Saeed Maya Hydra n'avait aucun talent.
C'était pareil pour la « Nécromancie » interdite, et pareil pour le symbole de sa famille, les « Yeux Démoniaques ».
Au moment où Saeed atteignit l'âge de prendre conscience des choses autour de lui, il était déjà estampillé comme un raté et même ses parents ne lui accordaient plus un regard.
Il était nul en escrime, pareil pour la magie, son corps non plus n'était pas grand, plutôt faible et frêle. En prime, la forme de son visage ne pouvait pas non plus être qualifiée de belle.
Saeed, qui fuyait les combats et les études, se tourna vers l'art.
« L'art c'est le mieux, ça ne demande ni endurance, ni énergie magique, ni même sagesse, il n'y a besoin que de mon propre sens du dessin ! »
Heureusement, sa famille fit preuve de compréhension face à Saeed qui se donnait à fond dans les arts.
C'était bien mieux que s'il avait viré à la délinquance, et en tant que noble sa compréhension de l'art était profonde.
Mais la plus grande raison, c'était que Saeed s'était tourné vers la sculpture, et qui plus est la sculpture traditionnelle sur cristal.
Toute la famille posa sur Saeed, qui taillait, polissait et sculptait un bloc d'améthyste de tout son cœur, des regards de pitié.
Saeed n'avait aucun talent en tant que noble, ah, pauvre Saeed, il n'avait même pas bénéficié de la moindre aide du très honoré « Regard d'Améthyste » de sa famille.
Tout le monde pensait ça.
Peu importe à quel point il le niait, au fond de sa psyché, cet éclat d'améthyste avait sans doute été gravé comme un traumatisme.
Les gens des Hydra peuvent juste regarder, juste jeter un coup d'œil, et créer une aussi belle améthyste.
C'est pourquoi Saeed créa. Cette unique sculpture d'améthyste que lui seul pouvait faire.
Il avait le talent pour ça.
Cependant, c'était quelque chose que les Dieux Noirs de Pandora avaient donné en ayant pitié de lui ; ce n'était qu'un sens du dessin légèrement meilleur que la médiocrité.
Les sculptures qui furent vendues se comptaient sur les doigts des deux mains, et celles qui furent exposées sur les doigts d'une seule main. Ce maigre palmarès rongea peu à peu le cœur de Saeed plus durement, et attisa encore son complexe.
« Est-ce que je n'ai vraiment aucun talent…… J'en ai vraiment, aucun…… »
Dans une galerie d'art en déclin, fixant son œuvre exposée dans un coin, il prononça maintes fois les mots de la résignation.
Il aurait dû quitter la voie de l'art, pourtant, il n'y arrivait pas.
Peu importe à quel point le fait d'avoir du talent le piquait, il ne pouvait pas reculer, maintenant qu'il avait trop donné dans l'art.
S'il fuyait devant ça, qu'est-ce qui lui resterait ? Qu'est-ce qu'il pourrait faire ? De quoi pourrait-il être fier et vivre ?
Il n'y avait « rien » de tel. C'était la chose la plus effrayante pour Saeed.
Saeed avait été frappé par la vérité de ne pas avoir ceci ou cela, impossible, futile et incompétent depuis sa naissance. C'est pourquoi il n'avait rien dont être fier.
Une seule chose, une seule suffirait, si je l'ai je pourrai avancer en marchant.
Mais il n'avait même pas ça, et si le sens de la sculpture en lequel il croyait comme un talent se révélait être un faux espoir, alors :
« Je vais juste me suici―― »
« Salut, tu es toujours planté là, non ? »
Juste avant qu'il ne déclare sa fin, on l'interpella abruptement.
C'était la voix d'une jeune femme, non, d'une fille.
« Tu aimes cette sculpture de cristal ? »
« Hein, ah…… apparemment…… »
C'était une fille mignonne.
Saeed, qui avait vécu imparfaitement une vie de noble, avait vu diverses filles de nobles et cette fille était vraiment en dessous d'elles en beauté.
Mais elle était simple, et mignonne comme une fleur éclatante éclose à l'état sauvage.
Depuis combien de temps n'avait-il pas parlé à une aussi mignonne fille, non, à une personne ?
Saeed ne put pas dire franchement que la sculpture était de lui.
« C'est vrai ! Moi aussi je l'aime, c'est la meilleure ici !! »
Saeed se détourna de ce sourire qui semblait trop éclatant.
Il fit ça instinctivement, comme s'il voyait le soleil directement, ou peut-être comme s'il se faisait dévisager par les Yeux Démoniaques.
Cependant, ce n'était pas une action à mobile négatif.
« Hein…… c-c'est vrai…… ? »
« Hein, pourquoi je mentirais ? Je viens ici pour la voir parce que je l'aime »
Quelle pouvait bien être cette passion profonde qui jaillissait du cœur.
Non, ces émotions coulaient vraiment hors de son corps, de ces deux yeux qui n'étaient que de couleur pourpre, et qui avaient toujours été la preuve de son inutilité.
Saeed pleura.
C'était la première fois que son talent était reconnu.
Tout le monde l'avait regardé, lui et ses œuvres, avec des regards de pitié.
La raison pour laquelle les œuvres s'étaient vendues, étaient même exposées ici, tout était à cause de ce nom de famille Hydra.
Mais, tout à l'heure, quelqu'un était apparu, qui reconnaissait les œuvres de Saeed, et disait que c'était aimé.
Il ne put pas se contrôler.
Cachant son visage laid de larmes, Saeed tissa les mots et parla tandis que sa gorge tremblait.
« C-c'est moi…… qui l'ai faite…… »
« Eeeh ! C'est vrai ! Gééniaaall !! »
Et ainsi Saeed fit la rencontre de l'unique fille, qui le comprit.
« Saeed-sensei, bonjour ! »
« Bon, jour…… mais sensei c'est embarrassant―― »
« C'est pas grave, sensei est un sensei après tout »
Les deux devinrent vite proches.
Au début c'était à propos des œuvres de Saeed, puis des sculptures de cristal, et enfin de l'art en général.
Bien que roturière, elle était assez cultivée en art. Au point de faire peur à Saeed qui avait vu le monde de l'art pendant longtemps.
Leur conversation n'avait jamais de fin. Des artéfacts artistiques des temps anciens, au nom du célèbre sculpteur sur cristal des temps modernes, mais le monde de l'art était profond, et il recelait encore beaucoup d'histoire.
Et, avant qu'il ne s'en rende compte, pendant les conversations sur l'art qui semblaient un ravin, les histoires à son sujet à elle commencèrent aussi à être révélées.
Ce qu'elle avait mangé hier, où elle était allée faire les courses, ou qu'elle était tombée en route vers lui, de tels bavardages enfantins du quotidien commencèrent.
Mais Saeed trouva vite ces histoires intéressantes.
Il voulait la connaître, de plus en plus.
À ce moment-là, non, probablement dès leur première rencontre, Saeed était tombé amoureux.
« Je veux créer une sculpture avec toi comme modèle »
C'était une déclaration détournée.
« Eeeh, moi, vraiment !? M, mais…… je ne suis pas si belle―― »
« Non, ça doit être toi, sinon ça ne va pas ! »
Pressée par la passion, la fille finit par acquiescer tandis que ses joues blanches rougissaient comme une pomme.
À partir de ce jour, Saeed se mit à tailler l'améthyste en oubliant sommeil et faim.
C'était comme le jour où ses yeux s'étaient ouverts à la grandeur de l'art, non, il avait bien plus de passion, d'enthousiasme et d'espoir――il brûla tout ce qui était en lui.
Heureusement, un grand concours était aussi juste au coin de la rue.
Si ce chef-d'œuvre unique en une vie était acheté, non, s'il remportait le premier prix, à ce moment-là il lui dirait ses sentiments, Saeed en fit la résolution.
Ces mots résonnèrent fort dans son cœur.
« Je t'aime, veux-tu m'épouser »
« Oui, moi aussi…… je ne suis pas à la hauteur, mais prends soin de moi »
Enfin, le concours, la déclaration, la demande en mariage, tout se passa parfaitement.
C'était comme si c'était leur destin d'être ensemble.
Il pensa même que les mauvais jours qu'il avait vécus n'étaient là que pour accumuler assez de chance pour réaliser ce vœu.
Mais si c'était vrai, cela voudrait dire que la malchance recommencerait à zéro, à partir du lendemain.
L'état de niveau de chance 0 apporterait une quantité inconnue de malheur, mais néanmoins, Saeed fut assailli par la malchance.
« Le mariage ne sera pas accepté ? …… p, pourquoi ça !!! »
C'était dur d'appeler ça de la chance ou de la malchance.
Le mariage d'un fils de noble avec une roturière d'origine non identifiée n'était pas quelque chose d'aisément acceptable. C'était un sens commun chez les nobles comme chez les roturiers.
Mais, ce sens commun était quelque chose que Saeed avait négligé à un point critique ces derniers jours.
Jusqu'ici sa tête avait été entièrement occupée à créer une nouvelle œuvre, ou à cette adorable fille, donc on ne pouvait appeler que naturel qu'il ne fasse pas attention à ça.
« Ah, je vois, très bien, je comprends, je n'ai plus besoin du nom de famille Hydra ! »
Il rencontra un obstacle à un endroit inattendu, mais pour le franchir, le Saeed actuel n'avait aucune hésitation.
Il portait la conviction qu'il pourrait vivre une belle vie du moment qu'il pourrait vivre avec sa personne la plus importante plutôt qu'avec le nom d'Hydra.
La décision fut rapide, et, mise en œuvre rapide.
Saeed Maya Hydra, ce jour-là coupa toutes relations avec la noblesse, devint Saeed.
Avec ça, il n'y avait plus rien pour arrêter les deux.
Maintenant ça va commencer ; la vie avec cette mignonne fille――non l'épouse bien-aimée.
Certes il n'y avait plus rien pour les arrêter maintenant.
Ça voulait dire, maintenant s'il y avait un problème ce ne serait qu'entre l'homme qui va devenir le mari, et la femme qui va devenir la femme.
« Exilé de…… la famille Hydra »
Elle demanda avec un visage incroyablement apeuré.
Saeed répondit avec un air suffisant, comme pour souligner son amour pour elle,
« Ouais, avec ça je suis roturier aussi, maintenant il n'y a plus de problème pour notre mariage―― »
« T'es un con fini !! »
Les mots sortant de sa bouche n'étaient pas du bonheur, mais de la colère. Non, c'était une insulte enragée.
« J'arrive pas à le croire, arrrgh, t'es un débile, un vrai idiot ! Ordure, merde, bon à rien ! Merde, putain, putain, putain, va te faire foutre !! Pourquoi tu te retires de la noblesse de ton plein gré ! Tu n'as que ça, juste ce nom d'Hydra qui te donne une putain de valeur !! »
Mais, Saeed ne put pas comprendre ses mots.
Qui était-elle, qui était cette déviée devant lui ?
Qui était cette femme devant lui, qui haletait, montrait les dents la grande ouverte avec de la salive qui en coulait.
« Ne te fous pas de ma gueule, tu sais même pas combien j'ai dû me retenir de vomir en te gardant de bonne humeur, un putain d'otaku flippant ! T'es plus un putain de noble maintenant, hein, et mon travail acharné alors !! »
Il ne connaissait pas, une telle femme, il n'avait jamais vu une femme aussi laide.
C'était définitivement un rêve ou une illusion, la vraie elle viendrait bientôt le sauver.
« P, pourquoi…… tu dis ça. Je t'aime tant, alors pourquoi »
« M'en fous complètement ! Je veux l'argent, la gloire, la position sociale, et tout ce que les nobles ont. Un putain de merdeux comme toi n'aura jamais mon amour, ne te la pète pas »
Ses yeux doux, même son sourire éclatant comme le soleil semblaient un mensonge――non, en vérité ça a peut-être été un mensonge dès le début. Maintenant elle montrait sa vraie nature, le dévisageait avec mépris et des yeux froids bien plus durs que ceux de n'importe qui d'autre.
C'est pas possible, c'est juste pas possible. Saeed nia la réalité.
Il se persuada en disant que cette fille n'était pas cette mignonne fille, celle-ci était une fausse, juste une illusion.
« C-c'est…… un mensonge…… hein ? »
« C'est la première fois que je te dis la vérité. Je déteste les merdeux comme toi plus que quiconque au monde »
« C'est un mensonge, mensonge, mensonge ! C'est un mensonge, je t'aime vraiment, je t'aime, alors s'il te plaît―― »
La seconde déclaration fut coupée par la main de cette fausse fille.
« Ferme-la, conne bruyante »
« Ah, igh…… eeh ? »
Une chaleur traversa son abdomen――juste après, une douleur aiguë l'assaillit, faisant s'effondrer Saeed sur les genoux, il perdit la parole.
Cette douleur insupportable du couteau plantant dans son estomac ne laissa même pas Saeed gémir correctement.
« Je te déteste, mais je sais tout sur les trucs que tu aimes, tu veux savoir pourquoi ? »
Elle retira le couteau en posant la question, et le sang frais gicla tout autour.
« Mon père était artiste »
Au moment où elle dit ça, elle lui tourna le dos, donc il ne put pas voir son expression.
« Il était roturier, mais n'a même pas pu gagner un seul Klan avec un truc comme l'art. À la fin il est mort en faisant son hobby, me laissant le prêt à rembourser. C'était un père de merde »
La fille se retourna et ses yeux étaient troubles de mépris comme avant.
Ces yeux étaient soit vers Saeed, qui saignait, soit peut-être vers son père décédé.
« J'ai vu ses œuvres ne jamais se vendre, ne jamais être exposées, ne jamais être acceptées, je l'ai vu souffrir de près. Alors le moment où je t'ai vu, j'ai compris que tu étais pareil que ce père――
Et dans sa main, une hachette qu'on trouve dans n'importe quelle ferme pour couper des choses en fagots, était serrée fermement. (TLN : la hachette ici est celle de style occidental)
―― Tu ne te tourmentais que pour ton auto-satisfaction !! »
Avant que la hachette ne l'atteigne, la semelle dure des bottes à ses pieds attaqua Saeed.
« Les nantis ont vraiment de la chance, vous pouvez vous faire du souci pour ces problèmes de merde et avoir encore trois bons repas par jour et un bon sommeil confortable. Vous ne pouvez même pas imaginer un mode de vie à vivre chaque jour comme une prostituée de bas étage, à ouvrir mes cuisses à des hommes vulgaires juste pour avoir un peu d'argent »
Alors qu'il crachait du sang par la bouche, le corps de Saeed roula face vers le haut.
« Hé, ne te la pète pas, pourquoi tu fais une tête comme si t'étais le plus malchanceux du monde ! »
Et encore les bottes boueuses l'attaquèrent comme une masse d'armes.
« Tu peux comprendre ! Tu peux même putain de comprendre que je suis la plus malchanceuse du monde en ce moment, ma vie a probablement fini par être une merde complète !! »
Saeed avait déjà pris un coup fatal à l'abdomen, donc même si l'adversaire était une femme, mais après s'être fait botter, piétiner et battre il était déjà devenu trop faible pour pouvoir bouger.
« C'est pour ça, au moins crève en m'étant utile. Hé tu m'aimes, hein, ahahahahahaha ! »
Saeed leva ses yeux sans vie pour voir une fille avec un visage similaire à sa bien-aimée sourire de manière misérable et lever la hachette au-dessus.
« Où est-elle…… où est ma copine…… où…… »
Où était-elle partie ?
Pourquoi, naturellement, avait-elle disparu ?
Saeed y pensa profondément dans son cœur, il ne put pas penser à autre chose.
Même aux derniers instants, ce mensonge était une vérité pour lui pendant que la réalité était une illusion.
La vraie elle était une fille chaste au naturel gai, avec un sourire éclatant et radieux. Et la seule personne qui l'aimerait et le comprendrait――
« Oooooraagghhh !! »
La hachette balancée frappa splendidement le cou de Saeed.
La lame épaisse et rouillée entra près de la pomme d'Adam, mais avec le bras fin d'une femme, elle ne put pas le trancher d'un coup.
« Orraahh ! Oraaagghh !! »
Sans faire attention au jet de sang, elle continua d'abattre la hachette.
Deux fois, trois fois, quatre fois, et après de multiples tentatives les os épais du cou grincèrent, cassèrent, se brisèrent et furent finalement disséqués.
« *huff*…… *huff* me faire bosser si dur, pourriture…… »
Tout en maudissant le visage coupé, elle releva la tête en serrant fort les cheveux pourpres boueux.
La femme rit en dévisageant les deux yeux grands ouverts avec les pupilles pourpres à l'intérieur.
« Même si t'es un raté, t'as de vrais yeux démoniaques d'Hydra. Si on les évalue correctement, un se vendrait probablement pour un million de Klan…… AHahahahahahaha »
« …… re…… tu…… rn »
À cet instant, elle entendit une voix.
« Retourne…… la…… retourne-la ! »
Ça provenait indubitablement de la tête fraîchement coupée dans ses mains.
« AAAAAAAAAaaaaaaaaaaaAAAAAAAAAAAAaaaAAAAAAAA !! »
Avant qu'elle ne puisse percevoir cette réalité, la conscience de la femme fut coupée.
La dernière chose qu'elle vit fut un rayon de lumière pourpre éclatante qui pouvait rendre aveugle.
« AAaaa ! RETOURNE, HERRR ! HErRRrr !! Herrrrrrrrrrrr !! J ;t'aaaaaaiiiiime, autaaaaanttt, ELLE !! »
Une seconde sculpture de cristal avec elle comme modèle fut créée devant Saeed.
Mais, il n'y avait aucune chance qu'il approuve cette merde avec une expression laide sur le visage de sa bien-aimée.
Comme si ça réagissait aux larmes de sang et au rugissement de refus de Saeed, le cristal transparent se brisa en d'innombrables morceaux.
Et l'instant d'après, il se brisa en encore plus petits innombrables morceaux.
« Retourne heeeeeeeeeeeEEEERR ! UUUUUauaaaAAAAAAggggHHHHH !! »
Et la tête de Saeed continua de hurler.
Voulant revoir cette bien-aimée qu'il avait perdue, celle qui n'existe nulle part au monde, cette illusion.
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Ah, je vois, donc c'était une tête dès le début.
Même après lui avoir coupé la tête ce qui aurait dû le tuer, les yeux de Saeed tirèrent encore la lumière pourpre, me menant à une compréhension.
Probablement ce corps musclé lui avait été attaché en utilisant la « Nécromancie » ou quelque chose.
En regardant de près il y a des traces de points de suture près de la nuque.
Mais, j'ai réalisé ça un peu trop tard, que ça s'est révélé fatal.
« Guuuaahh ! »
Une douleur aiguë parcourut mon bras droit, non, la sensation d'un corps étranger serait bien plus précise.
La sensation que mon corps m'appartient et ne m'appartient pas en même temps――c'est la vérité, mon bras droit du coude au poignet a entièrement viré à l'améthyste.
« Aaaaaaa Mange-Mal !! !! !! !! !! »
Je bloque la lumière des Yeux Démoniaques qui essaie de transformer tout mon corps en cristal en utilisant le Mange-Mal saisi dans ma main gauche qui va bien.
Et, j'abats la grande épée dans la tête coupée qui brille de lumière.
Après avoir été coupée en deux par le devant, les yeux démoniaques arrêtèrent enfin d'émettre la lumière maudite, alors que les yeux démoniaques s'enfonçaient dans la mare de sang et de matière grise.
« *huff*…… *huff*…… merde, qu'est-ce qui arrive à mon bras droit…… »
La douleur s'est calmée, mais toute sensation a disparu à partir du coude.
Le bras droit a complètement viré à l'améthyste, y compris la manche noire de l'« Étreinte de Diablos ». Sans ça la cristallisation serait peut-être allée jusqu'à l'épaule.
La chose surprenante c'est que la « Malédiction des Cheveux Noirs "Cercueil" » a complètement encaissé tout ça. Comme attendu d'un Protecteur Maudit. Il n'y a pas de sensation de toucher, mais le gant droit est là, pareil que d'habitude.
Le son joyeux de la servante « Maître…… » résonnant dans ma tête en ce moment sonne un peu mignon sur le coup.
Pour l'instant je ne peux rien contrôler avec ma main droite qui est devenue insensible, alors j'ai utilisé le gant de la main gauche pour créer des tentacules, et recouvrir mon bras droit, qui semble se briser au moindre contact, sans laisser d'espace. Ça fait merveille comme substitut de bandage et de plâtre.
Naturellement, la « Hachette de Rancœur Absolue "Kubidan" » a été lâchée de ma main vu qu'elle est bien lourde, et je l'ai mise dans l'ombre avec l'« Épée Loup Affamé "Mange-Mal" » qui avait fait son devoir.
« Merde, maintenant je l'ai dans le cul…… »
J'ai gagné, mais le sacrifice est trop grand.
J'ai perdu mon bras droit, complètement, c'est irréversible.
Non, attends, si je paie des charges énormes je peux régénérer mes membres perdus, non.
Bon, j'ai expérimenté la régénération des membres un paquet de fois au laboratoire, donc ça doit aussi être possible à Spada.
Attends une seconde, y a assez d'espoir pour ça, si je touche l'argent du combat de 10 millions de Klan, alors je pourrai facilement régénérer ce bras droit……
« ―― Et le vainqueur est, le Berserker Cauchemar Kurono !!!!! »
Alors que je reprenais mes esprits, l'annonce passionnée, et les acclamations de dizaines de milliers de personnes entrèrent dans mes oreilles.
Si c'était un gladiateur pro, il ferait peut-être une pose de signature à ce moment-là, mais je suis juste un aventurier, je n'ai pas cet état d'esprit de faire du fan-service gratuit.
Plutôt, mon bras droit est déjà devenu matériau pourri, comment je peux avoir le temps de faire ça.
Là tout de suite je veux juste rentrer me reposer――non, il faut que je récupère les Armes Maudites avant ça. Aah, chiant, mais faut prendre les récompenses.
Les huit épées sans nom, la hallebarde avec la capacité de transformer la personne en mort-vivant, et, les Yeux Démoniaques dont je n'ai aucune idée si ça marchera, mais tout ça est trop cher pour être jeté.
Les acclamations approchaient déjà du point de bruit extrême, au milieu de tout ça je commençai à bouger pour faire le travail le plus simple et ennuyeux de ramasser les trucs.
Au moment où je m'ennuyais, à cet instant,
« ―― Kurono-kun ! »
En levant les yeux, je vis un ange atterrir les ailes blanches déployées en prononçant mon nom.
Hein, est-ce que je suis vraiment mort de cette attaque d'Œil Démoniaque ?, j'allais penser ça, mais le visage de cet ange était celui de quelqu'un avec qui je me suis lié d'amitié récemment.
Nell Julius Elrod, la gentille Première Princesse d'Avalon. Et mon second ami que je me suis fait à Spada.
Ah, c'est bien, elle est vraiment venue sans se perdre.
Je la regardais bêtement atterrir dans l'arène en pensant ça.