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I Don’t Want to Become a Villainess, So I Aim at Becoming a Perfect Lady Together with the Prince!

Chapitre 15 : Luke

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Chapitre 15

Chapitre 15 : Luke

Chapitre 15/5826%~12 min de lecture2 246 mots

Par un jour de froid où la neige s'amoncelait.

J'ai été sauvé par une déesse.

Cela est arrivé d'un coup.

Mon père, ma mère et moi. Nous vivions heureux dans un logement ouvrier, pauvres comme nous l'étions, quand le malheur nous est tombé dessus.

Mes deux parents ont contracté une maladie contagieuse et se sont alités.

Je n'avais que huit ans à l'époque, mais je les ai soignés avec l'énergie du désespoir. Mes parents ne pouvaient plus bouger à cause du mal, alors je n'avais pas d'autre choix que d'agir moi-même.

Je n'ai pas fait venir de médecin. Non, il serait plus juste de dire que je ne le pouvais pas.

Parce qu'il n'y avait pas un sou de trop à la maison. Mes parents travaillaient dur, et c'était tout juste assez pour nourrir trois bouches. Comment aurais-je pu réunir de quoi payer un médecin ?

Je ne pouvais que m'excuser auprès de mon père et de ma mère, qui maigrissaient de jour en jour : « Je suis désolé. »

Puis l'argent pour acheter à manger s'est épuisé.

Dès lors, je n'avais plus le choix : il fallait travailler. Je me disais que n'importe quel emploi ferait l'affaire et j'ai fait le tour des maisons, mais un garçon de huit ans ne trouve pas grand-chose. J'ai vendu des fleurs dans la rue, porté des bagages, fait le commis dans une gargote — je ne gagnais qu'un salaire de misère.

Avec cet argent, j'achetais de la nourriture et la donnais à mes parents, en me servant en dernier. J'ai tenu ainsi environ six mois, en vain : mes parents sont morts.

Les larmes ne sont pas venues. Elles s'étaient déjà taries.

Plutôt que de penser « j'ai de la peine, cela fait mal », j'ai pensé : « Ah, je n'aurai plus à m'occuper d'eux. » Parce que six mois, c'est long.

Six mois durant, j'ai pris soin de mes parents et de moi-même, entièrement seul. Moi qui n'avais que huit ans.

C'était une réalité trop douloureuse, trop dure.

Alors il était sans doute inévitable que je pense « je n'aurai plus à m'occuper d'eux ». Mais je n'ai pas pu me le pardonner.

Je me suis senti souillé d'avoir seulement songé à cela au sujet de ceux qui m'avaient mis au monde et élevé, et je me suis pris en dégoût. Et à cet instant, les larmes ont coulé.

Sans argent, je n'ai pas même pu offrir une tombe à mes parents. Je les ai fait ensevelir dans la fosse commune de l'église avec l'aide des voisins, et tout a été fini.

À l'intérieur de la maison exiguë.

Elle m'avait paru exiguë jusque-là ; soudain, elle semblait immense. On aurait dit une coquille vide, et un frisson m'a parcouru.

— Ah, je suis seul au monde.

D'un coup, la réalité m'a frappé.

Je n'avais jamais entendu parler d'un parent sur qui compter. Autrement dit, j'étais véritablement devenu seul.

— Comment vais-je vivre, désormais ?

Il n'y avait pourtant qu'une seule voie possible.

J'avais beau avoir vieilli — j'avais neuf ans à présent —, je ne me sentais pas capable de plus qu'avant. Il me faudrait continuer à survivre tant bien que mal, comme avant, en enchaînant des besognes qu'on pouvait à peine appeler du travail, et en recevant des gages donnés par pitié.

Tout de même, comparé à l'époque où je devais nourrir trois personnes, ne serait-ce pas bien plus facile ?

Je parviendrais à me nourrir moi-même.

À peine l'avais-je pensé qu'une voix s'est élevée dehors. Dans ce logement ouvrier à l'isolation quasi inexistante, on entendait clairement les bruits d'à côté et de la rue.

« Ouvrez, je vous prie. »

C'était la logeuse qui m'appelait, semblait-il. Je me suis empressé d'ouvrir la porte d'entrée. La logeuse, plus âgée que ma défunte mère, m'a regardé et m'a dit d'un ton compatissant mais ferme :

« Je suis désolée. Cela fait longtemps que tu es en retard sur ton loyer. »

« Pardon ? »

En entendant le mot « loyer », j'ai cligné des yeux. La logeuse a baissé les sourcils : « C'est bien ce que je pensais, tu ne savais pas. »

« Ce logement est loué. Nous le prêtons contre un versement mensuel convenu. Je n'aime pas dire cela à un gamin comme toi, mais. Ton loyer est en souffrance depuis à peu près le moment où tes parents sont tombés malades. Je ne suis pas un monstre. Je me suis dit que tu pourrais payer une fois les choses arrangées, alors j'ai attendu sans rien dire. Seulement, ils sont morts tous les deux. »

« … Oui. »

Ma voix était sèche et rauque. Je devinais vaguement ce qu'elle allait dire ensuite.

« Si tu ne peux pas payer le loyer, je crains de devoir te demander de partir. »

Les mots étaient exactement ceux que j'attendais, mais j'ai dit avec désespoir :

« A-attendez, je vous en prie. Si l'on me chasse d'ici, je n'aurai nulle part où vivre. »

« C'est bien ce que j'ai attendu. Pendant plus de six mois. Je ne tiens pas une œuvre de charité, tu sais. Si je ne touche pas d'argent, je veux louer à quelqu'un d'autre qui paiera correctement. Ou bien es-tu en train de me dire que tu peux payer le loyer ? »

« C-c'est que… »

J'étais désemparé devant cette perspective terrifiante, survenue au moment où je croyais n'avoir plus qu'à gagner de quoi manger.

La logeuse a dit sans pitié :

« Si tu veux continuer à vivre ici, il faudra aussi payer l'arriéré. Mais à te voir, c'est sans doute impossible. Alors va-t'en, je te prie. Si tu acceptes de partir sans faire d'histoires, je te tiendrai quitte de l'arriéré. »

« … »

Ce que la logeuse proposait était sans doute exceptionnel. Il me suffisait de partir pour n'avoir pas à payer l'arriéré. Pour quelqu'un sans le sou, c'était une offre à en pleurer de gratitude.

Seulement, si j'acceptais, je n'aurais nulle part où vivre.

Alors que je n'ai personne sur qui compter. Alors que je n'ai pas le moindre parent. Que ferais-je si je perdais mon toit ?

« … Oui. J'ai compris. Merci pour tout. »

« Ah, tant mieux ! Tu es un enfant compréhensif et intelligent. Je t'en remercie ! »

Au bout du compte, ce qui est sorti de ma bouche, c'est le mot « partir ».

Parce que je n'avais pas l'argent pour continuer à vivre ici. Il n'y avait, depuis le début, aucun choix que je pusse faire.

Ce qui a suivi est très flou.

Peut-être était-ce trop douloureux, et mon cerveau a-t-il refusé de le retenir.

J'ai pris le minimum de mes affaires et j'ai quitté la maison. Je n'avais nulle part où aller, alors j'ai simplement marché.

Je cueillais des fleurs, je les vendais, et je parvenais à acheter de quoi manger pour la journée.

Ce qui était le plus dur, c'était la nuit.

Dans la rue glacée, je m'adossais à un mur pour passer la nuit. C'était l'hiver. Je m'étais habillé aussi chaudement que possible avant de partir, mais un manteau bon marché n'arrête pas grand-chose du vent.

« Atchoum ! »

J'avais attrapé froid, semble-t-il. Mais personne ne s'inquiétait pour moi.

Évidemment. Puisque j'étais seul au monde.

Un orphelin dont personne n'avait la charge.

─────

Une semaine environ s'était écoulée depuis qu'on m'avait chassé de chez moi.

J'étais au bout de tout. Ne pas avoir d'endroit où reposer son corps était bien plus dur que je ne l'imaginais. L'hiver rigoureux n'arrangeait rien.

Rester assis par terre ne me rendait pas mes forces, alors je priais chaque jour pour que le jour se lève.

« Haa… Ahh… »

Je marchais en traînant les pieds.

La malchance s'en est mêlée.

Il avait neigé la nuit précédente. La neige n'avait pas cessé au matin, et une fine couche s'était accumulée sur la route.

La neige fondue traversait les semelles minces de mes chaussures. Le froid mordant me tirait des larmes.

J'avais perdu le baluchon que j'étais parvenu à garder jusque-là.

Je n'avais plus rien. Je marchais sans destination.

« Vais-je… mourir ? »

Mes forces m'ont lâché et je me suis effondré sur place.

Grâce à la neige accumulée, je ne me suis pas blessé, mais je n'avais plus la force de me relever. La neige froide et le vent me volaient ma chaleur. Tout mon corps me faisait mal.

— J'aimerais pouvoir mourir sans souffrir.

J'aimerais fermer les yeux et ne jamais me réveiller.

J'en ai fini avec la douleur et le froid.

C'est ce que je me suis dit en fermant les yeux. Maintenant, je pouvais être en paix. Voilà ce que je croyais.

« — Eh bien, quel spectacle disgracieux. J'aimerais qu'on évite de mourir devant chez moi. »

« ? »

À cette voix venue d'en haut, mon corps a tressailli. Quelqu'un me regardait-il ?

Rassemblant le peu de force qui me restait, j'ai tourné le visage vers le son. Une jeune fille d'une beauté sans égale me toisait.

Elle portait un manteau épais, d'aspect bien chaud. Ses pieds étaient chaussés de bottes fourrées.

C'était une fille de noble.

Une de ces présences qu'on croise parfois en ville, nettement distinctes des roturiers.

Tout en elle, des vêtements jusqu'à l'aura, différait de nous.

Et une telle fille de noble me dévisageait avec attention.

« Oh, je te croyais mort, mais tu es vivant. »

« Ah… ngh… »

« Tu es sale, tu sais. Oh, mais en regardant de près, tu as un beau visage. Hmm. »

Après m'avoir scruté, la jeune fille a frappé dans ses mains avec un air ravi.

« Voilà ! Faisons cela ! Dis-moi, toi, t'effondrer ici de la sorte signifie qu'on t'a chassé de chez toi ou que tu es orphelin. Dans un cas comme dans l'autre, tu n'as nulle part où aller, n'est-ce pas ? »

« ! »

Les mots qu'elle lançait avec légèreté étaient vrais, mais ils m'ont transpercé le cœur. J'ai tout de même hoché faiblement la tête.

Elle a souri en disant « C'est bien ce que je pensais », puis a ajouté : « Dans ce cas. »

« Peux-tu jurer de devenir mon majordome et de me servir jusqu'à la fin de tes jours ? Tu n'auras le droit de désobéir à aucun de mes ordres. Si tu peux le jurer, je te sortirai du fond où tu te trouves. »

« Comment… »

Il m'a fallu quelques secondes pour saisir ce que cette fille venait de dire.

Qu'est-ce que cette fille venait de dire ?

Me recueillir ? Moi, dans cet état ? Était-ce une plaisanterie de noble ?

Le visage de la jeune fille, tandis qu'elle me regardait, semblait amusé, mais sérieux.

Ce n'était donc sans doute pas un mensonge. Mon esprit était trop épuisé pour juger normalement des choses, mais j'ai compris que si je laissais passer cette chance, je mourrais pour de bon.

J'ai hésité un instant.

Jusqu'à l'instant d'avant, je voulais mourir. Mais si elle allait vraiment me sauver.

Ah, je me serais accroché au diable lui-même.

« Je le jure. Alors… sauvez-moi, je vous en prie. »

« Fort bien. Alors, à partir d'aujourd'hui, tu m'appartiens. »

Mes mots désespérés ont été accueillis avec aisance.

La jeune fille est entrée dans le manoir qui se dressait devant elle et en a aussitôt ramené plusieurs domestiques.

« Portez cet enfant à l'intérieur, occupez-vous de lui et faites-le soigner. Il sera mon majordome personnel. »

« Mademoiselle, mais… »

« C'est décidé. Auriez-vous une objection ? »

« … Non. »

Devant ce mot sans appel, les domestiques ont courbé la tête.

Ils m'ont porté dans le manoir, m'ont conduit à une salle de bains, m'ont soigné et m'ont fourni des vêtements plusieurs fois plus chauds que ceux que je portais. On m'a donné à manger, et même une chambre à moi.

« … Est-ce bien normal ? Un traitement pareil… »

La chambre qu'on m'avait attribuée faisait à peu près la taille du logement ouvrier où j'avais vécu. À l'intérieur, il y avait un lit moelleux, un bureau, une chaise, et même une cheminée, chose que je n'avais jamais vue là-bas.

Je n'arrivais pas à croire au traitement exceptionnel qui venait de m'être accordé. Comme j'écarquillais les yeux, le domestique qui m'avait mené à la chambre a dit :

« Tu n'es pas le seul à être traité ainsi. Dans ce manoir, tous les domestiques travaillent aux mêmes conditions. Il est d'usage de fournir une chambre particulière au majordome personnel. »

« Vraiment… »

« N'oublie pas la faveur que tu as reçue. Sans le caprice de Mademoiselle, tu serais mort à coup sûr, tu sais ? »

« … Oui. »

J'ai hoché la tête sincèrement.

Je n'avais pas besoin qu'on me le dise. Je savais mieux que quiconque que je serais mort si elle ne m'avait pas sauvé.

« Mademoiselle est capricieuse et égoïste, mais elle ne lève la main sur personne. Quoi qu'il arrive, ne désobéis pas à ses ordres. Compris ? »

« Oui. »

Ne pas être frappé était un soulagement. Dans les petites besognes que j'avais faites çà et là auparavant, recevoir des coups de poing ou de pied n'avait rien d'exceptionnel. Rien que cela me faisait me sentir chanceux.

« Je vous servirai de tout mon cœur. »

J'ai décidé d'employer pour elle cette vie qui m'avait été rendue.

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