C'était à l'époque où le No-Life King qu'on appelle aujourd'hui Président était encore un humain vivant.
Il a été invoqué d'un autre monde il y a environ un demi-siècle, à une époque où le Japon connaissait une forte croissance économique et bouillonnait d'activité.
À cette époque, les gens travaillaient sans relâche, sans se soucier de rien d'autre.
Comme l'économie elle-même croissait rapidement, plus on travaillait, plus les résultats se manifestaient clairement.
Puisque c'est agréable de ressentir une vraie progression, on peut imaginer que travailler à cette époque était passablement plaisant.
Le Président (de son vivant), qui a grandi dans une telle époque, était un homme d'affaires de première ligne qui courait sur tous les fronts.
Bien qu'invoqué soudainement dans un autre monde, sa nature n'a pas changé : il a troqué sa carte de visite pour une épée et a continué à travailler avec ardeur.
Travailler.
C'était là sa raison d'être et son œuvre de vie.
Même après être mort et devenu zombie, son essence n'a pas changé.
Il continuera à travailler, même après cela. Cette façon d'être si particulière en tant que mort-vivant est à l'origine de son surnom de « Président ».
Mais ce qui est encore plus terrifiant chez le Président... !?
Alors, où travaillerai-je ?! Quel travail ferai-je ?! Je veux travailler chaque minute, chaque seconde ! Je veux travailler sans même le temps de respirer !!
Quelle ardeur au travail.
C'est ainsi qu'il est devenu un No-Life King assez redoutable pour rivaliser avec nous, les Trois Sages. Saint, au fond, pourquoi pensez-vous que les gens travaillent ?
Face à la question du Sensei, je me suis tu un moment pour réfléchir à la réponse.
« C'est tout de même... pour gagner de l'argent, non ? »
Les humains ont besoin d'argent pour vivre. Le travail pour gagner cet argent... c'est le gagne-pain.
Autrement dit, travailler, c'est vivre.
C'est là que j'ai ressenti un malaise, un « hum ? » intérieur.
En effet, nous, les No-Life Kings, sommes des morts-vivants... C'est-à-dire des êtres déjà morts. Puisque nous sommes morts, nous n'avons pas besoin de vivre. Par conséquent, nous pouvons nous passer de l'effort pour vivre... c'est-à-dire du travail.
Ceux qui sont libérés de l'effort de vivre, ce sont précisément les morts-vivants.
Cependant, il existe un No-Life King qui reste prisonnier de ce qu'il aurait dû laisser derrière lui en mourant.
C'est ce Président.
Un No-Life King squelette vêtu d'un costume.
Moi, j'ai eu une surprise en obtenant ce corps qui ne meurt pas. D'abord, les morts-vivants ne meurent pas ! Étant déjà morts, c'est évident ! Alors, qu'est-ce qui arrive, selon vous !?
« Ha... »
Quel mort-vivant surexcité.
D'abord, je n'ai pas besoin de manger ! Et je n'ai pas besoin de dormir ! Ce sont toutes deux des fonctions pour maintenir la vie, donc pour moi qui suis déjà mort, cela m'est égal ! Alors, qu'est-ce qui se passe ? Si on l'applique à mon comportement de travailleur !
Qu'est-ce qui va arriver ?
On n'a plus besoin de se reposer ! Pas besoin de jours de repos ! Pas besoin de quitter le travail ! On peut travailler vingt-quatre heures sur vingt-quatre !
...
Attendez ?
Il y a quelque chose de faux dans les prémisses, non ?
Qui plus est, le salaire n'est pas nécessaire non plus ! Les morts-vivants sont déjà morts, ils n'ont pas besoin de manger ! Alors, même s'ils reçoivent de l'argent, ils n'en ont pas l'usage ! Pas de salaire, pas de repos, pouvoir travailler à l'infini ! Y a-t-il quelque chose d'aussi merveilleux ? Non, il n'y en a pas !
Il argumentait avec tant de force qu'on a failli acquiescer malgré soi... mais...
C'est faux, non ?
Ce raisonnement comporte une erreur, non ?
Cette sensation que le bouton a été mal boutonné dès le plus fondamental.
Puisqu'on est déjà mort, on n'a pas à travailler, tout simplement.
Tout est là.
Pourtant, le Président qui détourne les yeux de cette certitude fondamentale pour ne foncer que vers le travail est indéniablement terrifiant.
Cette terreur indéfinissable pourrait bien, par son intensité, rivaliser avec celle des Trois Sages... !?
Moi, j'ai un rêve.
Il se met à parler sans qu'on lui demande ?
Puisqu'on travaille, il faut un objectif d'emploi. Je compte un jour m'allier à ceux qui partagent mes grands desseins, fonder une société et établir une entreprise dirigée par des morts-vivants ! N'est-ce pas incroyable ! Un lieu de travail chaleureux où aucun employé n'a besoin de repos, de salaire ni d'avantages sociaux !!
C'est un chaleureux travail au noir total.
En écoutant le récit, j'ai compris ce que Belfegamilia-san voulait dire par la « terreur du Président ».
Un zombie qui n'a pas besoin de faire l'effort de vivre travaille.
Alors, qu'est-ce qui se passe ? Le zombie qui travaille ne coûte rien en main-d'œuvre.
Rien au monde ne coûte plus cher que de faire bouger les gens.
Pour les morts-vivants qui n'ont pas besoin d'argent pour vivre, il n'est pas nécessaire de dépenser de l'argent.
Et comme ils n'ont pas besoin de repos, ni pauses ni jours de repos ne sont nécessaires.
On peut les faire travailler des milliers de jours d'affilée.
Les humains ordinaires ne peuvent pas rivaliser avec une telle productivité de zombies.
C'est un rapport coût-efficacité supérieur à celui des esclaves.
Si le Président débarquait sur le marché humain avec une telle entreprise zombie, que se passerait-il ?
Le coût le plus élevé, la main-d'œuvre, coupé à cent pour cent.
Et capable de fonctionner vingt-quatre heures sur vingt-quatre sans interruption.
Les commerces existants perdraient tous la concurrence et seraient éliminés.
Toutes les industries humaines dépériraient, ne laissant qu'un monde tourné par des zombies, sur lequel les humains ne feraient que s'accrocher.
Au début, ça irait encore.
On refilerait aux morts le simple fardeau qu'est le travail, et les vivants pourraient passer leurs jours à ne rien faire.
Mais l'esprit humain peut-il supporter des jours sans but ni défi ?
L'esprit stagnant pourrit lentement.
Finalement, le corps vieillit et se décompose, et lorsqu'arrive l'extinction, on devient soi-même mort-vivant pour se consacrer au travail éternel...
« C'est ça, la dystopie !? »
C'est terrifiant ! Quel avenir terrifiant !?
C'est ça, la vraie nature de la terreur du Président No-Life King, qui rivalise avec les Trois Sages !?
« En un sens, le Président est peut-être le No-Life King qui cherche le plus à influencer la société humaine. Puisque le travail a aussi un aspect de service. »
« Qui plus est, le fond de ses actions ne contient que de la bienveillance. Pour lui, le travail est une bonne action, et objectivement c'en est une aussi, donc nous non plus, on ne peut pas l'arrêter comme ça. »
« S'il y avait une malice évidente comme chez tel empereur d'autrefois, ce serait plus facile à arrêter. »
« Pour ce genre, c'est châtiment divin sans pitié. »
« Ouais. »
Le Sensei et Belfegamilia-san parlent avec émotion.
Le Président No-Life King est le mort-vivant le plus terrifiant, qui répand peu à peu la bienveillance qu'est le travail à travers le monde pour y mener finalement une dystopie de stagnation.
La crise mondiale qui est là, maintenant... !?
« Mais alors, pourquoi un tel danger a-t-il été laissé en liberté jusqu'à maintenant ? Vu son ardeur au travail, la part du Président aurait déjà dû atteindre cent pour cent du monde. »
« C'est là le mérite du jeune homme qui est là. »
Le Sensei dit cela en désignant Belfegamilia-san.
Il se gratte le bout du nez, l'air gêné...
« Au cours de mon errance, j'ai croisé ce Président par hasard. Après à peine quelques mots, j'ai saisi à quel point il était dangereux. Vraiment, de quoi trembler. Alors j'ai imaginé un stratagème et lui ai proposé un "travail qui ne finit jamais". »
Un travail qui ne finit jamais... !?
« Au nord du Royaume Démoniaque, il y a d'immenses dunes de sable. Assez vastes pour contenir un territoire entier. C'est là que j'ai dit au Président : »
Ah, si quelqu'un pouvait compter tous les grains de sable de ces dunes, ça m'aiderait tellement. Vraiment, ça m'aiderait tellement ?
Y a-t-il quelqu'un pour accepter ce travail ?
.
« Le Président, qui adore le travail, a mordu à l'hameçon, et depuis des décennies, il compte le sable dans ces dunes maudites où personne ne met les pieds. »
« C'est une idée de génie, ce jeune homme. Le vent souffle sur les dunes, de nouveaux grains arrivent, les anciens s'envolent. Comme ça, ça ne finira jamais. »
Pour les types qui ne pensent qu'à travailler, il faut leur donner un travail qui ne sert à rien, ni poison ni remède, et les laisser user leur énergie à ça.
Grâce à ça, ce monde est resté en paix jusqu'à aujourd'hui.
« Disons que, parce que je suis un fainéant né, j'ai su repérer tout de suite le danger du Président. Il y a aussi l'entraînement sous le Vieux Maître. Quelqu'un qui n'est pas habitué aurait eu peur et fui dès la vue d'un No-Life King... »
En ce sens, que Belfegamilia-san ait découvert le Président a été une chance de niveau sauveur.
Son action est véritablement celle d'un sauveur.
Pourtant, ce Président a abandonné le comptage des grains de sable et se trouve maintenant devant nous.
... Est-ce ma faute ?
J'ai parlé de travail à la légère, et le Président est venu, attiré par cette aura.
Si ça continue, le Président, libéré du joug du comptage de sable, fera s'effondrer la société humaine.
C'est ma responsabilité... !
Je dois arrêter le Président de mes propres mains !