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Isekai de Tochi wo Katte Noujou wo Tsukurou

Chapitre 277

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Chapitre 277

Chapitre 277

Chapitre 277/41167%~7 min de lecture1 335 mots

Je m'appelle Riteseus.

Un homme du peuple, sans rien de particulier.

J'ai dix-sept ans cette année.

Né de parents villageois tout à fait ordinaires, dans un village sans histoire, j'ai grandi comme le troisième d'une fratrie de cinq, celui du milieu, tout à fait banalement.

Pour un village de campagne du Royaume des Hommes, nous étions pauvres, au sens le plus basique du terme : pas de quoi nourrir tous les frères et sœurs.

C'est moi, le plus ordinaire, qu'on a mis en service, et qui a dû quitter le village.

Mon lieu de service ? Le manoir du seigneur.

Par une suite de hasards, j'ai fini par travailler dans une demeure fort impressionnante, mais le seigneur est un homme excellent, qui m'a pris sous son aile.

C'est là le seul point qui sorte de l'ordinaire.

Sous les ordres du seigneur, j'ai travaillé dur et grandi en tant que valet de chambre, jusqu'à atteindre un niveau respectable.

Et maintenant, devant moi se dresse enfin un problème qui n'a rien d'ordinaire.

***

C'était un certain jour.

Le seigneur est rentré le visage livide.

Une mine à faire comprendre au premier coup d'œil qu'il s'était passé quelque chose de grave.

Qu'est-ce qui a bien pu arriver ?

Ce jour-là, il était sorti pour répondre à une convocation du bureau d'occupation des démons.

Cela fait déjà un an que nous, le peuple humain, avons perdu la guerre contre les démons.

Pourtant, ces derniers ont mis en place un système de domination d'une générosité qu'on n'attendrait pas d'envahisseurs ; on vit même plus facilement que du temps où le roi des hommes et le clergé faisaient leur loi.

La quasi-totalité du peuple humain accueille favorablement les démons.

Les seigneurs de l'ancien Royaume des Hommes ont conservé leur administration, et je me disais qu'il n'y avait pas de quoi s'inquiéter pour mon seigneur, que je respecte, qui a survécu au bouleversement politique...

Mais aujourd'hui, quelque chose s'est enfin produit.

« Riteseus ! De l'eau. Apporte-moi de l'eau... »

Dès son retour, le seigneur s'affale sur le canapé.

Il a l'air sérieusement secoué.

Pour l'instant, j'obéis et lui sers de l'eau.

« Buvez calmement, s'il vous plaît. »

« Puhah ! ... Encore un verre ! »

Je lui dis de boire calmement, et il l'avale cul sec avant d'en redemander.

Il est vraiment dans un état pitoyable.

Mon seigneur, d'habitude si calme, si bouleversé... Qu'est-ce que les démons ont bien pu lui dire ?

« ... Ils ont enfin montré leurs crocs. »

« Hein ? »

Après trois verres bus d'une traite, le seigneur retrouve enfin un semblant de calme.

Pourtant, la sueur continue de jaillir de tout son corps, et il s'essuie le visage en toute hâte.

« Les démons, ils ont d'abord fait les braves gens pour s'approcher... ! Mais au fond, ils cachaient une nature cruelle ! C'est sûr, ils comptent exterminer le peuple humain !! »

« Seigneur, calmez-vous... ! Qu'est-ce qui s'est passé exactement ?! »

Je sers le seigneur comme valet favori.

Il dit que je suis assez perspicace pour être utile.

Écouter ses confidences ou ses doléances pendant son temps privé fait aussi partie de mon travail.

Mais c'est la première fois que je le vois perdre ses moyens à ce point.

« Qu'est-ce qu'on vous a dit au bureau d'occupation ? »

D'après la politique d'occupation qu'on a vue jusqu'ici, les démons ne devraient pas exiger l'impossible...

« ... Ils ont exigé qu'on leur livre... »

« Livrer ? »

« Quoi ? »

« Des gens. Des jeunes, capables et talentueux, en grand nombre... »

« ? À quoi ça sert, de faire ça ? »

« Je n'en sais rien ! Même quand j'ai demandé, ils n'ont pas répondu en détail ! Mais ils ont dit que l'ordre était absolu... !! »

Refuser, c'est s'exposer à on ne sait quelle représaille.

En fait, l'armée du Roi Démon est l'occupante du Royaume des Hommes ; si elle le veut, elle peut prendre n'importe quelle mesure de rétorsion.

« Les talents sont le trésor du pays ! Pourquoi les démons veulent-ils nous les voler !? Serait-ce pour en faire des sacrifices !? Pour nourrir les monstres féroces qu'ils élèvent !? »

Calmez-vous, Seigneur.

Il est vrai qu'on dit que les démons contrôlent des monstres, mais à en croire les rumeurs, ce serait limité à quelques-uns, des humanoïdes de bas rang.

Difficile d'imaginer que de tels monstres aient besoin de sacrifices humains.

Même s'ils ne nous mangent pas, passer sous la coupe de l'ancien pays ennemi et subir un sort à peine meilleur n'est pas exclu.

J'ignore à quelle fin les démons réclament des talents humains...

« Ceux qu'on livrera devront se préparer à un sort hors du commun. »

Et le peuple humain, vaincu, ne peut pas refuser la demande.

« ... C'est exact. Quoi qu'on fasse, nous n'avons d'autre choix que d'obéir. Livrer exactement ce qu'on exige. Des jeunes débordant de force, doués de sagesse, pleins de talent... »

Le seigneur marmonne, inquiet.

« Dis, Riteseus... ! Dans mon domaine, un jeune prometteur comme ça, il n'y en a pas qu'un seul !? »

Je vois.

Je comprends l'inquiétude du seigneur.

« Mon fils Sardakès n'est-il pas le seul !? »

Le seigneur a un fils.

Un fils unique.

Mon seigneur est doux, bon homme. Comme dirigeant, il a le jugement nécessaire. Mais il y a un seul point où il perd tout discernement.

Tout ce qui concerne son fils unique, Sardakès.

Né sur le tard, c'est son trésor, et il le gâte outrageusement.

Moi aussi, il m'a choyé.

C'est maintenant qu'il faut lui rendre la belle !?

« J'y vais. »

Ça m'est venu naturellement.

« Les démons demandent des jeunes, non ? J'ai dix-sept ans. Je remplis la condition de base. Quant au talent, ça ne se voit pas sur le visage, on pourra faire semblant. »

« Cependant, si tu y vas, tu ne reviendras peut-être jamais, tu sais ? »

Le seigneur s'inquiète pour moi aussi.

C'est pour ça que je suis prêt à risquer ma vie pour lui.

De toute façon, à la base, je ne suis qu'un villageois, une vie comme une autre, qui ne vaut pas cher.

***

Et le jour convenu arriva.

Je partis en tant que représentant de mon domaine.

Apparemment, chaque domaine devait fournir un jeune talentueux comme représentant.

Mon départ a réuni un cortège digne de ce nom.

La plupart étaient là pour plaindre celui qui s'engageait sur la route de la mort...

Parmi les rares exceptions...

« Hé, Riteseus. Tu dois être content de prendre ma place, non ? »

C'était ce Sardakès.

Le fils du seigneur.

Il doit avoir un an de plus ou de moins que moi, je crois.

« T'as toujours été un type insupportable, mais je savais pas que tu me servirais comme ça ! Mourir à la place de ton maître, quelle loyauté ! Je te félicite ! »

À force d'être gâté par son père, il est devenu un parfait fils à papa.

Quand je pense qu'un type pareil doit devenir le prochain seigneur, je m'inquiète pour l'avenir du domaine.

D'une certaine façon, je m'inquiète plus pour l'avenir de ce domaine que pour mon propre sort sous les démons.

« Père m'avait dit de te garder comme bras droit un jour, ça me dégoutait d'avance. Mais là, c'est parfait ! Ma vie est sauve, et l'importun crève. Le dieu Zeus bénit mon avenir !! »

Si un tel type devient vraiment le prochain seigneur, qu'adviendra-t-il de ce domaine ?

Même si je dois y laisser la vie chez les démons, je risque de revenir hanter les lieux par regret.

« Messieurs, je vous confie la suite... »

« C'est entendu. Nous ferons de notre mieux pour rééduquer le jeune maître... »

Confier mes camarades valets à l'avenir, je partis.

Non vraiment, alors que c'est peut-être un adieu pour l'éternité, quelle séparation bâclée.

Je me demande quel traitement m'attend chez les démons ?

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