Aller au contenu principal

I Killed the Player of the Academy

Chapitre 56

I Killed the Player of the AcademyI Killed the Player of the Academy
Chapitre 56

Chapitre 56

Chapitre 56/6093%~20 min de lecture3 987 mots

Ma nomination au rang de Chevalier de Grade 1 suscita une réaction extrêmement négative. Une promotion aussi rapide, passant du Grade 5 temporaire au Grade 1 en un seul semestre, était à la fois ridicule et sans précédent.

La force d’un gardien reposait principalement sur le don inné.

L’opinion communément admise voulait que tous les élèves entrant à l’Académie au Grade 5 soient des sans-dons, et que seuls ceux se situant au-dessus du Grade 3 soient considérés comme doués, avec un avenir convenable qui les attendait.

Il était rare même pour ces élèves de Grade 3 d’atteindre un jour le Grade 1, alors moi, je venais soudain de passer du Grade 5, celui des sans-dons, directement au Grade 1. Il était donc naturel que les gens s’y opposent fermement.

« Comment est-ce seulement possible ? »

« Cela n’a aucun sens. »

« Korin Lork, c’est bien le mec qui s’est battu contre Mlle Lunia pendant l’examen mi-session, non ? »

« Mais même ainsi, il devrait être impossible pour lui de passer au Grade 1 instantanément juste pour ça. On n’a jamais vu quelque chose comme ça avant ! »

Honnêtement, ce genre de plaintes aurait de toute façon émergé, même si j’avais été promu au demi-Grade 1.

Quoi qu’il en soit, j’étais un chevalier ayant parfaitement validé l’évaluation de grade pour un demi-Grade 1, ayant assisté à l’élimination du Roi de la Montagne de Fer, et ayant affronté à armes égales le traître Fermack Daman.

Tous les professeurs au courant de ces informations confidentielles semblaient convaincus par ma promotion, ce qui ne fit qu’accroître la perplexité des étudiants et des autres enseignants.

« Wahou~. M. Korin. C’est formidable. »

Alicia s’exclama avec surprise en me regardant descendre de l’estrade. Elle non plus ne s’était pas attendu à ce que je passe directement au Grade 1 d’un coup.

« Je pensais que vous seriez demi-Grade 1. Est-ce à cause de “cela” ? »

demanda-t-elle en sous-entendant discrètement l’incident avec Fermack.

« Celui-là reste un secret. Officiellement, cette promotion au Grade 1 fait suite à l’incident du Roi de la Montagne de Fer. »

Mon mentor Erin et Lady Josephine semblaient vouloir garder la trahison de Fermack secrète pour le moment. C’était en partie pour ralentir la propagation de la nouvelle de sa mort jusqu’à Valtazar, mais aussi pour éviter qu’une émeute n’éclate.

Grâce à cela, les seuls supérieurs au courant de la trahison de Fermack Daman étaient Erin Danua, Lady Josephine, et enfin Dina Grandeia, la présidente de l’Alliance des Gardiens du Sud.

Avec l’accord de ces trois personnes, j’avais pu atteindre directement le Grade 1, alors que je devrais normalement m’arrêter au demi-Grade 1.

Le point le plus crucial était le droit réservé aux gardiens de Grade 1. C’était le plus déterminant.

Ce droit n’était débloqué qu’en troisième année dans le jeu, et même lors de la dernière boucle, nous y avions difficilement accès dès la deuxième année.

Un avantage qui aurait un impact majeur sur l’avenir.

Après tout, les membres de ma guilde de gardiens me conféreraient plus d’influence au sein de l’Alliance.

`'Ce serait parfait si Marie pouvait également rejoindre la guilde.'`

Si la mage de demi-Grade Unique, Marie, ou encore la candidate à la succession de la famille Arden, Alicia, venaient à intégrer ma guilde, le siège de l’Alliance elle-même ne pourrait ignorer mes paroles.

Cela se traduirait par de l’autorité, et plus d’autorité signifiait davantage de possibilités d’action pour mon avenir.

Cela me permettrait de mettre la main sur un pouvoir jusque-là inaccessible aux simples étudiants.

Même en tenant compte des ❰Légendes Héroïques d’Arhan❱ et de la dernière boucle, c’était la première fois que le pouvoir social du joueur augmentait aussi tôt.

`'Pour l’instant, je pense que je dois d’abord contacter ces trois personnes.'`

Renya, la serveuse d’un bar,

Et les frères loups, Ren et Ron.

Mis à part Renya, les frères loups étaient liés à un groupe hostile agissant dans l’ombre à Merkarva, il me fallait donc m’en occuper avant le festival.

« Les vacances commencent. Que comptez-vous faire ? »

Après la cérémonie, la majorité des étudiants quittait le stade tandis que les nouveaux élèves se regroupaient en un lieu unique.

« Gagner de l’argent. »

À répondre en premier fut Dorron. Rien de surprenant.

« Je… vais aller chez les autres druides. Nous avons conservé le contact avec certains des nôtres après tout. »

Yuel, qui avait perdu son pays natal face aux bêtes démoniaques, semblait planifier de rechercher d’autres druides.

« Je rentre chez moi. »

« J’ai postulé pour un stage à la Tour des Mages pendant les vacances. »

Jaeger rentrait tandis que Lark effectuait un stage à la Tour. J’avais entendu dire que c’était coriace, toutefois…

« Je vais partir vers l’ouest… Apparemment, ils prévoient de démolir un vieux château. Ce serait l’endroit idéal pour fabriquer un nouveau noyau… »

Kranel semblait donc partir à la recherche de matériaux pour golems. Malgré son air lugubre, on aurait pu croire qu’il resterait cloîtré dans sa chambre, mais il s’avérait plus travailleur qu’on ne l’aurait cru.

« Je pense que je dois rentrer. Mon grand-père… me cherchait. »

Vint ensuite Alicia. Elle rentrait donc chez les Arden, finalement… Eh bien, maintenant que Lunia Arden avait juré de ne pas s’attaquer à Alicia, elle ne devrait rien craindre au domicile familial.

« Bon courage. »

« Et vous, M. Korin, où allez-vous ? Rentrez-vous chez vous ? »

« Non. »

Lors de la dernière boucle, grâce aux souvenirs de Korin Lork, j’étais rentré chez moi durant ces vacances pour constater que personne n’était là.

« Apparemment, ils partent en voyage familial. Sans moi. »

« Ah… »

À cause d’une erreur postale, la lettre n’était arrivée que trois jours après le début des vacances lors de la dernière boucle, ce qui m’avait valu de souffrir pour rien.

« …Je vois. »

Quand je lui expliquai que je ne rentrerais pas dans ma région natale, Alicia se mit à triturer ses doigts, baissa la tête avant de proposer quelque chose.

« Dans ce cas… Voulez-vous… venir avec moi ? »

« Moi ? Chez vous ? »

« C’est effrayant de voyager seule… »

« Ah~ »

Il était normal qu’elle ait peur.

Dans le jeu original, il ne s’était rien passé, il ne devrait donc y avoir aucun souci, mais je comprenais aisément pourquoi Alicia craignait tant.

« Malheureusement, j’ai des choses à faire dans le Sud, je ne pense donc pas pouvoir. »

« Euh… le Sud ? »

« Allons-y ensemble la prochaine fois. J’aimerais bien visiter l’Est quand j’aurai du temps libre. »

La maison familiale d’Alicia se situait à l’est. Ce n’était pas sur un autre continent, mais cela restait fort éloigné du Sud.

« Pourquoi faut-il absolument que vous alliez dans le Sud ? »

« Il y a un endroit précis que je dois visiter, quelqu’un m’a conseillé de jeter un œil là-bas. »

Sebancia Duke, rencontré à la Grande Bibliothèque au début du semestre, m’avait recommandé de visiter le bureau de son château.

Cette période de vacances était probablement le meilleur moment pour s’y rendre.

« Kooriin~ ! »

Marie poussait un cri en courant vers moi depuis loin. Il semblait qu’elle ait enfin terminé ses adieux à ses amis.

« Senior Marie. Félicitations pour votre promotion au demi-Grade Unique. »

« Et félicitations pour toi aussi, Korin ! Si tu passes au Grade 1, tu monteras encore plus haut facilement ! »

Affichant un large sourire, Marie me tendit quelques chips de pomme de terre pour célébrer l’occasion. Il semblait qu’il lui en reste encore…

« Au fait, Korin. Tu vas dans le Sud ? »

« Tu l’as entendu ? »

« P-par hasard, naturellement ! »

N’étions-nous pas trop loin pour un simple hasard ? Était-ce dû à ses capacités physiques de vampire ?

« Partons ensemble alors ! »

« Ensemble ? »

« Ma maison est aussi dans le Sud ! Alors pourquoi pas ! »

Eh bien, si nous prenions le même chemin…

« Je suppose qu’il n’y a aucune raison de décliner. »

Ainsi, il fut décidé que mon voyage dans le Sud se ferait cette fois-ci en compagnie de Marie.

« Oh oui, Yuel. Puis-je te demander un service ? »

« Tu as quelque chose à me demander ? Quelle surprise. Quoi donc ? »

« Oui. Si tu croises d’autres druides, pourrais-tu te renseigner sur un endroit appelé “Findias” ? Ce serait génial si tu pouvais aussi chercher un druide nommé “Uzkias”. »

« …J’essaierai. »

Findias.

Le lieu où était caché le soleil, Claiomh Solais, sous la protection du druide Uzkias. Tant que je mettrais la main sur cet objet, l’un des quatre grands trésors, je pourrais largement compromettre les plans de Tates Valtazar.

`'Le Mandrake doré. Tout pourrait se dérouler plus aisément que prévu si je m’en sers.'`

Il avait été broyé lors du combat contre Fermack, mais ce n’était pas grave, car je pouvais toujours utiliser le Mandrake doré autrement.

****

Après la cérémonie, je pris congé de mes amis et partis avec Marie.

Bientôt, nous atteignîmes la gare des chars magiques desservant les villes du sud depuis l’Académie Merkarva, et fûmes accueillis par une multitude de véhicules.

Les chars de ce monde n’avaient rien à voir avec les diligences européennes du Moyen Âge.

Ces énormes moyens de transport, propulsés par des cristaux de mana, possédaient douze roues spécialement confectionnées, d’un mètre d’épaisseur chacune, et mesuraient sept mètres de haut. Un véhicule équivaut à peu près à deux bus articulés empilés.

Un moyen de déplacement couramment utilisé dans le jeu, permettant des trajets rapides entre les cités tout en préservant une ambiance fantasmagorique.

« Korin ! J’ai récupéré la nourriture ! »

dit Marie en rapportant les repas fournis au rez-de-chaussée du char. Le festin en lui-même n’était pas mal, malgré les secousses parfois violentes du véhicule.

Au bout de quatre heures, nous arrivâmes à une « plateforme de charrues » analogue à une aire de service.

« On repart dans une heure, c’est bien ça ? J’ai entendu dire qu’on y vendait des udonos. Tu veux goûter ? »

« On y va ? »

Nous retournions au char magique après un léger repas lorsque j’aperçus de nouveaux passagers montants à bord.

« Nouveaux passagers, veuillez gagner les sièges arrière du deuxième étage. »

Il s’agissait de clients changeant de véhicule en cours de route.

« Excusez-moi~ »

« Chassez, le char passe. »

Les nouveaux arrivants firent leur chemin jusqu’à leurs places assignées. Ils avaient l’air aguerris.

« Oh non… »

Je soupirai en les observant, ce qui interpella Marie, qui inclina la tête pour poser une question.

« Quelque chose ne va pas ? »

« Non, c’est rien. Nous mettrons neuf heures pour atteindre la prochaine plaqueforme, non ? Tu devrais peut-être dormir un peu d’abord, senior ? »

« Peut-être bien. »

Le char ne s’arrêtant jamais, même la nuit, nous devions dormir à bord d’un véhicule en mouvement. Quelque chose allait arriver en route, il valait mieux profiter d’un bon sommeil maintenant plutôt que plus tard.

Après environ quatre heures de sommeil, je me réveillai et sentis un poids sur mon épaule.

« Hnn~ »

C’était Marie.

Marie posait tranquillement sa tête sur mon épaule, libérant un souffle doux pendant son rêve.

« Doggo. »

En réponse à mon appel, un grand chien de sang émergea de l’ombre de Marie. D’autres passagers en auraient été effrayés s’ils l’avaient vu, mais nous étions en pleine nuit, la plupart dormaient et les lumières étaient éteintes, si bien que cela n’engendra aucun désordre.

« Débarrassons-nous de quelques mouches avant que ta maman ne se réveille. »

« Ouaf ? »

****

Crac-crac.

Entendant les roues du char rouler sur la route depuis des heures, Jackie ouvrit les yeux.

Zut !

Il devait feindre le sommeil, mais s’était réellement endormi. Une question surgit alors dans son esprit : son partenaire Rock aurait dû le réveiller à l’heure prévue… Dormait-il aussi ?

« Rock… Rock ? »

Il n’était pas là. Le compagnon censé être assis à côté de lui avait disparu. Peut-être était-il aux toilettes ?

Se levant de son siège, Jackie parcourut le char pour retrouver son associé introuvable, mais sans succès.

Quoi ? Où était passé cet abruti ?

Jackie consulta sa montre de poche et constata qu’il était déjà l’heure. Bien que Rock soit toujours introuvable, il lui fallait envoyer le signal seul.

Il se dirigea immédiatement vers le siège le plus reculé, ouvrit la fenêtre et alluma sa torche magique.

Il l’alluma et l’éteignit plusieurs fois.

De la sorte, il transmit le signal à plusieurs reprises, mais rien ne se passa.

« Quoi ? Ce n’est pas le bon endroit ? »

Le char filait déjà à grande vitesse à travers une plaine déserte, encerclé par la seule nature. S’ils volaient tout l’intérieur et écrasaient rapidement les roues, deux jours s’écouleraient avant que l’alerte n’atteigne les agents de sécurité publics alentour.

Exact. Jackie faisait partie d’une bande de voleurs de diligences. Son rôle consistait à monter à bord du char, à se faire passer pour un voyageur ordinaire avant d’envoyer un signal à ses complices à l’extérieur.

« Putain… Qu’est-ce qui se passe ? »

Le plan comportait des failles. D’une part, son associé Rock avait disparu ; d’autre part, ses complices, censés le suivre discrètement, ne répondaient plus à ses signaux.

« Ces connards. Ils ne se sont pas endormis, quand même ? »

Cela semblait plausible puisqu’il venait justement de somnoler. Mais…

« Non. Ils buvaient du café et étaient tous parfaitement éveillés. »

« Huahk… ! »

Avant même qu’il n’interprète la voix, quelqu’un saisissait déjà sa gorge.

Souffle… !

Sans le temps de crier, Jackie fut projeté hors du char par la fenêtre. Atterri en un éclair, il fixa son agresseur.

« Bonjour ? »

Sur cette terre aride et sombre, la voix de l’homme éclatant sous la clarté lunaire ressemblait à l’aboiement d’un loup.

« Q-qui êtes-vous ? »

« Qu’entendez-vous par qui ? Bien sûr que je suis un chevalier, envoyé ici pour arrêter des brigands. »

« U-un chevalier ! Hukk ! P-attends ! Monsieur ! C-e n’est qu’un malentendu ! »

« Un malentendu mon cul. J’ai déjà vu vos tronches lors de la dernière boucle. »

« Q-quoi voulez-vous dire… »

C’est à ce moment-là. Une silhouette humanoïde traînait quelque chose en grognant. En regardant de plus près, Jackie comprit qu’une vingtaine d’hommes étaient ligotés et tirés par une bête démoniaque rouge.

Il s’agissait sans aucun doute de ses complices. Rock, l’associé disparu du char, figurait parmi eux.

« U-ne bête démoniaque?! »

« C’est un familier. Ne t’en fais pas. »

L’homme au tempérament farouche donna un coup de pied dans le menton de Jackie pour l’étourdir, lia ses chevilles aux autres voleurs de diligences puis commanda à la bête rouge.

« Attache-les et pose cette pancarte à côté. Les gardes de sécurité les ramasseront en patrouillant. »

« Ouaf ! »

« Ah, j’en ai marre d’être fatigué. Pourquoi faut-il que je fasse ça en pleine nuit ? »

Après un bâillement, le garçon fonça en avant et rattrapa instantanément le char au loin.

………

……

Lorsque la lumière matinale filtra à travers les rideaux de la fenêtre, Marie étira longuement les bras et se redressa.

« Kyaaaahhuu~~ ! »

Ça faisait longtemps qu’elle n’avait pas tenu autant de temps assise, si bien que son corps restait engourdi malgré le repos et que son épaule la brûlait plus fort que d’habitude.

« Mnng ? »

Les douleurs musculaires ne lui étaient plus nouvelles et elle s’apprêtait à les négliger, mais pour une raison inexpliquée, son épaule droite pesait davantage que la normale, comme si un objet s’y était posé.

« Ah… ! »

Se tournant sur le côté, Marie réalisa qu’il s’agissait de Korin. Le garçon supportait sa tête sur son épaule pendant son sommeil, ignorant que l’aube était déjà levée.

`'Faut-il vraiment le réveiller ?!'`

Attends une seconde. Y a-t-il… vraiment une raison de le déranger ?

La vie quotidienne du garçon était aussi éprouvante qu’un journalnier partant au champ chaque jour. Entraîner son endurance, pratiquer le maniement de la lance, étudier à la Grande Bibliothèque… Il ne bénéficiait pratiquement jamais de jours de congé.

Elle l’avait invité chez elle après avoir appris son départ vers le Sud précisément parce qu’elle souhaitait lui offrir des vacances paisibles dans sa demeure.

Alors était-il judicieux de réveiller quelqu’un d’aussi profondément endormi ?

`'Non ! Eh non ! Certainement pas ! Et alors si mes épaules me font un peu mal !'`

Guidée par sa vertu morale exemplaire, Marie décida de sacrifier son épaule pour le bien d’autrui. Aucune pensée intéressée ne dictait cette décision. Absolument. C’était un geste purement altruiste, sans la moindre once de calcul personnel !

« Boum boum ! »

Bien que son cœur battait fort dans sa poitrine, elle choisit de faire abstraction.

Portant son regard tremblant sur les cheveux de Korin qui frôlaient sa joue, elle constata qu’ils étaient bien en bataille comme en fin de nuit. Mais… en bataille ?

`'Pfff ! Je n’ai pas eu le temps de me laver aujourd’hui !'`

Tel était le revers inévitable des longs trajets en char magique. Sauf à débarquer en cours de route à l’une des plateformes, nul n’avait le luxe de se laver les cheveux ou de prendre une douche.

Évidemment, cette règle s’appliquait à tous les voyageurs à l’intérieur du véhicule, y compris à Korin Lork.

Néanmoins, c’était un problème de taille pour la jeune fille éperdument amoureuse, auquel elle ne pouvait tolérer aucune concession.

« D-Doggo… »

En réponse à l’appel précipité de la jeune fille, un grand chien de sang fit irruption de son ombre.

« Ouaf ! »

« Ch-chut ! Ta, tais-toi ! Et s’il se réveille… ! »

« …Ouaf. »

« P-peux-tu aller chercher dans mon sac là-bas… une crème éclaircissante, et du parfum ? Et pour le parfum… h-hé-moi-en un qui soit un peu plus intense que d’habitude ! »

Marie tenta d’atteindre son sac, mais retira vivement sa main en entendant Korin marmonner « Mnng », comme prêt à s’éveiller.

« Doggo. Dépêche-toi ! »

À la place, elle lança un regard désespéré à Doggo.

« Ouaf ! »

En apercevant sa mère, Doggo ne put s’empêcher de secouer la tête.

« Doggo. Toi ! Comment peux-tu dire des choses aussi méchantes?! »

La voix de la jeune fille était si basse que sa plainte se perdit dans le bruit ambiant.

****

Lorsque nous arrivâmes à la deuxième plateforme, j’ouvris les yeux et vis plusieurs autres voyageurs qui sortaient eux aussi de leur sommeil.

« Ah, Korin. Te voilà réveillé. »

« Oh… Je reposais ma tête sur ton épaule ? Désolé. »

« N-non ! Ça va ! Ce n’est rien, tu n’as pas à t’en faire ! »

« Eh bien… merci. »

Il semblerait qu’elle soit une fille si bienveillante qu’elle ignorait même comment prononcer un « Non ». Il faudrait que je sois plus vigilant désormais.

« Frip »

« …Hein ? Senior, tu portes du parfum ? »

« Mmhmm ? Q-quoi tu veux dire ?? »

« Je trouve que tu sentes un peu différemment aujourd’hui… »

« O-oh, t-te t’en rends pas compte, hein ! C-c’est l’odeur des pommes de terre ! Si tu en mange assez, ton corps va commencer à sentir comme ça ! »

« …Ce n’est pas exagérément faux dans tous les cas ? »

« D’accord. Si tu dis ça. »

« “Si tu dis ça” ? Korin ? L-me crois-tu en train de mentir ? »

« N-non ~. Bien sûr que non ~ »

« Ughh… ! »

Esquissant un sourire, je changeai de sujet.

« Huu~. Enfin l’air frais. »

La première aire de service à laquelle nous avions décroché ressemblait à celles qu’on retrouve souvent sur les autoroutes, tandis que celle-ci était entourée d’un petit village.

Les vendeurs de nourriture et d’objets venus servir les voyageurs et les mécaniciens chargés de l’entretien des chars s’étaient installés petit à petit, formant progressivement un véritable hameau.

« J’ai un peu faim. On y va manger ? »

« Je connais de bons restos ! »

« Tu viens souvent par ici ? »

« C’est notre gare de correspondance après tout ! »

« Une gare de correspondance ? »

Situé à l’entrée des plaines du Sud, le terme « correspondance » était quelque peu étrange. Tous les chars transitant par cet endroit devaient impérativement faire halte dans la plus grande ville du Sud, Reif City, ce qui demandait huit heures supplémentaires de trajet.

« Si tu regardes par là-bas~ tu verras la zone de transfert qu’on va utiliser ! »

Marie désignait une parcelle vide tenue par des dizaines d’employés occupés à circuler partout. Une différence notable, selon moi, résidait dans le fait qu’on y retrouvait des wyvernes attachés.

« C’est une aire d’atterrissage pour wyvernes ? »

« Ouais ! On rentre directement chez nous en wyvern. »

« Ahh~ Je vois. »

Les wyvernes constituaient un moyen de transport que j’utilisais souvent, même lors de la dernière boucle. Elles étaient incroyablement plus rapides que les chars et représentaient clairement la meilleure option pour traverser les plaines rurales peu développées.

Cependant, louer un cavalier wyvern coûtait une fortune, nous ne pouvions donc pas en abuser régulièrement. Pour nos déplacements en équipe, nous devions en engager 2 ou 3 simultanément, ce qui revenait prohibitif.

Une fois, face à une situation critique, nous avions dû recruter une escouade de 12 wyvernes pour transporter tous nos compagnons… Sacré nom, même ce M. Park avait frémi devant le montant de la facture.

« Combien ça coûte par ici ? Un aller-simple doit faire dans les 30 pièces d’argent, non ? »

« Hein ? Non ! Ma famille nous enverra un wyvern ! Parce que j’en attrape toujours un ici ! »

« Waouw… »

Sa famille possédait un wyvern ? En y réfléchissant, Marie venait d’une famille d’agriculteurs. J’avais entendu parler de riches fermiers disposant de vastes domaines utilisant des wyvernes pour irriguer leurs récoltes.

Voilà comment arroser des champs comme un dur à cuire, en utilisant des wyvernes.

« Senior Marie. Vous aviez dit que vous veniez d’une famille d’agriculteurs, n’est-ce pas ? »

« Ouais. Alors ? »

« Comme vous disposez aussi d’un wyvern, j’imagine que vous possédez une vaste propriété. C’est exact ? »

« Mmh… C’est assez immense. »

Elle se gratta la joue, gênée. N’étant pas du genre à vanter ses richesses habituellement, elle semblait timide à l’idée de se glorifier de sa fortune.

« Veuillez m’excuser si cela manque de respect, mais quelle superficie représente votre terrain ? J’ai entendu parler des cultivateurs arrosant leurs champs avec des wyvernes, mais l’histoire me semblait relever d’un autre monde. »

« Euh… Je ne sais pas exactement. Peut-être environ 2 millions ? »

2 millions ? Waouw~. C’est dingue. À titre de comparaison, je vivais dans une maison de moins de 50 mètres carrés sur Terre.

« 2 millions de mètres carrés ? …C’est absurde. »

2 millions de mètres carrés… Une telle étendue de terre échappait complètement à mon imaginaire. Marie s’avérait effectivement d’une richesse considérable.

« 2 millions de mètres carrés ? Euh… l’unité est légèrement différente. »

« Heu ? »

« Ce n’est pas des mètres carrés… Ce sont des hectares. »

« …… Heu ? »

« 2 millions d’hectares. »

Donc…

Environ 20 milliards de mètres carrés.

Tandis que mon esprit tournait en bourdonnant autour de ces chiffres sidérants, un groupe de wyvernes approchait de loin de l’aire d’atterrissage.

Chapitres avancés disponibles sur notre site, illustrations sur notre Discord – discord.gg/genesisrls

Swipez pour naviguer

Commentaires

0/2000

Aucun commentaire pour l'instant. Sois le premier à en laisser un.