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Kekkaishi e no Tensei

Chapitre 665

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Chapitre 665

Chapitre 665

Chapitre 665/74190%~7 min de lecture1 315 mots

Le lendemain matin, un homme et une femme chevauchaient un unique cheval, cap plein sud. Inutile de préciser qu'il s'agissait d'Albe et de cette femme. On aurait pu croire qu'Albe tenait les rênes, mais il était incapable de monter à cheval. Contre toute attente, c'est la femme qui maîtrisait la bête sans difficulté, aussi tenait-elle les guides.

« Je m'appelle Mirwa. De Sairyūsu. »

Tout en dirigeant le cheval, la femme entama son histoire, comme si elle parlait à personne en particulier. Albe avait passé un bras autour de sa taille, s'agrippant à elle en silence, se contentant d'écouter.

« Chez les Sairyūsu, il faut contracter avec un esprit avant l'âge adulte. Sans cela, la mort survient. Celui avec qui j'ai contracté est Pōpu, l'esprit de l'air. Il est commode : il peut manipuler la densité de l'air, mais aussi transporter odeurs et parfums au loin. »

Le récit de Mirwa sonnait aux oreilles d'Albe comme un conte de fées. Il n'avait jamais entendu parler de la race des Sairyūsu, et l'idée même de contracter avec un esprit dépassait son entendement.

Sans se soucier de sa perplexité, la femme continua.

« Ton poison, s'il s'évapore, reste-t-il efficace comme poison ? »

« Je ne sais pas. Je ne sais pas. »

« Tu n'es pas apothicaire ? »

« …… »

« Peu importe. Il suffira d'essayer quelque part. Attends… ? S'il y a du poison, cela ne risque-t-il pas d'affecter l'esprit que je sers ? Hein ? Qu'en est-il ? »

« Je ne sais pas. Je ne sais pas. »

« …… Bon, peu importe. Pour l'instant, il suffit que je puisse tuer cette Soleil. »

« …… Pourquoi ? »

« Pourquoi ? C'est évident. Parce que je la hais. »

« …… »

« Cette femme a tenté de me tuer. C'est tout. »

« …… »

« Tu ne comprendras pas les affaires des Sairyūsu. Nous devons contracter avec un esprit avant l'âge adulte. Car c'est en fusionnant avec un esprit que nous obtenons la force de vivre. »

Aux mots de la femme, Albe ne put qu'écouter, l'air hébété.

« Mais cette femme… Soleil a volé l'esprit avec lequel j'avais contracté, après tout le mal que je m'étais donné. Du coup, j'ai failli mourir… »

D'après Mirwa, elle avait passé des années à supplier divers esprits de contracter avec elle. Ses efforts avaient fini par payer : elle avait scellé un pacte avec un esprit d'une certaine forêt. Qui plus est, cet esprit était de rang assez élevé.

Le statut social chez les Sairyūsu est proportionnel au rang de l'esprit contracté. Autrement dit, contracter avec un esprit supérieur garantit directement sa propre position. À ce stade, le rang de Mirwa parmi les Sairyūsu était tel qu'on lui promettait la succession du chef de clan.

Mais un an plus tard, soudain, l'esprit rompit unilatéralement le contrat avec Mirwa. Qu'un esprit rompe de son propre chef, sans faute de la part de l'humain, est extrêmement rare. Déjà sur le point de devenir adulte, Mirwa chuta au rang le plus bas des Sairyūsu. Plus grave encore : son corps. Si elle ne contractait pas rapidement avec un autre esprit, elle n'avait d'autre choix que d'accepter la mort.

Pourtant, les esprits acceptant de contracter avec elle ne se trouvaient pas facilement. Celui qui finit par accepter était de rang inférieur au précédent.

La chute de candidate à la succession… Pire encore, l'esprit qu'elle avait servi contracta avec Soleil. Voler un esprit est un tabou chez les Sairyūsu. Pourtant, l'acte de Soleil ne fut pas poursuivi, laissé sans suite.

Sûrement parce que Soleil est la fille du chef de clan, elle n'eut pas à rendre de comptes. C'est ce que pensa Mirwa, et tout lui devint insupportable. Elle quitta secrètement le village et se lança dans une errance à travers le monde.

Grâce aux compétences apprises au village, elle ne manqua jamais de rien. Elle séduisait des hommes forts et riches, menant une vie de luxe. Quand l'homme déclinait ou qu'elle s'en lassait, elle en trouvait un autre. Au fil des ans, elle apprit par rumeur que Soleil avait été mariée au roi d'Agartha, .

Ce n'était pas une rumeur, mais un fait. À l'époque, Agartha n'était pas très connu ; on le percevait comme le pays qui avait vaincu l'Empire de Lamaron et l'avait annexé. Inutile de dire que Lamaron était à l'origine le pays où se trouvait le village des Sairyūsu. Cette nation, pauvre, brûlait souvent les forêts pour étendre ses terres arables, forçant les Sairyūsu à déplacer leur village à plusieurs reprises.

Pensant qu'un tel colosse aux pieds d'argile s'effondrerait bien vite, Mirwa n'éprouva aucune émotion particulière en apprenant que Soleil avait épousé le roi d'un pays victorieux de Lamaron. Le fait qu'elle ait été prise comme concubine et non comme épouse légitime contribua aussi à laisser ses sentiments intacts.

Cependant, avec le temps, Agartha accrut rapidement sa renommée. Commençant par avoir repoussé l'ingérence de Crimiana, elle remporta victoire sur victoire dans les divers conflits qui suivirent. Parallèlement, par sa culture et son niveau technique, elle s'affermit solidement au rang de grande puissance mondiale.

Ce qui décida Mirwa à porter une intention de tuer à Soleil, ce fut la naissance de l'enfant du roi d'Agartha. De surcroît, cet enfant était un garçon, et il ne mourut pas à la naissance : il survécut.

Inutile de le dire, la maison royale d'Agartha compte déjà le prince héritier Idea. L'enfant de Soleil devient donc son cadet. Mais pour l'instant, il n'y a que ces deux garçons dans la famille royale. Si jamais il arrivait malheur au prince héritier Idea, l'enfant de Soleil deviendrait roi d'Agartha. Ce qui reviendrait à faire de Soleil la mère du roi. Alors, elle serait quasi maîtresse du monde.

À cette pensée, Mirwa sentit son corps trembler involontairement. Vivre dans un tel monde, elle en mourrait de dégoût. Si l'occasion se présentait, elle devait à tout prix ôter la vie à cette femme. Elle s'en fit le serment.

Combien d'hommes cela faisait-il ? Elle vivait sans le moindre souci en tant que favorite de Miraruda, une femme fortunée, quand cet Albe apparut.

Pour la Mirwa habituelle, c'était un homme qu'elle n'aurait même pas daigné regarder. Son air peu confiant, son attitude, et surtout cette misérable absence de propreté… Mais chez cet homme, elle ne manqua pas de déceler une sombre conspiration tapie dans ses entrailles. Et elle eut l'intuition qu'il lui serait utile.

Son œil ne la trompait pas. Cet homme était capable de fabriquer un poison sans goût ni odeur. Il avait empoisonné avec brio la prudente Miraruda. Un apothicaire redoutable, maîtrisant réellement l'art du poison imperceptible. Avec lui, elle pourrait tuer Soleil… Mirwa en fut convaincue au plus profond d'elle-même.

« Tu veux vivre entouré de belles femmes… Tu l'avais dit, non ? »

« …… Ah. »

« Alors, tue Soleil et le roi d'Agartha ensemble. On dit que les épouses de ce roi sont toutes de très belles femmes. Soleil, tu ne pourras pas l'avoir, mais les autres, tu pourras en faire ce que tu veux. Ou bien quoi ? Tu les refusais si elles ne sont pas vierges ? »

« …… Non. »

« C'est ce que je pensais. Toi, tant que c'est une femme à ton goût, peu t'importe. Qu'elle soit plus âgée ou plus jeune n'a aucune importance. D'autant plus que la différence de statut, tu ne t'en soucies pas. Kahahahaha ! »

« …… »

« Au fait, tu ne fais rien ? »

« …… Quoi ? »

« Les hommes qui ont partagé ma vie auparavant ne cessaient de réclamer mon corps. Même en chevauchant comme maintenant, ils en profitaient. Toi, tu ne le fais pas ? »

Albe ne répondit pas à ces mots, se contentant de lever les yeux au ciel en poussant un grand soupir.

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