Le type devant moi n'était pas aussi petit que la dernière fois.
En voyant que le bébé avait un peu grandi par rapport à la dernière fois, je suis convaincue que lui aussi est né et vit dans ce monde.
« Comment ça, sal*ud, vos mots sont bien durs. »
J'ai froncé les sourcils à ces paroles.
Comme si ça ne suffisait pas de s'introduire dans le rêve d'autrui, tu lis aussi dans mes pensées ?
« Vous n'avez aucune manière. »
J'ai répliqué sèchement et j'ai essayé de le sonder.
« Je suis content que vous vous intéressiez à moi comme ça. »
Tu es un pervers ?
« Je n'en suis pas un. »
Si tu n'es pas un pervers, pourquoi tu lirais dans les pensées des gens ?
J'avais la flemme d'émettre un son, alors j'ai simplement répondu en pensée.
« Parce que vous me les montrez ? »
Je n'ai jamais eu l'intention de te les montrer, pourtant.
« J'ai cru que vous m'invitiez, parce que la porte était grande ouverte, après tout ce temps. »
Je me demande depuis quand on considère qu'il y a invitation dès qu'il n'y a pas de barrière.
Il a soupiré devant cette remarque très égoïste.
« Qui êtes-vous ? »
« Vous m'avez oublié ? Vous me rendez triste. »
Je suis restée sans voix.
Je ne tombe pas dans le hameçonnage téléphonique, tu sais.
« Vous ne me connaissez vraiment pas ? »
Je t'ai dit que je ne te connais pas. Dis-moi ton nom ou quelque chose.
« Ça, je ne peux pas, si je le fais vous viendrez me tuer tout de suite. »
Je n'avais même pas poussé la réflexion jusque-là.
« Vraiment ? Alors puis-je supposer que vous m'aimez bien plus que je ne le pensais ? »
C'est quoi, ce malade qui se croit aimé de tout le monde ?
À l'instant où j'ai froncé les sourcils, le bébé a souri et s'est approché de moi sous la forme d'un homme adulte.
Des cheveux bouclés dont la couleur était difficile à identifier, et des yeux légèrement tombants, étrangement sombres et profonds.
Ses yeux semblaient refléter la moi qui avait renoncé à sa quatre-vingt-dix-neuvième vie parce que tout était fatigant.
« Je l'espérais, parce que vous devriez me reconnaître. »
Quelle assurance, en plus de ça, tu veux que je te reconnaisse sans le moindre indice ?
« Je vous ai déjà donné un indice. »
L'homme a doucement tapoté mon épaule.
À cet instant, j'ai compris, moi aussi.
Que mon apparence, là, maintenant, n'est pas celle d'Anastasia Endeblanc.
En ce moment, j'avais l'apparence de ma première vie, celle de la moi qui ne savait rien.
« Vous êtes vraiment un sal*ud de fou. »
Je ne savais pas que tu me verrais comme ça.
« Parce que je suis le seul qui vous comprend. »
En disant ça, il a souri largement.
« Je suis désolé d'avoir été violent la dernière fois. »
Quoi ?
« J'attendrai, ...... ce jour où vous viendrez me voir. »
Il y avait un souffle blanc dans ses mots.
L'homme a montré un sourire alangui.
Au bruit de ses doigts qui claquaient sans prévenir, ma vue s'est brusquement obscurcie.
Ha, sal*ud.
Quelle épreuve épouvantable.
Dès que j'ai ouvert les yeux, j'ai senti un violent mal de tête et une forte fièvre.
'Mais cette fois, on dirait que ça n'a été que le rêve d'une nuit.'
Sinon, comment la servante pourrait-elle somnoler aussi tranquillement ?
Clairement, le duché aurait fait tout un raffut si je ne m'étais pas réveillée à l'heure, ne serait-ce qu'un seul jour.
'Au fait, ce sal*ud... il a bien dit mon nom, non ?'
Au tout dernier moment, même si c'était un bruit étouffé.
Je l'ai remarqué d'instinct.
Que c'était mon tout premier nom, celui de ma première vie.
'Oh, je ne dois pas l'oublier.'
C'est peut-être à cause de la forte fièvre, ou parce que ce sal*ud m'a approchée dans un rêve.
'Le visage et le contenu, tout était déjà flou.'
Non, alors même qu'il n'a pas laissé son visage se faire reconnaître correctement, même en rêve.
J'ai laissé échapper un souffle tremblant et je me suis dépêchée de deviner son identité.
Premièrement, il est un réincarné, tout comme moi.
Il est possible que ce soit un réincarné qui ait vécu bien plus longtemps que moi.
Peut-être qu'il m'a rencontrée en personne, ou qu'il a vécu plus longtemps que moi, ou qu'il avait des capacités différentes des miennes parce qu'il a bien accumulé les siennes, lui aussi.
En partant de là, on comprenait dans une certaine mesure qu'il puisse changer mon apparence en celle de ma première vie.
'Ça expliquait aussi pourquoi il n'arrête pas de dire qu'il est le seul à comprendre. Je crois que moi aussi j'aurais envie d'approcher un réincarné si j'en rencontrais un.'
Parce que ça donnerait l'impression d'avoir un camarade dans un monde où l'on se croit seule.
'Mais si tu n'es pas un réincarné....'
Deuxièmement. C'est lui qui me réincarne.
Autrement dit, on pourrait dire que ce sal*ud est vraiment un sal*ud, je veux dire, on pourrait dire qu'il est une sorte de dieu absolu.
'Alors tu ne devrais pas dire que tu peux me comprendre.'
Je ne sais même pas si tu es le coupable ou un ennemi.
Oh, c'est pour ça que tu as dit que j'irais te tuer ?
'Je ne suis sûre ni dans un cas ni dans l'autre. Si c'est le deuxième, je ne sais pas pourquoi tu es venu me voir maintenant.'
J'ai essayé de ne pas perdre connaissance en serrant les poings.
Si je m'évanouis là, tout de suite, je crois que ma famille va encore faire un énorme raffut.
'Ah, mais je n'arrive vraiment plus à tenir.'
Même si j'avais déjà fêté mon premier anniversaire, un corps de bébé restait peu pratique.
'Bon, puisque je vais m'évanouir.'
Reviens me voir. Cette fois, je te parlerai comme il faut.
'Si tu es un harceleur pervers plus fort que moi, tu comprendras sans doute la situation actuelle.'
Cette fois, je te laisse vraiment la porte ouverte pour que tu viennes.
Comme ça, j'ai lâché ma conscience qui s'évanouissait sous la chaleur, sans m'y accrocher davantage.
'Waouh, c'est vraiment un sal*ud sans manières.'
Deux semaines se sont écoulées depuis le jour où j'ai souffert de cette forte fièvre.
Je n'ai pas dressé de barrière et j'ai attendu que « lui » apparaisse dans mon rêve.
'On dit que même la crotte de chien devient introuvable quand on en a besoin comme remède.'
'Grâce à ça, je le sais avec certitude.'
Qu'il m'a fait quelque chose de mal.
Comment est-ce que je peux ne pas voir ne serait-ce qu'un seul de ses cheveux !
'Tu es apparu comme ça t'a chanté, et ma sœur a encore pleuré juste après mon anniversaire !'
Après avoir perdu connaissance à cause de la forte fièvre, bien sûr, le manoir a de nouveau été sens dessus dessous.
À cause de ce sal*ud, mon corps était peut-être trop sollicité : j'ai été terriblement malade après avoir attrapé un rhume d'été que même les chiens n'attrapent pas.
Réincarné ou être absolu.
'Dans les deux cas, tu as dû me causer un terrible incident.'
Si c'est un réincarné, il pourrait être l'un des dix qui m'ont trahie.
Si c'est un être absolu, son existence même est celle d'un méchant.
Mais pourquoi est-il apparu avec un sujet qui serait gênant pour lui ?
'Pourquoi donc, à la base, les sal*uds de son espèce disent les choses comme si c'était moi qui en avais besoin.'
Je me suis dit qu'il était sans doute plus probable que ce soit lui qui ait besoin de moi, et non l'inverse.
Malgré tout, la deuxième intrusion de ce type n'a pas été totalement vaine.
« Je suis désolé, Roi Démon. Je n'ai pas réussi à trouver qui c'était. Ouiin... »
Choco est apparu devant moi en battant des ailes.
Choco a frotté son menton sur mes genoux tant qu'il a pu.
J'ai tapoté le poil de Choco comme pour le féliciter et j'ai demandé avec ma voix intérieure.
« On dirait que tu as trouvé où il est. »
« Bien sûr ! Le Roi Démon a donné de tels indices à Choco, alors s'il ne l'avait toujours pas trouvé, il aurait eu trop honte pour venir, Kyang ! »
« Beau travail, mon chiot. »
À mon compliment, Choco a ronronné comme si sa bouderie d'un instant plus tôt n'avait jamais existé.
« Pas vrai ? Choco a bien travaillé, pas vrai ? Kyang ! L'odeur était très faible, mais Choco s'est donné beaucoup de mal ! J'ai franchi les montagnes ! J'ai battu des ailes avec application et je suis revenu ! Félicitez Choco encore ! »
« Tu as traversé la chaîne de montagnes ? »
« Bien sûr ! hiing, c'était très loin. À cause de la chaîne de montagnes, l'odeur s'est encore plus dispersée ! Choco l'a suivie avec application ! »
« L'Empire Axion ? »
C'était le seul endroit situé au-delà de la chaîne de montagnes d'ici.
« Oui ! C'est ça ! Mais Choco n'aime pas là-bas parce que c'est bizarre, hingg. »
« Tu n'aimes pas ? »
C'était étrange.
L'Empire Axion était un pays qui avait l'ambition de dévorer ce continent.
Naturellement, il prêtait attention à beaucoup de choses en matière de puissance, et il se concentrait particulièrement sur la formation des mages et le développement d'armes utilisant la magie.
Mais Choco, qui était mon vassal à l'époque où j'étais Roi Démon, n'aime pas ça ?
'Je pensais que tu aimerais ça, naturellement.......'
Comme j'étais perplexe, Choco a geint en frottant sa joue contre mes genoux.
« Choco aime le mana du Roi Démon plus que tout ! C'est le plus grand et le plus beau mana de tous, il n'est mélangé à rien et il est pur ! »
« Oui, oui. »
Tout en hochant la tête, je me suis plongée dans une profonde réflexion.
Au cours de l'année écoulée, je ne l'avais jamais oublié : mon destin, que cette atmosphère si douce avait rendu flou.
'Une heure de la destruction viendra dans n'importe quel monde où je nais.'
Et l'endroit où je suis née est l'un des pays que ce sal*ud d'Empire Axion veut dévorer.
'Il faut que je sois un peu sur mes gardes et que je me prépare.'
La prochaine fois que je rencontrerai ce sal*ud, je ne me laisserai pas dévorer sans rien faire.
Et.....
'Il ne s'agit pas seulement d'arrêter l'heure de la destruction.'
Jusqu'au tout dernier moment, je veux protéger le quotidien des membres de ma famille.
Parce que ce serait le seul moyen de leur rendre l'affection qu'ils m'ont donnée.
Mon anniversaire passé, la longue saison des pluies s'est terminée et le temps est devenu plus chaud.
Mes parents ont préparé de la glace, de l'ombre et diverses mesures contre la chaleur avant le mois d'août.
Les fêtes d'été du duché d'Endeblanc, faites pour remonter le moral, se sont en fait poursuivies pendant deux mois après la fin de la saison des pluies.
Cependant, au lieu de se contenter de payer les marchandises, mes parents ont bien voulu prendre le temps de faire le tour du territoire.
« Nous devons voyager avec nos bébés, puisque la famille royale se tient tranquille pour une fois. »
« C'est une bonne idée, parce que nos bébés grandissent si vite. »
C'était un voyage familial d'été inattendu.
'Des vacances d'été en famille......'
Même dans ma première vie, je n'en avais entendu parler que par mes amies.
J'ai commencé à ressentir une excitation qui ne me ressemblait pas.
Sans même savoir que j'allais croiser bien d'autres choses inattendues pendant ces vacances d'été.