« Et alors, kouahaha ! C'est ce qu'ils ont dit ! »
« Hey, impossible ! Tu mens, non ? Pouahaha ! »
Les garçons feu tricolore ricanaient ensemble, parlant de quelque chose.
« Hey, regardez ! On a l'air d'être les premiers ! Y a personne ici ! »
« Oooooh, on dirait qu'on a acheté l'endroit en entier ! »
« Kouahaha ! Je suis libre ! »
On aurait dit qu'ils étaient les seuls dans le hall. Sans se rendre compte que je les observais, ils se mirent à faire des choses de plus en plus bizarres.
« Hey, hey ! Alors hier, pendant le cours de magie pour débutants, j'ai entendu un truc super cool. »
« C'est quoi ? »
« Alors, quand on veut renforcer notre magie de feu, il y a un certain type d'air dont on a besoin — et il est dans notre corps ! C'est pas cool, ça ? Et le mieux, c'est que c'est nos pets ! Kouahahahaha ! »
« Hahahahaha ! Wahahaha ! »
Les trois se tenaient le ventre en riant, mais ce n'était pas drôle alors je n'ai pas ri.
« Hey, on est les seuls ici. Vous voulez tester ? »
« Hahaha ! Vas-y ! T'es un dingue complet ! »
« Vas-y, vas-y ! Je sais faire un peu de magie de feu ! »
Le vert a essayé de rendre son déjeuner d'avant. D'après sa pose, on aurait dit qu'il allait pas seulement expulser de l'air, mais le contenu de son estomac aussi. S'il vous plaît, pourquoi est-ce que j'ai dû voir un truc pareil ? J'ai vite posé mon jus de raisin gelé.
Quels que soient mes sentiments pour l'instant, ces garçons feu tricolore testaient une blague dangereuse (et dégoûtante). Celui qui allumait le feu était le roux.
RIIIIIIIIIIIIIIIP !
Le bruit, l'odeur et le feu se sont synchronisés tandis que le feu brûlait. C'était la plus forte magie de feu que j'aie jamais vue jusqu'à ce moment. Le vent a soudain soufflé, chassant la poussière du hall vers moi, mais j'ai ressenti quelque chose d'étrange. Quand le vent s'est dirigé vers moi, j'ai vite retenu mon souffle.
Le prince, qui s'était assis à côté de moi sans que je m'en rende compte, m'a posé une question. Dans sa main se trouvait un objet magique de vidéo.
« Peut-être… m'observais-tu avec un regard similaire ? »
Le prince se pinçait le nez, donc sa voix sortait super nasillarde.
Quand j'ai hoché la tête, le prince a juré.
« Merde. »
Un froncement se forme tandis que mon corps souffre. Debout devant le miroir, je relève légèrement mon haut, la peau en dessous est bleue.
Je ne peux m'empêcher d'être impressionné. Ça fait si longtemps que je ne me suis pas fait battre comme ça. Je ne crois pas avoir été frappé autant depuis que j'ai appris l'épée pour la première fois.
Honnêtement, c'était parce que je m'entraînais pour ne pas me faire frapper.
Je suis sûr d'avoir refusé les plans d'entraînement originaux de Charine.
Mais en duel, on dirait qu'on suit ses plans sans s'en rendre compte. Quand sa magie me frappait, je devenais incroyablement faible, et elle devenait plus forte en retour. Quand je pensais avoir rattrapé sa vitesse, elle récitait une sorte de formule magique, et son pattern changeait. Elle se mouvait vite et lentement, et frappait puissamment et souplement à tour de rôle. Elle avait brisé mon opinion que les hommes seraient meilleurs à l'escrime.
Ses mouvements me faisaient penser que l'escrime convenait mieux aux femmes — elle était si rapide, et se mouvait comme l'eau.
Puis un jour, je suis tombé sur elle en train de s'entraîner seule. Elle suivait un régime d'entraînement devant lequel d'autres auraient râlé et abandonné sans un mot. Grâce à ça, j'ai pu apprendre que le sexe n'avait pas d'importance. Seule comptait l'effort fourni.
Honnêtement, Charine avait beaucoup de points faibles si on regarde son escrime seule, mais la synergie entre sa magie et son escrime formait une combinaison efficace.
Puisqu'elle était bien plus douée en magie qu'à l'épée, j'ai demandé pourquoi elle ne prenait pas cette voie. Elle a dit qu'elle voulait entrer dans l'Ordre des Chevaliers parce qu'on lui donnerait un titre et un salaire régulier. Réponse étrange.
« Charine West. »
J'ai pensé à la fille aux cheveux orange que j'ai rencontrée après être entré à l'Académie. Pour être complètement franc, on s'était déjà rencontrés avant.
Notre première rencontre était mauvaise. C'était ma faute d'avoir essayé de lui piquer une épée qu'elle avait réservée avant, mais c'était impardonnable de sa part de m'enfermer dans une boule bizarre et de me piétiner comme ça.
Ses yeux sans vie rendaient impossible pour moi de deviner ce qu'elle pensait, associés à son visage impassible. Les sourires qu'elle laissait échapper étaient tous moqueurs. On a le même âge, mais elle parle comme si elle en avait quatre-vingts et c'est une réaliste absolue. C'est la quintessence du pessimiste, et elle n'a aucun rêve ni espoir.
'Dans ce monde, il y a beaucoup de gens talentueux. Cependant, il y a moins de gens qui acceptent que la triche peut être utilisée comme stratégie, puis utilisent cette connaissance pour s'améliorer.'
Alors qu'elle n'hésite pas à balancer des mots horribles et des moqueries, elle a l'air de vérifier mon humeur. Ses mots réalistes me rassuraient.
Pour être honnête, je pensais pouvoir avoir un peu de fierté en tant que prince, mais après l'avoir rencontrée, j'ai appris pour la première fois que ma fierté pouvait être un poison.
Quand je l'ai rencontrée pour la première fois en ville, je l'ai trouvée juste impolie, avec un comportement froid et distant. Mais en apprenant à la connaître, elle avait aussi un côté chaleureux.
Charine a l'air de me regarder comme un petit frère.
Honnêtement, j'aime pas trop ça. Mais je n'ai pas de plaintes parce qu'elle prend soin de moi tout autant. Je me demande si c'est comme ça qu'on se sentirait si on avait un grand frère ou une grande sœur.
« Votre Altesse, vous acquérez des compétences vraiment vite. Vous venez de battre mon pattern d'attaque, qui m'a pris plusieurs jours et nuits, juste comme ça. C'est pour ça que les gens talentueux sont….. tut. »
C'était l'assortiment d'injures et de compliments du jour.
En tant que prince, j'ai toujours droit à des compliments. Mais étrangement, les compliments que je reçois d'elle me rendent vraiment heureux. Peut-être parce que je suis accepté par quelqu'un dont je ne m'y attendais pas. Ou peut-être parce que la personne qui me complimente est celle qui m'a brisé la fierté en deux. Ou peut-être parce que c'était Charine qui me complimentait.
Elle a attrapé mes moments embarrassants, et elle a été témoin de tout ce que j'aurais préféré cacher, mais grâce à elle il semblait que je sois devenu moins embarrassant ces temps-ci. Je pouvais regarder ces trois idiots aux cheveux colorés là-bas et voir à quel point j'étais embarrassant avant.
Je la trouvais agaçante au début, mais maintenant je pense que les sentiments que j'éprouve pour elle sont bien plus doux que ça.
Si je regarde Hestia, son amie, je me sens nerveux et j'ai envie de m'en approcher. Quand je vois Charine, je ressens du plaisir et de l'aisance.
Cory m'a regardée, puis a tourné la tête.
« C'est noté. »
Sur ce, Cory a baillé et s'est endormi.
Cela faisait un moment que j'étais arrivée à l'Académie Augran, et j'avais l'impression de m'être habituée à l'école.
Quand on a eu cours ensemble, le professeur de la classe Jaune nous a tendu à chacun une feuille de papier. Je l'ai fixée dans ma main.
C'était un formulaire de demande de club. Voir le mot « club » me faisait vraiment sentir que j'étais à l'école.
C'était presque impossible de comparer les écoles coréennes au programme de l'Académie. Mais entendre que je devais rejoindre un club me mettait à l'aise.
J'ai survolé le formulaire. Sans blaguer, l'Académie semblait avoir des centaines de clubs parmi lesquels choisir.
Le formulaire de demande de club était séparé en deux pages. Quand j'ai retourné ma feuille, j'ai compris pourquoi.
« On peut créer son propre club si on est deux ? »
Cette Académie avait bien trop d'argent. Ils laissaient les gosses s'en tirer avec trop de choses, me suis-je dit. C'était trop facile de former un club. Il suffisait de trouver quelques personnes, puis de rendre une feuille de papier. À cause de ça, il y avait des clubs de tous types.
Par exemple, il y avait un « Club du comptage sur les doigts », et un « Club « Exister en respirant » ». J'ai lu les conditions des clubs, puis j'ai trouvé quelque chose de raisonnable.
« Les clubs aux faibles performances seront dissous ? »
Plus les clubs parvenaient à performer, plus ils recevaient d'argent. L'un des clubs les plus populaires, le Club de théâtre, recevait apparemment 20 pièces d'or par mois. Les clubs plus traditionnels, de longue date, pouvaient soumettre leurs propres documents expliquant combien d'argent ils auraient besoin, et l'école les vérifiait et leur donnait l'argent comme demandé. C'était une proposition incroyable.
Alors, j'ai décidé de créer mon propre club.