Rester tranquille et traîner du tout au tout était bel et bien la vérité.
Une vérité suprême.
C'était la morale que j'avais tirée d'un dinosaure de l'ère Shōwa... le directeur de No Life King.
Travailler sans cesse en tant qu'humain n'était pas viable.
Travailler avec mesure et se reposer avec mesure.
Pour cette raison, j'avais décidé que la journée serait entièrement consacrée à la flânerie.
Je ferais construire un sauna !
Pourquoi étais-je arrivé à cette conclusion ?
En fait, en repensant à la nappe chauffante qui avait fait merveille la dernière fois...
J'avais simplement envie de rechercher une stimulation plus vive.
Il y avait ces chiens et ces chats qui bondissaient vers la nappe chauffante.
Ils s'y engouffraient en bousculant leurs congénères, mais je ne savais pas si la température leur semblait trop élevée ou s'ils s'enlassaient, ils en sortaient toujours avant même qu'une heure ne soit écoulée.
Puis ils revenaient aussitôt vers la nappe chauffante après s'être rafraîchis dehors ou avoir bu un peu d'eau.
Les observant sans interruption depuis ma propre nappe chauffante, je me suis dit que des humains pourraient faire pareil. J'ai alors ressenti le besoin impérieux de vivre l'expérience du sauna moi-même.
Le sauna, c'est le romantisme masculin par excellence.
Un espace clos à la température caniculaire où l'air inspiré embrase les poumons, une zone qui cache un ambitieux projet de minceur grâce à la transpiration abondante.
Pour une raison inconnue, les hommes adorent ça.
Est-ce parce qu'ils rêvent des vieux films de boxe ?
Je me demandais parfois s'ils étaient masos d'apprécier un tel suppice autocréé. Mais au final, on restait bloqué dans la fournaise, on résistait, puis, après avoir validé cet épreuve difficile, on en sortait (sans jamais fuir, bien sûr) pour ensuite recevoir directement une rafale d'air glacial sur tout le corps et se refroidir instantanément !
Avec ce choc violent entre la brûlure et le froid, nos nerfs s'éveillaient. On avait presque envie de murmurer « Eh bien, nous sommes réconciliés avec la vie~ ».
À mon tour, cherchant cette sensation précise, j'avais décidé de créer un sauna personnel capable de me griller littéralement.
Comme il n'y en avait aucun à la ferme, il ne me restait plus qu'à le bâtir depuis zéro.
J'avais choisi de l'installer sur la plage.
Juste à côté des vagues.
On pourrait dire que les rafales et le sel défonceraient tout en cas de tempête, mais puisque je ne l'utiliserais probablement pas en été, j'avais opté pour un simple hangar temporaire suffisant pour tenir jusqu'à la fin de l'hiver.
Si je voulais une construction solide, je devrais encore solliciter les ouvriers ogres, ce qui m'ennuyait.
... Attendez un instant.
Cela signifierait-il que je n'avais pas besoin de viser une structure robuste de type chalet ?
Il paraît qu'il existait un concept appelé « sauna portable », conçu pour être utilisé facilement lors de sorties camping.
L'idée consistait à installer un poêle à bois à l'intérieur d'une tente, à alimenter le feu à fond et à faire grimper la température ambiante !
Ça avait l'air vraiment génial comme activité de plein air.
Parfait, je modifiais mes plans ! Nous irions donc tous deux à la fabrication artisanale d'un sauna-tente en monde étranger !!
Dans ce cas, ce dont j'avais besoin était...
- Une tente outdoor.
- Un poêle servant de source de chaleur.
- Du bois pour alimenter le feu.
... Ce devait être tout.
Le poêle à bois existait déjà.
C'était l'équipement de base contre le froid de notre exploitation.
Il trônait un peu partout dans les logements de la ferme. Comme j'avais prévu plein de pièces de rechange en cas de pépin, on ne m'en voudrait pas d'en prendre un.
Le seul véritable problème concernait la tente elle-même.
Elle n'était bien sûr pas stockée à la ferme.
Il me fallait donc la fabriquer.
Heureusement, nous avions une réserve de feutre, matériau servant à la confection, issu de la laine de mouton gérée par Bati et son équipe.
J'en avais récupéré une partie, coupé les pans moi-même, monté une charpente en bambou résistant, tendu le tissu, colmaté soigneusement toutes les ouvertures pour éviter toute perte de chaleur et, en levant les yeux, j'avais découvert mon ouvrage achevé.
Ça y était.
Ne restait plus qu'à positionner le poêle à l'intérieur.
Comme il manipulait des flammes et dépassait largement les trois cents degrés, le moindre contact avec le feutre de la tente aurait causé un départ de flamme. J'avais laissé un espace de sécurité suffisant autour.
Puis j'avais installé une cheminée adaptée pour évacuer correctement la fumée...
« C'est terminé !! »
Un sauna-tente en monde étranger, entièrement fabriqué par mes propres mains !!
Je m'étais préparé à me sentir mieux dans ma peau !
Allons-y. Je plongeais dans l'espace torride pour savourer pleinement ce plaisir masochiste face à une chaleur écrasante.
Allez, dépêchons-nous de retirer nos vêtements et soyons nu... !
Être totalement nu restant trop gênant pour moi, je gardais uniquement mes sous-vêtements.
Je m'apprêtais à m'engager... quand je me suis rendu compte que le poêle venait juste de s'allumer et que la température faisait encore défaut.
Après avoir mis le feu aux bûches du poêle, j'étais resté planté là, en train de greloter en slip, pendant que la tente mettait un temps fou à chauffer.
Il gelait.
Je croyais avoir préparé mon âme à survivre à un enfer brûlant. Pourquoi diable affrontais-je aujourd'hui un désert glacé ?
Et lorsque la tente a finalmente atteint une température convenable, j'y étais entré à l'assaut !!
Waah, quelle chaleur !
Plus chaude que tout ce que j'avais imaginé !
Même l'air que j'aspirais m'apparaissait brûlant, exactement comme dans les installations thermales urbaines.
« C'était bien cela, oui ! C'était exactement ça !! »
Cette violence thermique représentait le véritable charme du sauna !!
De plus, lorsqu'on partage un établissement thermal public, on ne peut s'empêcher de porter attention à ses voisins.
Trop proche, cela devenait malcommode. On se laissait aussi gagner par une rivalité inexplicable en se disant : « Je sortirai forcément après lui. »
Mais un sauna-tente était destiné à une utilisation individuelle. Plus de stress lié aux relations humaines !!
C'était mon paradis à moi tout seul !
Un paradis où la température approchait dangereusement le seuil de survie !
La sueur suintait progressivement sur ma peau...
Avais-je déjà passé dix minutes dedans ? Quinze ?
Bien que je me pose ces questions, il ne s'était probablement écoulé que cinq minutes en réalité.
Cette tente-sauna en monde différent manquait cruellement de tout dispositif chronométrique. J'en avais absolument besoin pour évaluer ma progression.
Un sablier conviendrait-il ?
J'y penserais pour une future mise au point technologique.
Dans cette optique... pour ressentir davantage cette satisfaction et atteindre un état optimal, je tenais à rester trois minutes de plus.
Pourtant, à cet endroit précis, une seule méthode permettait de gérer ces trois minutes.
Compter soi-même.
Partons. Un, deux, trois, quatre, cinq, sept, onze, treize, dix-sept...
Sans m'en rendre compte, je comptais déjà les nombres premiers.
Pourquoi donc ?
Bref, autant arrêter ici. Mon corps me signalait qu'il avait déjà intégré trente-quatre heures d'exposition théorique !!
Je bondissais hors de la tente et exposais ma peau à l'air ambiant glacé.
Nous étions en pleine saison froide !
C'était précisément ce contraste brutal entre la sueur et le froid qui faisait la gloire du sauna ! Voilà pourquoi le moment présent était idéal !!
Et ce n'était pas tout ! Savez-vous pourquoi j'avais bâti cette structure près du littoral !?
La réponse allait surgir immédiatement !!
Exactement. L'Océan.
L'étendue marine s'offrait à mes yeux.
Je fonçais droit dessus et plongeais tête la première !!
« Hyaannnn ! Ça coupe les oreilles, le froiduuuuuuuuuuuuuuu !! »
Au sauna, le bain d'eau froide faisait nécessairement partie de la ritualité.
Sauter brutalement d'une étuve infernale vers un bassin glacial procurait un sentiment de régularisation physique d'autant plus prononcé que l'écart de température était gigantesque !!
La mer représentait le plus gigantesque bassin hydrothermique du globe !
La Mère Océan ! Quelle bénédiction de retrouver harmonie corporelle grâce à ses eaux maternelles !!
Le vrai problème résidait probablement dans l'encroûtement salin ultérieur.
Si je rentrais maintenant vers la hutte, mon épiderme risquait fort de se recouvrir d'une couche crayeuse de sel sec.
Néanmoins, sans même essayer d'essuyer ma sueur mélangée à l'eau salée, je retournais à l'intérieur de la structure.
Puis je faisais lentement remonter ma chaleur interne.
Comme ce sauna-tente intégrait parfaitement l'environnement naturel, souillure rime indifférence totale !
Le sauna surpassait en tout point mes attentes !!
« Mon seigneur, comment vous sentez-vous après votre cure ? »
Merde, j'avais été repéré.
Vu que je m'adonnais à de telles excursions excentriques, il était normal qu'on tombe sur moi.
Normalement, Plati ou Vire accouraient en premier lieu, mais leur absence suggérait fortement que ma présence ici n'était pas liée à une question logistique alimentaire.
« Que faites-vous ici seul, emprisonné dans un lieu comme celui-ci... ? Oh, quel souffle chaud ? De quoi s'agit-il, ce temple tissé ? »
L'interlocuteur apparut : un Ogre travaillant sur notre domaine.
Ignorant le concept moderne de tente, il l'avait désigné sous l'appellation générique de « Maison de Toiles ».
« Hou hou hou hou... Remarquable. Telle est l'une des réponses idéales pour profiter pleinement de la période hivernale... !! »
Avec leur anatomie massive et leur musculature sculptée, les Ogres présentaient un terrain propice à une addiction rapide aux vertus thermogéniques.
Ainsi naquit discrètement à notre exploitation une frénésie collective autour des salles de sudation... !
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