« C'est une honte pour l'ordre des chevaliers impériaux. »
De retour au manoir, Rico bouillait de colère après avoir entendu le rapport de bataille.
« Enfin, c'est terminé. Nous n'avons qu'à faire ce que nous avons à faire. »
C'est par ces mots pleins de soumission que Pius calma la situation. J'ordonnai à Pius et aux autres de se reposer, demandai à Quena de servir le thé, et entrai dans le bureau avec Gon, Rico et Felis.
« Vous rentrez déjà au manoir ? »
« Non, en fait il me reste du travail. Il y a encore des réactions dans le repaire des bandits qu'on vient de détruire. Et ce sont des monstres. »
« Il vaudrait mieux les éliminer. »
« Emmenez-moi, s'il vous plaît ! Je vais vous montrer que je peux être utile ! »
Il y a trois réactions de monstres dans le repaire. Deux semblent sans importance, mais l'une est assez forte. J'ai un mauvais pressentiment, alors on va les exterminer.
« Alors, on y va maintenant ? »
« Après le dîner. Rico, tu rentres au manoir. Moi, Gon et Felis, on s'occupe des monstres restants. »
« Dans ce cas, j'attendrai ici. »
« Reste avec Pius et Quena. S'il y a un danger, fuis au manoir sans hésiter. Et si on n'est pas rentrés avant minuit, rentre au manoir. »
« Compris. »
Une fois le dîner fini, nous montâmes sur Irmo et partîmes vers le repaire des bandits.
À pied à travers la forêt, c'est une journée de marche, mais avec les ailes d'Irmo, on y arrive en une vingtaine de minutes. Felis peut voler même sous forme humaine. Elle ne suit pas encore la vitesse d'Irmo, alors on avance en surveillant Felis au-dessus de la forêt que le crépuscule enveloppe.
Au bout d'un moment, on aperçoit une colline dans la forêt, et sur son flanc un grand manoir. Tout autour, d'innombrables tentes et cabanes. Les sous-fifres des bandits vivaient visiblement en campement.
Je déployai une barrière qui efface complètement ma présence et pénétrai dans le manoir. L'intérieur était éclairé. Dans le salon juste à l'entrée, une forte réaction de monstre. Je m'y dirige. Au moment où j'allais ouvrir la porte discrètement, une voix parvint de l'intérieur.
« Tu es en retard~. Ah~ mon corps fourmille~. J'espère qu'il va rentrer vite~. »
J'ouvris la porte sans bruit. À l'intérieur se trouvait une beauté绝世. Qui plus est, une beauté vêtue d'une tenue incroyablement érotique.
Une vingtaine d'années ? Elle trémoussait une poitrine opulente, les parties importantes étaient cachées mais elle était quasi nue. Un vieil oncle ne pourrait pas résister.
« Ah, tu es rentré~ Bienvenue~. Tu es seul~ ? Alors on est tous les deux. Fufufu. »
C'est dangereux, elle est pile dans mes préférences. Mais en y regardant de plus près, elle a des ailes noires dans le dos. Gon, accroché à mon épaule, dit :
« C'est un succube, maître. Un démon qui pompe l'énergie vitale des hommes~. Ne vous laissez pas séduire, maître~. »
Mon cœur bat la chamade face à tant d'érotisme, mais je ne me laisse pas prendre l'esprit. Calme, calme. Le succube ondue du bassin, porte son index à la bouche et avance lentement. Ça sent le Shōwa, mais c'est indéniablement érotique.
« Les bandits sont tous morts. »
Le corps du succube tressaille violemment. Il faisait une tête ahurie, puis ses sourcils se froncèrent et il entra dans une rage subite.
« Tous les hommes sont morts~ ? Il va manquer de l'énergie vitale ! L'énergie... l'énergie... »
Une brume noire s'élève de son corps. J'enferme rapidement le succube dans une barrière.
« Je vais te pomper toute ton énergie ! »
Des aiguilles acérées jaillissent de tout son corps. Elles percent ma barrière et une partie fonce sur moi. Je lève instantanément une barrière devant moi pour l'encaisser, mais le reste vise Felis.
« Felis ! »
« ... Ça va, absolument aucun souci. »
Plusieurs aiguilles sont plantées dans le bras de Felis, mais il est couvert d'écailles de dragon et n'a pas été percé.
« Ce niveau ne traverse pas mes écailles, vous savez ? »
« Espèce de... !! Les gamines comme toi, je les déteste le plus ! Mais je ne te tuerai pas ? Tu serviras d'appât pour attirer les hommes. »
« T'es bête ou quoi ? Au lieu de dire des conneries, inquiète-toi pour toi. »
Juste après que ma barrière a été percée, j'en déploie une encore plus puissante. Elle résisterait tranquillement au souffle d'un dragon. Un chef-d'œuvre qui a coûté 3000 de mes MP.
« Un maître des barrières... Ça a l'impossible à briser pour moi. Bon, je ne résisterai pas. Je te laisse faire de mon corps ce que tu veux. »
Et le succube devint complètement nu.
« Quand tu veux ? Goûte-moi comme tu le désires ? »
« ... Maître, laissons ce succube tranquille pour une journée. »
« Il y a une raison ? »
« Rien ne presse, on peut encore y réfléchir demain. »
« ... Effectivement. Mieux vaut remettre mon esprit à zéro avant de décider. »
« Ne dis pas ça~ Fais de moi ton jouet~. Ton corps épais et robuste... »
... Pour l'éducation de Felis, c'était vraiment pas terrible, alors on est sortis de la pièce en silence.
« Pourquoi ne pas le tuer ? »
« Ouais, on le laisse comme ça une journée. »
« Ah ! Le priver de tout pour l'affaiblir, puis le tuer ? Impressionnant, Rinos-san. Mais pourquoi ce monstre reste-t-il nu ? Je pensais qu'il allait défaire sa transformation humaine... »
« Euh, ben, quoi. C'est sûrement une tactique pour faire baisser la garde de l'ennemi. »
« Je vois ! Il faisait mine de se rendre nu pour attaquer ! Une ruse digne d'un dragon noir ! Ne pas s'y laisser prendre, c'est ça qui est fort, Rinos-san ! »
« Ah, ouais, c'est ça. Ahahaha... »
Les yeux brillants de Felis me transpercent le cœur. Je me dirige d'un pas rapide vers le monstre qui donne une réaction plus faible.
La carte indiquait une réaction sous terre. Dans la cour arrière du manoir, un escalier descendait sous terre. J'ouvris la porte : c'était noir comme dans un four. J'utilisai la magie « Light » pour éclairer. La pièce contenait de vieilles haches, épées, armures rouillées. Et sur une table au fond, une cage en fer. En m'approchant, je vis un chaton tigré aux ailes dorsales qui tremblait.
« Quoi ? C'est un petit de Gyrion ? »
« Gyrion ? »
« Il court comme le vent et peut aussi voler~. Il manie la magie du vent à volonté et est assez fort pour tuer un grizzli d'un coup~. Une fois adulte, ce sera probablement un monstre de rang S, le plus fort de cette forêt~. »
Nous approchons de la cage.
« Kyu ? »
Le petit Gyrion lève lentement la tête en nous remarquant, et nous regarde en clignant des yeux à la lumière.
« Hé, ça va ? Tu as été capturé par les bandits d'ici ? »
« Kyuu~ »
Il comprend nos mots mais ne peut pas parler. Pourtant, il essaie de nous dire quelque chose.
« Kyuu kiki kyuu kyuu »
Et il continue de pleurer.
« Attendez un instant. »
Felis se place devant le petit Gyrion et le fixe. Au bout d'un moment :
« Cet enfant s'est fait enlever après s'être perdu dans la forêt. Et... hein ? La mère Gyrion serait venue le sauver... oui oui... Elle s'est fait retourner. Et... on l'a dépecée sous ses yeux... Il veut qu'on batte les bandits et qu'on le libère. »
« C'est... dur. Rassure-toi. Les bandits sont tous envoyés ad patres. L'ennemi a été puni, tu n'as plus à te battre. »
« Kyuu. Kyuu. »
« Il dit merci. »
« Felis, t'es dingue. Tu comprends même les mots d'un gamin comme ça ? »
« Non. C'est la télépathie. Nous, les dragons, pouvons transmettre des mots par la pensée. Comme ça. »
« Rinos-san, Rinos-san~ »
Oh, c'est incroyable. J'entends la voix de Felis dans ma tête. C'est pratique.
Bon, je casse la cage et libère le petit Gyrion. Dès qu'il est dehors, il bat ses petites ailes et fonce dans ma poitrine. C'est quoi ce gamin, il est trop mignon.
Tenant le petit Gyrion dans les bras, je me dirige vers la pièce voisine où se trouve l'autre réaction. Une jeune fille gisait là.
« Qu'est-ce que c'est que cette gamine ? »
Un visage très mignon, mais avec des bois de cerf sur la tête. Une bête-humaine ou quelque chose du genre. Je lui tape la joue, pas de réaction. Je décide de l'emmener aussi. Je place une barrière de transfert et nous revenons au salon du manoir.
« Bienvenue. Qu'est-ce qui s'est passé ? »
« Pour l'instant, donnez à manger à ce petit Gyrion. Et installez cette fille quelque part. »
Quena s'active efficacement et prépare tout. La fille bête semble juste dormir, je la pose sur le canapé. Et par précaution, je place une barrière sur elle.
« Qu'est-ce qui s'est passé au juste ? »
Je raconte à Rico ce qui s'est passé au manoir.
« Mon dieu, quelle surprise. Gardons ces enfants ici pour l'instant. Selon les cas, on les amènera au manoir. Au fait, c'était quoi ce succube ? »
C'est délicat à expliquer. Cet érotisme... Ah, non non. Voyant mon embarras, Felis intervient.
« Ah, c'est... la nue, hein~. »
« Rico ! ... Écoute... Ce soir, j'ai envie de te serrer dans mes bras, c'est d'accord ? »
« Bien sûr ! »
Elle a répondu du tac au tac. Laissant tout le monde bouche bée, nous montons sur la barrière de transfert et rentrons au manoir.
Cette nuit-là, je chéris Rico à cœur joie.