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Kekkaishi e no Tensei

Chapitre 640

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Chapitre 640

Chapitre 640

Chapitre 640/73188%~7 min de lecture1 218 mots

« Allons-y, alors. »

Je dis ça en jetant un coup d'œil autour de moi. Devant moi, Lafaïence hoche la tête avec un sourire aimable. À côté de lui se trouve le roi Meintia. Ces deux-là rayonnent d'une motivation à toute épreuve. En revanche, les deux femmes qui se tiennent en retrait dégagent une lassitude indéfinissable.

Derrière les deux hommes se trouvaient Vielle et Luara. Vielle feint le calme, mais on devine chez elle anxiété et trouble face à ce qui l'attend. Luara, elle, affiche une mine à dire « quelle corvée ». Eh oui, nous allons rendre visite au roi Poséidon.

Après avoir pesé les inquiétudes soulevées par Mei et Roini, j'ai conclu qu'aller voir le roi Poséidon était la meilleure option. Officiellement, c'est pour changer les idées à Vielle et lui faire décompresser, mais si on y mêle des gens ordinaires, elle risque de les envoûter. Cela dit, nous seuls avons nos limites. J'ai donc réfléchi au personnel adéquat et c'est ainsi qu'est né ce groupe.

D'abord, Lafaïence : en matière de séduction, c'est un vétéran rompu à tous les combats. Il a déjà croisé Vielle maintes fois, il a donc développé une immunité. Aucun risque qu'il se fasse envoûter, même par mégarde.

Quant au roi Meintia, le danger est nul. Ce souverain est un amateur de femmes « costauds ». Il ne s'intéresse qu'aux filles qui en imposent un minimum. Qu'il s'éprenne de Vielle, aux traits si réguliers, est exclu, quand bien même le monde serait sens dessus dessous.

Puis il y a le roi Poséidon. Lui, Lafaïence n'arrive pas à sa cheville : c'est le roi des rois en matière de drague. Vielle pourrait bien l'envoûter, mais la probabilité que ce monarque tombe sous son charme reste très faible.

L'idée, avec cette équipe, c'est de lancer une causerie sur l'amour. En principe, ce genre de bavardage anime les femmes, mais nous n'avions sous la main aucune candidate susceptible de jouer le jeu.

« Bon, on y va. »

Luara s'engage dans la mer avec une mine rébarbative. Je lui ai accordé un congé payé spécial, mais à l'heure qu'il est, elle trouve le travail plus amusant que les vacances.

Sur ses pas, le roi Meintia et Lafaïence plongent à leur tour. Vielle observe la scène avec un air dubitatif.

« Allez, qu'est-ce que tu attends ? Toi aussi, viens. »

……

Poussée par moi, Vielle s'avance prudemment vers l'eau. Je lui ai expliqué qu'une barrière la protège, donc pas de risque de noyade, mais elle n'a pas l'air tout à fait convaincue. Pourtant, son orgueil ne lui permet pas de reculer ici. Elle se résout à entrer dans la mer.

Nous suivons Luara. On aurait cru Vielle mauvaise nageuse, mais elle avance surprenamment bien. Elle tient le rythme derrière Lafaïence et les autres. Au début, moi-même j'avais eu du mal à les suivre.

Bientôt, le palais du roi Poséidon se profile. Même Vielle écarquille les yeux, stupéfaite de découvrir un palais au fond de l'océan. Sans s'occuper de sa réaction, le groupe continue vers l'édifice.

Cette fois encore, les gardiens ne nous barrent pas la route : on passe en VIP total. Luara mise à part, le roi Meintia semble parfaitement connu ; il salue les sentinelles avec une familiarité déconcertante.

Une fois à l'intérieur, nous avançons dans les couloirs sans attendre de guide. L'endroit est un dédale, mais selon Luara, elle sait à peu près où se trouve son père. Sans la moindre hésitation, elle tourne à droite, à gauche, et nous débouchons sur une vaste cour.

« Eh bien, moi je m'arrête là. Je vais rejoindre ma mère. »

Luara annonce ça et s'apprête à partir. Attends, le roi Poséidon n'est pas là. Juste au moment où je pense ça, un homme apparaît au fond du jardin, avançant lentement. C'est le roi Poséidon.

« Oh, frère aîné ! »

Le roi Meintia pousse un cri perçant. À cette voix, le roi Poséidon lève la main droite en réponse.

« Tous, vous êtes les bienvenus. Toi aussi… tu es la bienvenue. »

Le roi pose sur Luara un regard tendre. Celle-ci répond par un salut sans expression, dit « excusez-moi » et s'éclipse.

« Asseyez-vous. »

Sur un mot du roi, des hommes-poissons apportent tables et chaises. Comme toujours, leur coordination est impeccable, des mouvements sans le moindre gaspillage, comme s'ils s'entraînaient chaque jour.

« Aujourd'hui, tu amènes une invitée rare. »

À peine assis, le roi Poséidon tourne son regard vers Vielle et prend la parole. Elle se redresse, pose la main droite sur sa poitrine et plie le gennet avec grâce.

« C'est un honneur de vous rencontrer. Je suis Juvansel Vielle, papesse de la théocratie de Crimiana. Puisse Votre Majesté le roi Poséidon se porter à merveille… »

Le roi lève vivement la main droite et coupe court aux paroles de Vielle. Elle esquisse une mine surprise, mais retrouve vite son masque habituel et s'assoit lentement.

« Non, non, soyez la bienvenue en mon palais. Bienvenue, dame Juvansel Vielle. »

Tout en déployant un charme ravageur, le roi Poséidon s'adresse à Vielle. Elle répond par un sourire forcé et des remerciements embarrassés. Le roi lui souriait, mais son regard se porte bientôt sur nous. Vielle, qui s'attendait à ce que la conversation se poursuive, affiche une légère surprise avant de reprendre son masque.

C'est là une mise en scène calculée de sa part. Ce jeu subtil d'expressions tombe évidemment sous les yeux du roi Poséidon. Un homme ordinaire aurait relancé la discussion ou, à tout le moins, aurait été troublé par elle. Mais c'est le roi Poséidon : il ne laisse rien paraître et s'adresse à nous.

« Vous venez accompagnés d'une femme. Avez-vous mijoté quelque divertissement intéressant ? »

« Flow est frère aîné. Cette fois, j'ai pensé qu'il serait excellent de faire participer cette dame à une discussion raffinée sur l'amour et la passion. »

Le roi Meintia en parle avec allégresse. Le roi Poséidon hoche la tête, puis jette un coup d'œil à Vielle, laisse échapper un « fufufu » chargé de sous-entendus et poursuit :

« À en juger par son air, elle ignore encore ce que sont l'amour et la passion, n'est-ce pas ? »

… Impressionnant, le roi Poséidon. Deviner ça d'un seul coup d'œil. J'acquiesce involontairement, franchement.

« Elle devrait d'abord goûter à la peine et à la souffrance de perdre un amour. »

« Hou. »

Une exclamation m'échappe. En effet, avec sa beauté, Vielle peut envoûter la plupart des hommes. Pour cette gamine, subir le choc d'un amour non partagé serait salutaire, j'approuve. Se déclarer et se faire rejeter. Renoncer en larmes parce que l'élue a déjà quelqu'un… Après une telle expérience, elle changerait un peu.

Je jette un œil à Vielle. Elle garde son expression paisible habituelle, comme si son esprit était ailleurs.

« La souffrance de perdre l'être aimé… Aujourd'hui, c'est moi qui vais en parler. »

« Oh, frère aîné ! Quelle aubaine ! Entendre ton récit, c'est notre chance. »

Le roi Meintia jubile d'une voix perçante. Certes, les déceptions amoureuses de ce roi d'une beauté terrifiante… moi aussi, j'avoue un certain intérêt.

« Voyons… quand était-ce, déjà… ? Même maintenant, ma poitrine se serre… »

Tel un ménestrel, le roi entame son récit. Nous écoutons, immobiles…

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