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Kekkaishi e no Tensei

Chapitre 123

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Chapitre 123

Chapitre 123

Chapitre 123/33137%~10 min de lecture1 958 mots

J'informe Vival et Mei que nous allons nous transférer à la capitale royale. Mei semble tout comprendre sur-le-champ et me congédie d'un unique : « Revenez sain et sauf. »

À notre arrivée près de la porte Ouest, les préparatifs de combat battent déjà leur plein. On voit bien les subordonnés de Knogen achever leurs dispositions avec rapidité et justesse. Tout en observant, je monte sur le rempart de la porte.

Knogen et Luara s'y trouvent.

« Une attaque ennemie ? »

« Oui. Felis-dono est partie en reconnaissance. Regardez, là-bas. Vous voyez cette masse noire ? C'est l'ennemi. »

Knogen m'explique sur ce ton traînant qui lui est propre.

« C'est encore loin. »

Tout en disant cela, je vérifie avec « Carte ». Une partie de l'ouest de la capitale apparaît en rouge vif. On peut sans doute les considérer comme ennemis. Leur effectif semble tourner autour de trois mille.

« Maître ! »

Felis est de retour.

« Je pense qu'ils sont entre trois et cinq mille. L'équipement est disparate : certains portent une armure, d'autres non. En revanche, tous sont montés. Il y a aussi ce qui ressemble à des mages. »

« Bon travail. Knogen, sais-tu à quelle distance ils sont ? »

« Si ils chargent à fond à cheval, une trentaine de minutes, probablement. »

« Vont-ils attaquer ? »

« Ils viendront. »

« Sont-ils assez fous pour... ah, quelque chose bouge dans leurs rangs. »

« Les voici. Tout le monde, en position de combat !! »

Au seul ordre de Knogen, les soldats rejoignent prestement leur poste.

« ... Ils ont l'air d'avancer en nous observant. Ils ne chargeront qu'au dernier moment. Hé, vous autres ! L'ennemi arrive dans une heure. D'ici là, allez vous soulager ! »

Un rire court parmi les soldats. Aucune tension, aucun tragique chez eux. C'est diablement rassurant.

« Ce sont les seigneurs du royaume de Juka, sans doute ? »

« Probablement. Ayant appris que nous avons anéanti l'armée de Lamaron, ils ont dû organiser une armée coalisée. »

« D'où l'équipement bariolé. »

« Ils ont dû rassembler leurs troupes dans la plus grande hâte. »

« Toutefois, affronter trois mille hommes en plein jour risque d'être un peu délicat. »

« Enfin, même partiellement effondrés, les remparts de cette capitale ne tomberont pas si facilement, et surtout il y a les barrières de Rinos-sama. »

« Si nous transformons ça en guerre d'usure, la victoire est certaine. »

« C'est exact. Nous avons équipé nos hommes des armures prises aux soldats de Lamaron, ils résistent bien à la magie. Il n'y a pas d'élément qui laisse présager une défaite. »

« Mais je préférerais éviter une guerre d'usure. »

« Que voulez-vous dire ? »

« Je veux les écraser d'un seul coup. Comme ça, ils n'oseront plus jamais nous chercher noise. »

« C'est le principe "punir un pour en avertir cent". »

« À peu près. »

« Alors, attendons la nuit ? »

« Oui... tentons le coup, quitte à échouer. Knogen, je m'absente un moment. Je reviens au plus vite. Felis, si quelque chose se passe, envoie-moi une « Pensée ». »

« Entendu. »

Je déploie une barrière de transfert et quitte les lieux.

La destination est le palais impérial. J'annonce aussitôt à un garde que j'ai un rapport urgent pour Sa Majesté. Le soldat, rodé, me fait entrer sans délai. On me guide vers la salle de conseil jouxtant les appartements privés de l'Empereur. Le chambellan m'apprend qu'il a ordre de m'y conduire illico, à n'importe quelle heure.

En entrant, je trouve l'Empereur et Lafaïence déjà assis.

« Oh, Rinos-dono, je viens d'entendre l'affaire de Juka de la bouche de Sa Majesté. On peut dire "comme on s'y attendait". »

« Non, c'est grâce à Knogen et aux siens. »

« Toujours aussi modeste. »

« Alors, Rinos-dono, quel est ce rapport urgent ? »

« Majesté, la capitale royale est sous le coup d'une attaque ennemie. »

« Ennemi ? »

« Probablement des nobles de Juka qui, ayant appris la chute de la capitale, ont formé une coalition. Leur nombre tourne autour de trois mille. Mes trois cents hommes auraient du mal à tenir. Ils sont déjà aux portes de la ville. J'aimerais, si possible, obtenir des renforts. »

« Rinos-dono, quand cela s'est-il produit ? »

Lafaïence demande d'une voix calme.

« Aujourd'hui, il y a une quinzaine de minutes. »

« Aujourd'hui ? Il y a quinze minutes ?? »

Lafaïence fronce les sourcils et me fixe.

« Lafaïence, je vais te l'expliquer. Cela ne sortira pas d'ici. Rinos-dono possède la compétence "Barrière de transfert". »

« Barrière de transfert ? C'est... ce... »

« Exact. Grâce à elle, Rinos-dono peut se déplacer de Juka à l'Empire en un instant. »

« Cela doit... consommer une quantité considérable de PM, j'imagine. »

Lafaïence, trop surpris, en dit une bêtise.

« Je vois... encore une guerre civile à Juka... »

L'Empereur se met à réfléchir, bras croisés.

« Hum, l'armée de défense de la capitale est déjà partie en campagne. Quelle unité retirer... »

« Majesté, si vous me le permettiez, ne pourriez-vous confier cette mission à ce Lafaïence ? »

« Toi ? Et la défense du Nord ? »

« Mes subordonnés se débrouilleront en mon absence. »

« Je ne peux quand même pas t'envoyer seul. »

« Alors, j'emmènerai mon ordre de chevaliers personnel. »

« ... Une centaine d'hommes... Rinos-dono, ce nombre est-il faisable pour toi ? »

C'est parfaitement jouable, mais je fais semblant de réfléchir un instant avant de répondre :

« Nous ferons de notre mieux. »

« Bien. Il y a un élixir de récupération de PM de réserve dans le trésor. Emportez-le. »

« Merci beaucoup. »

« Lafaïence, tu es un pilier de l'Empire. Mourir t'est formellement interdit. En cas de danger, retraite immédiate. Et la barrière de transfert de Rinos-dono doit rester secrète. Seuls ceux qui peuvent la garder pourront t'accompagner. C'est un ordre impérial. »

« Entendu. »

Nous nous inclinons respectueusement et prenons congé de Sa Majesté.

« Bon, préparons-nous ! Rinos-dono, m'attendez devant la porte de la ville ! »

Tout joyeux, le vieux général s'élance d'un petit trot. Je sors un instant, rentre au manoir, charge Fairy d'avertir tout le monde de la situation à la capitale dès leur retour, puis je me transfère à nouveau devant la porte avec Iremo.

Une trentaine de minutes plus tard, Lafaïence et ses hommes apparaissent devant la porte, ceinturons bouclés, armures et heaumes en place, en parfaite tenue de combat.

« Vous avez attendu. Allons-y, Rinos-dono ! »

Le vieux général déborde d'entrain. Ses chevaliers, derrière lui, sourient avec résignation. Je déploie une barrière de transfert sur la place devant la porte. Comme ils sont une centaine, il me faut une barrière assez grande, mais je parviens à tous les y faire tenir.

« C'est parti. »

J'active la barrière. Le paysage change en un clin d'œil. Tout le monde a l'air un peu sonné.

« C-c'est où ? Une forêt ? »

« Oui. Nous sommes dans la forêt de Runoa, au nord du royaume de Juka. »

« La forêt de Runoa... »

« La sortie est par là. Une fois sortis, vous verrez la porte Nord de la capitale royale. Dirigeons-nous d'abord vers elle. »

En sortant de la forêt, des acclamations de soldats nous parviennent. Le combat a dû commencer.

« Hein ? Le combat a déjà commencé ? Où ? »

« Ce qu'on aperçoit là, c'est la porte Nord de la capitale. L'ennemi attaque probablement la porte Ouest. Si nous longeons le rempart en gardant la porte Nord sur notre gauche, nous devrions tomber sur l'ennemi. »

« C'est bon, en avant tous ! »

Lafaïence et les siens s'élancent à une vitesse de vent.

Iremo et moi nous transférons à la porte Ouest. Nous montons directement sur le rempart. Knogen y tient bon tranquillement, tandis que Felis et Luara lancent des sorts offensifs.

« ... L'ennemi concentre toutes ses forces sur la porte Ouest ? »

« Il en a l'air. Felis-dono et Luara-dono mènent l'attaque magique, mais l'adversaire semble avoir un maître des barrières, une partie de nos sorts est bloquée. »

« Une partie ? »

« Une partie. »

« Et l'attaque magique ? »

« Elle passe dans une certaine mesure. Pour l'instant, leurs mages soignent, mais leurs réserves s'épuiseront tôt ou tard. »

Je regarde : l'ennemi tire flèches et sorts, mais ma barrière les stoppe net. Ils adoptent donc la tactique bête et méchante de foncer droit sur la porte. Nos soldats, du haut des remparts, leur déversent une pluie de sorts en feu croisé, pendant que Felis et Luara les prennent de front.

« ... Ils sont étonnamment coriaces ? »

« Oui. Il y a des soldats assez bien entraînés. Au fait, les renforts, ça a donné quoi ? »

« Ah, Lafaïence et sa joyeuse bande sont venus en renfort. »

« Ho, le général en personne ? Ça va être beau à voir. »

Knogen a l'air ravi. Peu après, on distingue un petit détachement fondre sur l'ennemi par l'arrière à une vitesse folle.

« Rinos-sama ! C'est le général ! La troupe de Lafaïence ! »

En un éclair, Lafaïence et les siens surgissent dans le dos de l'ennemi et chargent. Pris à revers, l'ennemi bascule dans la confusion. Les chevaliers de Lafaïence fauchent les rangs adverses les uns après les autres. Surtout, Lafaïence lui-même, en tête, tranche tout sur son passage.

« Ce vieux général est terrifiant. »

« On dit qu'on l'appelait "l'Oni" dans sa jeunesse. »

La troupe d'élite de Lafaïence, superbement entraînée, se déploie à droite et à gauche, joue avec l'ennemi. La vitesse de son maniement de sabre est hors du commun. Tétanisés, les ennemis reculent, et Lafaïence avec ses joyeux compagnons enfonce le clou. Au moment où l'armée ennemie se trouve complètement disloquée, j'ordonne l'assaut général.

« Ouvrez la porte ! Sortez ! »

Knogen sort à son tour, Felis plonge au cœur de l'ennemi.

« Aaah, sœur Felis, c'est dangereux !! »

« Luara, tu couvres Felis. Tu tires sur tout ennemi qui s'en approche. Pas sur Felis, hein ! »

« Compris ! »

Environ quatre cents soldats encerclent et piétinent sans merci les trois mille ennemis. Certains sont taillés en pièces, d'autres tentent désespérément de frayer un chemin pour fuir.

Une trentaine de minutes plus tard, tout est fini. Cette fois, nous avons laissé s'échapper pas mal de fuyards. Qu'ils retournent dans leurs fiefs et colportent notre « force ».

Les soldats reviennent en file indienne par la porte Ouest. Lorsque la troupe de Lafaïence, ayant capturé le général ennemi vivant, franchit la porte, celle-ci se referme derrière eux.

« Haa~ Ça fait du bien de revenir au front, le bras n'a pas rouillé ! »

Le visage hilare de Lafaïence apparaît sous son heaume.

« Je trouvais vos effectifs un peu justes, mais sortir de la ville à ce moment précis était un coup de maître. Grâce à vous, l'ennemi tout entier a été ébranlé. »

« Général, c'est admirable. »

« Oh, Knogen. Toi aussi, tu as l'air en forme, tant mieux. »

Cette fois encore, nous n'avons pas perdu un seul homme, et nous avons scellé la victoire. Beaucoup de blessés, toutefois ; je leur prodigue des soins magiques.

« Ah~ La guerre, c'est quand même bien ! »

Le vieux général affiche un sourire sain. En le voyant, je me dis qu'il est peut-être un sacré fondu de combat, ce brave type, et j'esquisse un sourire amer.

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