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I'm the Villainess, So I'm Taming the Final Boss

Chapitre 333 : Les fiançailles des gardes (19)

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Chapitre 333

Chapitre 333 : Les fiançailles des gardes (19)

Chapitre 333/333100%~7 min de lecture1 318 mots

Kyle observait, le cœur serré, l'humeur de se dégrader de minute en minute au pied de l'escalier.

Le maître de ces lieux, dont la beauté éclipsait jusqu'aux lustres étincelants de l'opéra, n'était jamais plus imposant qu'en colère. Irène, debout à ses côtés, devait s'en apercevoir comme lui, mais elle ne se départait pas de son sourire d'impératrice. Kyle aurait aimé avoir ce culot-là.

Cela dit, lui aussi affichait scrupuleusement le masque impassible du garde du corps. En service, c'est ainsi. Et le sourire de pouvait même passer pour de la mansuétude aux yeux de qui ne savait rien.

« Ainsi, vous étiez sous la menace de votre nièce, mademoiselle Lila, depuis tout ce temps. »

« Oui. Ma nièce s'est servie du parfum magique pour rallier les gens de la maison. Avec pour ambition de devenir un jour l'épouse de Sa Majesté l'Empereur... ! »

Irène déploya son éventail et s'en couvrit la bouche. Pour réprimer un rire, sans doute.

Dans le hall de l'opéra, où les gens allaient et venaient sous les lustres, le couple impérial se tenait sur le palier tapissé de velours du grand escalier. En bas, agenouillé, un pitoyable comte confessait toute la vérité. Beau spectacle. À tout prendre, peut-être plus divertissant que la représentation de ce soir. En haut des marches, dans le hall, les gens chuchotaient en cercle éloigné, sans manifester la moindre intention d'entrer dans la salle et de gagner leur siège.

« Je vous demande sincèrement pardon. J'ai ma part de faute, moi qui n'ai rien vu jusqu'à aujourd'hui. Je me disais que tant qu'il ne s'agissait que de rêves, il n'y avait pas de mal. Mais de là à s'en prendre à messire Isaac Lombard, qui avait découvert son trafic de parfum magique ! »

Devant cette envolée théâtrale, Elefas se couvrit la bouche pour étouffer un éclat de rire.

« M-messire Isaac se fait attaquer... »

« Qu'est-ce qu'il y a de si drôle ? Tu as un sens de l'humour complètement tordu. »

Assurer la garde d'Isaac, exaspéré, et surveiller les alentours : telle était la mission du jour de Kyle et d'Elefas. Mêlés à la foule, ils écoutaient les explications du comte Ruvanche.

« Messire Isaac est retenu prisonnier dans ma demeure. »

« Isaac Lombard, prisonnier... »

« Je te répète que je vois pas ce qu'il y a de drôle, sale mage sournois. »

« Sur l'ordre de ma nièce, mon rôle ici devait être de plaider mon innocence. Elle va arriver d'un instant à l'autre. En feignant de s'inquiéter de ce que messire Isaac ne soit pas venu la chercher comme promis. Et ensuite, pour le supprimer en secret. »

« Isaac Lombard, supprimé... »

« Toi alors... Laisse tomber. »

« Je vois, j'ai compris. Autrement dit, tu prétends que le trafic de parfum magique de ta nièce ne te concerne en rien. »

Le comte Ruvanche s'inclina très bas.

« Je n'ai pas l'intention de me chercher des excuses. Après mon frère, je n'ai pas su arrêter ma nièce non plus. Ma responsabilité est lourde. Châtiez-moi comme il vous plaira. »

Devant cette posture de martyr, des soupirs d'admiration et des murmures de compassion s'élevèrent alentour. Isaac laissa tomber à mi-voix :

« Bien joué. Maintenant, condamner le comte Ruvanche, c'est se fabriquer un empereur sans pitié. »

« Mais avant tout, ne pourriez-vous pas sauver messire Isaac ? Il m'a fait confiance et est venu me confier qu'il se sentait en danger. S'il n'est pas rentré, c'est peut-être l'œuvre de ma nièce. »

Et de fait, sans rien savoir, on aurait pu tenir le récit du comte Ruvanche pour la vérité. Tant sa réputation était bonne et sa manœuvre habile.

« Isaac Lombard s'est confié à vous. Et il est retenu prisonnier. »

« Oui. Si l'on ne se hâte pas, qui sait ce qui peut arriver. »

Comme pour bien se donner en spectacle au comte qui relevait la tête, porta un long doigt à son menton et prit un air songeur.

« Voilà qui est étrange. »

« Pla... plaît-il ? »

« Il semble y avoir un malentendu. Qu'en penses-tu, Irène ? »

Il se tourna vers son épouse d'un air embarrassé. Irène, qui se couvrait élégamment la bouche de son éventail, jeta un coup d'œil dans leur direction. « Allez-y », fit Elefas, le visage tordu par le rire contenu, en poussant dans le dos Isaac en grande tenue. Celui-ci écarta cette main d'un geste maussade.

À vrai dire, ce genre d'apparition devait être un supplice pour lui.

« En effet. Isaac Lombard, mon homme de confiance, se trouve ici même. »

Isaac, que sa jeune épouse avait apprêté en l'accablant de tourments du genre « Hein, vous vous habillez pour faire une entrée remarquée ? Laissez-moi faire... mais si je vous fais trop beau, vous allez plaire à d'autres », rien qu'à entendre cela il y avait de quoi enrager, se dégagea de la foule et descendit les marches menant au palier où se tenait le couple impérial.

Puis il prit cérémonieusement la main d'Irène.

« Mes hommages, Votre Majesté l'Impératrice. »

« Isaac, je suis heureuse de te voir. Toujours le même. »

Devant l'impératrice et le véritable Isaac échangeant des salutations cordiales, le comte Ruvanche, livide, se releva d'un bond.

« C-ce n'est pas possible ! Alors cet homme, qui diable est-il ? »

« À ton avis ? »

Pour la première fois, la voix de se fit grave. Sans doute était-il à bout de patience : il laissa son épouse sur le palier et descendit l'escalier vers le comte Ruvanche.

« Reprenons depuis le début, comte Ruvanche. De qui, exactement, avez-vous reçu ces confidences sur votre nièce et sur le danger qu'il courait ? »

« Q-que... »

« Qu'une telle chose ait pu se produire avant moi, voilà qui m'intéresse au plus haut point. »

« Vous lui en gardez rancune, messire ... »

Kyle acquiesça d'un soupir à la remarque d'Elefas. Ce qui ne l'empêchait pas de sentir l'inquiétude lui ronger la poitrine.

'Il est sain et sauf, au moins ?'

devait se poser la même question. Ses yeux rouges tenaient le comte Ruvanche sous un regard impitoyable.

« J-je ne sais rien du tout ! »

fronça les sourcils. Elefas plissa les yeux à son tour.

« Il est coriace. Il ne se découvre pas. »

Kyle allait claquer de la langue quand il remarqua un mouvement étrange en contrebas. Parmi les spectateurs suspendus à l'échange entre le couple impérial et le comte, quelqu'un se faufilait entre les corps. Et se dirigeait vers le point que tous fixaient.

Le bas de l'escalier, là où se tenait le comte Ruvanche.

'C'est...'

Il ouvrit grand les yeux. Impossible de se tromper.

« C'est cela... ma nièce ! Interrogez ma nièce, elle doit arriver d'un instant à l'autre ! »

« Vous prétendez donc que votre nièce a tout manigancé ? »

« Exactement ! Je ne sais rien ! »

Kyle n'écoutait déjà plus la farce qui se jouait en bas. Il ne voyait plus qu'elle.

Tandis que tous les regards convergeaient sur la défense du comte, il vit le sourire tordu qui flottait sur les lèvres de celle qui approchait à pas de loup, et ce qu'elle serrait dans sa main.

« Et si cet Isaac Lombard est un imposteur, alors il fait partie des trafiquants de parfum magique, et il m'a trompé... »

« Tu as tué mon père et ma mère ! Meurs ! »

Juste avant que la lame, où se reflétait la lumière des lustres, ne s'abatte, il repoussa le comte Ruvanche d'un coup de pied et saisit au vol le poignet fin.

Les yeux de la même couleur que ceux qu'il avait vus dans le jardin, une nuit de lune, s'écarquillèrent. Puis se tordirent, au bord des larmes.

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