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Isekai de Tochi wo Katte Noujou wo Tsukurou

Chapitre 669

Isekai de Tochi wo Katte Noujou wo TsukurouIsekai de Tochi wo Katte Noujou wo Tsukurou
Chapitre 669

Chapitre 669

Chapitre 669/80184%~8 min de lecture1 454 mots

L'Oakbo Castle Snow Festival a débuté, et les premiers visiteurs affluent.

J'avais craint qu'un changement brutal de concept ne déroute le public, mais l'affluence est conforme aux années précédentes, et je souffle un coup, soulagé.

Ce qui attire immanquablement l'œil en premier, c'est bien la tour de Tokyo en neige que j'ai construite.

La taille, à elle seule, suffit à capter l'attention.

Mais l'édifice est si gigantesque, et le matériau n'étant que de la neige, certains visiteurs s'inquiètent d'un effondrement ; c'est pourquoi le site d'installation se trouve à bonne distance du cœur du festival.

En réalité, la tour de neige compactée par le « Porteur Suprême » encaisserait sans broncher la chute d'une météorite.

Sa démesure reste parfaitement lisible même depuis loin, si bien que cette distance offre au contraire le recul idéal pour en admirer la silhouette.

Néanmoins, répondant au souhait de ceux qui veulent en ressentir l'immensité au plus près, une visite guidée au pied de la tour a été organisée : vingt minutes de marche aller-retour.

Reste qu'il s'agit de neige.

Impossible d'y grimper en ascenseur comme dans la vraie tour de Tokyo pour jouir de la vue panoramique depuis l'observatoire.

Pour l'instant, tous s'émerveillent déjà de simplement contempler ce colosse blanc depuis le sol.

D'ailleurs, le sel du festival ne se résume pas à cela : le site principal, où s'alignent les œuvres majeures, connaît une affluence continue.

Ce qui frappe avant tout, ce sont les deux statues divines dressées en première ligne.

L'une représente Bellarena, dieu de la guerre.

Célèbre dans le Royaume des Hommes pour sa férocité guerrière.

Pourtant, il protège aussi les vaincus avec sollicitude, ce qui lui vaut la vénération des elfes.

L'auteur de cette statue est Mielal, l'elfe qui travaille le bois à notre ferme.

D'ordinaire, elle sculpte des effigies divines dans le bois, récoltant les louanges des hauts démons ; cette fois, elle participait au festival de la neige.

La neige étant plus légère que le bois, elle a réalisé une pièce plus grande que d'habitude.

La statue de Bellarena, longue de quatre mètres, impose le respect par sa simple présence dressée, dégageant une intensité quasi vivante.

Depuis qu'elle a invoqué le vrai Bellarena, ce dieu est devenu son sujet de prédilection.

Elle en a déjà sculpté plusieurs en bois, mais celle-ci serait sa réussite aboutie ; Mielal en semblait pleinement satisfaite.

……De l'autre côté, une seconde statue dégage une présence tout aussi écrasante.

Elle fait face à celle de Mielal : un petit homme trapu, aux muscles saillants, à l'allure vigoureuse, saturé d'une pression qui laisse deviner qu'il pourrait pulvériser d'un coup quiconque l'approcherait.

Il tient un marteau, ce qui renforce l'aspect martial.

La barbe touffue qui lui couvre le menton et le regard perçant d'un rapace suffisent à l'identifier comme une divinité guerrière.

« Quelle est cette divinité à l'allure si martiale et oppressante ? »

« C'est le dieu protecteur de notre race naine ! »

C'est le roi nain, Edward Smith, qui m'accoste.

Il a participé au festival sur un coup de tête.

« C'est donc l'œuvre des nains. »

« Exact ! Ayant appris que les elfes façonnaient une statue de Bellarena, nous avons jugé que notre honneur exigeait d'élever à notre tour l'effigie de notre protecteur ! Ha ha ha ! »

La mine réjouie d'Edward laisse deviner qu'il est lui aussi fier du résultat.

« Le dieu protecteur des nains… Quelle sorte de divinité est-ce ? »

Avec une telle carrure féroce, ce doit être un dieu de la guerre sanguinaire…

« C'est Héphaïstos ! »

« Hein ? »

Un nom connu vient de tomber.

« Notre race se targue d'être la première artisane du monde ; son protecteur ne saurait être qu'Héphaïstos, dieu de la forge ! Encore aujourd'hui, parmi nous, son effigie est le sujet le plus populaire pour la statuaire, avec des centaines de pièces produites chaque année ! »

« Ah bon. Hum… !? »

« Le design se raffine sans cesse ; ce modèle est la réplique de l'œuvre ayant remporté le grand prix du "Concours de la statue d'Héphaïstos", notre plus grand événement annuel ! Et le sculpteur, c'est moi ! »

Le roi lui-même a concouru et raflé la mise… !?

Y a-t-il pas eu un petit arrangement de cour… !?

« Reproduire à cette échelle demandait un savoir-faire typiquement nain ! Grâce à cela, nous tenons une pièce capable de rivaliser avec la statue de Bellarena des elfes, et j'en tire une fierté légitime ! Ha ha ha ha !? »

« …… »

« Qu'avez-vous, Saint ? Vous faites une drôle de tête depuis tout à l'heure… Vous n'auriez pas quelque grief contre notre statue d'Héphaïstos ? »

« Non, ce n'est pas un grief… »

Comment dire… C'est comme une dissonance entre réalité et idéal.

« J'ai déjà rencontré le vrai Héphaïstos, moi. »

« Eh !? »

« C'est lui qui m'a accordé mon pouvoir. »

Le dieu que j'ai croisé alors était un brave bonhomme tout à fait débonnaire.

Rien à voir avec cette statue de barbare guerrier qui se dresse devant moi.

« Qu-qu-qu-quoi !? Qu'est-ce que vous dites !? »

Quoi qu'il en soit, Edward est frappé de stupeur par ma révélation.

« Le Saint qui crée sans cesse l'impossible et nous laisse sans voix était donc l'élu de notre protecteur Héphaïstos !? »

Je ne l'avais pas dit ?

Ce n'est pas le genre de chose qu'on clame sur les toits.

« Tout s'éclaire ! Le Saint est l'être aimé par Héphaïstos, sommet de la création ! On pourrait même dire qu'il en est l'avatar ! Il est naturel qu'il dépasse l'entendement humain ! »

À la suite d'Edward, les nombreux nains présents s'agenouillent.

Ce sont ceux qui ont participé à la sculpture. Arrêtez.

Le site est bondé de visiteurs qui n'ont aucune idée de la situation !

……Mais comment ce bonhomme débonnaire qu'était Héphaïstos a-t-il pu se transformer en une telle divinité martiale une fois transposé en statue ?

Le marteau massif, la barbe touffue.

Ce ne sont-ils pas plutôt les attributs des nains eux-mêmes ?

Faute d'avoir jamais vu le visage du dieu, l'image s'est forgée par l'imagination et la tradition orale.

Puisque c'est une image née des nains, il est inévitable qu'elle leur ressemble.

Cette statue est moins l'effigie d'Héphaïstos que celle du Nain Parfait, leur idéal suprême.

Quoi qu'il en soit, elle tient la dragée haute à la statue de Bellarena de Mielal par sa vigueur et sa magnificence.

Ces deux statues guerrières, placées en avant-scène, forment un duo saisissant, comme les deux gardiens Niō qui veillent sur une porte, et ceinturent le festival d'une tension solennelle.

Elles sont indubitablement devenues l'enseigne de l'événement.

Bien sûr, le festival regorge d'autres pièces remarquables.

D'abord, la création de neige d'Elron, le véritable représentant des elfes de la ferme…

« …Qu'est-ce que c'est que ça ? »

On devine que c'est de la neige, mais la forme s'affaisse, flotte, ondule…

…De l'art d'avant-garde ?

« Saint ! Ne trouvez-vous pas que c'est bien réussi ! »

Alors que je suis perplexe, Elron arrive.

L'auteur lui-même.

« Je m'en vante, c'est une réussite ! J'ai exprimé la beauté naturelle telle qu'elle est, en utilisant la neige comme matériau ! Le titre : "Distorsion de neige - Uruhyā" ! »

C'est d'une obscurité totale…

« Heu… mon esprit de création est trop limité pour saisir l'intention d'une œuvre si raffinée… »

« Ne dites pas ce que vous ne pensez pas ! Une personne aussi riche en sens créatif que vous ne peut pas ne rien ressentir devant mon œuvre ! »

Ah, il me surestime.

La sculpture de neige d'Elron, poussée à l'extrême de l'hermétisme par une surcuisson intellectuelle, a pourtant ému certains visiteurs au point qu'ils se mettent à "communier avec l'univers".

D'autres œuvres encore s'élèvent…

Celle de l'équipe de traite des satyres, intitulée "Flux de lait". La blancheur de la neige et celle du lait s'y répondent dans une pièce empreinte d'émotion.

Celle de l'équipe brassicole dirigée par Bacchus, intitulée "Alcool". Un immense calice de neige dans lequel on peut verser et boire de l'alcool.

Celle de l'équipe gobeline, intitulée "Amour".

Celle de l'équipe orque, intitulée "Tourment".

Ainsi, la plupart des pièces exhalent une atmosphère bucolique, ce qui équilibre l'ensemble.

Si l'on n'avait eu que des œuvres d'elfes et de nains, cela serait devenu trop hermétique et hautain.

………………

Les étudiants en échange à la ferme ont aussi uni leurs forces pour une "œuvre de fin d'études", une pièce porteuse de leur âme.

Je n'en détaillerai pas le contenu ici. Une occasion plus appropriée se présentera.

Et cette occasion, c'est dès le prochain récit que je la raconterai…

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