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Kuro no Maou

Chapitre 228

Kuro no MaouKuro no Maou
Chapitre 228

Chapitre 228

Chapitre 228/45350%~8 min de lecture1 483 mots

Aujourd'hui, nous étions le 16 du Mois de la Flamme Rouge, exactement un mois et dix jours s'étaient écoulés depuis le jour où le village d'Alsace avait été occupé.

On aurait dit qu'il était impossible de transformer ce village en place forte en si peu de temps, mais il semble que pour les Croisés, toujours aussi énergiques, rien n'était impossible.

« La mise en place du fort d'Alsace progresse bien, n'est-ce pas ? »

La Commandante suprême des Croisés, la 7e Apôtre Sariel, laissa échapper ces mots en observant le village agricole qui se transformait peu à peu en un lieu apte au cantonnement des Croisés.

Le village d'Alsace, au terrain comparable à une petite île coincée entre deux rivières, disposait désormais de solides ponts enjambant les cours d'eau est et ouest, tous deux servant d'entrée et de sortie. La pierre angulaire de la défense, le mur de pierre, était déjà achevé à plus de la moitié.

Sariel était venue inspecter l'avancement du fort d'Alsace, qui deviendrait la position de première ligne lors de l'invasion de Spada.

« Après que l'Évêque Gregorius eut donné les terres d'Alsace au Comte Belgent, j'avais entendu dire que des adjonctions aux bâtiments avaient été faites, mais je n'avais jamais imaginé que la construction progresserait à une si grande échelle. Les nobles ont vraiment une sacrée influence. »

L'adjoint, l'Archevêque Liuchrome, debout derrière elle comme un valet, répondit aux paroles de Sariel.

Une pointe de sarcasme se mêlait à ces mots, mais Sariel ne put en saisir que le sens littéral.

Ou peut-être que des choses comme les sombres informations des Croisés lui étaient devenues indifférentes depuis qu'elle possédait un corps non humain.

Une telle atmosphère distante émanait de Sariel, qui observait le chantier sans être impressionnée.

Mais ce n'étaient que les pensées d'autrui ; en vérité, son esprit était occupé ailleurs.

(Kurono Mao a commandé les démons et s'est battu ici)

Comme les travaux étaient en cours, les traces de ce combat étaient déjà effacées.

Sur le front se dressait désormais un mur de pierre vraiment dur et solide, complètement différent du mur fragile fait d'arbres et de fil de fer barbelé. La Guilde où résidaient les démons, c'est-à-dire la Blackbox, avait déjà été détruite et un entrepôt pour stocker les vivres y avait été établi.

Même avec la haute perception des Apôtres, on ne peut pas trouver la moindre trace de l'énergie magique noire qu'a utilisée Kurono ici.

Tout au plus la magie des mages, qui tentaient de poser une barrière sur le mur de protection, et celle des golems aidant aux travaux civils flottaient dans les environs.

(L'endroit où je le combattrai pourra être ici ou...)

Sariel déplaça ses yeux d'un rouge profond. Dans ces yeux se reflétait la grande chaîne de montagnes jointes, la magnifique chaîne de montagnes de Galahad.

(... la forteresse de Galahad dans ces montagnes)

On ne peut pas la voir du village d'Alsace à l'œil nu, cependant, Sariel la « vit » certainement, ce château d'acier au cœur des montagnes.

.

.

.

Dans la chaîne de montagnes de Galahad s'étendant du nord au sud, existe un point où les montagnes s'arrêtent comme si un géant de légende les avait élaguées.

Ce point, que même une personne ordinaire peut franchir simplement en marchant, était l'imprenable forteresse de Galahad, la fierté de Spada.

En ce lieu qui ressemble à s'y méprendre à un ravin, étaient dressés de solides murs de château sans pareil, couvrant d'un bout à l'autre du ravin tout en étant recouverts de rochers, d'acier et de barrière.

Ces murs noirs dressés à la verticale avaient l'apparence écrasante d'un barrage ; les soldats de Daidalos, ou même ceux d'avant, avaient ressenti le désespoir et la résignation face à ces murs.

Au sommet des grands murs de Spada, qui protègent le chemin de montagne de Galahad depuis la fondation du royaume, se tenait un seul homme.

On aurait dit qu'il était dans la force de l'âge ; il avait les yeux vifs et fronçait ses sourcils quelque peu épais, tout en affichant une expression sévère.

« Les Croisés, hein... »

Contre les forts vents de montagne, les longs cheveux rouges flamboyants de l'homme flottaient, ressemblant à la crinière d'un lion.

Face aux vents violents qui auraient pu ébranler un homme fait, cet homme à la carrure robuste ne bronchait pas, comme si ses pieds avaient pris racine dans la pierre.

En croisant ses deux bras massifs aux muscles saillants, l'homme regardait au loin de ses yeux dorés scintillants.

« ... Je pourrais l'admettre si c'était « ce blanc » qui avait vaincu le Roi Dragon Gaevinal. »

Sous ses yeux s'étendait l'unique route de montagne, la forêt couverte d'arbres d'un vert sombre, et l'horizon au loin.

On ne voyait rien d'autre que la magnifique nature, mais le « blanc » dont parlait l'homme, il le « vit » assurément.

« Hé, vieux, ne va pas te balader tout seul par-ci par-là. »

À cet instant, une voix vint derrière l'homme.

En se retournant, il vit un homme aux yeux dorés et aux cheveux rouges, dans l'uniforme formel de l'armée de Spada.

En regardant ces traits et ces couleurs, même sans qu'on dise leur lien, on devine aisément qu'ils sont père et fils.

« Aik, ne fais pas de bruit. »

« Pas question ! Si le putain de roi disparaît de l'endroit où il doit être, bien sûr que je vais faire du bruit, et pas qu'un peu ! J'y pense depuis gamin, mais t'as pas trop de liberté, toi ? Moi aussi j'en ai, mais pas à ton niveau, juste pour te balader n'importe où. »

Le père, silencieux et boudeur, gardait toujours son air sévère, mais en vérité son fils avait touché son point faible.

« Mais... »

« Ouais ouais, blah blah, j'veux pas entendre tes excuses. Actuellement, je suis vice-capitaine de la 1re escouade de l'armée de Spada, les "Brave Heart", donc je suis là pour te PRÉVENIR de ne plus TE BALADER par-ci par-là. »

« Désolé. »

« C'est bien ce que je pensais. »

Le bel homme, qui ressemblait trait pour trait à son père dans sa jeunesse, se tint à ses côtés et regarda dans la même direction depuis la forteresse de Galahad.

« Alors, t'as découvert quelque chose ? »

« Ouais, y'a de fortes chances qu'une guerre éclate. »

Sur le commentaire de son père, il afficha une mine ahurie.

« On n'a pas envoyé un émissaire tout récemment ? »

« Pas comme s'il allait revenir. »

Sur cette remarque, il soupira comme s'il abandonnait, puis’ouvrit la bouche.

« Ce serait bien si tu pouvais utiliser cette intuition en politique, mais tes intuitions comme celle-là ne se trompent jamais, tu le sais, vieux... »

La destruction de Daidalos, l'apparition d'une mystérieuse armée d'humains surgis de nulle part et se faisant appeler Croisés.

Bien qu'ils sachent que les Croisés venaient du Continent d'Arc de l'autre côté de l'océan, tout le reste à leur sujet restait un mystère.

Qu'ils soient alliés ou ennemis, tout doit commencer par des pourparlers ; aussi avaient-ils envoyé un émissaire pour discuter, mais si l'on en croit les paroles de l'homme, il semble que les négociations vont capoter sévèrement cette fois-ci.

« Wil m'a remis la lettre, ce ne peut pas être une coïncidence. »

« Ouais, il a écrit un truc comme quoi les Croisés sont une putain de grosse alarme ou quelque chose du genre. Sérieux, il est encore étudiant, pourquoi il fourre son nez dans des trucs aussi chiants... »

J'abandonne, comme pour le dire, il remis ses cheveux, qui flottaient encore dans le vent, et continua.

« ... Mais, Wil a un cerveau différent de « nous ». Lui faire confiance est bien plus facile qu'à quelque fonctionnaire, donc s'il le dit sérieusement, c'est que c'est la vérité. »

« Ouais. »

En se rappelant le visage de son autre enfant, plein de sagesse et avec cette manie de rêvasser, le père donna sa réponse.

« Il faut se préparer à la guerre, rentrons. »

« Reçu, Sa Majesté. »

Les deux, père et fils, firent demi-tour et quittèrent les lieux.

Le nom du père est Leonhart Tristan Spada, l'actuel Roi de Spada, également connu sous le nom de « Roi Épée ».

Le nom du fils est Aisenhart Tristan Spada, l'aîné du roi et la première personne en ligne pour la succession au trône.

La personne qui a pressenti la guerre à venir en premier, c'est étrangement le Roi de Spada.

NOTE DE L'AUTEUR :

La réapparition de Sariel, et l'entrée en scène de Leonhart, dont seul le nom était mentionné depuis le Volume 3.

On dirait que le père et le frère faisaient déjà confiance à Wil.

Bon, avec ça le Volume 14 se termine. À partir du prochain volume, le Volume École (?) va commencer. Attendez-le avec impatience !

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