Alors que Noah observait sa propre transformation et l'élévation de Moiraine sur le Rivage Voilé Primordial, les répercussions de leur avancement finiraient par se propager à travers la vaste étendue de l'Existence elle-même.
Éventuellement.
Mais ils n'étaient pas les seuls à subir un changement fondamental en cet instant de signification existentielle.
L'Existence est vaste, inexplorée, et remplie de merveilles au-delà de la compréhension de la plupart des êtres conscients.
Ce que beaucoup connaissent et comprennent communément ne représente qu'une infime facette des véritables Tissages de l'Existence qui s'étendent à travers d'infinies possibilités.
Dans ces grands territoires inexplorés demeurent d'innombrables entités qui sont exceptionnelles à leur façon, maîtres de leurs propres fables, des êtres dont les choix portent un poids qui affecte bien plus qu'ils ne pourraient jamais l'imaginer.
Et dans les Plis Paradoxaux Transcendants, à une distance innombrable des conflits et des révélations qui se déroulaient ailleurs, de tels choix étaient en train d'être faits, qui remodeleraient les fondations mêmes sur lesquelles certaines parties de l'existence opéraient !
—
Au Cœur du Paradoxe, niché au plus profond des régions des Plis Paradoxaux Transcendants, gisait un domaine de merveille.
Des rivières d'obsidienne stellaire et d'or d'Autorité Paradoxale Vivante traversaient le paysage selon des motifs qui faisaient mal à observer directement, leurs courants charriant des contradictions qui rendaient la réalité elle-même incertaine de sa propre nature.
Au centre de ce royaume impossible se dressait une statue massive qui dominait l'horizon par sa simple présence.
La figure était sculptée dans des matériaux qui existaient dans des états de contradiction perpétuelle, sa forme à la fois solide et éthérée, ancienne et nouvellement forgée.
Dans ses mains, elle tenait une arme qui défiait toute description rationnelle... un symbole d'infini d'obsidienne dont la simple existence semblait défier les tissages fondamentaux régissant la réalité.
La statue en robe portait une couronne qui pulsait de sa propre radiance intérieure, ses traits ciselés à l'effigie d'un terrifiant Empereur Paradoxal dont le regard surplombait tout dans ce domaine.
Il y avait quelque chose d'inquiétant dans ces yeux de pierre, comme s'ils contenaient une conscience qui transcendait le simplement artistique, une conscience piégée dans un matériau immuable qui observait et jugeait avec une patience paradoxale !
Pourtant, là où son regard se posait maintenant, des milliers et des milliers de Paradoxes Vivants terrifiants entouraient une certaine zone avec des volontés de pouvoir qui faisaient scintiller l'air environnant d'une autorité à peine contenue.
L'assemblée était sans précédent par son ampleur et sa signification — des milliers de Paradoxes Vivants Primordiaux formaient des anneaux extérieurs d'observation, tandis que près de cent Paradoxes Vivants Honorés occupaient des positions de plus grande proéminence.
Parmi ces êtres Honorés se tenait Gold, sa forme rayonnant de cette marque particulière d'autorité ancienne.
Mais même lui, pour toute sa puissance et sa sagesse accumulées, montrait de la déférence envers les dix figures qui commandaient les positions d'autorité ultimes dans cette réunion.
Le Duc Elagabalus siégeait majestueusement sur un trône d'obsidienne construit à partir de centaines de Roues de l'Existence miniaturisées, chacune pulsant de son propre rythme de réalité contenue.
Ses cheveux terrifiants d'obsidienne et d'or flottaient comme du métal liquide autour de ses épaules, tandis que sa robe cramoisi-or semblait absorber et refléchir la lumière paradoxalement !
Au-dessus de sa tête flottait une couronne à trois pointes qui pulsait d'une autorité si concentrée qu'elle faisait plier subtilement l'espace environnant autour de sa présence.
À ses côtés, disposés en une formation soignée, siégeaient neuf autres entités, chacune occupant des trônes de couleurs et de matériaux différents mais partageant toutes la même nature fondamentale... c'étaient des Ducs, dix des quatre-vingt-un êtres qui gouvernaient collectivement le destin de tous les Paradoxes Vivants à travers l'existence.
Leur présence ici témoignait de l'importance de ce qui les avait attirés ensemble en ce lieu de pouvoir ancien !
Toute leur attention était fixée sur un unique objet qui gisait devant eux comme un sacrifice offert à des merveilles oubliées.
Près du Duc Elagabalus se tenait nul autre que Diviticus, bien que son visage scintille désormais d'une blancheur grandeur extrêmement brillante qui parlait de changements fondamentaux dans sa nature et son statut.
Elle semblait intouchable, enveloppée dans une autorité unique qui faisait que même les Ducs assemblés la regardaient avec respect !
Beaucoup des Paradoxes rassemblés la regardaient avec des expressions d'admiration.
Mais... ce qui commandait leur attention collective était un corps — le cadavre qu'ils avaient volé à la Coalition des Existences Vivantes par un assaut audacieux et une capacité impossible.
C'étaient les restes préservés d'une Créature Primordiale, un être dont la mort aurait dû être inconcevable et dont le corps gisait devant eux comme la preuve indéniable que même les plus puissants pouvaient tomber !
Le cadavre était massif à l'échelle, peut-être dix fois la taille de n'importe quel Paradoxe Vivant présent, ses proportions racontant les différences fondamentales entre les Créatures Primordiales et les êtres qui avaient évolué à leur suite.
La caractéristique la plus frappante était la blessure qui avait mis fin à son existence — une entaille diagonale qui courait de l'épaule à la taille, tranchant chair et os avec une telle précision qu'aucune trace d'énergie ne subsistait pour indiquer quelle force aurait pu porter un coup aussi dévastateur !
Pourtant, quand même des Existences Vivantes Honorées posaient les yeux sur cette blessure, elles sentaient leur cœur trembler avec la compréhension que si une telle frappe était dirigée vers elles, elles s'effondreraient en poussière !
Le cadavre apparaissait humanoïde dans sa structure de base. Autour de sa taille était enroulé ce qui semblait être un vêtement façonné en peau animale, bien que les matériaux ne ressemblent à rien de ce qui existait dans la réalité actuelle.
Le vêtement suggérait des origines primitives tout en rayonnant une aura d'autorité qui rendait clair que cet être n'avait pas eu besoin de symboles extérieurs pour commander le respect !
Sa partie supérieure du corps était nue, révélant toute l'étendue de la blessure massive tout en affichant simultanément les différences fondamentales entre la physiologie d'une Créature Primordiale et celle d'êtres inférieurs.
À part la coupe diagonale qui avait mis fin à son existence, la peau et les muscles semblaient complètement drainés de sang, leur couleur fanée jusqu'à un gris qui parlait de la mort sous sa forme la plus absolue.
Pourtant paradoxalement, même dans la mort, le cadavre portait des vagues de vie qui dépassaient de loin même les Paradoxes Vivants Royaux présents !
C'était comme si la mort elle-même avait été incapable de réclamer pleinement cet être, laissant derrière quelque chose qui existait dans l'espace entre l'existence et la non-existence.
Partout sur son corps, on pouvait observer des indentations et des excavations où d'innombrables entités avaient travaillé pendant des éons pour extraire des échantillons de peau, de muscle et d'os.
Également proéminents... étaient des milliers de Glyphes terrifiants qui semblaient brisés et arrachés, chaque Glyphe brisé faisant ressentir à n'importe quelle Existence Vivante Honorée qui le regardait un sentiment d'oppression ! Ne serait-ce qu'un seul... des milliers de Glyphes brisés !
La Coalition des Existences Vivantes avait clairement été en train de récolter sur ce cadavre depuis une durée inimaginable, chaque extraction représentant des tentatives de comprendre ou de reproduire la nature et la puissance fondamentales de l'existence des Créatures Primordiales.
Le plus choquant de tous était l'absence du cœur, clairement retiré par une précision chirurgicale soignée par quelque chose de bien plus puissant qu'une Existence Vivante !