. Te voilà à cet âge et toujours pas marié. N'y a-t-il donc aucune femme qui te plaise ? Je peux t'aider si tu as un faible pour la fille d'un haut noble ; tu sais que tu seras un jour grand-duc d'Atlantia du Sud. Tu seras l'un des partis les plus recherchés. »

« Malheureusement, aucune femme ne me plaît, Votre Majesté. » sourit gravement. « Depuis le jour où j'ai commencé à servir votre mère et vous-même, je n'ai jamais eu le temps de songer à ces sentiments-là. »

« Cela fait combien de temps, ? » demanda . « Depuis la première fois où et moi t'avons vu dans la rue et recueilli ? »

« Cela fait bien longtemps, Votre Majesté. » répondit . « Je n'étais qu'un gamin de cinq ans qui avait perdu son unique parent et sa maison. Je vivais dans les rues de l'une des villes de Grandcrest quand Son Altesse, votre mère, m'a recueilli. »

<Rétrospective>

Les rues d'une ville de Grandcrest étaient animées, car c'était jour de marché. La guerre venait de s'achever et beaucoup de réfugiés d'Atlantia, sans toit, traînaient dans les rues de villes comme celle-ci.

Dans un carrosse élégant, le petit voyageait avec sa mère. Ils traversaient le marché bondé.

« Madame, la rue est fort encombrée. Je crains que nous n'arrivions en retard au manoir. » dit le cocher.

« Ce n'est rien. J'aimerais descendre et jeter un œil au marché. » dit la mère de .

« M-Mais Madame... Son Altesse le prince héritier n'approuverait sans doute pas ! » dit le cocher, l'air effrayé.

« Ne t'inquiète pas. Si tu ne le lui rapportes pas, il n'y aura pas de problème. » dit la mère de en adressant un clin d'œil au cocher. « Tu peux nous attendre sur la route du manoir. Nous n'en aurons pas pour longtemps. »

« M-Mais Madame... » Le cocher voulut protester, mais la mère de était déjà descendue du carrosse et avait pris le petit dans ses bras.

Elle traversa le marché en le portant, le laissant parfois marcher sur ses petites jambes. Elle acheta des pommes à l'un des étals et en donna une à . Pendant qu'elle payait, un gamin des rues vola quelques pommes sur l'étal. Le marchand le vit et se lança à sa poursuite. Un peu plus loin, il trébucha, tomba à terre et ne put rattraper l'enfant.

Pendant que tout cela se déroulait, un autre gamin des rues, âgé de cinq ans environ, prit sans bruit de l'argent dans la caisse. le vit et pointa du doigt ce petit garçon, qui était .

« Maman... » dit le petit en désignant le petit .

La mère de vit le petit en train de voler.

« Hé ! » gronda-t-elle.

Le petit sursauta et détala. La mère de se lança à sa poursuite. Tandis qu'elle courait, une petite pierre apparut juste devant elle, surgie de nulle part. Elle avait le pied vif et parvint à l'éviter ; sans quoi, elle serait tombée.

C'est ainsi que la mère de sut que le petit était un enfant atlantien. Elle n'en fut que plus déterminée à le rattraper.

Le petit courait avec l'argent qu'il avait réussi à voler à l'étal de pommes. Quand il se vit hors de danger, son allure ralentit jusqu'à l'arrêt. Il se cacha dans un coin, posa l'argent par terre et se mit à le compter. Il ne remarqua pas qu'un groupe d'hommes venait de l'encercler.

« Tiens, tiens, qu'est-ce que nous avons là ? » demanda un grand gaillard à la mine de voyou. « Regardez un peu ce que ce gosse a volé. »

« Tu ne sais pas que c'est notre territoire, petit ? » dit un autre d'un ton moqueur. « Si tu veux voler ici, il faut nous donner ta recette. Disons que c'est une sorte de loyer. »

Le petit regarda les voyous avec des yeux furieux et refusa de céder l'argent qu'il avait volé.

« Ce gosse est courageux, patron. » dit un autre homme. « Je crois qu'il faut lui donner une leçon, histoire qu'il apprenne. »

« Hé, alors tabassez-moi ce petit bonhomme, qu'il apprenne. » ordonna celui qu'ils appelaient le patron.

Les voyous firent craquer leurs poings et regardèrent le petit d'un air menaçant, mais ne recula pas. Quand ils l'attaquèrent, il riposta. Il était fort pour son âge, mais il ne pouvait pas venir à bout de plusieurs hommes faits à la fois. Il tenta d'user de sa magie, mais ne réussit qu'à faire surgir de petites pierres qui frappèrent les voyous. Il était encore petit et ne savait pas se servir de ses pouvoirs magiques, apparus le jour de la mort de sa mère.

« Ce gosse est un p*tain d'Atlantien ! » dit l'un des voyous.

« Tuez-le. » dit un autre. « Ces p*tains d'Atlantiens sont de la racaille. »

Le petit se faisait rouer de coups. Il se rappela ce que les villageois leur avaient fait, à sa mère et à lui, et ses yeux se firent de plus en plus sombres, jusqu'à ce qu'une voix de femme retentisse.

« Que faites-vous à ce petit garçon ? ! » C'était la mère de , son fils dans les bras.

« Oh, regardez donc ce que nous avons là. » dit le patron. « On dirait bien qu'on a décroché le gros lot. Elle a l'air d'une noble. Je suis sûr que son mari paiera cher pour sa femme et son enfant. »

« Ne t'avise pas de poser la main sur ce petit garçon, et encore moins sur mon fils ! » dit la mère de d'un ton glaçant.

Les voyous concentrèrent alors leur attention sur elle. Le petit resta à terre, meurtri et sanglant.

« Non ! Madame, fuyez ! » ne voulait pas que ce qui était arrivé à sa mère arrive à cette mère et à son fils.

« Ne t'inquiète pas, je vais te sauver. » lui dit la mère de . « Je ne suis pas si faible. »

Surgi de nulle part, du feu vacilla et se mit à flotter autour des voyous.

« Q-Qu'est-ce que c'est que ça ? » dit le patron, le visage épouvanté.

Les petites flammes grossirent et changèrent de forme pour devenir des oiseaux. Les oiseaux de feu fondirent alors sur les voyous et les embrasèrent.

« Aaaah ! »

« S-Sauvez-moi ! »

« À L'AIDE ! »

Les voyous couraient en tous sens pour éteindre le feu sur leurs corps.

« Sale g*rce d'Atlantienne ! » Le patron tira son couteau et se rua vers la mère de . « Aaah ! »

Mais il ne parvint pas à approcher la mère et l'enfant. Son corps prit feu et brûla furieusement.

« Aaah... à-à l'aide ! » hurla le patron, à l'agonie.

Tandis qu'il brûlait, les yeux de se mirent à luire d'un bleu éclatant. Il regardait fixement le patron en flammes.

« C'est toi qui as sauvé maman ? » demanda la mère de .

« Lui méchant... » répondit le petit .

« Merci, mon trésor, mais laisse maman s'occuper de ça. D'accord ? » dit la mère de .

« Hmm... » hocha sa petite tête, et le corps du patron cessa de brûler ; mais il était brûlé au point d'en être méconnaissable.

« M-Madame ! » Le cocher arrivait, suivi de quelques gardes. « J'avais peur qu'il vous soit arrivé quelque chose, à vous et au petit prince, alors je suis parti à votre recherche avec les gardes. »

« Merci de nous avoir retrouvés. » répondit la mère de . « Veuillez placer ces voyous en détention. »

« Oui, Votre Altesse. » Le capitaine des gardes s'inclina et fit arrêter les voyous.

Les autres voyous n'avaient que des brûlures légères ; le plus atteint était le patron, brûlé au point d'être méconnaissable, mais respirant encore.

La mère de s'avança vers le petit . Il s'était recroquevillé contre un mur, toujours sur ses gardes.

« Bonjour. Puis-je savoir comment tu t'appelles, petit ? » demanda la mère de , mais garda le silence.

« N'aie pas peur, je ne te ferai aucun mal. Comme tu peux le voir, nous sommes tous les deux atlantiens. » dit la mère de , mais resta pelotonné contre le mur.

Le petit descendit des bras de sa mère et s'approcha lentement de sur ses petites jambes. eut un mouvement de recul quand il fut tout près, mais il le laissa lui toucher le visage.

« Bobo ? » dit en tenant les joues enflées de . Une lumière blanche se mit à briller dans les petites mains de , et les blessures de commencèrent à se refermer jusqu'à disparaître.

sentit une chaleur douce émaner des mains de et se sentit en sécurité. Il regarda le petit , qui lui souriait.

« Bobo parti. » souriait de toutes ses forces. « Ami avec Leon. » dit-il avec un adorable défaut de prononciation.

« Mon fils ne maîtrise pas encore sa magie blanche de façon constante, mais il voulait te guérir. Dieu merci, il y est parvenu. » dit la mère de . « Il veut être ton ami. Il n'a jamais eu d'ami. Accepterais-tu, s'il te plaît ? Je te promets que je te garderai en sécurité. Viens avec nous. »

regarda les deux mains tendues devant lui. L'une, toute petite, était celle de ; l'autre, celle de sa mère. Il hésita d'abord, puis finit par prendre les deux mains. Il sentit aussitôt la chaleur et la sécurité.

« . » murmura . « Je m'appelle . »

« . Je te le promets, , je prendrai soin de toi. » dit la mère de avec un sourire. « Je te demande seulement, en retour, d'être un bon compagnon pour mon fils. »

<Fin de la rétrospective>

« Depuis ce jour, j'ai juré de rester à vos côtés, Votre Majesté. » dit . « C'était une promesse faite à Son Altesse votre mère. »

« Et je t'en ai toujours été reconnaissant. » se leva et lui tapa sur l'épaule. « J'occupe aujourd'hui une position que nul ne peut mépriser, et ma situation est bonne. Je crois qu'il est temps que tu penses à toi. Trouve une femme dont tu tomberas amoureux et fonde ta propre famille. Je veux ton bonheur, à toi aussi, mon grand frère. »

fut heureux de ces paroles et sourit.

« Je vais essayer, Votre Majesté. » répondit .

« Je suis convaincu que bien des femmes se prendront d'affection pour toi. Tu n'auras aucun mal à en trouver une. Hahaha. » gloussa .

« Vous avez beau le dire, ce n'est pas si facile, Votre Majesté. Hahaha. » gloussa .

Les deux hommes éclatèrent de rire dans le bureau. On aurait dit deux frères occupés à une joyeuse conversation.

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