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Isekai de Tochi wo Katte Noujou wo Tsukurou

Chapitre 1513

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Chapitre 1513

Chapitre 1513

Chapitre 1513/153998%~9 min de lecture1 647 mots

Je suis la propriétaire.

J'officie en tant que gérante de cette auberge thermale, le « Deus Ex Machina ».

Mon origine ? Automate.

Pour le dire simplement : une poupée qui se meut de sa propre volonté.

Pourquoi un automate en gérante d'auberge thermale ?

L'histoire serait longue.

Autrefois, nous avons été créés par un certain marionnettiste.

Dans quel but ? Que comptait-il faire de nous, ses créations ?

À présent, nous autres, les créés, l'ignorons encore.

Toujours est-il que le marionnettiste lui-même, après avoir donné vie à une multitude d'automates, a fini par quitter ce monde.

C'est le Saint qui nous a sauvés, nous qui étions restées sans créateur ni but, simplement abandonnées à l'existence.

Moi, jetée comme un déchet, et bien d'autres automates : il nous a récupérés, réparés, et nous a donné une mission.

Celle d'aider les gens.

C'est aussi par son pouvoir qu'il a fait évoluer notre existence, nous rendant quasi indiscernables des humains.

Au début, nous travaillions comme aides à la Ferme, mais par la suite, plusieurs dizaines d'entre nous ont rejoint cette auberge thermale pour y œuvrer.

Cet établissement a été bâti avec le plus grand soin par le Saint lui-même.

M'en voir confier la gestion est, pour nous qui avons reçu la vie de sa part, l'honneur suprême.

Cela fait… plus de dix ans, déjà.

Nous, le groupe des servantes-automates thermales, avons uni nos forces pour protéger cette auberge tout ce temps.

En à peine dix ans, il s'en est passé, des choses.

Au début, cette auberge était la seule du coin, mais bientôt, des établissements similaires ont poussé les uns après les autres tout autour.

C'était inévitable pour répondre à la demande qui flambait.

Car les sources d'ici se sont fait connaître largement, principalement par le bouche-à-oreille des clients satisfaits.

Beaucoup de nouveaux clients sont venus, attirés par la rumeur, et les habitués sont légion.

Notre auberge avait été dimensionnée pour accueillir de grands groupes, pourtant elle débordait encore ; l'apparition d'établissements concurrents s'imposait donc par nécessité.

Au départ, on a discuté de savoir si le Saint devait piloter lui-même la construction des nouvelles auberges, mais au terme des débats, c'est finalement par des capitaux du Royaume des Démons, via la Compagnie Pandémonium entre autres, qu'elles ont été érigées.

La Ferme n'avait pas non plus la marge de manœuvre pour tout assumer, et l'on a jugé que tout faire gérer par la Ferme nuirait au développement global du monde… tel fut le consensus.

Nous aussi, avoir des rivaux aux alentours nous a stimulées, aiguisé notre fierté professionnelle, donné l'envie de progresser chaque jour.

Un, deux, puis d'autres établissements thermaux ont vu le jour, et la unique auberge d'origine a grandi pour devenir un quartier thermal.

C'est à cette époque que notre auberge a pris l'enseigne « Deus Ex Machina ».

S'il n'y en avait qu'une, « auberge thermale » suffisait comme nom, mais dès qu'elles se côtoient, il faut un nom pour se distinguer.

À ce moment-là, nous, le personnel, avons mis en commun nos idées pour en choisir un.

« Ghost in the Shell », « Low Zen Maiden » et bien d'autres propositions ont fleuri, toutes de bons noms, mais c'est « Deus Ex Machina » qui a remporté la majorité.

Aujourd'hui, c'est un bon souvenir.

Bien sûr, ces dix années et plus à protéger cette auberge n'ont pas été un long fleuve tranquille : joies et peines, une suite ininterrompue de rebondissements.

Des rivaux de part et d'autre, pas une seconde de répit.

Même si nous sommes la première, l'originale, avec une notoriété acquise, le commerce a cela de terrifiant qu'un seul moment d'inattention suffit à se faire renverser.

Jour et nuit, nous nous sommes acharnées à ne pas laisser faire faillite cette auberge confiée par le Saint.

Les repas, chaque jour, le meilleur qui soit.

Sélection rigoureuse des fournisseurs dès la matière première, concertations répétées avec les cuisiniers-automates, et le luxe poussé aussi loin que le temps et le budget le permettaient.

Nous avons aussi testé le buffet au petit-déjeuner, mais l'avis selon lequel un petit-déjeuner d'auberge se doit d'être japonais a surgi, et nous avons pas mal hésité.

L'auberge a connu maintes réparations et rénovations.

Dix ans, c'est long pour un bâtiment.

Pour la charpente, ce sont généralement les Orcs de la Ferme qui viennent prêter main-forte, mais il m'est aussi arrivé de prendre moi-même le marteau pour réparer.

À cette époque, cette auberge n'était plus seulement un dépôt confié par le créateur.

La certitude qu'elle était *notre* lieu à nous, enracinée, avait fini par naître.

Nous ne sommes que des automates, des mécaniques à l'origine dépourvues de vie ; pourtant, quand nous tenons notre château qu'est l'auberge thermale « Deus Ex Machina » et que nous faisons face aux sourires des gens, nous ressentons une plénitude incomparable, le sentiment d'être vivantes.

C'est sans doute pour nous faire goûter à ce réel que le Saint nous a confié cette auberge.

La famille du Saint, encore aujourd'hui, vient séjourner ici à raison d'une fois par an.

Accueillir le Saint et les siens ce jour-là est devenu, pour nous, un rite important de retour aux sources.

Et voilà, une dizaine d'années plus tard.

Notre « Deus Ex Machina » jouit d'une excellente réputation auprès de la clientèle, et ce ne sont plus seulement les démons, notre clientèle initiale, qui viennent : humains, sirènes, font le voyage de loin.

Notre note n'est jamais descendue de cinq étoiles, et nous avons remporté le Grand Prix du Concours des auberges thermales organisé par l'Association des thermes d'autres mondes cinq années de suite, décrochant ainsi une place au Panthéon.

Une évaluation excessive qui nous comble d'émotion.

Aujourd'hui encore, pour nos clients et pour ce quartier thermal, nous continuerons à nous user à la tâche.

Jusqu'au jour où les engrenages qui tournent en moi s'arrêteront…

« Propriétaire, propriétaire… »

Tiens, c'est Fravius, l'une de nos servantes-automates.

Qu'y a-t-il ? L'heure du départ n'est pas encore venue, non ?

« Un client… difficile vient d'arriver. »

Ah bon ? Ils s'étaient fait rares, ces derniers temps.

Les soucis n'ont pas de fin, ma foi.

Bien compris. Le client est à la réception ?

Quand j'arrive à l'entrée de l'auberge, une petite bande de cinq hommes au look pour le moins inquiétant m'attend.

Mince, quelle mauvaise allure.

« Hé hé, c'est toi la patronne ici !? Pff, une femme aussi falote qui dirige, c'est une auberge de mauviettes, ça ! »

Mince, quelle voix portée.

Je vous prie de garder le silence. Nos clients passent un moment paisible ici.

« Aujourd'hui, on t'apporte une bonne affaire. Cette auberge, on te la rachète. »

Oh, oh.

« C'est pas une bonne affaire, ça ? Le prix… disons cette somme. T'inquiète pas, vous continuez à bosser ici. Comme nos sbires ! »

Faire du commerce implique de croiser la route de ce genre d'individus.

Des requins de l'immobilier, c'est ça le terme ?

Depuis quelques ans, la gestion de l'auberge thermale va bien, alors forcément, des gens cherchent à surfer sur la dynamique d'un secteur porteur.

Qui plus est, au lieu de bâtir from scratch, ils tentent de s'accaparer ce que d'autres ont déjà construit.

Vraiment… des gens qui cherchent la facilité.

Et cette somme, en plus ?

Avec un montant pareil, on ne pourrait même pas privatiser l'auberge pour une seule journée. Commencez par étudier les prix du marché, voulez-vous ?

« Ferme-la, j'ai pas l'intention de marchander. Vous vendez au prix qu'on dit, point barre. »

Une interlocutrice avec qui le dialogue est impossible.

Vous parler revient à discuter avec une poupée. Alors que la poupée, c'est moi.

« Tu sais ce qui t'attends si tu refuses ? Toi non plus tu veux pas te faire mal, hein ? Et vos PRECIEUX CLIENTS risquent d'en prendre pour leur grade. Vos beaux souvenirs risquent de virer au cauchemar, vous savez ? »

Un rire gras.

C'est comme ça qu'ils croient m'intimider ?

Malheureusement pour eux, ce genre de troupeau débarque chez nous depuis des années. Sans invitation.

Pour l'instant, l'industrie thermale est encore novelty, et notre auberge court en tête.

Ils doivent penser qu'en nous raflant, ils empocheront une fortune sans effort.

Anciens aventuriers reconvertis, anciens de l'armée du Roi des Démons, gens du milieu : ils débarquaient à raison d'une fois par semaine, voire tous les trois jours aux pires moments, et nous ont passablement ennuyés, j'en garde le souvenir.

Récemment, ils s'étaient faits beaucoup plus rares…

… Hein ? Pourquoi ils ont disparu, dites-vous ?

Mais bien sûr : les nuisibles, ça s'extermine.

« Hé hé, quoi ? T'as la trouille ? Ta voix sort plus ? Faudra que tu gueules pour comprendre votre place, GYAAAAAAAH !? »

Oh, le joli cri.

Un visage aussi féroce, et une voix de demoiselle qui s'égosille.

« H-Hwaaa ? Qu'est-ce que c'que c'que toi ? Ton poignet qui se barre ? Y a un truc qui sort ? Quoi ? »

Eh bien oui, c'est ce qu'on appelle un pistolet dissimulé.

Intégrer une arme dans son corps, c'est la base de l'étiquette des automates.

C'est nostalgique… il y a encore quelques années, on exterminait comme ça les nuisibles qui venaient squatter l'auberge.

Je croyais les avoir tous éradiqués, mais les nuisibles, ça repart toujours si on leur laisse du temps.

Fravius, Paulman, Angelmus, vous m'aidez ?

Aujourd'hui, on déclare la journée de la grande désinsectisation.

« GYAAAAAAH !? C'QUOI CES TYPES !? DES ARMES QUI SORTENT DE PARTOUT !? »

« Courez, courez ! Si on reste, on va se faire tuer ! »

« C'QUI A DIT QU'ON GAGNAIT FACILE !? C'PLUS DANGEREUX QUE LA MORT ICI ! »

Hou hou hou, ils fuient, ravie.

Dans l'élan, courez jusqu'à chez vous. Les nuisibles, il faut raser le nid.

Et c'est ainsi que l'auberge thermale confiée par le Saint connaît aujourd'hui encore paix et sécurité.

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