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Isekai de Tochi wo Katte Noujou wo Tsukurou

Chapitre 896

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Chapitre 896

Chapitre 896

Chapitre 896/107184%~8 min de lecture1 560 mots

J'ai trouvé les cartes à jouer redoutables.

Quand j'y jouais seul, je me suis fait inexorablement aspirer dans le marécage du solitaire.

Rester dans un endroit aussi dangereux ? Hors de question ! Je suis rentré dans ma chambre !

Un flag de mort.

Plus que ça, si seul ça ne marchait pas, à deux le marécage du solitaire n'avait rien d'effrayant.

Se mettre à jouer au solitaire sans crier gare alors qu'il y a quelqu'un d'autre, c'était un acte de difficulté équivalente à mettre des écouteurs devant des gens.

Même en poussant la solitude à son paroxysme, on ne peut pas se permettre une telle impudence.

C'est pour ça qu'il me fallait maintenant un compagnon pour affronter ensemble les vagues déchaînées des cartes.

Enfin, un camarade.

Y avait-il quelqu'un ?

« … Ah, te voilà, Vile. »

« Fuyu ? Qu'est-ce qui se passe, Maître ? »

Vile passait par là, l'air libre, alors je l'ai interpelé.

C'est dans ces moments-là que la présence d'un dragon libre de tout emploi a pris tout son sens.

« Encore un truc que tu as fabriqué, Maître ? Cette fois, ça n'a pas l'air d'être de la bouffe, donc l'intérêt de ore-sama est au plus bas. »

Toujours le même, avec son désir insatiable pour la cuisine.

D'habitude, il débarque sans qu'on l'appelle, mais cette fois, il n'est venu que quand je l'ai appelé, et ça devait avoir une raison.

« Ce que j'ai fait aujourd'hui, c'est pas de la bouffe, mais un jouet. Si tu essayes, tu verras, c'est peut-être marrant. »

« Un jeu, hein. D'habitude, ore-sama ne se laisse pas émouvoir par des trucs aussi cheap, mais si c'est une idée de Maître, je ne dis pas que j'n'en attends rien. »

Héhéhé, tu me sous-estimais ?

Je connaissais déjà le schéma pour ce genre de situation.

Dans ce genre d'histoires d'importation de culture d'un autre monde, le schéma classique, c'était de regarder ça de haut au début pour devenir accro direct après.

Toi aussi, Vile, tu allais réaliser la grandeur des cartes à jouer, ce jouet qui a fait un carton dans l'autre monde en poussant les façons de jouer à leur paroxysme !

Il allait forcément finir par hurler : « Ouooooh !? C'est quoi ça !? C'est méga fun, bordel !! »

« Huuuh… C'est quoi ça, juste un tas de papier ? Y a des symboles incompréhensibles gravés dessus, je pige que dalle. »

C'était ce qu'on appelle les « couleurs » des cartes, leur caractéristique la plus marquante.

Ils étaient répartis en quatre groupes : piques, cœurs, carreaux, trèfles.

« Pourquoi c'est séparé en deux types, couleur rouge et couleur noire ? »

« Heu, c'est…!? »

« Puisqu'y en a quatre types, sépare-les en quatre couleurs, non ? Ce serait plus coloré et marrant avec rouge, bleu, jaune, rose. »

Comme ça, le vert se serait retrouvé exclu, abruti.

C'était pas ça le problème.

C'est vrai que face à une question aussi candide, j'ai été bien embêté pour répondre…

Mais ça ne voulait pas dire qu'on pouvait changer ça sur un simple « Oui, d'accord ».

Il existait des jeux de cartes qui ne fonctionnaient que grâce à cette séparation en deux couleurs : le noir pour piques et trèfles, le rouge pour cœurs et carreaux.

« Bon, les cartes avec des chiffres, je pige encore, mais ce dessin de vieux sur celle-là, c'est quoi ? K, c'est quoi ? »

« K, c'est… K de King ! Ça veut dire treize… »

« Alors, si on aligne treize symboles comme piques, ça marche pas ? »

« Ça marche pas !! »

Si y en avait treize alignés, c'était chiant à compter et on ne voyait pas le nombre d'un coup d'œil !

C'était pour ça qu'il y avait le valet, la dame, le roi, comme repères ! Enfin, sûrement !!

Merde, à force de me balancer des questions candides les unes après les autres, moi qui n'étais qu'un amateur, je ne savais plus quoi répondre.

Redoutables, les questions innocentes de l'ignorant.

On se serait cru face à un gamin.

« Maître, c'est quoi ce J qui est en double ? »

« Hum ? »

Deux J ?

… Ah, le valet et le joker, les deux sortes.

Le valet, c'était onze, mais le joker… comment l'expliquer ?

« Le joker, c'est… ben une carte spéciale, disons. »

« Pourquoi y a-t-il une carte spéciale ? »

J'en savais rien !!

C'était bien le droit d'avoir des exceptions, non ??

Y avait des jeux qui n'existaient que grâce au joker !!

Par exemple… le vieux garçon, peut-être.

« Bon, puisqu'on y est, essayons le vieux garçon. »

« Déjà on joue !? J'ai trop attendu, moi !! »

C'était parce que tu m'ases de questions sans arrêt, putain !

Écoute bien, je t'expliquais le vieux garçon !

Ce joker, c'était le « vieux ». On se distribuait les cartes, et on défaussait les paires de même valeur par deux.

Comme ça, les cartes en main diminuaient, et le premier à n'en plus avoir gagnait.

Mais il y avait toujours quelqu'un qui gardait une carte jusqu'au bout. Parce que le joker = le vieux, il n'y en avait qu'un, donc impossible de faire une paire.

Du coup, il restait dans les mains du joueur jusqu'à la fin !!

« Mais y a deux jokers, non ? Comme ça, ça fait une paire, non ? »

« Quand on joue, on met un joker de côté !! »

« C'est-à-dire qu'il est mis à l'écart ? C'est trop triste… »

Si on disait ça… !!

… Non, ok, c'était peut-être triste, mais sinon le jeu marchait pas, connard !!

Bref ! Essayons une partie de vieux garçon, allons-y !!

« C'est parti ! Puisque je joue, je perds pas, j'accepte le défi !! »

Allez, d'abord on distribuait !

Chut chut chut chut chut chut !

Et on défaussait les paires qu'on avait déjà en main.

Vite vite vite vite vite vite vite vite vite vite !

Voilà, c'était prêt. Dans nos mains, il ne restait que des cartes isolées, et il ne restait qu'un seul vieux en jeu.

Il fallait réussir à refiler le vieux à l'adversaire pour se débarrasser de toutes ses cartes !!

« … »

Une fois vraiment lancé…

Il me restait plusieurs cartes numérotées en main.

Beaucoup.

Bien plus que prévu.

Bon, à deux, c'était normal. Un jeu prévu pour plus de monde se retrouvait concentré sur nous deux.

Et quand on piochait à tour de rôle, on faisait une paire dans près de cent pour cent des cas, et on défaussait deux cartes.

C'était logique.

Puisqu'on n'était que deux joueurs, la carte qui faisait la paire avec la mienne ne pouvait être que chez l'adversaire.

Putain, quoi.

Je piochais, je faisais une paire, je défaussais.

Pareil pour l'adversaire.

Et le fait le plus important…

Le fait que je n'aie pas le vieux voulait dire…

La probabilité que Vile ait le vieux était de cent pour cent.

Puisqu'on n'était que tous les deux.

Ce que je n'avais pas, Vile l'avait forcément.

« … »

« … »

On piochait en silence, on faisait les paires, on défaussait.

Une exécution parfaite, et au final, il me restait une carte, à Vile deux.

Parmi les deux cartes que Vile présentait, l'une faisait paire avec la mienne, l'autre c'était le vieux.

C'est là que la tension montait enfin.

Le regard allait et venait entre les deux cartes… je me suis décidé et j'en ai tiré une !

« C'est le vieuxuuuu !! »

« À mon tour. Oui, chiffre, je défausse deux cartes, c'est ma victoire !! »

J'ai perdu…

Dis, c'était fun ?

« Pas vraiment. Jusqu'au final, c'était une corvée sans fin. »

Comme je pensais.

Moi aussi, j'ai ressenti la même chose.

Une leçon apprise.

Le vieux garçon, c'était pas un jeu à deux. C'était à trois ou plus qu'on ignorait où étaient les paires et le vieux, ce qui créait la tension…

« Faisons un autre jeu. »

« Il y a d'autres façons de jouer ? Alors dépêche-toi de m'apprendre !! »

« C'est le sept. »

Le sept.

C'était un jeu où on alignait les cartes dans l'ordre numérique en partant du sept de chaque couleur, vers le haut et vers le bas.

À partir de sa main, on posait les cartes qui suivaient pour créer des lignes descendantes jusqu'à six ou ascendantes à partir de huit.

Comme au vieux garçon, le premier à vider sa main gagnait.

Comme technique pour gagner, on pouvait garder une carte qu'on pouvait poser pour bloquer l'adversaire.

Cette fois, je l'ai utilisé.

Grâce au blocage, Vile ne pouvait plus poser de carte.

Mais Vile apprenait vite et m'imitait direct pour me bloquer à mon tour.

« Hey ! Pose le quatre de cœur, bordel ! J'peux plus continuer !! »

« C'est toi, Maître, pose le dix de trèfle, putain !! »

Comme l'autre joueur n'était que moi, on savait exactement qui avait quelle carte.

Du coup, on savait aussi qui bloquait quoi, et ça finissait en engueulade déguisée en protestations contre le blocage.

Conclusion.

Le sept non plus, c'était pas un jeu à deux.

La plupart des jeux de cartes, c'est fait pour trois ou plus, bordel !!

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