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Chapitre 13 : Le Divin Médecin Ji

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Chapitre 13

Chapitre 13 : Le Divin Médecin Ji

Chapitre 13/13100%~13 min de lecture2 565 mots

Le visage de Zu An s'assombrit de nouveau à cette pensée. Une malédiction pesait sur ce corps minable : même si une beauté lui sautait dans les bras, il ne pourrait rien en faire.

Se rappelant les paroles du Vieux Mi, il se retourna vers le jeune homme à ses côtés et demanda : « Shouping, tu connais le stade de Maître ? »

« Tout le monde en connaît l'existence, dans la dynastie Zhou. Le jeune maître ne le connaîtrait pas ? » Cheng Shouping lui lança un regard perplexe.

Zu An faillit s'étrangler. Il répondit prestement : « Bien sûr que je le connais ! Je te mettais à l'épreuve, c'est tout ! »

« Ah, je vois ! » Les yeux de Cheng Shouping s'écarquillèrent d'illumination. « Les Maîtres peuvent puiser librement le ki brut du monde, ce qui leur permet de s'élever dans le ciel. Ce sont les plus hautes figures de ce monde. »

Zu An en resta stupéfait. « Il y a combien de Maîtres dans notre cité de Lune-Claire ? »

« Combien ? » Cheng Shouping éclata de rire, comme si Zu An venait de sortir une excellente plaisanterie. « Pas un seul ! »

« Quoi ? » Zu An en resta sidéré. La cité de Lune-Claire lui paraissait plutôt grande : comment pouvait-il ne pas y avoir un seul Maître ?

« Et je ne parle pas que de la cité de Lune-Claire : je doute qu'il y en ait un seul dans toute notre commanderie de Linchuan ! » s'exclama Cheng Shouping. « Il faut savoir que dans la dynastie Zhou, seuls les Trois Ducs, le Grand Maréchal, le Général au Coursier Rapide et quelques rois sont des Maîtres. Ils sont si peu nombreux. Comment en aurions-nous un dans notre cité de Lune-Claire ? »

Cheng Shouping se lança dans une longue explication sur la correspondance, dans ce monde, entre la position d'un homme et son niveau de cultivation. Plus Zu An écoutait, plus il était consterné. 'Le Vieux Mi se payait ma tête ! Il y a si peu de Maîtres dans le monde. Même avec l'aide du Clavier, je serais un vieillard desséché avant d'atteindre le stade de Maître. Et encore, il ne sait même pas quel atout je cache. D'où lui venait cette assurance que je pourrais atteindre le stade de Maître ?'

Pendant qu'il ruminait, il remarqua que Cheng Shouping l'observait avec une patience forcée, comme s'il peinait à traiter avec un simple d'esprit. Il bouillonna intérieurement. « Tu en sais des choses, dis-moi. »

Cheng Shouping souriait si largement que tous ses traits se tassaient ensemble. « Jeune maître, vous me flattez. »

« Tu es cultivateur, toi aussi ? »

Le sourire de Cheng Shouping se figea un instant, puis il baissa la tête, morose, et répondit : « Non, pas du tout. Je n'ai aucun talent pour la cultivation ni pour percevoir le ki brut. »

Zu An hocha légèrement la tête. « Les oisifs dans ton genre savent vraiment profiter de la vie. Tu es si savant alors même que tu ne peux pas cultiver. »

[Vous avez réussi à faire enrager Cheng Shouping : 33 points de Rage !]

Zu An réfléchit un moment. « Y a-t-il des médecins d'un talent exceptionnel dans la cité de Lune-Claire ? Du genre dont la réputation a porté au loin ? » 'Ça ne va pas le faire. Je serai un vieux fossile avant d'atteindre le stade de Maître si je prends la voie ordinaire ! Il me faut un autre moyen.'

Puisque c'était un monde de cultivation, il devait bien y avoir des médecins miraculeux, de ceux qui réussissent l'impossible. Peut-être sauraient-ils résoudre le problème auquel il faisait face.

« Des médecins d'un talent exceptionnel ? Ah, il y en a un ! » Cheng Shouping semblait se délecter d'instruire son prochain. « Le Divin Médecin Ji est le meilleur de la cité de Lune-Claire... Non, pour être exact, c'est le meilleur médecin de toute la commanderie de Linchuan. Il n'existe pas de maladie qu'il ne sache soigner ! »

« Ji ? Ce ne serait pas Ji Xiaolan, par hasard ? » demanda Zu An.

« Ji Xiaolan ? » Cheng Shouping se gratta la tête, désorienté. « Non, ce n'est pas lui. »

L'intérêt de Zu An s'alluma. « Alors allons-y ! Conduis-moi à lui ! »

Cheng Shouping tergiversa en fronçant légèrement les sourcils. « Jeune maître, la Deuxième Demoiselle ne vient-elle pas de vous donner le fouet ? De quelque façon que je regarde la chose, vous devriez... »

Les yeux de Zu An se mirent à vagabonder pendant qu'il cherchait un mensonge. « Je vais justement chez le Divin Médecin Ji pour faire soigner ces blessures ! »

« Mais le médecin du domaine s'est déjà occupé du jeune maître. Quelques jours de repos et vous serez rétabli. Il n'y a nul besoin d'aller chercher le Divin Médecin Ji », répondit Cheng Shouping.

Des traits noirs zébrèrent le visage de Zu An, qui répliqua : « C'est toi le jeune maître ou c'est moi ? Pourquoi tant de sornettes ? Conduis-moi là-bas, un point c'est tout ! »

« Jeune maître, soyez tranquille ! Je vous y emmène de ce pas ! » Cheng Shouping se recomposa aussitôt un sourire flagorneur.

Zu An fut un peu surpris du sang-froid du garçon. À la réflexion, il n'avait pas gagné beaucoup de points de Rage en l'insultant tout à l'heure. Les années passées au domaine Chu lui avaient sans doute épaissi le cuir.

Zu An se changea rapidement et ordonna à Cheng Shouping d'ouvrir la marche. Il avait craint qu'on lui interdise de sortir du domaine, mais les gardes de la porte les laissèrent passer sans presque un regard.

Il repensa à l'incident de la nuit précédente et demanda : « Où est la Première Demoiselle ? »

« La Première Demoiselle semble être sortie », répondit Cheng Shouping.

Zu An poussa un soupir de soulagement. Il ne se réjouissait guère à l'idée d'affronter de nouveau ce duo de maîtresse et de servante. « À propos, tu connais Neige ? »

Les yeux de Cheng Shouping s'illuminèrent. « Qui ne connaît pas soeur Neige ? C'est la servante personnelle de la Première Demoiselle ! Elle est non seulement belle, mais elle a en plus une voix charmante. D'innombrables gens du domaine en font leur amour de rêve. Jeune maître, si cela ne vous ennuie pas, pourriez-vous nous rapprocher ? »

« Te revoilà à dire n'importe quoi. » Zu An en resta coi. 'D'où ce bonhomme tire-t-il l'assurance de courtiser Neige ?' « Emploie mieux ton esprit. Tu as des informations sur elle ? Par exemple, est-elle au service du domaine Chu depuis l'enfance ? »

« Ah, non, pas du tout. » Cheng Shouping se dégonfla devant le mépris avec lequel Zu An balayait ses aspirations amoureuses. 'On dirait que le jeune maître s'intéresse aussi à Neige. Il paraît que les servantes personnelles des grands clans sont d'ordinaire données au mari comme concubines.' « Soeur Neige a été secourue et amenée au domaine Chu il y a trois ou quatre ans. Elle est docile et intelligente, si bien qu'elle a vite gagné la faveur de la Première Demoiselle et a été nommée servante personnelle. »

« Docile ? » Zu An n'arrivait pas à concilier ce mot avec cette gamine à la langue acérée. En revanche, le fait qu'elle ne serve le clan Chu que depuis trois ou quatre ans lui occupa l'esprit.

« Et la deuxième branche et la troisième branche ? Comment s'entendent-elles avec celle de mon beau-père ? » Zu An repensait à ce qui s'était joué dans la salle des ancêtres. Il avait senti une inimitié inexplicable chez Chu Tiesheng et Chu Yuepo.

« Ça va encore, je dirais », répondit Cheng Shouping après réflexion. « Le Deuxième Maître passe ses journées à gérer le commerce des armes, et le Troisième Maître celui du sel. Ce sont les proches lieutenants de notre Maître. »

« Les armes ? Le sel ? » Zu An fut pris de court. C'était un monde de cultivation ! À défaut de gérer le commerce des pierres spirituelles, ils auraient au moins pu élever des bêtes démoniaques ou faire quelque chose de fantastique. Pourquoi négociaient-ils des marchandises aussi... ordinaires ?

Comme s'il percevait ses pensées, Cheng Shouping expliqua : « Jeune maître, ne sous-estimez pas ces deux marchandises. Elles peuvent rapporter d'énormes profits à la famille. C'est par elles que notre clan Chu a accumulé une richesse égale à celle d'un pays. Il faut savoir que très peu d'individus ont le privilège de pouvoir cultiver dans notre monde. Les autres sont des mortels ordinaires comme nous, incapables de percevoir le ki brut de l'air. Les armes et le sel sont des nécessités quotidiennes dont on ne peut pas se passer. »

Zu An claqua la langue, agacé. « Comment ça, nous ? Ne me mets pas dans le même sac que les mortels ordinaires de ton espèce. Moi, je peux cultiver ! »

Cheng Shouping cligna des yeux vers lui, une réplique coincée dans la gorge. 'Le jeune maître est vraiment tel que la rumeur le décrit : parfaitement nul et incroyablement vantard.'

'Peu importe. C'est le jeune maître, après tout. Je l'aiderai à conquérir le coeur de la Première Demoiselle. Aucune gratitude n'égale celle qu'on doit à qui vous porte du charbon en pleine tempête de neige. Si je l'aide alors qu'il est encore à terre, il me verra comme son confident quand il finira par percer. Ce jour-là, je monterai naturellement en grade. Et qui sait, peut-être même que je pourrai me mettre avec Neige... Hi hi.'

« Pourquoi tu ris bêtement tout seul ? » Zu An lui asséna une claque derrière la tête. « Où est la demeure du Divin Médecin Ji ? »

Cheng Shouping se recula et rajusta sa coiffure. « Jeune maître, vous ne devez pas me frapper la tête. Cette coiffure m'a demandé beaucoup d'efforts ! »

Zu An regarda les deux petits pains vapeur posés sur le crâne de Cheng Shouping et secoua la tête sans un mot. « Ça suffit ! Dépêche-toi d'ouvrir la marche. »

Il avait déjà une idée générale de la situation au domaine Chu. Il n'avait toujours pas démasqué celui qui complotait sa mort, mais régler les problèmes situés sous sa ceinture restait la tâche la plus urgente.

« Jeune maître, je crois qu'il ne vous est plus nécessaire d'aller voir le Divin Médecin Ji », dit Cheng Shouping en courant derrière lui.

« Et pourquoi donc ? » demanda Zu An, déconcerté.

Cheng Shouping expliqua : « Le Divin Médecin Ji a établi une règle : quiconque veut le consulter doit verser 100 taels d'argent de droit de consultation. »

« 100 taels d'argent rien que pour une consultation ? C'est du vol en plein jour ! »

D'après ce que Zu An avait observé ces deux derniers jours, la monnaie de ce monde ressemblait à celle de la Chine antique. Mille pièces de cuivre valaient un tael d'argent, et dix taels d'argent un tael d'or.

Il existait une autre monnaie, plus précieuse que l'or : les pierres de ki. Mais les pierres de ki étaient difficiles à se procurer, si bien qu'il n'avait pas encore pu en déterminer la valeur.

Les unités de mesure de ce monde différaient de celles de la Chine antique ; elles se rapprochaient plutôt du monde moderne. Un tael valait 50 grammes. Le pouvoir d'achat de l'argent restait assez élevé ici, la ressource demeurant rare. Un tael d'argent valait environ 1 800 yuans.

Payer 100 taels d'argent, soit l'équivalent de 180 000 yuans, pour une simple consultation était ridicule. Pas étonnant que Zu An ait poussé les hauts cris !

Zu An réfléchit un moment, puis passa le bras autour des épaules de Cheng Shouping. « P'tit Pingping, je suis un peu à court d'argent en ce moment. Tu me rendrais bien ce service, juste pour cette fois ? Je te rembourserai avec les intérêts dès que j'en aurai. »

Cheng Shouping tâta discrètement la bourse pendue à sa taille. « Jeune maître, je ne suis qu'un serviteur. Si vous n'avez pas d'argent, comment voulez-vous que j'en aie ? »

Zu An avait remarqué son geste furtif, mais il n'en tint pas compte. Même si Cheng Shouping avait eu quelque argent sur lui, il était peu probable qu'il eût 100 taels. « Tu connais un endroit où l'on vend des esclaves dans la cité de Lune-Claire ? »

« Jeune maître, vous voulez dire le marché aux esclaves ? C'est là que les nobles échangent leurs serviteurs et leurs servantes, et ils valent d'ordinaire entre quelques taels et quelques dizaines de taels d'argent... » Cheng Shouping laissa sa phrase en suspens, et Zu An le sentit se raidir. Le garçon tourna vers lui un visage figé et déglutit. « Jeune maître, vous ne songez tout de même pas à me vendre ? »

L'expression de Zu An se fit aussitôt solennelle. « Comment est-ce possible ? Pour qui me prends-tu ? »

Il avait déjà estimé que Cheng Shouping valait tout au plus quelques taels d'argent. Et puis c'était un serviteur d'un domaine ducal : sa vente risquait d'être difficile à négocier.

Malgré ces assurances, Cheng Shouping restait un peu ébranlé. Il s'empressa d'ajouter : « Jeune maître, il existe en réalité un autre moyen de s'en sortir. En plus de verser 100 taels d'argent, on peut aussi obtenir une consultation en accomplissant une tâche pour lui. »

Ces mots tranquillisèrent Zu An. Il frappa les épaules de Cheng Shouping et s'exclama, tout guilleret : « Il fallait le dire plus tôt ! J'ai failli te vendre ! »

Cheng Shouping ne put que le regarder fixement.

Malgré l'enthousiasme manifeste de Zu An, le garçon était sombre. Les tâches confiées par le Divin Médecin Ji n'étaient pas de celles qu'on accomplit aisément. Cependant, de peur d'être vendu, il tint sa langue.

Quelques tournants les menèrent à une demeure de bonne tenue. Zu An en resta bouche bée devant la foule massée à l'extérieur. « Pourquoi y a-t-il tant de monde ? »

Cheng Shouping eut un rire gêné. « Je ne l'avais pas dit au jeune maître ? Chez le Divin Médecin Ji, c'est toujours noir de monde. »

Zu An se rappela combien il était difficile d'obtenir un rendez-vous chez les grands spécialistes des hôpitaux d'élite, dans le monde moderne ; certains se prenaient des mois à l'avance. Il supposa qu'il était naturel qu'il en aille de même pour le Divin Médecin Ji.

'Attends, ça ne colle pas non plus. Une consultation ne coûte-t-elle pas 100 taels d'argent ? Les gens de ce monde sont riches à ce point ? Pourtant, ceux qui attendent là sont plutôt mal vêtus. Ils ne peuvent pas avoir une somme pareille.'

« Où est demoiselle Ji ? Pourquoi demoiselle Ji n'est-elle pas là ? » cria quelqu'un dans la foule, déclenchant une agitation.

« C'est vrai, nous voulons voir demoiselle Ji ! »

Zu An resta sidéré par ce qu'il venait d'entendre. Il se tourna vers Cheng Shouping et demanda : « Le Divin Médecin Ji dont tu me parlais, ce serait une fille ? »

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