Je me rends au coin du champ, là où l'on fait le compost.
Je vérifie ce qui fermente.
Les feuilles mortes semblent se décomposer plus vite qu'au Japon.
Les tiges dures et les parties inutiles de la récolte ont presque perdu leur forme d'origine.
……
Cela fait un mois que j'ai aménagé une zone pour jeter les épluchures de cuisine près du compost.
J'ai remarqué que la fermentation est plus rapide qu'au Japon.
Au Japon, si l'on enterre des déchets de légumes dans la terre, on obtient de la terre utilisable au bout d'un mois.
Ici, à en juger par l'apparence, c'est utilisable en deux semaines.
Une vitesse de fermentation étonnante.
Comparé à l'engrais dont j'ai accéléré la fermentation par la magie, la couleur et l'odeur sont différentes.
Intrigué, je décide de faire une culture test pour vérifier la vitesse de croissance.
Je prépare deux plants de dix sortes de légumes.
Dix sortes avec l'engrais fait par la magie.
Dix sortes avec l'engrais fermenté naturellement.
C'est fait.
……
Devant moi, dix sortes, deux plants chacune.
Comment qu'on regarde, celles où j'ai mélangé l'engrais fermenté naturellement poussent mieux.
En cultivant des légumes, j'ai senti que les légumes de ce monde poussent vite.
Surtout avec l'engrais à fermentation naturelle, la croissance est remarquable.
Si je parviens bien à récolter les légumes, je n'aurai peut-être plus de souci pour la nourriture.
C'est une joie de voir mes inquiétudes sur la nourriture dans l'autre monde diminuer.
La différence d'engrais se voit non seulement dans la vitesse de croissance, mais aussi dans la couleur des feuilles, l'épaisseur des tiges.
Et dans la quantité récoltée.
Pour certains légumes, la récolte est près du double.
Il vaut mieux laisser la fermentation à la nature.
Je croyais la magie toute-puissante, mais…
Les légumes et les champignons… c'est-à-dire des êtres vivants.
Peut-être que l'influence de la puissance magique a un effet.
Il semble qu'il ne faille pas tout faire à la magie, je ferai attention.
Peut-être vaudrait-il mieux laisser fermenter les condiments naturellement aussi.
Cela dit, pour l'instant, je n'ai que le nuoc-mâm et le vin.
Pour les quantités absolument nécessaires, c'est 어쩔 수 없는 일이지만, sinon, j'attendrai qu'ils fermentent.
C'est long à venir.
Non, patience, patience.
Comme la magie m'a donné à réfléchir, petite expérience.
Je sème des graines et les fais pousser en force par la magie.
De la viande grillée par la magie et de la viande grillée sur du charbon de roche.
Conclusion.
Mieux vaut ne pas utiliser la magie pour faire pousser les légumes.
Pour la cuisine, limiter la magie au maximum.
Si on fait pousser les légumes à la magie dès le départ, le goût chute considérablement, et pour la cuisine aussi, j'ai l'impression que l'umami diminue un peu.
Je croyais la magie toute-puissante, mais il y avait un piège.
J'ai du temps, qu'ils poussent lentement, et je cuirai normalement.
Simplement, si je laisse fermenter naturellement, il faudra peut-être réfléchir aux périodes et préparer en conséquence.
Pour l'instant, nuoc-mâm et vin.
Pour la suite aussi, il sera important d'étudier la vitesse de fermentation.
… Allez, petit à petit.
……
Le blé que j'ai ramené, je le bats avec une machine simple.
Je fabrique une sorte de peigne dont l'écartement est un peu plus petit que la taille des grains de blé, je fais passer le blé dedans pour le battre.
C'est fini plus simplement que je ne l'imaginais.
Ensuite, le décorticage, retirer le grain de la balle… mais…
Je place le blé entre deux planches et je les frotte l'une contre l'autre.
Une méthode dont je me souvenais vaguement, mais ça marche plutôt bien. J'essaye de creuser des rainures sur les planches à frotter.
Le décorticage va un peu plus vite.
La quantité est grande, alors je regarde au loin avec résignation.
… Les Monœil sont venus m'aider.
Ça m'a sauvé.
… Ils travaillent plus vite que moi.
Je rassemble le blé décortiqué, je le laisse tomber d'en haut, et le vent emporte la balle.
Ajuster le vent a été un peu difficile, mais après quelques échecs, j'ai réussi.
L'aide des Monœil est parfaite.
Pour le séchage, je fais circuler doucement du vent dans la pièce pendant quelques jours.
Le blé ensaché dans des sacs en tissu est prêt.
J'ai aussi pu mettre de côté les graines pour la prochaine saison printanière.
Satisfait.
La suite, c'est faire du levain naturel et viser le pain !