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Kekkaishi e no Tensei

Chapitre 995

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Chapitre 995

Chapitre 995

Chapitre 995/108192%~7 min de lecture1 312 mots

L'armée d'Agartha, forte de cinq mille hommes stationnés à Algaway, se mit soudain en marche vers le royaume de Lureiku, quelques jours à peine après l'entretien de avec Sa Majesté l'Empereur Heat de Hidêta.

Le roi d'Algaway fut surpris par cette action imprévisible, mais il ne manifesta rien ouvertement et s'en tint à une observation silencieuse. C'est pourquoi l'armée d'Algaway, massée près de la frontière, ouvrit docilement le passage aux troupes d'Agartha sans entraver leur progression.

Derrière l'armée d'Agartha, les civils de Lureiku ayant fui les combats la suivaient. Ce n'était pas sur ordre des troupes d'Agartha ; ils s'étaient joints à la colonne de leur propre initiative. Les gens de Lureiku croyaient eux aussi que s'ils suivaient Agartha, tout finirait par s'arranger.

La progression de l'armée d'Agartha était extrêmement lente. Elle avançait à pas de tortue, comme pour une promenade, ce qui parut profondément inquiétant aux forces de Lureiku.

Apprenant la marche d'Agartha, l'armée du royaume de Lureiku prit immédiatement ses dispositions de combat. Elle rappela les troupes déployées près de la frontière vers la capitale royale, afin de se préparer à la bataille à venir. Leur stratégie consistait à concentrer leurs forces et à attirer l'armée d'Agartha en profondeur dans le territoire de Lureiku pour l'écraser d'un seul coup, plutôt que de livrer bataille près de la frontière. Mais ils furent stupéfaits d'apprendre que l'ennemi avançait en emmenant la population civile. Au sein de l'armée, les avis se divisèrent entre ceux qui estimaient qu'on ne devait pas attaquer les civils et ceux qui arguaient qu'on ne ferait qu'attendre la destruction en restant passifs, et de vifs débats éclatèrent chaque jour. Néanmoins, un seul point faisait consensus : l'armée d'Agartha qui utilisait les civils comme boucliers était lâche. C'était presque la seule chose qui maintenait encore uni l'armée de Lureiku, au bord de l'effondrement.

Pourtant, l'armée de Lureiku ne parvint pas à résorber sa confusion et laissa filer le temps dans l'indécision. Pendant ce laps, l'armée d'Agartha progressa vers la capitale royale avec une régularité métronomique, comme traversant une terre sans maître.

Partout où ils passaient, ils distribuaient de la nourriture aux villageois et citadins. De surcroît, le corps médical de l'université d'Agartha, conduit par la reine Meiriasu, prodiguait aussi des secours. La nouvelle se propagea en un clin d'œil à travers le royaume de Lureiku. Si certains regardaient d'abord d'un œil soupçonneux l'armée d'Agartha, ils se turent bien vite.

Comme l'armée d'Agartha calait son allure sur celle des civils qui la suivaient, sa vitesse restait faible, mais elle en profita pour envoyer des éclaireurs dans toutes les directions afin d'inspecter les bourgs et villages de Lureiku.

Elles mirent une dizaine de jours pour atteindre les abords de la capitale. Lors du franchissement de la frontière, l'effectif était de cinq mille hommes ; à l'arrivée devant la capitale, il avait gonflé jusqu'à plusieurs dizaines de milliers. Des volontaires de Lureiku s'étaient enrôlés en chemin. Leur âge allait de vieillards de plus de soixante ans à de jeunes adolescents à peine sortis de l'enfance. Beaucoup portaient des objets qui ne méritaient guère le nom d'armes, mais leur moral était haut et, tous, brillaient des yeux en jurant qu'ils prendraient la tête au combat.

— bien sûr masqué, sous l'identité de Kenshin — proposa des pourparlers au camp de Lureiku, accompagné de Matcal. Il dépêcha d'abord un héraut pour suggérer une entrevue ; la réponse fut qu'on l'acceptait si elle se tenait à l'intérieur du château. accepta et pénétra en territoire ennemi avec Matcal.

Le camp de Lureiku ne s'attendait visiblement pas à ce que le commandant en chef adverse vienne en personne ; les officiers d'état-major qui les accueillirent cachèrent mal leur trouble.

Face à et Matcal se tinrent le roi Ghenutz et un homme se présentant comme Yamagar, commandant de la garde royale de Lureiku. Comme la délégation d'Agartha ne comptait que deux personnes, mais de tout premier rang, le camp de Lureiku avait aligné des interlocuteurs de niveau équivalent pour faire nombre.

À peine assis, Matcal proposa de placer ce pays sous la protection d'Agartha. La teneur en prit Ghenutz et Yamagar de court, tous deux affichant l'air ahuri de pigeons qui viennent de se faire tirer dessus.

« Que signifie exactement "placer sous protection" ? »

Le roi Ghenutz parvint à parler tout en masquant tant bien que mal son trouble.

« Cela signifie ce que vous avez entendu. Placer votre pays sous la protection de notre Agartha. Concrètement, si une puissance étrangère vous envahit, Agartha enverra des renforts pour la repousser. »

« C'est…… conclure une alliance militaire avec notre pays, en quelque sorte…… »

« Toutefois. »

Couplant la parole de Yamagar, Matcal continua. Ce comportement fit grimailler ouvertement ce dernier.

« En ce qui concerne la politique et les affaires militaires de votre pays, Agartha entend également y prendre part. Plus précisément, nous souhaitons que des nôtres soient nommés aux postes qui dirigent l'armée et la politique. »

Aux mots de Matcal, le visage du roi Ghenutz blêmit. Le commandant de la garde Yamagar, lui, semblait ne pas saisir le sens, et arborait une mine perplexe. Face à tous deux, Matcal maintenait un regard glacial.

« C…… cela revient à dire que vous voulez gouverner ce pays à notre place ! »

« Non, pas du tout. »

Face à Ghenutz qui extirpait les mots d'une face livide, leva les deux mains pour l'arrêter.

« Le cadre institutionnel du pays ne change pas. Le roi Ghenutz reste sur le trône de Lureiku, c'est parfait. Simplement…… comment dire sans offense ? N'est-il pas vrai que, dans l'état actuel, ce pays ne peut plus subsister ? L'intérieur est en ruines, le cœur du peuple s'est détourné. Sans intervention, il sera piétiné par une puissance étrangère…… Non, ce propos est inconvenant, mais s'il ne s'agissait que d'être conquis, ce serait encore supportable. Le pays vainqueur le redresserait. La réalité, c'est qu'il n'existe même plus de candidat à la conquête. Les pays voisins se contentent d'assister en silence à votre déclin et à l'extinction de votre peuple. Je trouve cela d'une cruauté insupportable, et surtout, ce peuple est à plaindre. C'est pourquoi nous avons pensé à placer votre pays sous la protection d'Agartha pour l'aider à se relever. »

« Si…… si c'est le cas, nul besoin d'aller si loin. Il suffirait que notre pays et Agartha concluent une alliance. »

« Cela ne présenterait aucun avantage pour Agartha. »

« Quoi…… »

« D'ailleurs, les pays alliés à Agartha ne l'accepteraient pas. »

« …… »

Le roi Ghenutz afficha une grimace de douleur. En effet, la proposition d'Agartha n'était pour lui, comme pour Lureiku, rien d'autre qu'une humiliation.

Ghenutz évita de répondre sur le champ. Il demanda un délai de réflexion et congédia et Matcal. À ce moment, Matcal se contenta de dire qu'elle attendrait un jour, puis quitta les lieux. Ses paroles et son attitude laissaient clairement entendre qu'elle n'attendrait pas davantage, et qu'un refus entraînerait l'anéantissement du pays.

Ghenutz convoqua aussitôt les personnalités principales pour une réunion. Réunion qui n'en était pas une : ce n'était qu'un travail de persuasion. Il savait pertinemment qu'hors l'acceptation de la proposition d'Agartha, ni sa sécurité personnelle ni l'avenir du pays n'étaient assurés. Pourtant, les officiers d'état-major s'opposèrent sans exception à la ligne du roi. Ils voyaient l'avenir du pays avec optimisme. Si l'on allégeait les impôts, le peuple reviendrait. Si le peuple revient, le pays retrouvera son lustre d'antan. Telle était leur conviction commune.

Mais la situation ne tolérait aucun délai. Les pays voisins avaient coupé les approvisionnements, et ce pays à faible autosuffisance ne pouvait que crever de faim. Par-dessus le marché, les mines d'or s'épuisaient, et l'exode de la population allait de soi.

Le roi Ghenutz usa de formules mâchées, pesées, pour convaincre ses officiers. Les discussions durèrent toute la nuit……

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