*** « Alors, qui est la cause de tous les maux ? Ou dois-je enquêter moi-même ? »
Deme a complètement baissé la tête.
Il n'imaginait pas qu'un dieu supérieur du temps vienne coopérer.
Un dieu supérieur capable de manipuler le temps relève directement du dieu créateur, c'est une existence spéciale.
« … C'est Tantas. »
Tantas.
C'était un dieu supérieur qui veillait sur une étoile proche de l'étoile problématique.
D'ailleurs, lui.
« Il y a quelques dizaines d'années, il avait déjà fait des siennes. »
À cette époque, il n'y avait eu aucun dommage pour l'étoile ni pour les enfants.
C'est pour ça qu'il s'en était tiré avec une peine légère.
Cette fois-ci, non seulement il a utilisé des apprentis qui portent l'avenir, mais l'étoile et les enfants ont aussi subi des dégâts.
Des dommages causés par des bêtes divines sont aussi signalés.
La sanction sera相当 lourde.
« Peu m'importe son sort. Deme, pourquoi as-tu enfreint la discipline ? »
Ce qui m'inquiète, c'est Deme.
Pour Tantas, les autres dieux supérieurs s'en chargeront.
Il avait un supérieur, normalement.
Face à ma question, Deme soutient mon regard.
Alors que nous nous fixons, il esquisse soudain un sourire amer.
Et l'instant d'après, Deme s'enveloppe de lumière.
Quand il réapparaît, son apparence a changé.
« Ça fait un moment, cette forme. »
Devant moi, plus le vieil homme aux longs cheveux blancs et à la longue barbe, mais un jeune homme aux courts cheveux blancs.
« Ouais. C'est la première fois depuis longtemps que je reprends cet aspect. »
Depuis je ne sais quand, Deme avait changé d'apparence et de façon de parler.
Une apparence de vieillard marqué par le temps, et une diction un peu particulière.
La première fois, j'ai été surpris.
Pourquoi avoir changé d'apparence et de diction.
La raison se devine à peu près.
Les dieux ne changent jamais d'apparence.
Deme voulait sans doute sentir le temps qui passe.
Moi aussi, une fois, j'ai voulu faire l'expérience de vieillir et j'ai changé d'apparence.
Ça m'a paru vain, alors je n'ai fait qu'une fois.
« Quand j'ai trouvé les apprentis, ils avaient déjà effectué l'invocation du héros. Ça a échoué, mais cinq enfants étaient impliqués. J'ai raccompagné quatre vers leur étoile d'origine, mais le dernier a disparu sous mes yeux. »
C'est lui qui survit sur l'étoile.
« J'ai voulu le chercher tout de suite, mais il avait déjà reçu le don d'invocation du héros. Une fois confirmé… »
Le don d'invocation du héros, un cadeau pour transformer un simple humain en héros.
À mon avis, c'est une contrainte.
Pour fabriquer un héros de force.
« Je l'ai donc cru mort. L'invocation ayant échoué, cet enfant ne pouvait pas supporter le don. Même s'il l'avait supporté, le pouvoir aurait déferlé et l'aurait tué, je le pensais. »
Effectivement, un enfant ordinaire ne peut pas endurer la libération de l'immense pouvoir contenu dans le don.
C'est pourquoi l'invocation du héros inclut une technique magique pour remodeler le corps afin qu'il supporte le don.
L'invocation ayant raté, le corps est resté celui de l'enfant.
Que Deme pense qu'il mourrait est logique.
Mais là, c'est étrange.
Pourquoi a-t-il supporté la libération du don ?
En plus, avec le don de quatre invocations de héros, même un apprenti ne sait pas s'il pourrait le supporter.
Pour la déflagration du pouvoir, il a eu par miracle l'occasion de le dissiper.
Donc sa survie s'explique.
Mais la cause pour laquelle il a supporté la première libération du don, j'ai enquêté sans la trouver.
« C'est pour ça que j'ai arrêté de le chercher. »
« … Je vois. »
L'ancien Deme l'aurait sûrement cherché.
« C'est pour ça que j'ai été surpris. En surveillant les apprentis, j'ai découvert une étoile totalement nouvelle, et sur cette étoile vivait l'enfant que je croyais mort. »
On dirait qu'il se rappelle quelque chose, Deme rit brièvement et secoue la tête, je le regarde fixement.
Il a retrouvé sa jeunesse, pourtant ses yeux sont ceux d'un vieillard épuisé.
« Cet enfant, j'ai fait mine de ne rien savoir sur le coup. Après, c'est comme tu l'as dit, Aion. Je voulais cacher mon erreur de jugement initiale. »
Cacher une erreur en essayant de faire disparaître l'étoile ?
« Vraiment ? »
« … Hah, c'est ça qui est bien avec une longue relation. Effectivement, une erreur, ça n'a aucune importance. »
« Deme ? »
« Aion, tu ne trouves pas qu'on a trop vécu ? Je ne parviens plus à aimer ni les étoiles, ni les enfants. »
Effectivement, je trouve qu'on a trop vécu.
Dans mon cas, j'ai encore de l'affection pour les étoiles et les enfants.
« J'ai changé d'apparence pour fuir ça depuis tout ce temps. Pourtant, en voyant cet enfant, une haine a failli déborder. L'enfant n'a rien fait de mal. Il m'a juste regardé, soulagé. Rien que ça. Mais cette expression m'a paru détestable pour une raison inconnue. Je voulais lui faire comprendre qu'il y a des choses contre lesquelles on ne peut rien. »
… Tu es en train de craquer, Deme.
L'existence divine est immortelle, la mort ne vient jamais.
Pour ceux qui ont une durée de vie, c'est enviable, mais la réalité est un enfer.
Parce qu'il n'y a pas de fin.
Immortalité oblige, pas de fin, c'est bien plus dur qu'on ne l'imagine.
Quand la période d'apprentissage se termine et qu'on renaît comme dieu, on devient un être immortel et immuable.
On ne vieillit pas, on ne tombe pas malade.
Au début, on sait bien où on se tient.
Et le chemin à suivre comme dieu.
Comme c'était bon d'avoir sa propre étoile, comme les jours étaient pleins en utilisant son pouvoir pour que les enfants vivent dans un environnement ne serait-ce qu'un peu meilleur.
Mais plus le temps passe, plus ce chemin qu'on voyait clair devient flou.
Vers où je vais en tant que dieu.
Même en me retournant vers le passé pour me souvenir, ce passé est trop loin pour savoir s'il était juste.
À force de vivre, le cœur s'use.
« Difficile. Pourquoi ? Simplement, ces enfants font aussi partie des existences que nous avons créées. »
« … Ouais. Moi aussi, il y a eu un temps où je les trouvais mignons. Mais c'est trop vieux. »
Deme croise soudain mon regard.
« Aion, tu arrives encore à aimer les enfants ? »
« Ah, ce sentiment reste en moi. »
« Je vois. Je suis un peu jaloux. Au fait, cet enfant vit encore ? »
Cet enfant ?
Lui, sur l'étoile ?
« Ah, mais il y a quelques jours, le contrôle de l'étoile a été pris, et maintenant une puissante barrière l'entoure, l'intérieur est invisible de l'extérieur. »
Deme incline la tête devant mes mots.
Quoi ?
J'ai dit quelque chose d'étrange ?
« C'est bizarre, j'aurais dû corriger… »
Corriger ?
J'ai fait montrer le passé de l'étoile par le dieu du temps, je croyais tout savoir, mais il y a encore quelque chose ?
Un lien avec la naissance de cette puissante barrière ?
« Qu'as-tu corrigé ? »
« Juste fait en sorte que le don d'invocation du héros fonctionne correctement. »
« Quoi, qu'as-tu fait ! »
« Pardonne. »
Il va bien ?
Non, ça a tenu jusqu'ici, je n'ai d'autre choix que de croire.
« Haa… Tu sais quelque chose sur la Pierre de Bonheur Magique ? »
« Celle-là, no problem. Aion. »
« Pourquoi ? »
C'est le seul pouvoir capable de tuer un dieu, la Pierre de Bonheur Magique.
Impossible qu'il n'y ait pas de problème.
« Celle qui est sur cette étoile, c'est un raté, un seul exemplaire. Juste une pierre qui a du pouvoir. »
« Vraiment ? »
« Ouais. Même Tantas n'a pas pu emporter la vraie Pierre de Bonheur Magique. Donc un seul raté. »
Effectivement, ce n'était pas une vraie Pierre de Bonheur Magique qui tue les dieux, c'était une bonne chose.
Mais même inutilisable comme Pierre de Bonheur Magique, elle recèle un pouvoir immense.
Si ce pouvoir est détourné, les étoiles environnantes en subiront l'influence.
« Même ainsi, ça reste un problème. »
« … Ouais, c'est vrai. »
Deme sourit amèrement.
Il devrait être jeune, mais il a l'air d'un vieillard épuisé.
« Je vais y aller. »
« Non. Deme, tu viens avec moi. »
« Hein ? »
« On va sur cette étoile. Présente-lui tes excuses, c'est ton devoir. »
Deme écarquille légèrement les yeux, puis sourit tristement et hoche la tête.
En le voyant, mon futur moi se superpose.
Pour l'instant, j'ai encore de l'affection pour les enfants.
Mais par rapport à avant, cette affection a perdu en chaleur.
Jusqu'à quand pourrai-je rester ici, moi ?