L'intérieur de la tour étroite et massive est empli d'une odeur écœurante de douceur.
« Ah... Beurk, ah... »
On entend une respiration rauque et des gémissements aigus qui ressemblent à ceux d'une fille en agonie. Et comme pour les noyer, les bruits humides de tentacules qui se tortillent résonnent tout autour.
Simon est complètement piégé par le Morjura à présent.
Son arme de prédilection, le fusil avec une dague fixée comme baïonnette, a depuis longtemps quitté ses mains et a coulé dans le mucus huileux qui suinte des tentacules ; on dirait que le Morjura veut jusqu'à souiller sa volonté même de résister.
« N-non... »
Des dizaines de tentacules s'enroulent autour du petit corps de Simon, comme pour le taquiner. Les Morjuras agissent normalement en groupe, mais celui-ci est seul. Il peut prendre tout son temps pour ne planter que sa propre graine.
Les tentacules de Morjura ne sont pas particulièrement résistants, et ils n'ont ni griffes acérées ni épines dures. Il n'a pas l'instinct de déchirer les carapaces et les peaux des créatures qu'il capture ; il rampe simplement sur le corps et cherche des trous.
Simon porte son uniforme noir d'académie et le manteau bleu qu'il avait lors de la bataille d'Alsace. Ses vêtements ne sont pas abîmés, et pas un seul bouton n'est défait.
Des tentacules pénètrent dans ses vêtements par les manches de ses deux bras et le bas de ses deux jambes. Comme une chenille qui grimpe le long des branches d'un arbre, ils remontent lentement le long de ses bras et de ses jambes. Le Morjura semble apprécier cette peau blanche et douce qu'on ne croirait pas appartenir à un homme.
Il ressent une sensation de fourmillement, de tortillement sous ses vêtements. À première vue, les tentacules ressemblent à des lianes flexibles, mais au toucher, ils rappellent une langue humaine ; ils possèdent l'élasticité de la chair. Les tentacules sont luisants du mucus aphrodisiaque qu'ils sécrètent en permanence. En rampant sur son corps, au lieu de donner l'impression de simplement s'enrouler autour de lui, c'est comme s'il se faisait lécher par une langue gigantesque.
Incapable de supporter cette sensation dégoûtante, Simon laisse échapper un cri qui, d'une façon ou d'une autre, sonne doux et envoûtant.
Sa peau est enduite de l'aphrodisiaque naturel et son odeur qui donne des brûlures d'estomac remplit ses poumons, faisant parvenir ses effets jusqu'au dernier centimètre de son corps. Bien que son partenaire soit une masse de tentacules répugnants, son cerveau est forcé de générer des signaux de plaisir. Peu importe à quel point il le déteste, peu importe combien il pleure ou crie, il ne peut pas échapper au plaisir. Simon laisse échapper un nouveau gémissement.
« Haah, haah... Fuwah... »
Les tentacules s'enroulent même autour de son cou fin. Ils ne serrent pas. Le but du Morjura n'est pas de tuer, mais de se reproduire ; ce serait inutile si son partenaire périssait. Les tentacules caressent doucement la nuque de Simon.
Au même moment, ils glissent dans ses vêtements par le cou. Du col de sa chemise aux espaces entre les boutons, partout où il y a une ouverture, ils s'enfoncent sans pitié.
Les tentacules caressent son torse fin, rampent le long de sa colonne vertébrale, lèchent son nombril, et descendent encore plus bas –
« Non, ah... ! »
Et voilà que les tentacules qui dominent maintenant totalement le corps de Simon commencent tous en même temps à tenter de pénétrer le trou qu'ils ont enfin trouvé. Les préliminaires sont terminés.
« AAAAAAAAH ! »
Un cri qui résonne. On y entend encore du dégoût et du rejet. C'est son dernier acte de résistance.
Cependant, bien que le Morjura soit le violeur le plus horrible, le plus dégoûtant, il possède la capacité de rendre fou de plaisir. Quand on est capturé par un Morjura, une telle résistance est de très courte durée.
Une fois que la pénétration réelle commence, il ne faudra même pas cinq minutes pour conquérir Simon, qui n'est qu'un elfe sans force mentale exceptionnelle ni résistance au poison.
Comme pour l'empêcher de crier ne serait-ce que ça, le tentacule enroulé autour du cou de Simon tente d'entrer dans sa bouche. Des fluides épais et gluants s'écoulent de l'extrémité du tentacule, aussi épais qu'un bras d'enfant, comme s'il avait hâte de libérer sa semence sur l'instant.
Alors que l'extrémité immonde du tentacule frotte contre les lèvres douces et couleur cerisier de Simon et commence enfin son mouvement pour violer l'intérieur de sa bouche –
« Simon ! »
Il entend une voix d'homme appeler son nom depuis l'autre côté de la porte métallique fermée.
« Pas possible... Onii-san... »
Il ne peut supposer qu'une hallucination auditive. Sa raison et sa conscience ont depuis longtemps fondu dans le plaisir. Son cerveau essaie-t-il simplement de lui montrer quelque illusion agréable ?
Cependant, comme pour nier cette possibilité, il entend définitivement son nom être appelé une fois de plus, ainsi que le bruit de la porte métallique violemment heurtée.
Et l'instant d'après, avec un fracas métallique assourdissant, la porte est projetée à l'intérieur – non, elle est défoncée.
C'est une porte solide en acier, mais avec une force stupéfiante, elle est complètement écrasée. La porte, devenue ferraille, vole violemment dans la tour, heurte le mur avec un grand fracas avant de s'immobiliser au sol.
« Simon... »
Debout dans l'encadrement désormais dégagé se tient un grand homme. Il a les cheveux noirs et des yeux de couleur inégale, noirs et cramoisis. Il n'y a aucun moyen que Simon puisse se tromper sur l'identité de cette personne.
Il est vraiment venu le sauver – cependant, ce bonheur ne dure qu'un instant avant d'être englouti par un sentiment de défaite.
Kurono est la première personne qui l'ait compris, son meilleur ami. Et c'est précisément pour ça que Simon ne veut pas que ce viol horrible soit vu –
« Ne... me regarde pas... »
« Simon... »
Une odeur maladivement sucrée qui irrite mon nez. Une masse de tentacules se tortillant dans la tour sombre. Et une personne emmêlée, piégée à l'intérieur.
« Ne... me regarde pas... »
Une voix qui semble sur le point de se briser à tout moment parvient à mes oreilles, une voix incroyablement fragile.
Avant que je puisse comprendre ce que ressent Simon pour laisser échapper de tels mots, ma rage dépasse toutes les limites.
Hé, espèce de merde, tu te crois permis de faire quoi à mon Simon ?
« UOAAAAAAAAAAAAH ! »
J'en oublie même d'armer mes armes, et je frappe simplement le monstre qui viole mon meilleur ami de toute ma fureur.
Bien sûr, de la puissance magique noire jaillit et tourbillonne autour de mon poing. Je n'ai pas besoin d'image précise ni de formule de sort compliquée. Le sort le plus court, le plus rapide que je puisse lancer, je n'ai même pas besoin d'en psalmodier le nom – le « Pile Bunker » fonce droit dans le Morjura.
Il traverse la couche de tentacules qui se sont durcis en forme de boule, et la puissance magique autour de mon poing désintègre l'organe central à l'intérieur, qui bat comme un cœur.
Alors que les tentacules tendus vers Simon sont arrachés, le corps principal pulvérisé vole et heurte le mur de pierre. Avec un bruit d'éclaboussure, sa chair se disperse en désordre comme une tomate écrasée.
Il est mort en un coup, bon sang. Ma colère n'a pas baissé d'un millimètre, mais je n'ai pas le temps de m'en soucier pour l'instant.
« Hé, Simon ! Ça va ?! »
Libéré de l'emprise des tentacules, Simon s'effondre comme une marionnette dont on a coupé les fils.
« Reprends-toi ! »
Les tentacules sont enroulés autour de son corps comme d'innombrables serpents, et la vue suffit à me donner la nausée.
Merde, comment ose-t-il enrouler ces saletés autour de lui...
La première chose que je fais, c'est allonger Simon sur le dos et retirer les tentacules dans ses manches, le bas de son pantalon et son col. Même si le corps principal est détruit, les tentacules se tortillent encore comme des pattes de pieuvre coupées. Si je ne les enlève pas vite, il ne pourra pas être soigné.
« Ah... Nngh ! »
À chaque fois que j'en retire un, le corps de Simon tremble et il laisse échapper un gémissement.
Sa respiration est rauque et son visage est rouge, et ses yeux de jade vides mais fiévreux et humides me regardent droit dans les yeux. Un instant, j'en viens presque à oublier que Simon est un homme. C'est à quel point son regard est charmant.
Bon sang, calme-toi. C'est pas ça, je dois être plus calme et penser à la situation actuelle !
Ça va, Simon est définitivement en vie. Je ne vois aucune blessure externe. Sa vie ne devrait pas être en danger.
« Simon, tu m'entends ? Tu es encore conscient ? »
« U, uu... Onii-san... Onii-sa~an. »
Il me reconnaît. Il a pas l'air complètement dingue, mais l'aphrodisiaque du Morjura a l'air d'avoir pas mal circulé dans son corps. C'est prévisible, vu que tout son corps est mouillé de ce mucus.
Le problème n'est pas seulement les effets de l'aphrodisiaque ; c'est possible que le Morjura ait libéré sa semence dans son corps. S'il n'est pas soigné vite, il pourrait être trop tard.
Heureusement, il y avait plusieurs Prêtres parmi les étudiants, et une fois que Nell aura un peu reposé, elle pourra le soigner aussi.
Et surtout, j'ai une fiole d'antidote pour l'aphrodisiaque du Morjura.
Je l'avais préparé au cas où en acceptant cette quête pour devenir rang 3, mais je n'imaginais pas que je m'en servirais à un moment comme celui-ci.
« C'est une potion d'antidote, bois-la. »
En sortant la potion de mon ombre, je redresse le corps de Simon, maintenant débarrassé des tentacules.
J'enlève le bouchon et approche la bouteille de sa bouche, entrouverte et couverte de salive et de mucus.
« Nngh, glou – *toux !* »
Mais, incapable de l'avaler correctement, il s'étouffe et le recrache. Comme les éclaboussures me touchent le visage et les bras, j'ai un mauvais pressentiment.
Il n'y a qu'une gorgée de potion d'antidote. Si on regarde d'un certain côté, ça veut dire qu'une petite quantité suffit pour avoir un effet suffisant, mais parce que Simon n'a pas pu avaler correctement, presque la moitié a été gâchée.
Est-ce que je devrais juste essayer de lui faire boire à nouveau ? Non, s'il ne peut pas avaler correctement, est-ce pas dangereux d'essayer de le forcer à boire ? Mais même comme ça, plus vite il boit l'antidote, moins il y a de risques de séquelles –
« Qu'est-ce que j'hésite, faut que je le fasse, non ? Simon, je vais te refiler la potion une fois de plus, alors bois-la correctement ! »
Je durcis ma résolution en hurlant, puis je verse la potion dans ma propre bouche. Je ne l'avale pas, je la garde simplement là.
En d'autres termes, je vais la lui donner bouche-à-bouche.
Sans hésiter, je plaque mes lèvres contre la bouche entrouverte de Simon.
La sensation de mon premier baiser – ou en tout cas, ça ressemble encore à un baiser, même si ce n'en est pas vraiment un – suffit à me donner l'impression que je vais perdre connaissance.
C'est quoi ça, c'est vraiment doux, les lèvres sont censées être aussi douces ? Je sens non seulement l'odeur écœurante et sucrée du mucus, mais un parfum féminin qui rappelle celui de Lily et Fiona.
Ah, merde, reprends-toi !
Je me gronde en me concentrant désespérément pour faire couler la potion dans la bouche de Simon.
Y a pas de sens à lui donner tout d'un coup. Je dois lui donner lentement, petit à petit, pour qu'il ne la recrache pas encore.
« Nngh – NNGH ?! »
Au milieu de ça, je sens « quelque chose » avec le bout de ma langue et je faillis écarter ma bouche de la sienne. Mais je réalise soudain que Simon tient ma tête fermement de ses deux bras et que je ne peux pas séparer nos bouches même si je le voulais.
C'est comme un baiser passionné entre amants... Non, dans cette situation, on peut vraiment appeler ça un baiser avec la langue. J'ai tout de suite compris que la chose qui s'enroulait autour de ma langue, c'était la propre petite langue de Simon.
Je me demande ce que Simon pense ou quelle hallucination il voit en ce moment.
S'il fait un rêve merveilleux où il embrasse une beauté sans pareille, alors qu'il continue ce rêve. Ce serait trop cruel qu'il connaisse la vérité. Y compris le fait que mon cœur ne peut s'empêcher de battre vite d'excitation.
Avant longtemps, toute la potion qui était dans ma bouche atteint la langue frétillante de Simon et est avalée avec succès.
En laissant échapper un long souffle, comme pour se reposer, nos bouches se séparent. Un fil de notre salive mélangée au mucus du Morjura tombe entre nous.
Au bout d'un moment, je réalise que ma propre respiration est devenue sauvage.
« Haah... Haah... Onii... sa... »
Les paupières de Simon se ferment alors qu'il me murmure quelque chose. Je ne sais pas si ses forces l'ont lâché ou si c'est un effet de l'antidote, mais il a l'air de dormir maintenant.
Sa respiration est normale et il émet juste de petits bruits de sommeil mignons. Je ne vois rien d'anormal, en tout cas.
« ... Il est sauvé. »
En regardant le visage apaisé de Simon pendant qu'il dort, j'ai enfin ce sentiment.
C'est vrai, j'ai réussi à sauver mes amis cette fois.
Je suis content, je suis tellement content. Je suis content que tu sois en vie. J'ai couru ici aussi vite que j'ai pu, j'ai embarqué Nell dans ce bordel, j'ai exploité Merry, mais même comme ça, je suis content d'avoir été à temps...
Pendant que je baigne dans mon soulagement –
GOAAAAAH !
Un rugissement incroyablement fort résonne, faisant trembler la tour.
« Quoi ?! »
J'intuis instinctivement qu'un monstre est apparu à proximité. En me levant pour regarder par la fenêtre proche, je réalise juste quel genre de monstre c'est.
Je n'ai jamais vu ce monstre auparavant. Mais en ce moment, l'œil gauche cramoisi que j'ai reçu de Mia flash un rouge vif. C'est incontestablement la lumière qui signale mon épreuve.
« Alors t'es venu, Greed-Gore. »