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Isekai de Tochi wo Katte Noujou wo Tsukurou

Chapitre 486

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Chapitre 486

Chapitre 486

Chapitre 486/59182%~8 min de lecture1 562 mots

L'odén'ya que dirige Bacchus m'intriguait.

Bacchus est un demi-dieu, moitié dieu, moitié humain, qui vit depuis des milliers d'années.

On pourrait presque dire que c'est un dieu à part entière, mais c'est un amateur d'alcool sans pareil qui a consacré ces millénaires à brasser, boire et prêcher l'alcool — un véritable maître ès-boissons.

L'autre jour, on en est venu à dire que « pour vraiment savourer l'alcool, les accompagnements qu'on mange avec sont tout aussi importants », et il a ouvert un odén'ya à titre d'essai.

En tant qu'établissement proposant de bons sakés, c'est rien moins que Bacchus lui-même qui en a pris la direction.

Pour moi, rien que l'idée que ce dieu de l'alcool fasse du commerce de détail est source d'une angoisse extrême.

Dans l'optique de prévenir les ennuis, j'avais l'intention d'aller voir régulièrement comment ça se passait, mais entre le mariage d'Arowana-san et le mien, le scandale du régime du Roi-Démon et j'en passe, ça a fini par être relégué au second plan.

……

Je comptais vivre tranquillement et à ma guise dans ce monde, et je m'aperçois qu'au final je suis bien occupé.

Bah, considérons ça comme mon karma et acceptons-le.

Profitant du temps libre qui s'est ainsi présenté, je suis venu voir comment allait Bacchus.

Alors, comment l'odén'ya du dieu de l'alcool a-t-il changé pendant que je n'avais pas l'œil dessus ?

Est-il toujours aussi prospère ?

C'est ce que je me disais en jetant un coup d'œil à l'intérieur……

………………

Un conflit avait éclaté.

Dans un coin de la capitale démoniaque où se trouve l'odén'ya de Bacchus.

Là, des dizaines de mâles démons à l'allure résolue se toisaient mutuellement.

« Une guilde de pacotille qui s'prend pour ce qu'elle n'est pas ! »

« C'est notre réplique, chiens de la Chambre de commerce ! Croyez pas qu'on va vous écouter juste parce que vous faites parler le fric !! »

L'ambiance est très tendue.

Pourquoi chaque fois que je viens à cet odén'ya, la situation est-elle inextricable ?

« Oh, si ce n'est pas le Saint. Bienvenue. »

Au-delà des hommes qui se disputaient, le patron du magasin, le dieu de l'alcool Bacchus, faisait mijoter l'oden comme si de rien n'était.

« T'as pas montré ton visage ces temps-ci, j'étais inquiet. T'allais voir ailleurs ? »

« Toi non plus, tu pourrais bien passer à la ferme de temps en temps. »

Dès qu'il trouve quelque chose qui le passionne, il s'y consacre corps et âme.

C'est ça qu'il répète depuis des millénaires, le demi-dieu Bacchus.

On voit bien qu'il a hérité du sang d'un dieu céleste libertin.

« On aura le temps de papoter, mais quand on s'assoit, on commande d'abord, c'est la politesse. »

« Oui, oui. Alors daïkon, chikuwa, et atsu-age, s'il vous plaît. »

« Et l'alcool ? »

« Je bois pas en plein jour. Ma commande, c'est dans l'optique du déjeuner, et j'aurais même bien voulu du riz si y en a. »

Le bouillon de l'oden chez Bacchus est bien corsé, donc ça va parfaitement avec le riz.

S'il proposait des teishoku le midi, ça partirait à coup sûr.

Effectivement, du riz est arrivé.

Le riz blanc mangé en accompagnement de l'oden, c'est bon.

« …Au fait, c'est qui, ceux qui font un bordel pas possible devant la boutique ? »

Pendant que je me régalais de l'oden délicieux, devant la boutique, des types repoussants continuaient de se bousculer et de s'invectiver.

Comme ça, les clients auront du mal à entrer.

« Moi, ce qui m'intéresse, c'est juste de servir du bon alcool et du bon oden aux gens ! »

« Toujours intéressé que par ce qui t'intéresse, toi… »

Ce dieu, à chaque fois c'est comme ça, donc si on le prend au sérieux, la discussion n'avance pas.

Ici, il me faut un autre explicateur un peu fiable.

« Bérena. »

« Oui. »

Bérena, qui m'accompagnait, était en train de croquer dans un chikuwabu sur le siège d'à côté.

« Attendez un peu, le temps que j'aie fini de manger ça !? »

« Mange tranquillement. »

L'odén'ya de Bacchus étant dans la capitale démoniaque, pour m'y rendre, il m'est indispensable de me faire téléporter par un utilisateur de magie de transfert.

C'était le rôle de Bérena.

Et si on considère qu'il faut aussi qu'on me guide dans la capitale, Bérena, qui appartenait autrefois à l'armée du Roi-Démon, est tout indiquée.

« …… Merci pour le festin. …Bon, ceux qui se disputent devant la boutique, c'est probablement les gens de la Guilde des Izakaya, non ? »

« Ah, ils étaient déjà là l'autre fois… ? »

Ce sont ceux qui avaient mis la pression à Bacchus quand je suis venu à cet odén'ya la fois d'avant.

Dans la capitale démoniaque, quel que soit le métier, il y a ce qu'on devrait appeler une guilde d'entraide mutuelle, et on ne peut pas ouvrir boutique sans en être membre.

L'odén'ya de Bacchus s'était fait taper sur les doigts par la Guilde des Izakaya pour exercice illégal, mais…

« Ça s'est pas réglé quand Bacchus a révélé sa vraie nature ? »

« Pour les métiers liés à l'alcool, Bacchus-sama est le dieu tutélaire. Une dérogation a été acceptée et l'autorisation a été délivrée dans la foulée, si je me souviens bien. »

C'estさすがのBérena, qui a aussi géré les suites, elle connaît bien le dossier.

« Mais alors, le différent avec la guilde devrait être complètement résolu, non ? Pourquoi est-ce qu'ils refont un scandale devant la boutique ? »

« C'est sans doute du côté de l'autre partie qu'il y a une raison. »

L'autre partie ?

Ah oui, se disputer veut dire qu'il y a un adversaire avec qui les opinions s'entrechoquent.

Si on regarde bien, la foule d'hommes est scindée en deux camps qui se toisent comme pour un duel décisif.

« Ils se disputent avec la guilde… C'est qui, au juste ? »

« Si on savait ça, on comprendrait la raison du conflit, mais avant ça, un hanpen en plus, s'il vous plaît. »

Bérena a l'air d'aimer les produits à base de pâte de poisson.

« Pour moi, gobō-ten et shirataki. »

Grâce à la qualité de l'oden de Bacchus, la discussion n'avance pas d'un poil.

………………

« Phew, j'ai bien mangé, j'ai bien mangé… »

« On est bien rassasiés, hein. »

Une fois repus, nous intervenons enfin dans le conflit.

« Alors, vous vous battez pour quoi, les gars ? »

« C'est quoi, ce vieux !? Les gens de l'extérieur, dégagez !! »

Une furie incroyable.

J'ai essayé de m'interposer comme médiateur, mais ils n'écoutent même pas.

« Arrêtez vos conneries ! Si c'est comme ça, on va vous virer à coups de poing !? »

« Une guilde violente, ça fait tout de suite appel à la force. Si vous tenez absolument à le faire, vous allez comprendre que ce n'est pas seulement le pouvoir financier qui vous fait défaut. »

C'est pas bon, la tension a monté crescendo et c'est à deux doigts d'exploser.

À ce rythme, une bagarre générale va éclater juste devant la boutique de Bacchus.

« Dans ce cas… »

« Je les balaye à coups de sorts en rafale ? »

propose Bérena.

Elle est devenue drôlement solide, elle aussi.

Au pire, j'allais lui dire « Je compte sur toi ! » mais…

« Arrêtez, c'est pitoyable. »

Une voix a fait taire les voyous avant que quiconque ne réagisse.

Et moi aussi, je connais cette voix.

C'est…

« C'est pas M. Shaxus !? »

Le grand patron qui dirige la Chambre de commerce du pays démoniaque !

Celui qui fait affaire avec notre ferme et avec qui on est en bons termes, qu'est-ce qu'il fait ici ?

« Mais c'est donc le Saint. Je ne m'attendais pas à vous croiser ici… enfin, pas si inattendu que ça, en fait. »

M. Shaxus, m'ayant repéré, me salue respectueusement.

Toujours aussi perspicace, ce type.

« Puisqu'il n'y a aucune chance que vous ne soyez pas impliqué dans le restaurant que dirige Bacchus-sama. »

« Heu, restaurant !? »

C'est pas si grandiose que ça… !?

« Nos gens ont montré un spectacle désolant. Vous devez être déçu, Saint-sama, mais par égard pour moi, je vous prie de bien vouloir pardonner… »

« Non non non !? »

Si poli… !?

On s'attend à rien de moins du président de la Chambre, il fait les choses sans faille ?

« Du coup, ceux qui se disputent avec la guilde, c'est les gens de la Chambre ? »

« C'est fâcheux. Quel que soit leur rang au sein de la Chambre, comme ils ont l'occasion d'être vus par les clients, on leur apprend à toujours se comporter avec élégance pour ne pas gâcher l'humeur de la clientèle… »

L'éducation du personnel est poussée à fond, hein… ?

« Simplement, quand l'adversaire est la guilde, ça devient inévitablement brutal… Est-ce que la rudesse finit par contaminer quand on côtoie des voyous ? »

« Ououou !? C'est quoi, cette attitude !? »

Encore un nouveau personnage !?

« Tu parles avec trop d'aplomb pour un type comme toi, Shaxus ! Si tu continues à faire le malin, je te tabasse comme dans l'bon vieux temps ! Moi, le maître de la Guilde des Izakaya, Samijura ! »

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