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Isekai de Tochi wo Katte Noujou wo Tsukurou

Chapitre 1504

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Chapitre 1504

Chapitre 1504

Chapitre 1504/153998%~9 min de lecture1 743 mots

Je m'appelle Junior, et je suis actuellement en pleine dérive.

Après tout, quand on se fait jeter en plein océan, c'est l'évolution naturelle des choses.

Le monstre marin Kêtos-san, qui m'avait porté à la nage jusqu'ici, était d'une politesse irréprochable du début à la fin, et son travail d'une précision chirurgicale. Je me disais qu'on pouvait lui faire confiance les yeux fermés…

Mais à la toute fin, il a fait une boulette monumentale !

Abandonner son passager sous prétexte d'une attaque, c'est quand même un peu fort !?

… Ceci dit, vu que Kêtos-san a guidé les agresseurs loin de moi, m'évitant d'être mêlé à l'affrontement, c'était peut-être le jugement le plus approprié ?

N'empêche, me larguer en plein milieu de l'océan, c'est pas l'idéal non plus !

Pour l'instant, je ne coule pas du tout.

Grâce à mon « Porteur Ultime », je peux me tenir debout sur la surface de l'eau.

Du coup, pas de risque de noyade ni d'hypothermie… mais cela ne veut pas dire que je suis tiré d'affaire pour autant.

Parce qu'ici — point maritime ? — l'horizon s'étend à 360 degrés dans toutes les directions.

Impossible de savoir où se trouve la terre ferme.

Pourtant, si je parviens à déterminer ne serait-ce que ma position approximative, je peux me repérer grâce au soleil et aux étoiles, et avancer lentement vers le continent supposé. C'est tout ce qu'il y a à faire.

Mais je viens à peine de rentrer du monde des dieux, et je n'ai pas la moindre idée de ma position générale.

Si je me trompe de sens et que je pars dans la direction opposée au continent, c'est la fin.

Même mon vocabulaire disparaîtrait face à l'enjeu vital.

Le « Porteur Ultime » n'est pas tout-puissant non plus.

Je peux marcher sur l'eau, voler dans les airs.

Mais marcher comme voler consomme de l'endurance.

Si je m'épuise en route ?

Le « Porteur Ultime » demande un minimum de concentration pour rester actif. Si je perds connaissance, c'est direct le fond des mers.

Donc il faut choisir ma direction avec une extrême prudence, sauf que les indices sont quasi inexistants.

Nulle part où aller, impossible d'avancer.

C'est un cul-de-sac dans les huit directions inversées.

Une prison sans barreaux, exactement.

« Hum… c'est pas encore plus grave que je l'imaginais ? »

La menace de l'océan dans toute sa splendeur.

La meilleure option actuelle, c'est de ne pas bouger. Mais même ça ne résout rien, ça se contente d' « éviter d'aggraver la situation ».

Et le statu quo n'est pas éternel.

Mon endurance baisse petit à petit pendant que je reste là, j'ai faim, j'ai soif. La consommation est juste plus lente que si je me démenais bêtement… c'est tout.

Une situation aussi critique… c'est exactement ce qu'on appelle la dérive !

Je dérive !!

C'est ça, la dérive dont tout le monde parle !

Je n'aurais jamais cru vivre ça en vrai !

Est-ce que ça fera une bonne expérience pour mon voyage d'entraînement ?

Non… à ce rythme, ça risque de devenir le point final de ma vie tout court !

Il faut que je m'en sorte sérieusement !

D'abord, assurer ma survie, c'est la priorité absolue.

Vu les circonstances, il faut prévoir le long terme.

Parce que c'est de la dérive, bon sang ! De la dérive !!

Ce qui compte pour survivre, c'est la nourriture et l'eau.

Mon champ de vision déborde d'eau de mer, mais impossible d'en boire.

Mon père me l'avait appris un jour.

— « L'eau de mer contient du sel. Plus tu en bois, plus tu as soif. En plus, ton taux de sel monte en flèche et ça met ta vie en danger. »

— « Du coup, si t'es obligé de boire de l'eau de mer… »

D'abord, je scoope l'eau de mer avec ma main.

Le « Porteur Ultime » réagit et sépare l'eau douce du sel.

Je ne bois que l'eau douce.

Le sel restant, je le renvoie à la mer, ou j'en lèche une infime quantité.

Une technique rendue possible parce que mon père et moi possédons des capacités du même système : « Porteur Suprême » et « Porteur Ultime ».

J'ai sécurisé de l'eau, mais l'homme ne vit pas d'eau seule.

Il faut manger des aliments solides pour absorber divers nutriments.

Je sors donc ce fil de pêche.

Même en voyage, j'emporte toujours divers outils pour les imprévus.

Au bout du fil fin et résistant, un hameçon courbé est attaché.

Je le lance, il tombe *plouf* à la surface, puis coule *zuruzuru* tout droit.

Pourquoi coule-t-il sans plomb ?

C'est encore un effet du « Porteur Ultime ».

Au bout d'un moment, j'ai une « touche ».

Je réagis instantanément et je tire… oui ! Un poisson !

« Une sardine !! »

C'est bien la sardine, elle est partout ?

Canne à pêche, appât, rien de tout ça, et pourtant la pêche fonctionne. De quoi décontenancer n'importe qui, mais c'est grâce à ma capacité.

Le « Porteur Ultime » tire le potentiel maximal — et au-delà — du fil et de l'hameçon, si bien que plombs, leurres et canne deviennent superflus.

Un vrai pêcheur hurlerait au sacrilège, mais avec ma capacité, tout est permis… je m'en rends compte à nouveau.

Bref, faut que je cuisine ce poisson vite fait avant qu'il ne perde sa fraîcheur.

Place à la cuisine.

Mon sac contient un couteau. C'est polyvalent, un couteau.

Avec ça, n'importe quelle viande se transforme en plat délicieux en deux temps trois mouvements.

Je le vide prestement, retire les entrailles, fais griller la chair pour la manger… sauf qu'en pleine mer, impossible de faire du feu.

Même le « Porteur Ultime » ne peut pas faire cohabiter des attributs opposés.

Pas le choix, ce sera cru.

L'intoxication alimentaire fait peur, mais le « Porteur Ultime » neutralise bactéries et parasites pathogènes.

J'assaisonne juste avec le sel extrait de l'eau de mer…

… Ouais.

C'est bon.

C'est de la bouffe de survie, donc c'est pas un festin royal non plus.

Désolé, petite sardine.

Dans de meilleures conditions, je t'aurais cuisinée au sommet de la gourmandise. Manger une vie, c'est l'honorer en la rendant la plus délicieuse possible, mais là, c'est le mieux que je puisse faire.

Cela dit, sans le « Porteur Ultime », je n'en serais pas là.

Vraiment, le « Porteur Ultime » permet n'importe quoi, ça fait froid dans le dos.

La plupart de ces utilisations, c'est mon père qui me les a apprises.

Comment extraire l'eau douce de l'eau de mer, comment pêcher, comment couper l'eau pour marcher, courir dessus…

D'ailleurs, petit, j'ai déjà fait de la course sur l'eau avec mon père.

À l'époque, mon père faisait attention à son poids, il bougeait son corps exprès. Pourtant, le travail à la ferme lui assurait déjà une sacrée dose d'exercice.

Maintenant que j'y pense, mon père a bâti la ferme à partir de rien, sur une terre en friche. Il a forcément surmonté ce genre de situation tout seul, au début.

Ça me fait réaliser encore plus à quel point mon père est incroyable.

… Haa, je n'aurais jamais cru que cette dérive imprévue me donnerait l'occasion d'y repenser.

Mais ça n'enlève rien au fait que je suis dans une merde noire.

Même si j'arrive à me nourrir en survie, je ne peux pas rester comme ça éternellement.

Surtout que j'ai l'obligation de rentrer à la ferme pour hériter de tout ce que mon père a construit.

Je ne peux pas passer ma vie en ermite des mers, style moine-phoque !!

Faut absolument que je trouve un moyen d'atteindre la terre ferme !

Mais bon, même en regardant bien, y a que de l'eau de mer. Pas un îlot, pas même l'ombre d'un navire qui traverse.

Si j'améliore ma vue avec le « Porteur Ultime »… non, impossible.

Pour cibler cet effet, il faudrait toucher mes propres globes oculaires avec mes doigts. Ça fait mal, et c'est trop flippant.

En plus, même avec une vue surhumaine, l'horizon masque ce qui est derrière. C'est pas une question d'acuité visuelle.

Hmm, si j'étais plus haut, je pourrais voir plus loin.

Étirer ma taille avec le « Porteur Ultime »… n'importe quoi.

La taille, ça ne pousse pas du jour au lendemain, et même le « Porteur Ultime » ne peut pas me refiler une poussée de croissance géante.

Surtout, une fois grandi, je ne pourrais plus rapetisser. Ça, c'est trop terrifiant.

Rentrer vivant de la dérive mais retrouver un fils de deux mètres quarante… mon père et ma mère en penseraient quoi ?

Norito, lui, serait plié en deux de rire.

Hmm, hmm, y a pas une autre idée… ?

Hmm, hmm, je réfléchis, je rumine, je médite en silence…

Et au moment où le jour commence à pencher… enfin…

« C'est ça ! Il suffit de voler !? »

Pourquoi je m'en suis pas rendu compte plus tôt !?

Je peux voler en agrippant l'air pour que le « Porteur Ultime » agisse dessus.

Si je prends de l'altitude, je pourrai voir au-delà de l'horizon, invisible depuis le niveau de la mer !!

Une fois qu'on y pense, c'est d'une simplicité déconcertante.

J'en suis même à m'étonner de ma propre lenteur d'esprit.

Le « Porteur Ultime », qui a l'air omnipotent et invincible, ne sert à rien si l'imagination de son utilisateur est pauvre. Preuve en est.

Je réalise que je manque encore cruellement d'entraînement.

Mais maintenant que j'ai trouvé la parade, faut passer à l'acte illico.

J'active le « Porteur Ultime » et m'envole haut dans le ciel.

« Ohhh ! Je vois ! Je vois super loin !! »

Depuis ma haute altitude, mon champ de vision s'élargit encore.

Hyaa, quelle vue.

Faut pas que je m'extasie, ce qu'il me faut, c'est repérer la terre.

Point de vue relevé, portée visuelle élargie. Je devrais pouvoir dénicher une terre plus lointaine.

Si je vois rien, je monterai encore plus haut pour élargir le champ… tiens.

Ah, c'est Kêtos-san et ce Persée qui lui cherche des noises. Ils se battent encore.

Là-bas, je m'en fiche…

……

… Ah.

Y estaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa !!!

Une île !

Y a une îleeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeee !!!

C'est pas le continent, mais c'est de la terre ferme, ça suffit !

Même si c'est une île déserte, pouvoir me reposer double mes chances de survie !

Direction cette île, tout de suite, en ligne droite !

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