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Kekkaishi e no Tensei

Chapitre 601

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Chapitre 601

Chapitre 601

Chapitre 601/73182%~7 min de lecture1 393 mots

Dans une pièce du palais de l'Empire de Lamaron, trois hommes levèrent les yeux vers le ciel.

« Les discussions sont closes. »

Ce fut le chancelier Madrin qui murmura ces mots, sans s'adresser à personne en particulier. Il se redressa sur son siège en faisant osciller son corps massif avec lenteur.

« Hors mon projet, il n'existe aucune issue valable. »

Le regard de Madrin se portait sur le maréchal Cariès de l'armée impériale de Lamaron et sur le commandant en chef Amande. Tous deux froncèrent les sourcils et fixèrent le chancelier d'un air sévère.

« L'Empire va se scinder en deux, probablement. »

C'est d'une voix arrachée aux tréfonds de son être que Cariès prit la parole. Une sueur gluante brillait sur son front.

« Non, maréchal. À mon avis, ce qui se divisera en deux, ce sera l'armée impériale. Pour nous, fonctionnaires, tant que le pays fonctionne sans accroc, c'est tout ce qui compte. Bien au contraire, c'est l'idée même que l'administration de l'État puisse se gripper, que le système qui marche si bien s'effondre, qui constitue notre véritable souci. »

« Hum… »

Cariès croisa les bras et leva à nouveau les yeux au ciel. À cet instant, Amande, qui se tenait à ses côtés, ouvrit lentement la bouche.

« Moi aussi, j'approuve l'avis du chancelier. »

« Amande… »

« C'est inévitable. Ne pas se laisser aveugler par les gains immédiats et ne pas compromettre le destin du pays sur cent ans, voilà ce qu'est un vrai homme d'État. Le chancelier, lui, a les yeux rivés sur l'horizon d'un siècle. N'est-ce pas ? »

Cariès afficha un sourire amer, comme s'il venait d'avaler un insecte.

« Encore une fois, la pluie de sang va s'abattre sur l'Empire de Lamaron… »

Cariès murmura d'une petite voix, avec une expression navrée.

***

« Quoi ? Le chancelier Madrin ? »

C'est Matcal qui arbore une mine stupéfaite. Tout à l'heure, un messager de l'Empire de Lamaron s'est présenté chez moi pour me dire que le chancelier en personne souhaitait me rencontrer.

Que cet homme daigne se déplacer jusqu'à la capitale… Il est facile d'imaginer qu'il s'est passé quelque chose à l'intérieur de Lamaron. Malgré son corps imposant, c'est un homme accablé de tâches. C'est littéralement grâce à ce chancelier que ce pays tient debout. Et le voilà qui abandonne ses fonctions pour venir jusqu'ici… Interrogé, le messager n'a su donner que des réponses évasives. J'ai utilisé la compétence Expertise pour fouiller son passé, mais lui-même ignore tout : on lui a simplement ordonné d'obtenir coûte que coûte un rendez-vous avec moi.

… C'est certain, ce n'est pas une bonne nouvelle.

Après le départ du messager, j'ai immédiatement convoqué Matcal dans mon bureau. Lorsque je lui ai annoncé la venue du chancelier, elle a laissé percer une émotion inhabituelle.

« Au juste, que se passe-t-il dans l'Empire ? »

« Moi non plus, je n'en sais rien. J'ai fait vérifier, mais l'Empire n'est attaqué par aucun pays, et aucun mouvement séditieux n'est détecté à l'intérieur. Il n'y a pas de raison apparente pour que le chancelier vienne en personne… »

« Ce n'est assurément pas une visite de courtoisie. »

« En effet… Bon, à nous torturer l'esprit face à face, on n'avancera pas. Écoutons d'abord ce que le chancelier a à dire, puis on réfléchira. »

« Soit. À ce moment-là, je veux être présente. J'ai un mauvais pressentiment. »

« … Entendu. »

Sur ces mots, Matcal quitta le bureau.

Quelques jours plus tard, le chancelier Madrin arriva. Qui plus est, il était accompagné du commandant en chef Amande. Je cachai ma surprise et, feignant le calme, les accueillis.

« Cela fait longtemps. Je ne m'attendais pas à vous voir accompagné d'Amande-san… »

Amande esquissa un sourire et s'inclina lentement. D'ordinaire vêtu de son uniforme militaire, ce jour-là il portait une tenue noble assortie à celle du chancelier. À première vue, il passait pour un aristocrate comme un autre. Simplement, l'aura qui émanait de lui n'avait rien de commun, et le décalage était saisissant.

Je jetai un coup d'œil rapide à Matcal, qui se tenait en retrait. Elle affichait son calme habituel.

À peine les salutations d'usage échangées, le chancelier Madrin prit la parole d'un air grave.

« Nous sommes venus formuler une demande à Sa Majesté le roi d'Agartha. »

« J'écoute. »

« Je vais droit au but. Nous souhaitons accueillir votre fils, -dono, en tant que fils adoptif de l'Empire de Lamaron. »

« Hein ? »

« Votre surprise est naturelle. Nous avons pleinement conscience que c'est une demande déraisonnable. Pourtant, l'avenir de l'Empire est en jeu. Quels que soient vos sentiments, nous vous prions de fléchir et d'accéder à notre requête. »

« Excusez-moi, mais je ne saisis absolument pas le fil de votre raisonnement. Pourquoi mon fils ? »

« Les jours de Sa Majesté l'Empereur sont comptés… »

Madrin détourna brusquement le regard de moi. L'Empereur de l'Empire de Lamaron est maintenu en résidence surveillée depuis fort longtemps. « Résidence surveillée » est un bien grand mot : on dit qu'il peut s'acheter ce qu'il veut, s'entourer de femmes et mener une vie oisive. Il était encore jeune, la cinquantaine, il me semble ?

« Nous avons fait appel à des médecins et des mages, mais son cœur est déjà affaibli ; il a presque perdu la force de bouger par lui-même. »

« Ha… »

Amande exposa la situation avec un calme glacial. Sur ses paroles, Madrin reporta son regard sur moi.

« Comme vous l'imaginez, si Sa Majesté vient à s'éteindre, se posera la question de la succession. »

« Euh… Combien d'enfants a l'Empereur actuel ? »

« Pour les fils, il y en a deux. »

« Je vois. Cela va donc devenir une guerre fratricide entre les deux… »

« Comment dire… En fait, tous deux sont hostiles à Agartha. »

« Hein ? C'est vrai ? »

« Pour Matcal-sama, ce sont ses frères aînés. Vous devez bien connaître leur personnalité… »

Madrin porta son regard sur Matcal. Mais elle secoua lentement la tête de gauche à droite.

« Je ne les connais pas bien. J'ai quitté le palais très jeune, j'ai intégré l'académie militaire, puis j'ai servi dans l'armée impériale. »

« Lorsque Matcal-sama a rejoint l'armée impériale, l'un de vos frères, Ohan-sama, occupait l'un des postes de commandant en chef. Vous devez suffisamment connaître son caractère… »

« En un mot : il n'est pas fait pour être militaire. »

« À ce point ? »

« Il ne retient que les informations qui l'arrangent et refuse systématiquement d'écouter celles qui le dérangent. »

« Précisément. C'est pour cela qu'Ohan-sama a été muté au commandement de la garde du harem. »

Amande prit la parole, le visage impassible. Il semble que le candidat actuel à la succession ne soit pas non plus du goût de l'armée impériale.

« Ohan-sama et son cadet Kurahara-sama sont tous deux hostiles à Agartha. Quels que soient les remontrances du chancelier, ils s'obstinent dans leur position. Pire, ils tiennent des propos insensés en réclamant une nouvelle invasion d'Agartha. Cela vient de ce que leurs intimes ne leur rapportent que des flatteuses. »

« Alors, pourquoi ne pas arracher l'un des deux à ses intimes pour le faire éduquer sous la tutelle du chancelier Madrin ou du commandant en chef Amande ? »

« C'est une honte, mais nous l'avons tenté maintes fois… »

« Je vois… Cependant, même si mon fils… même si devenait le fils adoptif de l'Empereur, ne risque-t-on pas de provoquer une vive opposition à l'intérieur du pays ? Mal géré, cela pourrait déclencher une guerre civile… »

« Non. Nous n'avons nullement l'intention de faire de -sama le fils adoptif de Sa Majesté. »

« Et que proposez-vous, alors ? »

Le chancelier Madrin fit avancer son corps massif avec lenteur jusqu'à se tenir devant moi.

« -sama est un petit-fils légitime de Sa Majesté. Il porte le sang de l'Empereur et celui de Sa Majesté le roi d'Agartha ; c'est un prince impérial des plus distingués. Quel obstacle pourrait l'empêcher d'accéder au trône ? »

« En réalité, outre la question de la succession, nous avons un autre objectif. »

Derrière le chancelier, Amande prit la parole. Ses yeux brillaient d'une acuité redoublée…

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