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Isekai Ryouridou

Chapitre 1577

Isekai RyouridouIsekai Ryouridou
Chapitre 1577

Chapitre 1577

Chapitre 1577/170093%~20 min de lecture3 806 mots

Après avoir dégusté un magnifique plat en sauce chez Yun=Sudra et les siens, nous nous sommes mis en route, le moral au beau fixe, vers le prochain foyer.

Tous les foyers简易 construits sur le pourtour de la place sont bondés, mais vers notre destination, on distingue une foule particulièrement nombreuse. Et ce qui mérite d'être souligné, c'est que plus de la moitié de ces silhouettes sont des invités venus de l'extérieur.

« Ah, bonjour. Tout le monde est réuni, je vois. »

C'est là que Roy et Shilii=Rou servent leurs plats, et hormis Reyna=Ruu, Mikel et Balsha, tous les convives sont des invités extérieurs. Ils sont aidés par Bozuru, ainsi que Puratika, Nikora, Serufoma, Kaatsa, Rebi et Teria=Masu.

« Bonjour, bonjour. C'est vraiment un mariage magnifique. J'avais déjà vu Yumi-dono et les autres en plein jour, mais j'en ai presque versé une larme moi aussi. »

C'est d'abord Bozuru qui nous accueille avec un sourire.

Les autres aussi ont une mine appropriée pour la cérémonie : Reyna=Ruu affiche une gravité inhabituelle, Mikel conserve son impassibilité habituelle. Seul Shilii=Rou, pour une raison quelconque, s'est caché le visage derrière un masque blanc de cuisine.

« Ah, ne faites pas attention à lui. C'est pour éviter de faire tomber ses larmes et sa morve dans la cuisine. »

« Ta, taisez-vous ! N'allez pas donner d'explications inutiles ! »

« Si je n'explique pas, on va se demander ce qui lui arrive. Vraiment, quel personnage difficile. »

Roy arbore son sourire ironique habituel, mais son regard semble teinté d'une once de tendresse. Il a dû être ému de voir Shilii=Rou verser des larmes tant de fois en une journée. Bien sûr, moi non plus, je ne peux pas me moquer de lui.

« …… Reyna est donc bien ici. »

D'une voix solennelle, Jiza=Ruu l'appelle, et Reyna=Ruu s'incline profondément.

« Le tapis des nobles était déjà plein de monde, et on m'a dit que Riheim n'avait pas besoin qu'on s'en occupe, alors je me suis éclipsée. Si c'était une décision légère, je m'excuse. »

« …… À la base, c'est par considération pour Riheim et Seranju que j'avais confié les nobles à Reyna. Si Riheim a dit qu'il n'avait pas besoin de soins, il n'y a pas lieu de s'excuser. »

Devant la magnanimité de Jiza=Ruu, Reyna=Ruu remercie à nouveau. Sans doute à cause du regard des invités, leur échange est plus formel que d'habitude. Mais on dit qu'en temps normal, ils ont des rapports fraternels parfaitement équilibrés, alors je les regarde avec sérénité.

« Rebi et les siens, on ne les avait pas vus depuis un moment. Tout à l'heure, j'ai pu saluer Ben et les autres. »

« Ah. On a senti qu'on risquait de se faire taquiner par eux, alors on s'est éclipsés à deux avec Teria. Et là, on discutait debout avec ces messieurs-dames. »

Apparemment, ils ne tenaient pas non plus ce foyer en permanence. Rebi et Teria=Masu ont l'air d'avoir enfin retrouvé leur calme, tous deux souriants.

« Moi, c'est Mikel qui m'a entraînée chez ces gens, alors j'ai juste porté les plats. Maimu et les autres avaient l'air bien occupés. »

Balsha, qui parle ainsi, porte bien sûr la tenue de Moribe. Son allure martiale de garde lui va à ravir, mais c'est cet habit-là qu'on a l'habitude de voir sur elle récemment.

« Bon, nous aussi, on voudrait goûter vos plats. … Puratika et les autres, on n'a pas vraiment eu le temps de s'asseoir et de discuter tranquillement. »

Quand je le leur dis, Puratika s'incline d'un air déterminé.

« Aujourd'hui, mariage d'Asta, ami. Ne pas déranger, jugé. Serufoma, avis, identique. »

« C'est très attentionné, merci. Grâce à vous, on profite bien du banquet, alors après, n'hésitez pas à nous appeler. »

« Oui. … Mais aujourd'hui, critiquer plats de fête, trouve indélicat. »

Puratika non plus n'est pas si proche de Yumi. C'est peut-être pour ça qu'elle se retient.

Bah, demain on pourra parler sans gêne. Pour l'instant, j'accepte leur prévenance avec gratitude et je me laisse aller.

« Allez, mangez si vous voulez. Si ça plaît aux gens de Moribe, tant mieux. »

De la main de Roy, les assiettes en bois circulent. Jiba-baasan est de nouveau installée sur le tapis 옆, et elle tient son assiette à deux mains.

« C'est un parfum étrange… mais pas désagréable… »

« Ah ouais. Reyna-nee aussi, elle sort tout le temps des plats qui sentent super fort, alors… »

Effectivement, le plat de Roy dégage une fragrance assez vive. Il doit utiliser massivement du shiiru au goût de citron ou une herbe proche de la citronnelle. Mais derrière cette acidité, un parfum appétissant qui chatouille l'estomac est bien présent.

Visuellement, c'est un ragoût rougeâtre. Viande de giba et divers légumes y flottent en gros morceaux dans le bouillon, mais une cuillère en bois suffit pour les couper. Même Jiba-baasan pourra manger sans peine.

Et le goût… c'est le zeigu au goût de crabe qui domine. Le zeigu lui-même est effiloché finement, indiscernable, mais le plat semble construit sur un bouillon de zeigu.

L'acidité d'agrumes est rafraîchissante, une pointe de piquant et de grillé s'harmonisent agréablement. La couleur rouge vient sans doute du doruu, proche de la betterave. Récemment, Roy peinait à concilier la méthode de Moribe et celle de Varukasu, mais ce plat penche nettement du côté de Varukasu.

Pourtant, Jiba-baasan aussi manie sa cuillère en bois avec satisfaction. C'est typiquement le travail d'un cuisinier de la ville-château, mais qui satisfait aussi les gens de Moribe. Moi non plus, je n'ai rien à redire.

« Ce rouge, c'est du doruu ? C'est une magnifique réussite. »

« Ah. J'ai réussi à bien utiliser le zeigu avant mon maître, ça m'a fait plaisir. Y'a encore de la marge, mais j'avais envie de le montrer. »

Alors Reyna=Ruu acquiesce aussi.

« Ce plat a encore du potentiel. Mais même à ce stade, je n'y trouve rien à redire, c'est une belle réussite. J'attends avec sérieux de voir comment il va évoluer. »

« Fait peur… La prochaine fois, faut que j'aie vachement confiance pour oser sortir un truc. »

Tout en disant ça, Roy n'a pas l'air mécontent.

Et vite, le plat de Shilii=Rou arrive aussi. C'est inhabituellement une friture.

Comment dire… des nems un peu fins, des rouleaux de pâte dorés. Mais la pâte est extra-fine, on voit distinctement les ingrédients verts et bruns à travers.

« Cette pâte est fine comme du papier, donc la Doyenne pourra la manger sans souci. »

Devant le large sourire de Bozuru, Jiba-baasan répond « merci… » en souriant.

Effectivement, la pâte se brise en s'effritant dès qu'on la mord. La farce est hachée menu, zero difficulté. Roy comme Shilii=Rou ont bien pensé à Jiba-baasan pour composer leur menu.

Et le goût, lui aussi, est passablement complexe.

La pâte a une douceur légère, avec le parfum du minmi, proche de la pêche. Et l'huile de friture est probablement de l'huile de fleur de jue, un des nouveaux ingrédients.

La farce, c'est sans doute de l'épaule de giba longuement mijotée, et plein de légumes qu'on peine à identifier. On reconnaît tant bien que mal le nerussa proche du lotus, le kazakku type gombo, et le no-kazakku type okra, mais tout a si bien mijoté que les textures sont à peine différentes.

« C'est un plat où on frit une farce mijotée ? C'est du travail soigné. »

« … La farce a pris une journée, mais du coup, aujourd'hui j'ai pu finir en très peu de temps. »

Shilii=Rou a dû passer près de trois koku à rouler et frire sans arrêt. Préparer 140 portions de fritures toute seule, c'est un sacré boulot.

Mais grâce à ça, le goût est magnifique. Là encore, épices et herbes tissent une complexité extrême, mais le sourire de Jiba-baasan ne change pas. Réussir un truc si complexe et facile à manger, c'est du niveau de Malfira=Naam.

(Enfin, ces deux-là ont Malfira=Naam en tête, eux aussi.)

Pendant qu'on se détend sur le tapis, les gens affluent sans cesse. J'aperçois le chef de famille de Ratsu et lui lance un « Salut ».

« Oh, Asta, , les gens de Ruu ! … La Doyenne aussi, ça fait un bail ! »

« Ah, toi aussi t'as l'air en forme… »

Jiba-baasan et le chef de Ratsu ne se sont croisés que quelques fois, mais ils ne s'étaient pas oubliés. Bon, pour Jiba-baasan c'est normal, mais le jeune chef de Ratsu, aussi féroce que Rau=Rei, marque les esprits.

« C'était un sacrement beau mariage ! Cette Yumi, elle avait une tenue vraiment admirable ! Son agitation habituelle, c'était du pipeau ! »

« Bah, y'a pas de mariée qui fait la fête pendant la cérémonie. Demain, elle sera revenue à la normale, non ? »

« C'est tant mieux ! Moi j'ai pas d'affaires chez les Ran, alors j'pourrai pas voir sa croissance, c'est le seul regret ! »

Le chef de Ratsu semble en pleine euphorie pour ce banquet rare. Mais il a plus de self-control que Rau=Rei, donc je m'inquiète pas.

À côté de lui, les femmes de Ratsu sourient doucement. Elles portent encore leur tenue de fête. Elles ont la vingtaine, plus âgées que moi, donc un mariage ne serait pas surprenant, elles ont ce charme.

« Moi, je suis kamado-ban chez les Fa, alors je croiserai le chef plus souvent… mais pour l'instant, elles resteront sûrement chez les Ran ou les Fou. »

« Oui. Même pour demander de l'aide en cuisine, ce serait pour la part de Turan chez les Fou. Après, ce sera aux Ran de décider si elles viennent chez les Fa. »

« Ce jour-là sera un plaisir. J'envie les gens de Ran. »

« Y'aura son lot de soucis, mais bon ! Si l'ambiance est joyeuse, personne ne râlera ! »

Les mots du chef de Ratsu, qui n'est pas si proche de Yumi=Ran, me semblent incroyablement rassurants.

Bon, lui a un tempérament particulièrement brave, donc ce n'est peut-être pas l'avis général de Moribe… Mais on peut espérer que beaucoup acceptent de bon cœur l'existence de Yumi=Ran.

(Graph=Zaza, Dei=Ravittsu, le chef de Beimu… eux, ils la regardent avec des yeux plus durs… Mais Yumi, elle s'en sortira.)

Pendant que je pense ça, Rudo=Ruu se lève d'un « Bon ».

« Bon, on va aller chercher le suivant. Comme on traîne, l'estomac se remplit pas vite. »

« C't'te faute à moi, hein… Désolée d'être un boulet… »

« Ça compte pas comme boulet. De toute façon, à la fin, le ventre sera plein. »

Répondre du tac au tac comme ça, c'est la qualité de Rudo=Ruu. Rimi=Ruu et Tara le regardent avec des yeux brillants.

« Alors, on y va. Si vous voulez, donnez-nous votre avis sur nos plats plus tard. »

On salue Roy, Puratika et les autres, et on replonge dans la fournaise de la place.

En portant Jiba-baasan, Rudo=Ruu lâche un « Mais dis donc ».

« Jiza-nii a dit qu'il irait chez les nobles dès qu'il trouverait un remplaçant pour la garde, mais y'a pas d'autre chasseur dispo, non ? Dan=Rutim doit faire le fou quelque part, et Shimirari=Ririn, c'est encore trop tôt pour lui, non ? »

« Hmm. Avec les gens d'aujourd'hui, le seul sur qui on peut compter les yeux fermés, c'est Darumu=Ruu. »

« Ah, Darumu-nii… Mais Darumu-nii, il est avec Shiera=Ruu, forcément ? C'est rare qu'ils s'amusent ensemble à un banquet, non ? »

« Oui oui ! Shiera=Ruu invitée chez un autre clan, c'est hyper rare ! Darumu-nii doit être content ! »

Sur l'appoint de Rimi=Ruu, Jiza=Ruu réfléchit « Ça, c'est vrai… ».

« À la base, c'est moi qui ai accepté ce travail… Si je le confie à un autre, peut-être que je devrais échanger avec Gazlan=Rutim. »

« Ah, Gazlan=Rutim aussi, c'est l'âge où il voudrait voir sa femme et ses gosses, non ? »

« Bien. Alors, on échange avec Gazlan=Rutim. Une fois au prochain foyer, on demandera un coup de main à aussi ? »

« … Celui qui a une famille à charge ne peut pas assurer ce rôle, c'était pas ce qu'on a dit ? »

Devant la mine renfrognée d', Jiza=Ruu acquiesce doucement.

« Si je t'ai vexé, je m'excuse. Mais toi aussi, tu ferais mieux d'accompagner Gazlan=Rutim, non ? »

« Non, nous n'avons jamais… »

« C'est une blague. » Jiza=Ruu coupe court à la phrase d' avec désinvolture. Après avoir vérifié que Jiba-baasan est bien installée sur le tapis près du prochain foyer, il s'éclipse prestement.

« Jiza=Ruu est devenu drôlement familier. À notre rencontre, c'était inimaginable. »

Shin=Ruu=Shin, qui n'avait pas parlé depuis un moment, le remarque, et soupire en faisant frémir son voile irisé.

« C'est peut-être vrai, mais Jiza=Ruu, on ne sait pas ce qu'il pense au fond. C'est peut-être lui qui nous évite. »

« Daijobu ! Jiza-nii, il vous adore ! Et Yumi=Ran aussi ! »

« Hmm. Une habitante de la ville-relais qui entre dans Moribe, l'ancien Jiza=Ruu n'aurait jamais pu rester calme. Lui non plus, il respecte les lois et coutumes de Moribe, pas moins que les chasseurs du Nord. »

Maintenant qu'il le dit, c'est exact. Moi aussi, au début, Jiza=Ruu m'a sommé de quitter Moribe pour vivre en ville.

« C'est grâce à Yumi… non, Yumi=Ran, qui a pris le temps de se faire comprendre. Pendant ce temps, Jiza=Ruu et bien d'autres ont pu mesurer sa détermination. »

Les mots d' font acquiescer Shin=Ruu=Shin. Moi aussi, sans un mot, j'acquiesce fortement.

« …… Du coup, j'aimerais bien avoir l'avis de ce type qui n'a rien à envier à Jiza=Ruu en prudence. »

En disant ça, tourne les yeux vers le foyer简易.

C'est là qu'on sert le banquet que j'ai préparé. Riri=Ravittsu et les femmes de Dai y travaillent… et derrière elles, un chasseur chauve se dresse avec arrogance.

« Ah, c'est la cuisine d'Asta ! Alors, Rimi et Tara, allez la chercher ! »

Rimi=Ruu et Tara filent comme des lièvres. Mais à deux, ce sera dur, alors je les suis.

« Bonjour, merci pour le travail. Pas de problème ? »

Riri=Ravittsu me répond par un sourire de Jizo.

« Pour ce niveau de travail, on n'est pas débordées. Tout le monde avait l'air satisfait en mangeant. »

« Tant mieux. … Vraiment, vous êtes sûres de ne pas vouloir changer ? »

« Oui. Parmi les femmes venues d'autres clans, nous sommes celles qui ont le moins de liens avec Yumi=Ran. »

Une des femmes de Dai acquiesce aussi « C, c'est ça. »

« Riri=Ravittsu a encore des liens, mais moi, ça fait peu de temps, j'ai à peine échangé quelques salutations… Être invitées à un tel banquet, c'est déjà un honneur. »

Dai a commencé à aider le stand ces dernières années, et c'était celui de Ruu. Pourtant, elles étaient souvent reléguées au second plan, alors aujourd'hui, le chef et elles ont été invitées. C'est une décision des chefs de clan, il n'y a pas à s'en faire.

« Dei=Ravittsu aussi, merci pour le travail. Au banquet de midi, j'ai salué votre aîné. »

« … Hmph. Vous aussi, vous avez eu droit à un sacré vacarme. »

Comme toujours, Dei=Ravittsu est l'incivilité incarnée. Son crâne luisant porte déjà des rides de marionnette.

« Bon, voir si cette fille est vraiment digne de Moribe, c'est pour l'avenir. Rompre le lien du mariage de son vivant, ça n'arrive pas souvent… Mais s'il le faut, on n'aura pas le choix. »

Voilà l'avis de Dei=Ravittsu.

Bah, ce regard dur est nécessaire. C'est parce qu'on m'a reconnu comme frère de Moribe après m'avoir éprouvé que je peux vivre la tête haute.

(Ça y est. Faut que je dise à Dei=Ravittsu qu'il a hâte d'entendre le chant de Yumi=Ran.)

Quand est-ce que Dei=Ravittsu a entendu le chant de Yumi ? Probablement un peu avant la deuxième fête de la résurrection… C'était peut-être au mariage de Sudra et Ran. Depuis cette époque, Dei=Ravittsu examine Yumi d'un œil sévère.

(Sûr que Riri=Ravittsu lui rapportait tout sur la ville-relais… Être surveillée par autant de monde, c'est dur, mais c'est quand même une chance inouïe.)

En me superposant à mon passé, je pense ça.

Pendant ce temps, les plats finissent de cuire, Rimi=Ruu et les autres les récupèrent. Moi aussi, un peu en retard, je les suis.

« Alors, on y va. On mange sur l'autre tapis, appelez-nous s'il y a quoi que ce soit. »

De retour sur notre tapis, et les autres sont inchangées.

Jiba-baasan et trois gardes. porte une magnifique tenue de fête. Avec la prestance de Shin=Ruu=Shin, on dirait une peinture.

« Attendu. Dei=Ravittsu est comme d'habitude. Il nous surveille avec la même sévérité qu'à notre époque. »

dit « C'est ça » en plissant les yeux, nostalgique. Autrefois, au conseil des chefs, ils ont débattu âprement. À l'issue, notre légitimité à commercer en ville a été reconnue.

« Bon, mangeons ! Regarde, ça sent super bon ! »

« Hmm. L'odeur du myamuu, ça chatouille l'estomac, c'est sûr. »

sourit des yeux en posant la main sur les cheveux bruns-roux de Rimi=Ruu. Rimi=Ruu rit, ravie, Tara a l'air un peu jalouse.

Donc, le plat que j'ai préparé pour le banquet, c'est le « Yaki-myamuu ».

C'était un plat du stand, mais depuis qu'on a la racine de keru, on a basculé sur le « Keru-yaki ». À la base, je m'étais inspiré du porc au gingembre, donc utiliser la racine de keru, qui goûte le gingembre, était une évolution naturelle.

Du coup, pour beaucoup, ce menu évoquera la nostalgie.

Mais bien sûr, je n'ai pas juste recréé l'ancienne recette. À l'époque, les assaisonnements se limitaient au sel, aux feuilles de pico et au vin de fruit, le goût était fruste. C'est grâce aux excellents aromates que sont l'aria et le myamuu, proche de l'ail, qu'on a réussi à obtenir un goût acceptable.

Plus tard, grâce à Naudisu, j'ai mis la main sur le tau-yu, proche de la sauce soja, et j'ai pu viser l'idéal… Mais ensuite, la racine de keru a pris le dessus, et le « Yaki-myamuu » s'est effacé. Cette fois, je le ramène sur le devant de la scène.

Ces dernières années, on a acquis une quantité incalculable d'ingrédients. Rien qu'en assaisonnements : sucre, sauce de poisson, sauce de coquillages, chitto-zuke de maromaro, divers vinaigres, alcools, herbes, la liste est sans fin. En les examinant longuement, j'ai créé un nouveau « Yaki-myamuu » qui allie nostalgie et nouveauté.

La base du goût, c'est toujours le tau-yu et le myamuu. La sauce de poisson, la sauce de coquillages, le chitto-zuke de maromaru restent en notes cachées. Si je les pousse trop, ça ressemble aux plats chinois que j'ai inventés. Mon but, c'est la réhabilitation du « Yaki-myamuu », alors j'ai privilégié une force simple.

J'utilise aussi le shasuka-shu, qu'on met dans le « Keru-yaki » récent, comme vin de cuisine, et quelques herbes en notes cachées. Ce dosage microscopique, c'est la clé du plat.

Faire du myamuu le protagoniste, le renforcer. Pour ça, j'ai passé un temps infini.

Résultat… j'ai abouti au menu idéal.

Les ingrédients : poitrine de giba, dinfa proche du chou chinois, banbe proche du pak-choi, domugudo proche de l'asperge, et pere proche du concombre.

Tout a mariné dans la sauce, sauf le pere, mélangé à la dernière minute. La fraîcheur du pere apporte une belle note rafraîchissante au puissant « Yaki-myamuu ». Au début, j'utilisais du nire proche de l'udo frais, mais après tests, j'ai adopté le pere.

Grâce à cet effort, tout le monde sur le tapis mange le « Yaki-myamuu » avec satisfaction. Jiba-baasan ne peut manger que les morceaux tendres, mais elle affiche un sourire heureux.

« C'est super bon ! Rimi, j'aime peut-être plus que le Keru-yaki ! , tu as déjà mangé ça au dîner ? »

« Hmm. En guise de test, plusieurs fois. Asta s'est donné à fond pour Yumi=Ran, alors c'est encore meilleur. »

Les mots d' à Rimi=Ruu me comblent profondément.

Arrive l'invitée attendue. Gazlan=Rutim, qui a remplacé Jiza=Ruu, et Yumi=Ran avec Jou=Ran. Je ne m'attendais pas à les voir tous les trois ensemble, je reste bouche bée, mais Yumi=Ran ouvre la bouche avant moi.

« Ah ! C'est la cuisine d'Asta ? Mauvais, mais on veut goûter avant que vous partiez ! »

« Alors, Rimi va t'apporter ! »

Rimi=Ruu entraîne Tara par la main et file vers le foyer. En voyant ça, Rudo=Ruu hausse les épaules.

« À peine vus, déjà du bruit. Vous aviez si faim ? »

« Non ! Pendant les salutations, on s'est fait apporter plein de plats, je suis déjà bien pleine ! Mais ça, je voulais absolument le remanger une fois ! »

Yumi=Ran a retrouvé toute son énergie habituelle. Mais même en tenue de mariée, elle ne fait pas tache, c'est bien elle.

« En effet, ce plat était excellent. … Mais ce n'est pas la seule raison, n'est-ce pas ? »

Gazlan=Rutim, qu'on n'avait pas vu depuis un moment, demande posément, et Yumi=Ran hoche énergiquement la tête avant de me fusiller de son regard rieur.

« C'est tout la faute d'Asta ! La première fois que j'ai goûté ce plat, j'ai eu du mal à retenir mes larmes ! »

« Ahaha. Du coup, t'as compris mon intention ? »

« Évidemment ! Celui qui pige pas, c'est lui qui a un problème ! »

Même regard, elle croise les bras fièrement.

Le tout premier plat de giba qu'elle a mangé… c'était justement le « Yaki-myamuu ».

Yumi=Ran, venue râler contre le stand de Moribe, a goûté l'échantillon, puis a acheté le « Yaki-myamuu ». Et sans la moindre hésitation, elle a reconnu que c'était bon. Sa rapidité à changer d'avis m'avait un peu surpris, mais la joie l'avait emporté.

Jusqu'alors, les clients du stand étaient le « Gin no Tsubo », l'équipe de builders de Jagar, le père de Dora et Tara.

Yumi=Ran a été la première occidentale inconnue à acheter au stand. C'est pour ça que je chéris ce souvenir… et que je tenais absolument à lui servir le « Yaki-myamuu » ce soir.

« Attendu ! C'est tout frais sorti ! »

De la main de Rimi=Ruu et Tara, trois assiettes en bois sont posées.

Yumi=Ru, écartant son voile irisé pour manger le « Yaki-myamuu », laisse échapper un « Ah… » profond.

« Vraiment bon… Si ce plat n'avait pas plu à mes goûts, je me demande quelle vie j'aurais eue. »

« Ahaha. Ce genre de "si", on préfère pas l'imaginer. »

Ma réponse décontractée la fait plisser les yeux pour retenir ses larmes. « Moi aussi, je pense pareil », dit-elle.

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