Je m'appelle Orkbo.
Je suis le fidèle serviteur du saint Kidan-sama.
J'appartiens à la légion des orcs.
Je suis considéré comme un ancien, mais pour une raison inconnue, malgré la présence de plusieurs collègues de ma promotion, je me suis retrouvé sans m'en rendre compte comme le représentant de l'équipe des orcs.
Ce n'est pas que j'aie souhaité ce rôle, mais既然 qu'on me l'a confié, je donne le maximum chaque jour.
Les compagnons de la ferme sont mes frères.
Les ennemis du saint sont mes ennemis.
C'est avec ces sentiments que je travaille jour après jour, et mes camarades ont fini par m'appeler « l'Orkbo silencieux ».
Pourquoi donc ?
Je n'ai pas l'intention d'être particulièrement muet, pourtant……
L'équipe des gobelins dirigée par Gobu-kichi est souvent comparée à la nôtre car nous sommes tous deux des groupes de monstres, mais nous nous entendons bien.
Surtout avec le chef, « Gobu-kichi des vagues chaotiques », qui est mon camarade d'armes depuis les débuts de la ferme.
C'est grâce à notre travail d'équipe minutieux que nous avons pu soutenir le saint sans incident majeur jusqu'à aujourd'hui, et j'en suis fier.
Bref, moi qui suis ainsi, je me lance dans une certaine tentative depuis l'hiver.
La construction d'un navire.
La ferme du saint est proche de la mer, et il est coutume que ceux qui ont les mains libres aillent sur la plage ramasser des algues et des coquillages.
Jusqu'à ce qu'on creuse le canal, l'eau de mer dont le saint avait enlevé le sel grâce à son pouvoir sacré était la seule source d'eau stable, et la mer est une source de bénédictions précieuse.
Le plan cette fois, c'est d'en tirer une bénédiction encore plus grande depuis la mer.
Si nous utilisons un bateau pour aller au large, nous pourrons pêcher des espèces de poissons qu'on ne pouvait pas attraper jusqu'ici, et en plus grande quantité.
La population de la ferme a augmenté, et tenter d'augmenter les récoltes n'est certainement pas inutile.
« Hein ? Pour les poissons de mer, il suffit qu'on redevienne sirènes pour aller les attraper, non ? »
m'a dit Madame Platy.
Mais quand même, je le fais ! C'est dans le défi que réside la valeur !!
Ai-je insisté pour faire passer mon idée.
Mieux vaut avoir beaucoup de moyens et d'options, non ?
À la base, nous les orcs sommes grands et forts. En exploitant cette caractéristique, assembler et construire de grosses structures est devenu notre travail principal.
Le manoir où le saint dort et se réveille, le canal dont je parlais tout à l'heure, c'est sous la direction du saint que nous, orcs, avons uni nos forces pour les construire.
Grâce à cela, nous avons accumulé de l'expérience et de la technique, et le dortoir des monstres où nous dormons et nous réveillons nous-mêmes a été construit par nos soins en nous basant sur ces acquis.
Mais pour un bateau, ça ne va pas si simple.
La construction navale exige des techniques qui n'existaient ni dans la construction de maisons ni dans celle de canaux, et nous devions les acquérir à tâtons.
Le seul bateau digne de ce nom que j'aie jamais vu, c'est celui sur lequel est arrivée Astarès-dono, devenue depuis la reine des démons.
Mais Bati-dono m'a dit qu'il utilisait la magie comme propulsion, donc il n'était pas très utile comme référence.
Finalement, pour les parties essentielles, j'ai reçu les conseils du saint et j'ai fait avancer la construction.
Vraiment, l'étendue et la profondeur des connaissances du saint n'ont pas de fin.
Des choses comme poser une quille, une pièce de bois droite au centre de la coque pour augmenter la solidité, ou suspendre un grand tissu sur le bateau pour capter le vent et avancer, je n'y aurais jamais pensé de moi-même.
Grâce à cela, nous avons réussi à terminer le navire.
Notre grand esprit de défi a porté ses fruits.
Nous avons répété essais et erreurs tout l'hiver, et au final c'est le printemps qui est arrivé, mais c'est la période où la vie marine se fait plus abondante.
Allons-y, partons avec ce bateau et pillons les poissons du large !!
« L'écosystème va s'effondrer si vous pêchez les alevins, c'est non, d'accord ? »
Madame Platy m'a gentiment mis en garde.
Après plusieurs navigations d'essai qui ont confirmé la sécurité, appareillage !
Sur la plage, ceux qui avaient les mains libres sont venus spécialement nous voir partir.
« N'allez pas trop au large, hein ? Gardez toujours la terre en vue ? Vous avez pris la boussole ? La boussole, ce n'est pas un truc qui cause des embouteillages, hein !? Les citrons chargés à bord, mangez-en bien chaque jour, d'accord ? Sinon vous chopperez le scorbut ! »
Le saint s'est fait un souci extrême.
C'est quelqu'un d'assez anxieux, cet homme.
Ce n'est pas comme si on allait pêcher pendant des jours. On prévoit de rentrer dans la journée.
« Si vous vous perdez en mer, demandez de l'aide à une sirène qui passerait par là. J'ai saupoudré un philtre d'identification personnelle sur le bateau, donc on saura tout de suite que vous êtes mes connaissances. »
Madame Platy.
Votre sollicitude m'honore.
Ce qu'on a préparé cet hiver, ce n'est pas seulement le bateau !
Des cannes à pêche faites avec du bambou ou je ne sais quoi que le saint cultive dans le donjon de la montagne. Et plein de filets faits avec de la paille de riz récoltée dans les rizières !
Dix membres recrutés dans l'équipe des orcs montent à bord.
Avec ça, nous allons absolument réaliser une pêche miraculeuse !
…………
Et trois jours après l'appareillage.
Nous nous sommes perdus.
On ne sait pas où on est.
Le fait qu'on voie encore la terre est notre seul bonheur, mais cette terre a un relief complètement différent de la ferme où nous vivons.
On ne sait pas par quel côté longer la côte pour revenir à la ferme, et du coup nous sommes bloqués en mer.
Le saint a dit qu'en cas comme celui-là, il suffit de regarder la boussole pour vérifier la direction à suivre, mais j'ai oublié d'apprendre à la lire avant de partir.
Une erreur impardonnable.
En fait, depuis hier, il n'y a pas de vent.
Le bateau ne bouge pas d'un millimètre.
Puisqu'on ne peut rien y faire, mettons notre énergie dans la pêche.
« Chef, encore un qui a mordu ! »
Je ne suis pas chef. Sur un bateau, on m'appelle capitaine.
D'ailleurs, ma canne à pêche n'a pas eu la moindre touche.
Depuis le départ.
« …… Haa, qui aurait cru qu'on dériverait comme ça. »
Un ancien orc embarqué avec moi, Orkma, a dit ça.
C'est un collègue de grade chef d'équipe, un camarade d'armes avec qui j'ai partagé joies et peines.
« Le saint doit être terriblement inquiet pour nous…… Mais bon, ça ira. »
Oui, ça ira.
…… Toujours rien à l'hameçon.
« Dis, Orkbo, pourquoi t'as eu soudain cette idée ? »
Cette idée, c'est-à-dire ?
« Construire un bateau et aller pêcher. Je pensais que t'étais plutôt du genre prudent, à donner la priorité absolue à l'exécution fidèle des ordres du saint…… »
Donc c'est inattendu que je propose moi-même une idée.
…… Le travail principal de l'équipe des orcs, c'est la construction.
Quand on creusait le canal, c'était intense, mais c'est fini maintenant, et la ferme a assez de bâtiments.
Si ça continue, l'équipe des orcs va se retrouver à sec de travail, me suis-je dit.
« Du coup, t'as essayé de te créer du travail toi-même ? »
Puisqu'on m'a confié le rôle de chef de l'équipe des orcs, je ne peux pas laisser mes camarades sans occupation. Si je me contente d'attendre les instructions du saint, mon rôle de chef n'a plus de sens.
Mon équipe et celle d'Orkma dérivent en ce moment en mer, mais les équipes des autres anciens — Orkur, Orkdan, Orktô — sont restées à la ferme.
La main-d'œuvre pour les travaux de force devrait amplement suffire.
« Je vois. Si c'est ça, allons pêcher un gros poisson pour mettre en valeur l'idée du chef !! »
Même si le fait d'être à la dérive sent l'échec du projet à plein nez.
…… Plus que ça, le prochain gros poisson, ce sera moi qui le pêcherai ! Pour l'honneur du chef de l'équipe des orcs, je dois absolument en attraper un gros ici… !
Ça a mordu !!
Ce qui a été hissé par ma canne et qui batifole maintenant sur le pont, c'est un truc assez gros.
À peu près la taille d'un humain !
En fait, c'était un humain.
Une sirène.
« Chef ! Vous avez pêché une sirène !? »
« Incroyable ! Le seul capable de pêcher une sirène, c'est le saint, non !? »
« Comme attendu du chef ! Vous égalisez le saint !! »
Les autres orcs sont en liesse…… mais non.
Ce n'est pas la pêche que je voulais.
Pêcher une sirène, ça ne sent que les ennuis, non ?
« Espèce de terrien ! Tu as osé me pêcher !? »
Voilà, la sirène est en colère !
C'est le scénario classique où je vais me faire engueuler !!
« Tu crois que je vais laisser passer l'affront d'avoir été pêchée ! Subis la vengeance de cette "Sorcière de l'Abîme", Zos Saira !! »