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Isekai de Tochi wo Katte Noujou wo Tsukurou

Chapitre 899

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Chapitre 899

Chapitre 899

Chapitre 899/107184%~9 min de lecture1 659 mots

Le poker a commencé à se populariser pour de bon.

Les habitants de la ferme s'y adonnent aussi pendant les petites pauses du travail ou dans le calme de la nuit, s'installant autour des cartes dans une joyeuse agitation.

Au milieu de tout ça, un groupe ressortait particulièrement.

« Platy et les autres sont en train de jouer au poker !? »

Avant que je m'en rende compte, ma femme Platy était attablée, plongée dans une partie.

Qu'est-ce qu'elles font ? me suis-je approché pour regarder : c'était du poker.

Elles scrutent les cinq cartes en main, les combinaisons possibles, en grognant « hmm, hmm » : pas de doute, c'est bien du poker.

Évidemment, le poker ne se joue pas tout seul, et autour de la table étaient réunis quatre personnages de premier plan.

D'abord, ma femme Platy.

Sa mère, l'ex-reine des sirènes, Sheela.

L'actuelle reine des sirènes, Puffa.

La petite sœur de Platy, Angel.

Platy étant la fille aînée de Sheela, c'était ni plus ni moins que l'ensemble des femmes de la famille royale des sirènes qui était réuni.

Toutes ces personnes sont-elles venues de la nation des sirènes juste pour jouer ?

Pour un jeu de cartes ?

Avec un tel casting, la partie de poker dégage une solennité impressionnante.

Pendant que les maris font du vacarme comme des collégiens au daifugō, les épouses s'adonnent à un jeu de cartes d'adultes d'un raffinement certain.

Ce coin-là a des airs de Las Vegas.

« … Relance ».

C'est par ces mots que Platy ajoute des pièces sur le tapis.

Son geste est d'une aisance déconcertante.

« Hé hé, voilà qu'elle s'engage encore plus loin ; elle a dû recevoir une main redoutable, Platy ? »

« Le bluff ne passera pas contre nous. Maman et les autres n'ont pas survécu qu'à des parties bon marché qu'on pouvait traverser avec un cœur de poisson-lune, vous savez ? »

« J'en remets une couche ! Relance de dix pièces !! »

Seule Angel s'engage avec une légèreté totalement déplacée.

Qu'est-ce que c'est que ça ? Des échanges tendus dignes de mafieux de Chicago ?

La tension est telle qu'on croit qu'un homme peut mourir rien qu'au retour d'une seule carte. Comment ma femme et sa famille arrivent-elles à créer une telle atmosphère !?

« Alors, je suis ».

Platy annonce…

« Carré de dames ! »

« Quoi ? ! C'était pas du bluff !? »

Fidèle à sa confiance, elle rafle toutes les pièces avec une main monstrueuse.

« Gyahahaha !? Toutes mes pièces ont disparu ! Grande sœur, donne-m'en de nouvelles ! »

« Pas question. Va les gagner en travaillant sous terre ».

Et Angel, qui a continué à miser avec légèreté, se retrouve sans le sou et éliminée sans gloire.

« Ah, cher époux ? La réunion des pères est déjà finie ? »

« Oui… Rheteseus a débarqué, du coup la discussion a basculé sur des pourparlers politiques pour une entente entre les trois nations humains, démons et sirènes… »

Naturellement, je me suis retrouvé exclu.

Les enfants sont actuellement surveillés par Discas et la nouvelle équipe de sorcières ; aujourd'hui, pères et mères sont libérés de l'éducation pour se détendre… c'était le programme.

Au début, on devait s'amuser entre pères et entre mères, mais vu la situation, je me suis retrouvé à ne rien faire ; du coup, je suis venu jeter un œil à la réunion des mamans…

« Vous jouez à un jeu diablement sérieux, hein !? »

Le poker n'est-il pas le jeu de cartes le plus adulte qui soit ?

Pour l'expliquer depuis le début : le poker est un jeu d'assemblage de figures…

À partir de cinq cartes tirées au hasard parmi les cinquante-quatre du paquet, on crée des combinaisons suivant certaines règles.

On décide du gagnant selon la rareté de la combinaison.

Pendant la partie, on a le droit, une seule fois, d'échanger au hasard certaines de ses cartes pour augmenter ses chances de faire une main.

Mais si on s'en tient là, la partie se termine dès la distribution, l'échange, l'ouverture ! : c'est trop court.

Pour donner de la profondeur et ne pas en rester à un coup unique, l'élément pari est indispensable.

Le fait d'être un classique des casinos est l'une des raisons pour lesquelles le poker trône au sommet des jeux de cartes.

On mise de l'argent… on gagne, on rafle tout ; on perd, on repart bredouille.

Grâce à cet ingrédient, on peut tenter de récupérer ses pertes en rejouant, ou remettre en jeu ses gains.

Ce n'est plus un one-shot.

La circulation de l'argent chez chaque joueur crée un affrontement global sur plusieurs manches, avec des hauts et des bas.

De plus, la possibilité d'augmenter la mise ajoute la dimension psychologique : « Autant d'assurance ? → Main forte ? », élevant le jeu au rang de divertissement où les adultes s'investissent à fond.

C'est indéniable : quand de l'argent est en jeu, l'intérêt change de dimension.

La théorie du perdant.

C'est ainsi que le poker est devenu LE jeu de hasard par excellence avec les cartes.

Au point que l'expression « poker face » soit entrée dans le langage courant.

« … Au fait, qui gagne pour l'instant ? »

« Ma chère, tu ne vois pas ? L'écart est écrasant, pourtant ? »

Si, je vois.

Effectivement, vu de l'extérieur, c'est flagrant : elle gagne à tout va.

Platy.

Sur sa poitrine s'amoncelle une montagne de pièces, sans doute raflées aux autres.

Précisons-le : ces pièces ne sont pas de la vraie monnaie, mais des jetons de jeu.

Elles n'ont aucune valeur financière, mais servent de monnaie interne à la partie.

Cela dit, leur taille est juste ce qu'il faut pour présenter un risque d'ingestion par les enfants ; aussi la règle veut qu'on tienne les petits à l'écart pendant qu'on manipule les jetons.

Voilà pour le tournoi de poker réservé aux dames.

Tout à l'heure déjà, elle avait gagné avec une main terriblement forte ; la déesse du jeu semble sourire à Platy en cet instant.

On ne fait guère plus capricieuse comme déesse.

« Grrrrrrr… »

Et la situation étant ce qu'elle est, Puffa grogne de frustration.

Voilà qui gâche sa rare visite à la ferme.

Quant à la mère biologique de Platy, Sheela…

« Platy-chan, tu as bien assez de raisons d'être satisfaite, mais c'est justement dans ces moments-là qu'on se fait avoir. Ma fille aînée a toujours été du genre à s'enivrer de la situation ? »

« Maman, je ne savais pas que tu pouvais être si mauvaise perdante ».

« Gu ! »

Arrête de la provoquer, Platy.

Ne nargue pas ta propre mère à ce point !

« L'idiote d'Angel a déjà perdu tous ses jetons et a été envoyée au sous-sol, mais est-ce que Maman et Belle-sœur comptent faire le même spectacle pathétique ? Si vous vous mettez à genoux pour supplier, je peux vous prêter quelques jetons. Bien sûr, à un taux d'intérêt tout à fait raisonnable ? »

« Guooooo !! Platy, une gamine comme toi, se la péter comme ça ! Vas-y ! Je mise tout le reste !! »

C'est Puffa qui tombe dans le panneau.

Avec la franchise d'un taureau fonçant sur le drap rouge, elle balance toutes ses pièces restantes.

C'est le genre à s'enflammer au jeu.

« Non, Puffa-chan, calme-toi. C'est manifestement un piège de Platy-chan ».

« Mais Belle-Mère ! Si je recule après m'être fait narguer à ce point, l'honneur de reine des sirènes ! »

L'ancienne et l'actuelle reine des sirènes scellent une alliance dans l'adversité.

Pourtant, le cours de la partie semble sourire à Platy.

Son visage transpire littéralement la certitude de ne pas perdre.

Tout va comme je veux. Je ne peux pas glisser de mon siège de vainqueur : c'est l'assurance absolue qui s'en dégage.

Un être humain peut-il être aussi sûr de lui ?

« … Bon, c'est compris. Moi aussi, je mise tout. Apprendre la dureté de la vie à ma fille qui s'enorgueillit, c'est aussi le devoir d'une mère ».

« Comme on est bien parties, Maman ! Cette manche va prouver que je vaux mieux que la reine des sirènes ou la reine mère !! »

C'est devenu un duel où la fierté est en jeu.

Mais moi, cette confiance anormale de Platy m'inquiète ; je la scrute de toute mon attention.

Je la connais, cette mine. Après toutes ces années de vie commune, je la reconnais.

« Alors, je vais distribuer ».

Et Platy se met à mélanger les cartes.

Les cartes sont distribuées par les joueurs eux-mêmes… pas de croupier, c'est normal.

… Hé ?

« Voilà, c'est pour Maman —, pour Belle-sœur —, pour moi — ».

« Un instant ».

J'arrête la main de Platy qui s'apprête à distribuer.

« Hmm ? Qu'est-ce qui te prend, cher époux ? »

« Tout à l'heure, tu as fait mine de donner la carte du dessus du paquet, mais tu allais prendre la deuxième, non ? »

Je connais le coup.

C'est de la triche, ça ?

Ça s'appelle le « second deal », une technique de triche assez connue.

Tu l'utilisais pour t'arranger une main favorable ?

« T'es qu'une tricheuse !! »

« Je suis déçue, Platy-chan ! Je ne t'ai pas élevée pour que tu deviennes une telle enfant !! »

Sheela et Puffa, qui n'avaient pas du tout remarqué la tricherie, s'emportent.

Forcément, le poker vient à peine de se répandre dans ce monde ; le concept même de triche n'a pas encore vu le jour.

Au milieu de ça, Platy qui pratique la triche et s'en sert pour mener la partie : il faut bien dire qu'elle a du génie.

Un génie en mal, mais quand même.

Bref, Platy qui tente de tourner son talent vers le mauvais côté, il faut que je tienne les rênes fermement.

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