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Isekai Ryouridou

Chapitre 795

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Chapitre 795

Chapitre 795

Chapitre 795/86092%~19 min de lecture3 638 mots

La période de repos s'était achevée et le travail de chasseur avait repris, mais les jours comblés de Brave n'avaient connu aucun grand changement.

Pour l'instant, et Brave parvenaient à passer leurs journées sans subir de blessures graves. Le vœu d'avoir un deuxième chien de chasse ne faisait que se renforcer jour après jour, mais les gens de la lisière de forêt semblaient également avoir l'intention d'acquérir d'autres chiens, aussi ne restait-il qu'à placer ses espoirs en cela.

Un revirement étonnant survint quelques jours après la fin de la période de repos.

Alors qu'il parcourait la forêt avec , un son semejable à un grondement de tonnerre lointain résonna de nulle part.

Et simultanément, Brave perçut les signes d'une anomalie.

Une pulsation terrifiante lui remonta par les plantes des pieds.

C'était comme si un géant endormi sous le sol s'apprêtait à bouger.

« C'est le bramement lointain des giba. Une anomalie va se produire », marmonna d'une voix perçante, en s'accroupissant auprès de Brave.

« Que devrions-nous faire ? Devrions-nous nous cacher dans les arbres ? »

Monter dans les arbres alors que la terre elle-même s'apprête à trembler ne ferait qu'augmenter le danger.

Brave soutint ardemment le regard d'.

« En effet. Dans les arbres, il devient difficile de s'enfuir en cas de besoin. En tout cas, Brave, concentre-toi uniquement sur la présence des giba. »

Les giba semblaient courir çà et là, mais pour l'instant aucun individu n'avait approché à portée de danger.

Les giba avaient sans doute perçu la même anomalie et poussaient des cris qu'ils n'émettent d'ordinaire pas. C'avait l'air d'implorer la pitié du géant qui dort sous la terre.

Et puis — la terre se mit à trembler.

D'abord un choc sourd, puis, sans délai, le monde se mit à gronder.

serra le cou de Brave contre elle et lança d'une voix tendue : « Un séisme … ! »

« Ici nous sommes loin des rochers comme de la rivière, aucun grand danger ne devrait nous menacer. Brave, toi, concentre-toi sur les giba ! »

À cet instant, il sentit l'un des giba qui s'agitaient s'approcher brusquement de leur position.

L'odeur acre d'un giba hors de lui se rapprochait à toute allure. Que cet animal vienne vers eux relevait du hasard, mais le danger n'en était pas moins réel.

Brave grogna bas et tourna son regard vers la direction d'où arrivait le giba.

Sur la terre qui tremblait, fit briller ses yeux avec acuité.

« Bien. Toi, reste ici tapi. Cet endroit ne gêne pas pour manier le sabre. »

, restée à genoux, dégaina sa lame.

Puis elle s'écarta jusqu'à une distance où le sabre ne pourrait pas atteindre Brave.

Le giba était déjà tout près.

Brave poussa un rugissement de toutes ses forces.

En écho, le giba lança un rugissement pareil au tonnerre.

Grâce à cela, aussi connaissait maintenant la direction exacte du giba.

, qui s'apprêtait à se déplacer vers l'ombre des arbres, s'immobilisa et se tourna vers Brave.

En franchissant les fourrés, le giba apparut.

Son museau était pointé vers Brave.

Pour , il présentait son flanc droit.

À genoux, propulsa son corps d'une seule jambe.

La pointe de son sabre, projetée en ligne droite, trancha la gorge du giba.

Sur son élan, le corps massif du giba qui fonçait fut évité de justesse par Brave.

Le giba s'encastra tête la première dans le tronc d'un grand arbre et ne bougea plus. Même dans cette situation, le sabre d' avait frappée avec justesse la trachée du giba.

Au bout d'un moment, le grondement de la terre s'éloigna peu à peu.

Les bramements de giba qui s'entendaient de partout s'étaient tus on ne sait quand.

Après s'en être assuré, se redressa d'un bond.

« On rentre à la maison, Brave. Avec un séisme d'une telle ampleur, la maison des Fa pourrait bien être en danger. »

Apparemment, ce giba serait offert aux munto charognards. Mais puisque sa maîtresse en avait ainsi décidé, Brave n'avait aucune objection.

Il courut dans la forêt aux côtés d', vers la maison des Fa. Comme ils s'étaient enfoncés assez loin, il fallut un temps et des efforts considérables.

Heureusement toutefois, ils purent sortir de la forêt sans croiser de nouveaux giba.

Lorsqu'ils empruntèrent le chemin défriché à la lisière et foulèrent l'endroit où se dressait la maison des Fa — les silhouettes d', de Gil et de Tia apparurent en premier.

«  ! » lança d'une voix mêlée de cri.

Et s'enlaça à , qui se retournait avec surprise.

« Tu allais bien, . Tout le long du retour, je me suis inquiété pour toi. »

« Oui. Je suis content que toi aussi tu ailles bien, . »

posa hésitamment ses mains sur le dos d'.

Entre-temps, Gil s'approcha de Brave. Ses grands yeux tourbillonnaient d'un mélange complexe de soulagement et de peur.

(Je vois. Toi, tu étais resté à l'intérieur de la maison.)

La maison des Fa s'était effondrée.

Si Gil avait fait un mauvais jugement, il aurait été enseveli sous les décombres. Qu'il éprouve de la peur est tout naturel. Brave frotta aussi son museau contre le visage plat de son grand frère cadet pour le rassurer.

Par la suite, il y eut aussi un épisode où Tia s'introduisit dans la maison effondrée et se fit gronder par et les autres, mais en tout cas tous les habitants étaient sains et saufs. On dit que le totos Gilu serait ramené plus tard par quelqu'un.

(Mais… la maison des Fa s'est effondrée.)

Le second foyer de Brave, l'endroit où il devait rentrer, avait disparu.

Cela faisait déjà trois lunes environ que Brave était devenu un membre de la maison des Fa. La maison des Fa, remplie de souvenirs de ces jours, s'était effondrée misérablement.

La poitrine de Brave se remplit d'une tristesse indicible. Il n'avait jamais imaginé qu'une telle fin puisse advenir.

C'est alors qu', qui déblayait les décombres pour en sortir les biens, s'approcha d'une mine soucieuse.

« Qu'as-tu, Brave ? Il ne faut pas faire des yeux si tristes. »

Puis , qui rangeait les affaires sorties, s'approcha à son tour.

« On dit que le chien suit l'homme et le chat suit la maison, mais c'est sûrement parce que la maison a disparu qu'il est triste. Il doit s'inquiéter de savoir où on va passer la nuit. »

« Jusqu'à ce qu'on reconstruise, les Fou nous ont proposé un lieu pour dormir. Il n'y a rien à craindre, Brave. »

En disant cela, caressa doucement la nuque de Brave.

Brave avait entendu lui-même les gens des Fou le dire. Pourtant, il ne put s'empêcher de regretter la maison des Fa perdue.

Mais l'affection profonde qui émanait de la paume d' redonna du courage à Brave.

« En ce lieu, je ferai en sorte de reconstruire assurément la maison des Fa. Puisque tous les gens de la maison sont sains et saufs, il n'y a rien à craindre. Nous bâtirons une nouvelle maison et y accumulerons un nouveau temps. »

En parlant ainsi, les yeux d' brillaient d'une douceur plus grande encore que d'habitude.

C'est qui avait passé sa vie dans cette maison depuis sa naissance. Sa poitrine devait contenir une peine bien plus grande que celle de Brave.

Pourtant, ne s'enfonçait pas dans sa propre tristesse et pensait à Brave. Brave frémit face à la force et à la profondeur d', et lécha sa joue lisse.

***

Depuis lors, il fallut environ cinq jours pour que la nouvelle maison des Fa soit construite.

Brave ne comprit pas bien les détails, mais à en juger par les conversations d' et des autres, ce fut une rapidité étonnante. Ce furent les hommes de Jagar, familiers à Brave, qui se rassemblèrent pour achever la nouvelle maison.

(Il y a donc autant de gens du Sud dans le royaume de l'Ouest.)

Quoi qu'il en soit, la maison des Fa renaquit.

L'aspect extérieur n'avait pas fondamentalement changé, mais elle semblait un peu plus grande. L'espace de la pièce à sol de terre où Brave et les autres se reposaient paraissait aussi plus vaste qu'avant.

Dans cette maison, Brave et les siens allaient empiler de nouveaux souvenirs.

En y songeant, une émotion chaude s'étendit dans sa poitrine. Le totos Gilu, lui, ne pouvait pas lire les cœurs, mais , et Gil semblaient très heureux.

Et puis, quelques jours plus tard.

Cette période fut si dense en revirements pour Brave qu'il n'eut guère le temps de respirer.

À peine quelques jours après la reconstruction de la maison des Fa, un nouveau chien de chasse fut enfin accueilli parmi les gens de la maison.

Le nouveau chien de chasse fut nommé Durmua.

C'est qui le nomma, et le sens en est « Flèche rapide ».

Comme son nom l'indique, Durmua était un chien de chasse extrêmement rapide.

Sur la plaine comme en forêt, il se mouvait avec plus d'agilité que Brave. Pour Brave, il n'existait pas de compagnon plus rassurant.

Il était un peu plus élancé que Brave, son pelage tacheté de noir et de brun.

Il avait un caractère un peu distant, et Gil semblait avoir besoin de temps pour s'habituer à lui. Qu'il s'agisse de l'environnement du ranch où il était né ou d'une simple différence individuelle, Durmua avait un tempérament un peu froid même envers les siens.

Mais ce n'était pas de quoi inquiéter Brave.

Au bout de quelques jours, Durmua fut complètement séduit par et sa réserve fondit comme neige au soleil.

Avant qu'on s'en rende compte, il jouait sans retenue avec Gil, et Brave en fut soulagé. Non seulement travailler ensemble, mais partager correctement joies et peines, telle est la devise de la maison des Fa.

Et sur le plan du travail, il n'y eut rien à redire dès le début.

Durmua avait rejoint la maison moins d'une demi-lune après la fin de la période de repos, et le nombre de giba était encore faible, pourtant Brave put en ressentir la fiabilité. n'eut aucune peine à diriger deux chiens de chasse, et grâce à la paire, le mode de chasse idéal put être réalisé.

Pour les chiens de chasse qui travaillent à la lisière de forêt, ce qui compte avant tout, c'est bien la finesse pour débusquer les présences et la vitesse de course.

Durmua possédait les deux. Il semblait venir d'un ranch différent de celui de Brave, mais il avait dû recevoir un bon entraînement. Il ne craignait pas les giba féroces et ne remettait pas en cause les jugements de sa maîtresse . Grâce à cela, le travail de chasse aux giba serait dorénavant inébranlable.

(Jusqu'à ce que mes forces s'épuisent, je pourrai travailler comme chien de chasse pour la maison des Fa. Il n'est pas de vie plus fière.)

Brave put en être pleinement satisfait.

et Durmua devaient penser de même.

Simplement, les humains ont aussi leurs joies et leurs peines propres au monde des humains.

Sur ce point, le pouvoir de Brave et des siens ne saurait rien. Lorsque et les autres étaient frappés par les tourments humains, Brave ne pouvait que ruminer un sentiment amer.

Par exemple, lorsque la maison des Fa fut attaquée par un groupe de bandits.

Ce jour-là aussi, Brave et Durmua s'adonnaient à la chasse aux giba avec . C'est le son d'une flûte soufflée n'importe comment qui leur signala l'urgence.

Ils rentrèrent en hâte à la maison pour trouver absent et Gil inconscient.

D'après les femmes de la lisière, Gil avait été blessé par une arme empoisonnée.

La colère d' à ce moment-là fut indicible.

Son compagnon de maison Gil avait été blessé, et était pourchassé par on ne sait qui. La vitalité qui battait en semblait se transformer en flammes déchaînées.

Comme consumés par ces flammes, les coupables furent capturés.

Brave y contribua aussi, modestement. En évitant l'odeur d'humains inconnus tapis au bord de la forêt, il guida jusqu'à .

Heureusement, n'avait pas une égratignure.

En revanche, le totos Gilu avait été atteint du même poison que Gil, et Tia avait reçu une blessure grave mettant sa vie en danger.

Cependant, Gil et Gilu retrouvèrent leur vigueur dans la journée.

La plus inquiétante restait Tia. Soignée par Shimiral, elle flotta un moment entre la vie et la mort.

Pendant ce temps, et interrompirent leur travail et restèrent constamment auprès de Tia.

Brave et les siens ne pouvaient rien faire. Ils ne pouvaient que prier en silence pour le rétablissement de Tia dans la pièce à sol de terre. Tia était considérée comme n'étant ni une amie ni une compagne, mais puisque et les autres souhaitaient son rétablissement, Brave et les siens n'avaient qu'à s'y conformer.

Ainsi, et furent maintes fois confrontés aux joies et peines propres aux humains.

Toutefois, les « joies » étaient sans doute plus nombreuses que les « peines ». À la lisière de forêt, des banquets avaient lieu fréquemment, et à chaque fois et les autres arboraient des visages rayonnants de bonheur.

Pendant les banquets, les chiens de chasse passaient tout leur temps dans la pièce à sol de terre. Le lieu étant généralement le village des Ruu ou celui des Fou, pouvoir croiser les chiens des autres maisons à ces occasions était l'un des rares plaisirs de Brave et des siens.

Même dans ces moments, et les autres venaient voir comment ils allaient au moins une ou deux fois. Ils semblaient se soucier beaucoup de Brave et des siens, qui ne pouvaient participer aux fêtes.

Mais Brave n'avait pas de plainte particulière. De toute façon, ces jours-là, le travail de chasse aux giba était soit suspendu, soit terminé plus tôt, alors jusqu'au crépuscule on pouvait observer l'agitation des humains. Rien qu'en respirant cette ferveur, on se sentait vaguement enjoué, et une fois la nuit tombée le sommeil vous gagnait, si bien qu'on n'avait même pas envie de participer au banquet. Plus que cela, on ne ressentait que de la joie à voir et les autres dans un état d'esprit heureux.

Ainsi, tandis que le côté humain connaissait de grands hauts et bas, les jours de Brave s'écoulaient paisiblement.

Parmi tout cela, ce qui inquiétait le plus récemment, c'était l'existence d'un « diplomate de la capitale royale ». Cet humain était souvent nommé dans les conversations entre et .

Brave avait aussi croisé cet humain à plusieurs reprises.

Mais pour Brave, c'était une existence qui n'éveillait aucun intérêt.

Il ne ressentait aucune présence particulière de sa part, et il percevait vivement que cet humain ne portait aucun intérêt à Brave et aux siens. Pour cet humain nommé Fermes, les chiens devaient être équivalents aux arbres et aux cailloux.

(Non… peut-être que pour ce Fermes, même les humains ne sont que des arbres et des cailloux ?)

Ce qui seul retenait l'attention de Brave, c'était ce point.

Fermes était toujours entouré de beaucoup d'humains et échangeait des paroles avec aisance, mais on avait vaguement l'impression qu'il ne communiquait pas vraiment son cœur à personne.

Si l'on voyait un humain parler aux arbres et aux cailloux, on éprouverait peut-être une sensation similaire.

Cela paraissait à l'opposé d', qui parvient à communiquer son cœur à Brave et aux siens malgré l'absence de langage commun.

(Bref, pour moi c'est un individu sans importance. Le problème, c'est que pour et les autres, ce type n'est pas quelqu'un sans importance.)

Brave ne le comprenait pas tout à fait, mais il semblait que les gens de la lisière devaient nouer un vrai lien avec cet humain nommé Fermes.

(Cela doit être bien plus difficile que de communiquer avec des chiens ou des totos. Après tout, pour lui, nous ne sommes que des arbres et des cailloux.)

Cependant, avec , et les autres, ils surmonteraient n'importe quelle épreuve.

Brave n'avait d'autre choix que de le croire et de souhaiter en silence qu'un bon dénouement advienne.

Et les jours passèrent — Brave accueillit son deuxième festival des récoltes.

Le festival des récoltes est un banquet où les gens de la lisière expriment leur gratitude à la Mère Forêt. À partir du lendemain de ce banquet, les chasseurs entrent dans la période de repos.

À ce stade, huit lunes environ s'étaient écoulées depuis que Brave était devenu un membre de la maison des Fa.

Depuis que Durmua avait rejoint la maison, c'était la cinquième lune environ. Durmua étant arrivé juste après la fin de la période de repos précédente, c'était son premier festival des récoltes.

s'était rendu au village des Fou dès le matin, et Gilu et Tia l'avaient accompagné, si bien qu'il ne restait à la maison des Fa qu' et les trois chiens.

devait bientôt les rejoindre, mais avant cela elle avait terminé la corvée de ramassage de bois et d'herbes aromatiques, et s'adonnait maintenant à fendre le bois.

Son profil paraissait plus sérieux que d'habitude.

Fendre le bois ne devrait pas exiger une telle gravité ; elle devait penser à autre chose.

Gil et Durmua jouaient à se pourchasser un peu plus loin, aussi Brave fut-il le seul à remarquer cette expression.

C'était une mine qui inquiétait vaguement.

Ainsi, quand posa sa hachette et commença à ficeler le bois fendu avec des lianes, Brave approcha son museau.

« Hm ? Qu'y a-t-il, Brave ? »

……

« Je vois. Comme je ruminais l'épreuve de force des chasseurs, un peu de tension a dû transparaître. »

serra fermement la liane, puis sourit à Brave.

« Ne t'inquiète pas. Lors du festival des récoltes, il y a une épreuve de force, donc je me tendais un peu. Les chasseurs des clans voisins semblent aussi gagner en force de jour en jour. »

……

« Bien sûr, l'épreuve de force des chasseurs n'est pas quelque chose dont on a honte à perdre. Si l'on peut montrer sa force entière à la Mère Forêt et à ses compagnons, cela suffit. La victoire ou la défaite vient après, s'y accrocher aveuglément n'est pas un acte correct. »

……

« Malgré cela, je souhaite ardemment gagner. Pour que ce désir ne devienne pas une vile obsession, je me disciplinais moi-même. »

En disant cela, s'assit en s'appuyant contre le mur de la maison.

Brave remua sa courte queue et se tint à ses côtés.

« Je suis de nature à détester perdre. Quand j'ai perdu contre Dan=Rutim, quand j'ai blessé Jiza=Ruu, j'ai ressenti une grande frustration. Je pense que jusqu'alors, je n'avais fait des épreuves de force qu'avec mon père Gil, donc mon état d'esprit face à l'épreuve de force était encore immature. »

……

« En plus… je… je veux être un humain à la hauteur d'. Ce souhait engendre peut-être une ténacité encore plus grande à vouloir gagner. »

La voix d' était calme, mais son expression avait quelque chose de fragile.

C'était l'expression d'enfant qu' montrait très rarement.

« Si un tiers entendait ça, il se moquerait en disant « Quelle sottise ». Pourtant, je vis en enchaînant fortement le cœur d' pour être chasseuse. Non… pas seulement , j'avance sur cette voie en enchaînant mon propre cœur. Précisément pour cela, vouloir être forte en tant que chasseuse… est-ce vraiment une chose si déraisonnable ? »

……

« Je suis une chasseuse. La fierté de chasseuse soutient ce corps. En vivant en chasseuse, je suis comblée et je peux marcher sur une vie heureuse. Cependant, je… »

Soudain, serra le cou de Brave et lui chuchota quelque chose à l'oreille.

Puis elle se retira, affichant l'expression qui sied à une jeune fille en âge de se marier, les joues légèrement teintées.

« — C'est pourquoi, jusqu'alors, je veux vivre sans regret en tant que chasseuse. C'est sans doute pour cela que je finis par souhaiter ardemment gagner. »

……

« Eh bien, si mon désir de gagner est une vile obsession, la Mère Forêt ne le laissera pas passer. Je me disciplinerai et je donnerai toute la force de ce corps. »

se leva et saisit le fagot de bois ficelé.

« Bon, il faut bientôt partir pour le village des Fou. Ensuite, il faudra aller accueillir les invités à la ville-relais. »

avait déjà retrouvé sa force habituelle.

Seulement, dans ses yeux bleus subsistait la rémanence d'une lueur douce. Ce n'était autre que l'affection profonde qu'elle portait à .

(Il n'y a rien à craindre. n'a qu'à vivre comme elle l'entend.)

Pour Brave, est sa maîtresse pour la vie.

Si vient le jour où se retire du travail de chasseuse, Brave aidera un autre chasseur sur son ordre. Pourtant, rien ne changera au fait qu' est la maîtresse de Brave.

(Si a un enfant, pourrai-je travailler comme chien de chasse jusqu'à ce que cet enfant grandisse ? Bon… si je suis devenu trop vieux, je n'aurai qu'à veiller sur la croissance de cet enfant aux côtés d', d' et des autres.)

Brave repensait aux vieux chiens qu'il avait quittés dans la ville-château de Genos.

Se retirer du travail de chien de chasse pour vivre paisiblement n'est peut-être pas si mal. Ce fut la première fois que Brave eut cette pensée.

Mais Brave est encore jeune.

Tant que cette force ne s'épuise pas, il travaillera comme chien de chasse.

non plus ne se retirera pas si facilement du travail de chasseuse. Dans un an, cinq ans, dix ans — ou bien dans une demi-lune ou une demi-année — quoi qu'il en soit, ce que Brave doit faire ne change pas. Brave n'a qu'à accomplir son rôle en tant que membre de la maison des Fa.

En songeant ainsi, Brave appela ses frères qui jouaient à se pourchasser en aboyant une fois : « Bau ! »

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