Des marchands ambulants de Jagar ont amené des chiens de chasse à Genos.
C'était la troisième fois depuis que, grâce à Shimiral=Lilin, on avait commencé à s'en procurer.
La première fois, c'était lors du mois écarlate de l'an dernier, il y a environ un an et trois mois. À cette occasion, la famille Fa a accueilli son tout premier chien de chasse, Brave. Comme cet événement s'accompagnait de la révélation par Morun=Rutim=Dom de ses sentiments amoureux et de son installation au village du Nord, il m'est resté fortement en mémoire.
La seconde fois, c'était lors du mois bleu de l'an dernier, soit exactement un an auparavant. Peu après la reconstruction de la maison Fa, effondrée à cause de « la défection d'Amushorn », le marchand ambulant est revenu. C'est alors que la famille Fa a accueilli son second chien de chasse, Durmua.
Qu'un an se soit écoulé depuis lors tient sans doute au fait qu'un chien de chasse ne s'élève pas du jour au lendemain. D'ailleurs, on m'avait dit que la fois précédente, plus de trente chiens avaient été achetés d'un coup, si bien que le marchand avait dû racler tous les chiens disponibles dans les ranchs de ses connaissances.
« En premier lieu, il n'y a semble-t-il jamais eu personne qui tente d'acheter une telle quantité de chiens de chasse en une seule fois. Le marchand s'en est réjoui, mais il en a aussi été fort étonné. »
C'est ce qu'avait rapporté l'émissaire de la maison du marquis de Genos, mais nous avions déjà eu cette information en temps réel de la part de Shimiral=Lilin.
Quoi qu'il en soit, l'arrivée de nouveaux chiens de chasse est une joie pure. À la lisière de la forêt, on réclamait depuis longtemps d'en accueillir davantage au sein des foyers.
« Le marchand a fini par accorder toute sa confiance aux gens de la lisière, aussi a-t-il dit qu'il n'hésiterait pas à s'y rendre lui-même cette fois-ci… mais la période est un peu mal choisie, n'est-ce pas ? Pourriez-vous, nonobstant la peine, venir les chercher comme d'habitude jusqu'à la ville-château ? C'est ce que disent les gens de la maison du marquis. »
L'homme, émissaire, aurait tenu de tels propos.
C'est regrettable de ne pouvoir inviter le marchand jusqu'à la lisière, mais cela ne peut être évité. Bien que la méthode pour repousser les Munto soit établie, un imprévu nuirait à la crédibilité de Genos.
C'est pourquoi, le lendemain de son retour à Genos, Shimiral=Lilin a dû prendre congé de son travail de chasseur pour se rendre à la ville-château. Les chiens récupérés nécessitent un réentraînement pour la chasse au giba, ce qui prendra un temps considérable.
« Mais cette fois, Ryada=Ruu et Barsha l'accompagnent. Depuis un moment, on avait prévu de confier à Ryada=Ruu les rôles de sélection et de dressage. Barsha étant devenu membre de la famille Ruu, il a été décidé qu'il l'assisterait. »
Au village Ruu, où je m'étais arrêté avant l'ouverture du stand, j'ai entendu ces mots de la part de Mère Mia=Rei=Ruu. Pendant l'absence de Shimiral=Lilin, on avait préparé cette transition au cas où des chiens arriveraient.
Malheureusement, Shimiral=Lilin et les siens étaient déjà partis pour la ville-château.
« En passant, Rimi les a aussi accompagnés. Le marchand réclamait apparemment de la cuisine de la lisière. »
C'était à l'origine une idée de Porâsu. Au début, les gens des caravanes se méfiaient des gens de la lisière, aussi avait-on proposé de leur offrir des plats au giba pour approfondir les échanges.
Jusqu'ici, Vina=Ruu=Lilin cuisinait en les accompagnant, mais comme elle évite désormais les longs déplacements, c'est Rimi=Ruu qui y est allée seule.
C'est pourquoi j'ai passé la journée dans une agitation fébrile.
Non pas que j'attendisse tant que ça l'arrivée des chiens. Bien sûr, leur augmentation est réjouissante, mais la famille Fa en compte déjà deux, il n'y a donc pas besoin de renfort.
Mon agitation concernait Shimiral=Lilin.
Shimiral=Lilin, de retour chez les Lin, a appris la heureuse nouvelle de Vina=Ruu=Lilin. Quel bonheur immense a-t-elle ressenti ? Je voulais de mes propres yeux le constater.
« Dans ce cas, hier, en raccompagnant Shimiral=Lilin chez elle, vous n'aviez qu'à l'accompagner, non ? »
Mon partenaire du jour, Rei=Matuâ, me lança cette remarque, aussi répondis-je : « Pas question. »
« Quoi qu'il en soit, je ne peux pas faire une chose aussi effrontée. Un moment aussi important doit être partagé en famille, je pense. »
« C'est vrai. , vous tenez vraiment à Shimiral=Lilin. »
Me voilà deux jours de suite à me faire lire dans mes pensées.
Pourtant, pendant le service du stand, je n'ai pas pu saluer Shimiral=Lilin. Comme ils sont revenus de la ville-château pile au pic du zénith, ils ont poliment poursuivi leur chemin sans s'arrêter.
(Inutile. L'attente se prolongera jusqu'au retour au village.)
J'ai changé de disposition pour me concentrer sur le travail.
Rei=Matuâ s'applique à la préparation des « œufs brouillés au giba ». Aucun raté depuis l'ouverture, elle l'a donc parfaitement maîtrisé.
« Ce plat est amusant et délicieux ! Je vais demander au chef de famille si on peut acheter cet ustensile pour la maison Matuâ ! »
« C'est ça. Alors, à l'avenir, après le service, on pourrait ramener l'ustensile chez chacun pour qu'ils goûtent le plat. Les chefs de famille seront plus facilement convaincus s'ils mangent vraiment. »
« Merci ! Je le réussirai à la perfection et je convaincrai les chefs de famille ! »
Après cet échange paisible, la journée s'est achevée sans encombre.
Avant de rentrer à la lisière, j'ai rassemblé les gardiens du feu pour les informer.
« Désolé, mais sur le chemin du retour, on pourrait faire un détour par le village Ruu ? J'ai des choses à dire à Shimiral=Lilin. »
« Bien sûr ! Nous aussi, on veut voir les nouveaux chiens ! »
Menée par Rei=Matuâ, tout le monde a accepté volontiers.
D'ailleurs, je fais cette annonce parce que les sessions d'étude ont été réautorisées à la lisière, et aujourd'hui c'est au tour de la famille Fa. Grâce aux efforts de Porâsu et des siens, l'approvisionnement en ingrédients achetés hors du territoire est assuré, et nous avons reçu l'autorisation de les utiliser librement.
« Ainsi, on peut enfin organiser des banquets de célébration. Ceux qui devaient se marier pourront se réjouir de tout cœur. »
Les femmes de Ratz le disaient. La calamité apportée par la secte du dieu maléfique pesait aussi sur les cœurs sous cet aspect.
À la ville-château, en revanche, les banquets restent automodérés, m'a-t-on dit, non par pénurie de vivres mais pour des raisons financières. Les champs de Doreimu ont subi d'immenses dégâts, l'équilibre économique s'en est trouvé rompu. Nous, nous n'avons qu'à acheter les denrées extérieures, mais ce sont les nobles et les grossiers qu'ils gèrent qui font circuler les gros volumes.
(En plus, le soutien au sud de Doreimu doit coûter bonbon.)
Par la négociation de Gazlan=Rutim, les marionnettistes comme Riko ont été envoyés au sud de Doreimu. Pour réconforter ceux qui reconstruisent les champs, ils y donnent des spectacles de marionnettes. Les récompenses viennent sans doute de la maison du marquis de Genos.
Au sud de Doreimu, les champs sont anéantis, donc les habitants ont perdu leurs revenus. Leurs frais de vie, la reconstruction des champs, les réparations des maisons pendant dix jours, les frais de l'expédition de討伐… tout est payé par le trésor de Genos.
(Et la mobilisation des chasseurs de la lisière a aussi valu de belles primes. Évidemment, Gazlan=Rutim et les siens ont risqué leur vie sans être soldats, c'est normal… mais les nobles ont la vie dure.)
Tenant ces pensées, j'ai souri à Puratika, qu je revoyais après longtemps.
« Pour ça, Puratika, excusez-nous. Juste une conversation, un quart d'heure au plus. »
Puratika, cuisinière de Gerudo, avait été retenue à la ville-château jusqu'à la fin du tumulte autour de la secte. Elle s'inquiétait pour le village de la lisière, mais on lui avait dit de ne pas gêner.
C'était sans doute pour sa sécurité. En tant que cuisinière assurée de revenir servir le seigneur de Gerudo, elle est l'équivalent d'une hôtesse pour Genos. Si elle subissait un imprévu à cause de la secte, Alvaha et les siens perdraient la face.
C'est pourquoi Puratika, qui n'était pas venue à la ville-relais depuis plus d'un demi-mois, a acquiescé de son regard fier inchangé.
« Moi, spectatrice. Je suis l'intention d'. De plus, moi aussi, Shimiral=Lilin, saluer, je souhaite. »
« Ah, Arishuna connaît aussi Shimiral=Lilin. »
« Oui. Alvaha-sama, banquet de noces, a assisté. Histoire, entendue. De Shim, à la lisière, venue, Shimiral=Lilin, intérêt, ressentie. »
Puratika, arrivée après le départ de la « Jarre d'Argent », n'a jamais croisé Shimiral=Lilin.
« Aussi, spectacle de marionnettes, attente avec impatience. Marionnettistes, encore à Doreimu ? »
« Oui. Quelques jours encore là-bas. Temps libre, consacré à la confection de nouveaux costumes. »
« C'est bien. Venue, réjouissante. » Puratika se tortille d'impatience. Fille de Gerudo, plus farouche que les gens de la steppe, elle reste expressionnelle en laissant percer ses émotions : c'est d'une adorable drôlerie.
« Allons-y. Puratika, monte sur la charrette. »
Nous nous sommes mis en route vers le village de la lisière.
Sur la plateforme, Jirube et Sachi se font chouchouter par Yun=Sudra et les autres. Si Sachi reste boudeuse, pour Jirube c'est un moment joyeux. Jirube a un côté collant, il vaut mieux ça que de rester seul à la maison.
« Jirube. Au village Ruu, il y a plein de chiens de chasse, mais entends-toi bien avec eux. »
Depuis le siège du cocher, je l'ai appelé. Jirube a répondu d'un joyeux « Waf ! » en bondissant.
Et nous sommes arrivés au village Ruu.
L'animation de la place se devinait, aussi avons-nous quitté la charrette à l'entrée pour y aller à pied. Presque tous voulaient venir voir les nouveaux chiens.
La place offrait le spectacle attendu.
Shimiral=Lilin enseignait les manières de la chasse au giba aux chiens, assistée de Ryada=Ruu et Barsha, sous les yeux des femmes et des enfants spectateurs.
« Sœur Reyna, bienvenue ! aussi, bon travail ! »
Au milieu de la foule, Rimi=Ruu a accouru gaiement.
« Ah ! Puratika, ça fait longtemps ! Tu peux enfin venir à la lisière ! »
« Oui. À l'avenir aussi, votre enseignement, je demande. »
Après une profonde révérence, Puratika a tourné ses yeux violets perçants vers le centre de la place.
« Cela dit, c'est impressionnant. Autant de chiens de chasse, c'est la première fois que j'en vois. »
« Oui, c'est incroyable ! Cette fois, il y en a cinquante ! »
C'est bien la peine d'avoir mis un an : le marchand en a préparé autant. Pourtant, Donda=Ruu et les siens avaient dit que le double de la fois passée irait aussi, donc on n'a pas encore atteint notre plafond.
Pendant que nous bavardions, Shimiral=Lilin, ayant confié les chiens à Ryada=Ruu et Barsha, a accouru vers nous.
« Ah, Shimiral=Lilin, en plein travail… »
« , j'attendais. »
Qu'elle me coupe la parole est chose inédite.
Et sur son élan, elle a saisi mes mains à deux mains.
« , vous savez, Vina=Ruu a eu un enfant. Moi… moi, les mots… me manquent. »
« Oui. Moi aussi, je suis venu pour vous féliciter. »
Quand j'ai serré ses mains en retour, une force encore plus grande m'a répondu.
« , vous le saviez, et vous ne l'avez pas dit exprès. Vina=Ruu vous en était très reconnaissante. »
« Oui. J'avais juré de ne jamais laisser filtrer. Qu'un tiers annonce la grossesse, c'est absolument impensable. »
« , tiers, n'existe pas. Mais, prévenance, je remercie. »
Shimiral=Lilin, devenue enfant du dieu occidental récemment, n'est pas douée pour bouger son visage. Pourtant, son visage aigu déborde d'une joie indicible.
Surtout ses yeux étroits, ses pupilles noires. D'habitude calmes et sereines, elles brillent maintenant d'une allégresse enfantine, sans fard.
« Shimiral=Lilin restera environ un an à la lisière, elle pourra donc assister à l'accouchement. C'est réjouissant. »
« Oui. "Jarre d'Argent", accouchement, ne pas assister, résolution, nécessaire mais… premier enfant, assister, joie suprême, ressent. Mère Forêt, Père Dieu Occidental, gratitude. »
Alors qu'elle a appris la nouvelle hier après-midi, son excitation ne retombe pas.
Heureux du fond du cœur, je lui ai souri.
« Permettez-moi de vous féliciter à nouveau, Shimiral=Lilin. Hâte de voir quel enfant naîtra de vous deux. »
« Oui. Naissance, dans quelques mois. S'il vous plaît, , tenez-le. »
Sur ces mots, Shimiral=Lilin s'est enfin retirée.
Alors, Puratika, qui observait silencieuse, a pris la parole.
« Shimiral=Lilin, passionnée. Impression, un peu différente. »
« Oui. … Vous, qui êtes-vous ? »
« Moi, cuisinière de Gerudo, Puratika=Geru=Âmayâ. Seigneur de Gerudo, premier fils, Alvaha-sama, servante. »
« Ah… Famille, histoire, entendue. Cuisine, entraînement, pour, Genos, séjour ? Moi, famille Lin, membre, Shimiral=Lilin. »
Shimiral=Lilin, sans cacher son bonheur, brillait en souriant. Arishuna, elle, semblait forcer ses sourcils pour ne rien laisser paraître.
« Vous, gens de la lisière, vaillants hommes, entendu. Mais, imagination, plus doux, semble-t-il. »
« Oui. Déçue, vous suis-je ? »
« Non. Mais, vous, apparence, gens de l'Est. Expressions, bouger, malaise, ressens. Toutefois, dieu, transféré, donc, objection, aucune. »
En disant cela, Puratika a détourné le nez. Geste inhabituel de sa part ces temps-ci.
Une nouvelle silhouette a surgi de la foule. Mère Mia=Rei=Ruu, que j'avais saluée ce matin.
« Yo, . Merci pour aujourd'hui aussi. … Shimiral=Lilin, l'histoire d'hier, déjà faite ? »
« Non. , explication, nécessaire ? »
« Pas besoin de le dire spécialement à , mais… »
Mère Mia=Rei=Ruu a baissé les yeux vers mes pieds.
Là, Jirube était assis tranquillement, les yeux brillants, observant les chiens. Sachi, sur son dos, bâillait largement.
« — Mais oui, faisons-le. De toute façon, demain, tous les clans seront informés. »
« Oui. De quel sujet s'agit-il ? »
« D'abord, voyons de vos yeux. Ce sera plus vite compris. »
Nous avons donc contourné la place pour être guidés jusqu'à la maison principale des Ruu. Nous suivaient Shimiral=Lilin, Puratika, et les seuls membres non-humains de la famille Fa.
Mère Mia=Rei=Ruu a traversé la maison mère pour aller sur le côté. Stationnait là une charrette des Ruu, celle qui a dû transporter les chiens.
« Ceux-ci n'ont pas besoin de dressage de chien de chasse, alors ils restent sages. »
« Ceux-ci ? Y a-t-il quelqu'un sur la plateforme ? »
Mère Mia=Rei=Ruu a souri vaguement et a relevé la bâche.
Ce qui attendait là — une dizaine de chiens.
« Je vois. "Pas besoin de dressage", que signifie cela ? »
« Ouais. Les chiens de chasse, ce sont des mâles, non ? Eh bien ceux-ci sont tous des femelles. Du coup, même au ranch, elles n'ont pas reçu d'entraînement de chien de chasse. »
Pourquoi amener ces chiennes ici ?
La réponse dépassait mon imagination.
« Le marchand dit qu'il les a achetées comme compagnes pour les chiens de chasse… Il tient ce discours, paraît-il. À peine la crise des sauterelles réglée, voilà les chefs de clan à nouveau tourmentés. »
***
Ce soir-là.
Lors du dîner où Puratika était invitée pour la première fois depuis longtemps, j'ai rapporté les mots de Mère Mia=Rei=Ruu, et a montré une surprise sincère.
« Des compagnes pour les chiens de chasse… Ce n'est pas que je n'y avais jamais songé… mais c'est le marchand qui l'a proposé de lui-même ? »
« Ouais. Cette fois, les gens de la lisière ont acheté près de cent chiens, non ? Que ces chiens meurent sans laisser de descendance, c'est trop cruel… C'est ce qu'il a dit, apparemment. »
Pour être précis, 96 têtes. Avec les 6 premiers que Shimiral=Lilin a ramenés de la capitale occidentale, la lisière compte déjà 102 chiens de chasse.
« À la base, les chiennes sont vendues comme chiens de garde et pour la reproduction, à moitié prix des chiens de chasse. Mais comme les gens de la lisière en ont acheté un nombre incroyable en peu de temps, ils consentiraient à un rabais supplémentaire. »
« … D'ailleurs, pourquoi les chiens ne sont-ils élevés comme chiens de chasse que s'ils sont mâles ? Les femelles sont-elles moins aptes à la chasse ? »
a demandé sérieusement, aussi ai-je ri : « Non. »
« D'après Shimiral=Lilin, les femelles dressées peuvent aussi travailler comme chiens de chasse. Les mâles sont plus grands et plus forts, mais en intelligence, les femelles les surpassent souvent. »
« Pourquoi alors ? »
« Apparemment, les faire travailler ensemble pose problème. Les chiens ont une période de rut… s'ils sont ensemble à ce moment-là, ils risquent de négliger le travail. »
a penché la tête, perplexe, et Puratika, qui mangeait avec concentration, a relevé la tête.
« L'accouplement. »
« … Quoi ? De quoi parles-tu ? »
« Donc, raison, négliger travail. Bêtes, période reproduction, s'accoupler, inévitable. »
a rougi en me fusillant du regard.
« B, bon, c'est ça. C'est l'instinct de la bête, aucun dressage n'y change rien. »
« … C'est pour cela que seules les femelles sont écartées de la chasse ? »
« Ouais. En plus, les femelles sont plus sujettes aux maladies. C'est pour ça que la coutume de ne dresser que les mâles est née. »
« Je vois. » a repris contenance en hochant la tête.
Puratika a enfoncé le clou inutilement.
« Humains, toujours, période reproduction. , belle, donc, hommes, travail ensemble, concentration, perturbée peut-être. »
« I, imbécile ! Je viens encore de travailler avec les chasseurs de Sudra et Dai, et aucun homme aussi négligent n'existait ! »
Puratika, sans expression, a cligné de ses yeux violets.
« … Pardonnez. Plaisanterie. , à ce point, cœur, troubler, pensée, n'avait pas… »
« Bruyante ! » a tendu le bras et a tapoté doucement la tête de Puratika.
Puratika, la bouche pointée en avant, frottait l'endroit frappé. Cette expression, si semblable à celle d', m'a valu un moment de tendre amusement après si longtemps.
« Bref. Ces dix têtes, il veut nous les confier à titre d'essai. Si on les juge inutiles, un mot et il viendra les reprendre. »
« Reprendre, dit-il, mais ce marchand est un homme du Sud, non ? Lui-même accepterait une telle peine ? »
« Ouais. Comme je l'ai dit, il se soucie du sort des chiens qu'il a vendus à la lisière. D'un point de vue commercial, ne pas vendre les femelles serait plus rentable ? Les gens de la lisière pourraient élever eux-mêmes les chiots nés… et alors il perdrait un si gros client. »
« Hum… »
« Mais plus que ça, il ne supporte pas que près de cent chiens meurent solitaires en terre étrangère. Il doit traiter les chiens comme des humains, je parie. »
« C'est certain. La vie d'un chien de chasse n'est pas plus légère que celle d'un humain. »
, qui chérit les membres non-humains, l'a affirmé d'une voix digne.
Avec un sentiment chaud, j'ai poursuivi.
« Pour l'instant, les chefs de clan vont délibérer sur l'acceptation de ces dix têtes. Demain matin, réunion à la maison Ruu, et lors de la distribution aux clans, ils communiqueront la décision. »
« Compris. Mais pourquoi a-t-il été mis au courant avant la conclusion ? »
« Ah, c'est… parmi les gens de la lisière, la famille Fa semble la plus experte en gestion des bêtes. Nous avons non seulement des chiens de chasse et des totos, mais aussi Jirube et Sachi. »
Quand nous avions accueilli Dari=Sauti et les siens, l'attention d' envers les chiens avait été remarquée. Comme la famille Fa a peu de membres, elle tisse les liens les plus étroits avec ses chiens.
« Et c'est l'avis personnel de Mère Mia=Rei=Ruu, mais si on accepte ces dix chiennes, elle voudrait que la famille Fa en prenne une. »
« Quoi ? Mais… la famille Fa a déjà trois chiens, Jirube compris. En ajouter une femelle, n'est-ce pas source de conflits ? »
« Avec ce renfort, la plupart des clans auront deux chiens ou plus, les conditions sont égales. Et si les chiens de chasse ont déjà des liens solides, ils ne se battront pas pour la compagne, dit-on. »
a légèrement baissé les sourcils et a porté son regard vers la pièce de terre.
Giruru est déjà roulée en boule, mais les trois chiens rongent le fémur de giba restant du dîner. Sentant le regard d', tous trois l'ont regardée en retour avec des yeux intelligents et brillants.
« Au fait, tu disais que tu y avais songé. Tu voulais donc des compagnes pour Brave et les autres ? »
« C'est que… Pino m'en avait parlé. »
« Pino ? Qu'est-ce que Pino a dit ? »
« Quand Pino a fourré Sachi chez nous, elle a dit qu'elle ramènerait un chat mâle de Shim un de ces quatre. Qu'il était pitoyable que Sachi pourrisse dans la solitude, clamait-elle. »
Pino a quitté Genos après la fête de la résurrection, cela fait donc plus d'un demi-an. La mémoire d' est impressionnante.
(Bien plus que ça, c'est la force de ses sentiments pour l'avenir de Brave et les autres.)
Pendant que je savourais cette émotion, Puratika a encore levé le visage.
« Membres non-humains, chérir, , admirable, je pense. Mais, avant cela, son propre compagnon… »
a de nouveau tendu le bras, et cette fois a tapoté deux fois *peshin peshin* la tête de Puratika.
« Qu'est-ce que tu fabriques ! Si tu ne sais faire que des plaisanteries, tais-toi et mange ton dîner ! »
« … Pardonnez. Maison Fa, depuis longtemps, un peu, surexcitée, peut-être. »
En répondant ainsi, Puratika fait à nouveau une moue boudeuse. Comme une petite querelle de sœurs, c'est encore attendrissant.
Reste à voir comment ces dix chiennes seront traitées. La décision des chefs de clan est attendue.