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Kuro no Maou

Chapitre 160

Kuro no MaouKuro no Maou
Chapitre 160

Chapitre 160

Chapitre 160/38342%~12 min de lecture2 336 mots

Je repris conscience alors que le soleil avait déjà commencé à se coucher.

Je levai les yeux vers ce ciel rouge comme un idiot, depuis la ruelle sombre.

« Qu'est-ce que c'était que ça… ? »

J'ai l'impression de venir de me réveiller d'une rêverie.

Ouais, j'ai dû rêver jusqu'à présent, c'est sûr.

Le cri soudain, la bagarre contre les trois hommes, l'enfant Mia qui se disait dieu — bien que ça se soit passé il y a à peine un moment et que je m'en souvienne clairement, ça manque de réalité.

Dans cinq minutes peut-être, j'aurai oublié ce qui vient de se passer, tout comme on oublie son rêve au réveil.

« Est-ce que je suis trop fatigué ? »

Si j'avais vraiment juste rêvé et que je suis resté là planté comme ça tout ce temps, mon cœur et mon esprit pourraient être plus brisés que je ne le pensais.

Névrose, c'était ça ? Je pensais que les maladies mentales n'avaient rien à voir avec moi, mais il semble que je possède un cœur bien plus sensible et délicat que je ne le croyais.

Chassant ces pensées ridicules, je commençai à marcher pour l'instant.

Au fait, où suis-je en ce moment ? À force d'errailler par-ci par-là en me tracassant, je n'ai aucune idée d'où je viens.

Peut-être que c'est à ce moment-là que j'ai commencé à rêvasser. Mais grâce à ça, mon esprit a retrouvé son calme.

Comme il est déjà soir, je vais finir par ne pas tenir ma promesse de rentrer pour le dîner.

D'abord, il faut que je sorte de cette ruelle étroite pour rejoindre une route plus large.

Spada est déjà grande, et je n'y suis arrivé que depuis quelques jours. Je ne connais pas du tout les rues et ruelles ici. Pour retrouver l'adresse de mon logement, je devrais d'abord essayer de revenir à mon point de départ.

Bon, le problème c'est : comment rejoindre la grande rue depuis ici, mais bougeons déjà pour l'instant.

C'était déjà une ruelle sombre et lugubre, et maintenant que le soleil se couchait, elle était de plus en plus gouvernée par l'obscurité.

Grâce à mes yeux qui voyaient dans le noir, je continuai d'avancer dans cette ruelle qui avait toujours le même aspect — Attends une seconde, « yeux » ?

« … Je vois. »

C'était tellement naturel que je ne m'en étais pas rendu compte jusqu'ici.

J'utilisais actuellement mes deux yeux pour voir.

Mais c'est bizarre, après tout, j'avais perdu mon œil gauche lors de l'attaque de la 8e Apôtre.

Pourtant, mon œil gauche fonctionnait normalement.

Pourquoi ? Comment ? Je me posais la question, mais je ne trouvais qu'une seule réponse.

« Voyons, comme par un miracle de Dieu, je vais restaurer ton œil. »

Je me rappelai cet acte anormal alors qu'elle avait arraché son propre œil pour me le fourrer.

Mais, juste avec ça,

« Mon œil, il a vraiment guéri ? »

Je n'avais aucune raison d'en douter. C'était un fait : mon œil gauche avait guéri.

Alors tout ce qui vient de se passer était réel, pas un rêve. Alors cette enfant Mia est vraiment un dieu ?

« Tu plaisantes… ? »

Comme elle l'avait dit, elle a vraiment accompli un miracle digne d'un dieu.

Mais contrairement à Paulo, je n'ai pas envie de vénérer soudainement Mia comme une déesse. (NdT : pas sûr mais il fait référence à Paulo Coelho je pense.)

Non, si mon cœur avait changé aussi vite, ça ressemblerait plus à un lavage de cerveau dégoûtant qu'à une reformation.

Je n'ai pas envie de la vénérer pour ça, mais Mia a certainement apporté une preuve claire qu'elle pourrait bien être un dieu.

Bien sûr, il y a aussi la possibilité qu'elle ne soit simplement qu'une magicienne incroyable avec une capacité lui permettant de guérir mon œil instantanément.

Mais quand même, quelle que soit la vraie identité de Mia, c'est un fait qu'elle a guéri mon œil et qu'elle a la volonté de me fournir le pouvoir appelé « Protection Divine ».

Alors, je m'en fiche que Mia soit simplement une magicienne qui fait semblant d'être un dieu, un vrai dieu, ou même un dieu maléfique. Tant qu'elle me donne du pouvoir, tout me va.

« Je ne sais pas quelle épreuve je dois traverser, mais je l'accepte. »

Je ne sais pas si ça compte comme avoir foi en elle, mais je la remercie quand même du fond du cœur.

Elle m'a aidé à me relever, même par une telle farce, alors que j'étais au fond du trou, et m'a donné la possibilité de recevoir sa DP.

Mais, comme je ne connais pas les détails pour réussir cette épreuve, il semble que je ne puisse pas m'y conformer pour l'instant.

Si je crois ses paroles, « son œil » ou plutôt mon gauche me le dira quand le moment viendra. D'ici là, je ne peux qu'attendre une réponse de sa part.

Bon, pour l'instant, plutôt que les détails de l'épreuve, je serais content qu'elle m'indique comment rentrer à mon auberge.

« Je suppose qu'un dieu ne m'aidera pas si facilement. »

Il n'y a aucun changement dans mon œil gauche, ce qui veut dire que je n'ai pas d'autre choix que de trouver mon chemin tout seul.

Mince, j'espère au moins pouvoir sortir des bas-fonds et rejoindre la grande rue avant que le soleil ne se couche complètement —

« Kyaaaaaa !! »

J'entendis un cri perçant.

« Hein, non, sérieusement ? »

Est-ce que je me fais encore avoir par le dieu ?

C'est la même situation qu'avant. La seule chose qui change, c'est l'état de mon esprit et de mon cœur.

Bon, c'est vraiment une situation extrêmement suspecte, mais

« Je ne peux pas non plus faire comme si je n'avais rien entendu, non ? »

C'est ça, j'ai décidé d'agir comme je l'entends, quoi qu'il arrive.

Même si ce cri est un piège, je n'ai pas le choix de l'abandonner.

Je prie pour pouvoir vraiment sauver quelqu'un cette fois-ci !

Plus loin dans la ruelle, dans un endroit aux murs de pierre qui s'effritaient, une situation exactement identique à la mise en scène du dieu était en train de se dérouler.

« Oraa ! Dépêche-toi de payer !! »

« Hé hé, je sais que t'as pas mal de pièces d'or ! »

Trois voyous avaient acculé une jeune fille contre le mur.

Il y avait une chance sur un million que ce soit une situation inévitable dans laquelle un tiers ne pouvait et ne devait pas intervenir, mais bon, vu leur manière de parler, j'en doute fort que ce soit autre chose qu'un racket classique.

« Hé, qu'est-ce qui se passe là-bas ? » (Kurono)

Je n'ai même pas besoin d'examiner la situation, j'apparus vite fait et interpellai les voyous.

En même temps, je n'oubliai pas de les dévisager pour les intimider. Quand je dévisage sérieusement, l'effet est si fort que non seulement mes camarades de classe, mais même mes amis étaient incapables de me regarder dans les yeux.

« Aaah ? »

Les trois hommes se tournèrent vers moi avec un air hostile.

Comme je venais de vivre un truc pareil, je ne ressentis qu'un déja-vu.

Mais bon, il semble que cette fois ce soit vraiment un vrai racket.

Les trois hommes ont une apparence complètement différente de ceux que j'avais soufflés, et bien que la tenue de la fille soit similaire, ce n'est pas Mia.

« Qui c'est ce connard ? »

Une question stéréotypée me fut lancée.

Pour l'instant, j'allais dire que j'étais juste un aventurier de passage, à ce moment-là.

« Ah, cette salope !? »

« Uoh ! Attends !! »

La fille repoussa les hommes et se mit à courir.

Grâce à cette action soudaine, la fille me dépassa rapidement et disparut dans la ruelle noire.

« Bon, quoi dire… désolé pour le dérangement. » (Kurono)

La situation se résolut d'elle-même alors que je n'avais rien fait.

Pour avoir fui dans cette petite ouverture, les filles de Spada sont vraiment culottées.

Pensant ça, je commençai à me retourner quand

« Hé, attends là gamin. »

On m'appela.

« Aa, tu vas faire quoi pour ça ! Tu as gêné notre boulot important ! »

« Tu ne penses pas qu'un petit excuse et une compensation sont nécessaires !? »

Il semble que maintenant que leur cible a fui, les hommes s'en prennent à moi.

« Espèce de bâtard, t'es juste un aventurier de rang 1, non ? Essaie de faire le cool comme ça ! Crache tout ce que t'as ou on te laissera pas sortir d'ici vivant !! »

En disant ça, l'homme au crâne rasé au corps le plus imposant tira son épée de sa taille et s'approcha de moi.

L'homme essayait peut-être de montrer une intention de tuer incroyable, mais comme ça n'avait vraiment aucun effet sur moi, je pensais à quelque chose de complètement différent, comme le fait que la carte de guilde à mon cou révélait vite mon rang d'aventurier.

« Oué, qu'est-ce qui t'arrête, comment tu vas t'excuser déjà !? »

Avant que je m'en rende compte, cet homme se tenait déjà devant moi sans même prendre de stance avec son épée.

« Tu ferais bien de t'excuser vite fait. Notre aniki est un guerrier incroyable qui peut même utiliser Boost, un aventurier de rang 1 fera pas le poids ! »

« Aniki, coupe-lui le bras avec ton art martial !! »

Les deux hommes derrière lui appelaient ce chauve « Aniki » ou je ne sais quoi.

Je vois, donc ce mec est de classe guerrier qui peut utiliser à la fois Boost et art martial, hein ? C'est vraiment incroyable. Je me demande s'il est comparable à un aventurier de rang 3.

« Dites, vous voulez pas d'ennuis non plus, hein ? Comment ça serait si vous me laissiez partir gentiment ? » (Kurono)

Ils ont l'air bien remontés, mais j'essaie d'en finir par la discussion jusqu'au bout.

Mais

« T'es un putain d'idiot ou quoi ? »

Il semble que la négociation soit impossible.

Alors que ce chauve levait son épée au-dessus de sa tête d'une seule main, il cria soudain.

« [Force Boost] !! »

De gros biceps apparurent sur le bras droit qui tenait l'épée.

« C'est ça !! Le [Force Boost] d'Aniki !! »

Le subordonné derrière lui donna une explication bienveillante.

Mais je ne sentais aucune magie venant de cet aniki chauve. En premier lieu, il n'a même pas psalmodié. Est-ce qu'il met simplement toute sa force dans sa main normalement ?

« C'est la punition pour m'avoir sous-estimé. Prépare-toi à perdre une de tes mains — [Slash] ! » (aniki)

En hurlant ça, il abattit la lame.

« C'est ça ! La technique fatale d'Aniki, [Slash] !! »

Une fois de plus, une explication bienveillante fut donnée. Au fait, cette fois c'était le second subordonné qui faisait l'explication.

Mais, encore une fois, je suis désolé, ce tranchant lancé vers moi ne dégageait aucune intimidation, sans parler de la pression d'un art martial. Il ne se contente pas de mettre toute sa force pour abattre son épée ?

« Haah, et dire que j'avais mis ma garde. » (Kurono)

Je pensais qu'il pourrait être vraiment un combattant niveau rang 3 et j'étais prêt à utiliser ma Magic Bullet - Full Burst, mais c'était totalement inutile.

J'attrapai le bras droit de l'homme avec ma gauche et stoppai son attaque à l'épée.

« Quo !? »

Les yeux du chauve s'arrondirent de choc.

Cette vitesse pathétique et cet escrime bas de gamme, et en plus sans aucun Boost ni art martial ; je pouvais l'arrêter avec mes seules capacités physiques.

Bon, ça serait chiant s'il continuait à brandir son épée comme ça, alors

« Pile Bunker ! »

J'écrasai mon poing droit, entouré d'énergie magique noire tourbillonnant comme une foreuse, dans la garde de l'épée et la détruisis.

« L', l'épée… »

Alors que je lâchais sa main, il trébucha en reculant de quelques pas et regarda l'épée détruite dans sa main, hébété.

« Hii !? »

Alors qu'il laissait échapper un cri pathétique, ses subordonnés derrière lui s'enfuirent comme la fille.

Comme je bloquais le seul passage, ils firent admirablement une escalade de mur et sautèrent de l'autre côté.

Il semble que non seulement les femmes, mais même les hommes de Spada soient rapides sur leurs pieds.

« Ah, hé, vous les gars… »

Et le chauve ne put que regarder ces deux qui s'enfuyaient comme un enfant séparé de ses parents.

Bien qu'avec la quantité de muscles qu'il a plus son crâne rasé, il ne faisait que dégoûtant avec cette expression.

« Hé. »

Alors que je lui parlais,

« Qu-, qu-, quoi, quoi, c'est quoi, tu veux encore te battre ! Hein !? »

Même en bégayant et en tremblant, il prit une posture de combat avec ses deux poings. Il semble qu'il ait encore assez d'énergie pour essayer de bluffer.

Mais je n'ai aucune raison de suivre le jeu.

« Je rentre maintenant. Ne me poursuivez pas, d'accord ? » (Kurono)

La fille en danger s'est enfuie et ils n'ont ni pris d'argent, ni blessé la fille.

Je n'ai pas vraiment envie de punir personnellement ce mec non plus, après tout, je suis juste un aventurier de passage. Je n'ai aucune raison d'agir au-delà de sauver la fille.

« O, d'accord…… » (chauve)

L'homme eut une expression visiblement soulagée, et perdit la force dans ses jambes en s'effondrant sur place.

« Si possible, essayez de ne plus faire ce genre de chose. Si vous travaillez comme un vrai aventurier, vous pourrez quand même gagner de l'argent. »

Bien conscient qu'ils ne se referaient pas avec juste ces mots, je dus quand même le dire.

Et, bien que je n'aie rien fait, me sentant satisfait de l'avoir sauvée, je quittai les lieux.

Bon, où est le chemin du retour, il fait déjà nuit…

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