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Kekkaishi e no Tensei

Chapitre 83

Kekkaishi e no TenseiKekkaishi e no Tensei
Chapitre 83

Chapitre 83

Chapitre 83/10182%~8 min de lecture1 593 mots

« Ça fait un bail qu'on n'a pas marché aussi lentement dans la forêt, hein. »

« Hé, on n'est pas là pour s'amuser. Toi aussi, cherche un peu. »

Je suis monté sur Irimo avec Gon, et nous avançons lentement dans la forêt de Kurumufaru.

C'est vrai, depuis quand n'avons-nous pas traversé la forêt à ce rythme ? Et rien que nous deux, Gon et moi, ça doit faire un bon moment.

Même après la récolte d'automne, notre charge de travail n'a pas faibli. Le supermarché qu'on a confié à la tribu des chats, Willis, fait un carton. Au début, je pensais qu'une semaine d'aide suffirait pour que la fréquentation se tasse, mais au bout de trois mois, elle ne faiblit pas, elle augmente même.

Chaque jour, c'est la cohue. Évidemment, Willis et les deux autres ne peuvent pas gérer tous les clients. Du coup, moi, Mei, Gon, Ferris, Luara on tient les caisses, Willis et Sheila s'occupent de l'accueil, et Uriel qui sait compter est aussi à la caisse, et seulement comme ça on arrive à tout écouler.

Et ce n'est pas tout : l'hôtel de la capitale impériale nous passe des commandes massives de kombu et de katsuobushi, qu'on doit livrer entre deux rushs. Parfois, on demande à Sonia et Ange, une fois leur shift à la boutique de pierres de barrière terminé, de tenir la caisse pendant qu'on part en livraison.

Bien sûr, on leur paie les heures sup. La compagnie Darke applique une gestion conforme au code du travail japonais !

Au début, on ouvrait sans jour de repos, mais pour le Nouvel An, après les fêtes, on a instauré un jour de fermeture hebdomadaire. Willis s'y est opposé, les clients ont râlé, mais sans ça, on tenait pas le coup. Ils ont fini par accepter à contrecœur. Ceci dit, certains clients, voyant la folie, se sont mis à aider au service. Les plus motivés et compétents, on les paie pour venir en renfort. Ça nous sauve la mise. Du coup, ces temps-ci, le tourne même sans qu'on y mette les pieds.

Et moi, enfin un peu posé, je me dirige vers le lac qu'on a creusé pour l'irrigation quand on a développé le territoire de Kurumufamu. Pareil qu'il y a un arbre qui sent la vanille au bord de l'eau.

Avec de la vanille, la gamme de pâtisseries s'élargit. Impossible de passer à côté.

Tout a commencé avec les harpyies. En écoutant leur rapport, j'ai capté une légère odeur de vanille sur leurs ailes. Elles m'ont dit que quand elles vont au lac, elles se posent sur les branches d'un grand arbre pour reposer leurs ailes. J'ai eu un pressentiment. Effectivement, il y a un arbre énorme près du lac. On s'est dit qu'on irait voir, et ça fait une balade pour Gon et moi.

L'arbre n'est pas loin, Irimo y serait en trente minutes vol. Mais je n'avais pas envie d'y aller vite, alors on avance à pied.

Une heure dans la forêt. Je sens des monstres aux alentours, mais aucun ne montre l'intention d'attaquer. On dirait que les monstres me détestent.

« Ah, je le vois, là. C'est cet arbre. »

On arrive enfin au grand arbre. Effectivement, une légère odeur de vanille flotte. J'active l'Appraisal, mais ce n'est apparemment pas un vanillier.

« C'est bizarre. C'est juste un arbre. Pourquoi ça sent comme ça, moi non plus je pige pas. Et si on demandait à Mei de jeter un œil ? »

J'acquiesce, casse quelques branches et les fourre dans mon Inventaire Infini.

« Au fait, t'as pas faim ? »

« C'est vrai. Il est déjà l'heure du déjeuner. »

« Bon, je vais cuisiner. »

« Ici ? Si on monte sur Irimo, on est rentrés au manoir en deux temps trois mouvements. »

« Non, manger en forêt de temps en temps, c'est pas mal, non ? Beau temps, belle forêt, beau lac. Manger ici, c'est le luxe ultime. »

« C'est vrai. Ça fait un bail qu'on a pas mangé ta cuisine, maître. »

Je sors du riz de l'Inventaire Infini et fais cuire le riz avec l'eau du lac. L'eau est d'excellente qualité, assez bonne pour être bue telle quelle. Pour l'accompagnement, je sors des tranches de maquereau et les grille au charbon. Ça crépite, fumée et odeur envahissent l'air, mais en plein air, on s'en fiche. Le maquereau grillé au sel est prêt.

Riz tout juste cuit et maquereau grillé au sel. On n'a besoin de rien d'autre. Gon et moi on se jette dessus.

« C'est bon. »

« Ouais. Le maquereau, c'est grillé au sel ou rien. Avec du bon riz, faut rien d'autre. »

*Grouuuh...*

Un drôle de bruit derrière moi. Je me retourne : une créature bizarre nous épie depuis l'ombre d'un arbre.

Bleu pâle, corps de petit dragon. De grandes ailes aux couleurs vives, comme celles d'un papillon, lui poussent dans le dos. Il nous observe depuis l'ombre du grand arbre.

« Ça... c'est un dragon-fée ? »

« Dragon-fée ? »

« Une espèce de dragon, mais pas bien costaud. De la force, mais pas de souffle. Pour dire, ils sont juste rapides en vol. Connus pour bouffer des fleurs. »

« Hm. Pas dangereux ? »

« Fondamentalement peureux, j'ai jamais entendu dire qu'ils attaquent les gens. »

*Grouuuh...*

Il nous mate avec curiosité depuis l'ombre. On dirait que son ventre gargouille.

« T'as faim, toi ? Veux un morceau de ce maquereau ? »

Je lui balance un morceau de maquereau grillé. Le dragon-fée le fixe un moment, puis se décide et l'engloutit.

« Akyak, kyua, kyua ! »

« Oh, tu manges ? Vas-y, gêne-toi pas, mange tout. »

Je grille encore du maquereau, fais des boules de riz rondes et les lui lance. Le dragon-fée se régale.

« Tiens, des ohagi pour le dessert, mange aussi ça. »

« Kyua ! Kyua ! »

Il a l'air content. Vaut le coup de cuisiner quand on voit ça. Mais en y regardant de plus près, le dragon-fée n'a qu'une seule aile sur le dos.

« Hé ? Il n'a qu'une aile, lui ? »

« Avec ça, il peut pas voler. C'est rare. »

« Bon, bah je vais le soigner. »

Je pose une barrière sur le dragon-fée et le tire jusqu'à moi. Évidemment, il panique et essaie de fuir, mais ma barrière l'empêche de bouger.

« Akyak, kyuaaaa... »

Il est terrorisé, mais je m'en fiche, je lui balance un Extra Heal. L'aile manquante repousse, et deux cornes poussent sur sa tête, qui devaient y être avant.

« Il était pas mal amoché. Ça va aller. ...Par contre, il est vachement mignon, ce truc. »

De près, il a des yeux ronds et une bouille craquante.

« Allez. On rentre, toi aussi fais gaffe en rentrant chez toi. »

Je lève la barrière. Le dragon fait une tête ahurie, alors je lui pince l'aile repoussée. Il tressaille, se retourne malgré lui. Il voit son aile revenue et écarquille les yeux.

Il bat des ailes timidement, et son corps se décolle en flottant. Il regarde autour de lui, vérifiant qu'il vole vraiment. Puis il fait une tête surprise et touche ses cornes.

« Kyuaaaaan. Kyuaaaaan. »

Il se met à chialer. Visiblement, il est aux anges. Mais depuis tout à l'heure, impossible de communiquer. Ce dragon ne sait pas parler, au fond ?

« Les dragons, d'habitude, ça cause par télépathie. Ceux à haute intelligence comme Kururkan de Ferris manient les mots, mais celui-ci, probablement pas. »

« Ah bon. Bon, on rentre, toi aussi retourne chez les tiens. Et fais pas le con, hein, plus de blessures. »

Sur ces mots, on rentre au manoir.

« Ma foi, qu'est-ce qui vous arrive, Rinos ? »

« Mouais, comment expliquer... »

De retour au manoir de Kurumufaru, Riko qui nous accueille est surprise. Normal. Un petit dragon aux ailes multicolores s'accroche à ma poitrine.

Après avoir marché un moment, ma poitrine est soudain devenue lourde. Je jette un œil : le dragon-fée qu'on vient de quitter s'accroche à moi. Il s'est approché sans que ma Détection de Présence ne capte rien. Flippant, en un sens.

J'aurais pu le piéger dans une barrière et l'éliminer sur le coup, mais ce dragon-fée est trop mignon. On s'est regardés dans les yeux, regardés, regardés, regardés, regardés, regardés, regardés, regardés... et avant que je m'en rende compte, on était au manoir.

Force de dragon, il me colle et lâche pas. Je pourrais déchirer mes vêtements pour le décoller, mais Riko serait furieuse, d'où la conversation d'à l'instant.

Le dragon, bercé par ses ailes qui ondulent, a l'air bien dans mes bras. Mais à cette scène,

« Gyaa ! Kyuaaaaa ! »

Itora, la princesse du manoir, pique une crise. Elle bat des ailes autour de moi et intimide le dragon. Lui, pas en reste, renvoie des « agya ! agya ! » Ils ont l'air de se disputer le droit d'être dans mes bras.

« Oui oui oui, arrêtez tous les deux. »

Riko approche en claquant dans ses mains. Elle choppe le dragon-fée par derrière, l'éloigne de moi d'un geste fluide et le pose sur la table.

« Tant qu'à faire, je vais vous le dire à tous les deux. »

Riko vient à côté de moi, croise les bras,

« Rinos, c'est MOI seule qui l'ai. »

« Kyuaa... »

« Ayaa... »

Des étincelles jaillissent de leurs trois regards. Heu... les gens, vous me faites peur, arrêtez pas ?

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