‑ Royaume d'Emperas, point de vue du chancelier Gazi ‑
L'envie de claquer les documents que je tenais sur le bureau me saisit.
Mais je dois les porter au roi.
Alors, je patientai.
…… Patientai.
Aaah, merde.
Impossible de contenir ma colère !
« Ces putains d'idiots ! »
*Bachin.*
Le rapport de l'incident survenu il y a deux jours.
Ces imbéciles ont osé toucher à la pierre magique.
Or, c'est un dépôt du dieu de la Forêt.
Pour l'instant, c'est le mage Amagaru du royaume d'Entoru qui la surveille.
Plus précisément, il semble la studying, mais le dieu de la Forêt ne l'a pas puni pour cela.
Bon, ses recherches n'avancent pas du tout, ceci dit.
« Ils ont encore causé des problèmes. »
Je m'affaissai sur ma chaise, sans force.
Le dieu de la Forêt nous pardonnera‑t‑il encore ?
Il y a deux jours, enfin, la date avait changé, donc la nuit dernière ?
De la lumière a soudain jailli du bâtiment où se trouvait la pierre magique.
Le 1er ordre des chevaliers s'y est précipité et a découvert les chevaliers qui devaient le garder,倒れてい.
On a vérifié l'état de la pierre magique sur‑le‑champ.
« La pierre magique est intacte. Mais… je n'aurais jamais cru qu'il y en aurait pour tenter de l'emporter. »
Un nouveau soupir m'échappa.
La pierre magique qui avait déclenché l'œil maléfique ayant attaqué la forêt.
À présent, elle n'a plus rien de son apparence d'alors.
C'est devenue une pierre magique limpide et belle, qui émet un éclat magnifique.
Et le mage Amagaru a dit qu'elle recelait un pouvoir incommensurable.
Nos mages à nous l'ont aussi examinée avec divers instruments, et ils ont frémi devant la force qu'elle contenait.
« C'est pour utiliser la pierre magique, hein. »
Certes, si on pouvait exploiter le pouvoir qu'elle renferme, on pourrait tout faire.
Mais cette pierre magique n'est laissée dans ce pays que par la bienveillance du dieu de la Forêt.
L'utiliser n'est pas permis.
Ceux qui ont essayé de la voler étaient d'anciens esclaves.
On devine des nobles derrière eux, mais ils sont restés silencieux, d'après le rapport.
Puisque c'est une affaire de pierre magique, on pourrait peut‑être durcir les interrogatoires.
Si on arrache des aveux, au pire, même s'ils meurent, personne ne pippera mot.
« Wouah ! »
« Hein ! »
« Hii ! »
Quoi ?
Aux voix paniquées et apeurées des chevaliers qui gardent mon bureau, je tournai la tête vers la porte.
« Qu'est‑ce qu'il se passe ? »
Leur trouble et leur peur traversaient la porte close.
Qu'est‑ce qui est en train d'arriver ?
Je saisis un petit couteau et jetai un œil par la fenêtre.
Nous sommes au troisième étage.
Moi, au pire, je pourrais m'enfuir par la fenêtre.
« Ça va ? »
De qui est cette voix ?
Ce n'est pas celle des chevaliers.
« Oui. Ah non, d'abord je demande. Oui. »
« Désolé. J'ai complètement oublié de te prévenir de mon arrivée, Gazi. »
Il m'appelle par mon prénom ?
Une connaissance ?
« Non, c'est bon, Sess. »
Non, je veux bien un préavis, donc ce n'est pas bon.
Et il s'est trompé dans ses mots.
Il est trop tendu.
*Toc toc.*
« Excusez‑moi. Le golem Batchu‑dono et… hii, Almearenie‑dono sont là. »
……………… Hein ?
Qu'est‑ce que le chevalier vient de dire ?
« Le golem Batchu‑dono ? Almearenie… heu ? »
C'est une blague, hein ?
Dis‑moi que c'est une blague.
*Toc toc.*
« Euh~, chancelier… s'il vous plaît. Répondez. »
« Ah. Ça va. Entrez. »
À la voix du chevalier qui avait envie de pleurer, je répondis dans la précipitation.
Ce n'est pas du tout « ça va », mais il faut d'abord les faire entrer et parler.
Oui, parler… de la pierre magique, non ?
Sont‑ils venus annoncer une punition ?
Mais jusqu'ici, la force était employée sans merci.
Le fait qu'un messager vienne signifie que la punition n'ira pas jusque‑là, non ?
*Gacha.*
*Gokuri.*
L'instant où la porte s'ouvrit, je sentis tout mon corps trembler.
D'abord, je dois respirer profondément pour me calmer.
« On vous dérange. Enchanté, je suis Batchu. Ravie de travailler avec toi. »
« Je suis Gazi, chancelier du royaume d'Emperas. Enchanté. »
La porte s'ouvrit, et Almearenie entra avec, sur son dos, le golem qui levait une main.
On m'a présenté, alors j'ai répondu, mais est‑ce que ça va ?
*Crac.*
Hein ? *Crac ?*
« Ah, j'ai fait une bêtise. J'ai un peu cassé la porte, désolé. »
Hein, la porte ?
Ah, elle était plus petite qu'Almearenie.
Bon, comparé à l'existence devant moi, c'est un détail, donc pas de problème.
« Ce n'est rien. »
« J'appellerai des camarades pour la réparer. »
« Heu ? »
Des camarades ?
Ça veut dire qu'il y a d'autres êtres comme Batchu‑dono ?
Impossible !
« Non, nous la réparerons ici, pas de souci. »
« Ah bon ? »
« Oui. »
Ah, j'ai peut‑être répondu trop vivement.
Mais franchement, je préférerais éviter d'autres chocs.
« C'est bon, alors je vais leur demander. Ah, utilise ça pour les frais de réparation. »
Batchu‑dono descendit d'Almearenie et s'approcha de moi.
Il tendit la main pour me donner quelque chose.
« Merci, beaucoup. »
Je l'ai pris machinalement, mais qu'est‑ce que j'ai reçu ?
Sous la tension de la présence de Batchu‑dono, je baissai les yeux vers ma main.
« C'est une pierre magique dans laquelle le Maître a mis sa puissance magique. »
« Heu… »
À l'explication de Batchu‑dono, j'ai failli laisser tomber l'objet.
Je refermai la main en catastrophe, mais cette fois j'hésitai à l'ouvrir.
« Maître » veut dire le dieu de la Forêt, non ?
Donc, dans ma main se trouve… une pierre magique emplie de la puissance du dieu de la Forêt ?
« Gazi. J'ai à te parler, ça va ? »
« Oui. Euh, par ici… »
Je voulais l'inviter vers le canapé du bureau, mais je m'arrêtai.
Vu la taille de Batchu‑dono, le canapé est trop grand.
Que faire ?
« Ah, ne t'en fais pas. Plus important, je vais reprendre la pierre magique, Ro, qu'on avait laissée dans ce pays. Merci de l'avoir gardée jusqu'ici. »
C'est bien pour la pierre magique, hein.
Ah ?
Tiens, je ne m'étais pas encore excusé !
« Euh, pour ce qui s'est passé, je suis vraiment désolé. Je suis prêt à accepter n'importe quelle punition. »
« Hein ? Punition pour quoi ? »
Batchu‑dono inclina la tête à mes mots.
Hein ?
Il n'est pas en colère ?
« Ah, pour ceux qui ont essayé de voler la pierre magique ? »
« Oui. Je n'ai pas réussi à les surveiller. Désolé. »
« Pas la peine de t'excuser. Puisque nous les surveillions et qu'on n'a pas pu l'empêcher, c'est de notre faute. »
« Surveillance ? »
« Ouais. Ceux qui risquent de causer de gros problèmes, on les surveille tous. Ah, ceux qui ont bougé cette fois ont agi de leur propre chef, pas sur ordre d'en haut. Bouger sans ordre, c'est pas bien, hein. »
J'ai envie de poser des questions, et en même temps je n'ose pas.
D'abord… ils n'ont pas reçu d'instructions.
Dans ce cas, faire tomber les nobles qui les finançaient va être difficile.
« Ah, tiens. Les nobles qui leur donnaient des armes et de l'argent ont fait d'autres conneries. Pour cette affaire, on ne peut pas les poursuivre, mais il y a de quoi les détruire, alors sois tranquille. Et puis, ils sont inutiles, donc mieux vaut les éliminer. »
Ils ont commis des crimes assez graves pour qu'on les élimine.
Il en sait plus que ce que je sais.
Mais jusqu'où a‑t‑il des informations ?
C'est flippant.
« Les pays des elfes ou des hommes‑bêtes ont de la main‑d'œuvre, eux. Si on élimine tous les coupables ici, ça va poser des problèmes partout. Donc, ceux que toi, Gazi, tu juges encore "utilisables", on les met en réserve… non, on ferme les yeux avec une amende, cette fois. Quand du personnel sera formé, on les remplacera. »
En disant ça, une montagne de documents apparut sur mon bureau.
D'où sortent‑ils ?
On dirait qu'Almearenie les a sortis.
Ah, ses pattes avant se lèvent.
… C'est peut‑être un salut ?
Je baisse la tête.
« Ces documents sont tous des preuves, gère‑les avec soin. Et ceux‑ci, ce sont des dossiers sur des types qui ne font pas encore trop de vagues, mais faut pas baisser la garde. Ceux‑là, faut les virer d'urgence, et ceux‑ci sont recommandés pour servir d'exemple. »
Au discours de Batchu‑dono, j'acquiesçai et pris les papiers.
J'en lus quelques‑uns et poussai un soupir.
Pour les nobles que j'avais repérés, j'avais placé mes hommes pour les surveiller, mais c'était encore trop naïf.
« Désolé de vous donner tout ce travail. »
« C'est marrant, donc y a pas de souci. Plus important, avant de déplacer la pierre magique, on va monter une petite pièce de théâtre, alors aide‑moi, d'accord ? »
« Hein ? »
Une pièce de théâtre ?