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I Don't Want to Be a Lady

Chapitre 1 : Le gâteau d'anniversaire

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Chapitre 1

Chapitre 1 : Le gâteau d'anniversaire

Chapitre 1/1100%~12 min de lecture2 300 mots

Aujourd'hui, comme toujours, je n'ai eu ni petit-déjeuner ni déjeuner.

Malgré tout, c'est mon anniversaire...

Ils me donneront bien un dîner.

J'étais assise seule dans une chambre sombre, sans une seule bougie allumée. Au bout d'un moment, Madrenne et d'autres servantes entrèrent en portant quelque chose.

« Mademoiselle, avez-vous attendu longtemps ? Regardez ce que nous avons apporté. »

Mes yeux s'écarquillèrent, alors que je venais de détourner le regard d'un air maussade.

Il y avait dans les mains de ma servante, avec son sourire éclatant, une chose que je n'avais jamais vue...

Un gâteau ?

Onze bougies étaient plantées sur le gâteau couvert de crème blanche, et la lumière jaune des bougies éclairait la chambre obscure.

Comme c'est joli...

Ces lumières étaient réellement belles et chaudes.

Je m'avançai sans m'en rendre compte, comme guidée par la lumière.

Il y eut une petite ondulation, comme une goutte de chaleur tombant dans mon cœur, aussi sombre et immobile qu'un lac glacé.

« Ceci... c'est pour quoi ? »

« Aujourd'hui, c'est le onzième anniversaire de Mademoiselle. C'est notre petit cadeau pour Mademoiselle. »

Un cadeau.

Alors que j'étais sur le point d'éclater en sanglots, je me retins et fixai le gâteau. C'était parce que je suis une enfant qui ne doit pas pleurer.

« Eh bien... merci... »

J'essayai de ne pas le montrer, mais ma voix sortit enrouée.

J'étais bouleversée. Je me disais que je pouvais bien pardonner tout ce dont ils m'avaient tourmentée et pour quoi ils m'avaient ignorée pendant tout ce temps. À dire vrai, j'avais soif d'affection à ce point-là, au point d'être ébranlée par un simple gâteau.

« Allons, Mademoiselle, il faut souffler les bougies. »

« Ah, c'est vrai. Comment est-ce que je dois faire ? »

« Approchez vos lèvres de la bougie et soufflez, comme ça : fouuu~ »

« Fouuu~ »

Après avoir soufflé les bougies, ils me mirent une fourchette dans la main en me disant de goûter le gâteau tout de suite.

« Je ne dois pas m'asseoir pour le manger ? »

La servante me dit, comme j'hésitais : « Eh~ Mademoiselle, il n'y a que nous. Goûtez donc tout de suite~ Nous l'avons préparé de tout notre cœur. »

« Ah... oui. »

Je hochai la tête.

Ce n'était qu'un gâteau. Ne voulant pas mépriser leur sincérité, je pris aussitôt un gros morceau de gâteau à la fourchette et le mis dans ma bouche.

Le goût d'un gâteau que je mangeais pour la première fois de ma vie...

« Aaargh !! »

...me donna la nausée.

Quoi ? Mais... qu'est-ce qu'ils ont bien pu mettre là-dedans ?

L'odeur écœurante, que je sentis sans même avoir mâché, me donna immédiatement envie de vomir. Mes yeux se portèrent sur le gâteau. Je voyais quelque chose de noir à l'intérieur de l'endroit que je venais de creuser à la fourchette.

De la nourriture avariée ? Non... des déchets ?

Alors, comme s'ils n'attendaient que cela, ils éclatèrent de rire.

« Hahaha. »

« Hahaha~ Oh mon Dieu, regardez-moi ça. Je crois qu'elle a vraiment été touchée par le gâteau. Est-ce qu'elle sait ce que c'est, être touchée, quand on appartient à la famille des Bornes, dont on dit qu'ils ont le sang bleu ? »

« Mademoiselle ! Comment trouvez-vous le gâteau ? »

Je les fixai sans rien dire, eux qui riaient comme s'ils allaient mourir de rire.

Est-ce... est-ce qu'ils ont fait ça juste pour se moquer de moi ?

C'était le premier gâteau d'anniversaire de ma vie.

Jamais dans ma vie je n'avais été émue au point que mon cœur en tremble. C'était aussi la première fois que je recevais quelque chose de quelqu'un...

La déception, la tristesse et la colère m'engloutirent. Et alors.

« Hmpf, à quoi ça sert d'être noble ? Ce que Mademoiselle fait, nous pouvons le faire aussi ! Mademoiselle va vivre comme ça toute sa vie et se faire vendre à un vieux noble. Vous le savez, ça ? »

Je... je vais être vendue ?

Clac.

Ma raison fut tranchée net par les derniers mots de cette femme. Et la nature que j'avais tenté d'écraser et d'endurer ouvrit les yeux.

Han !

« Kyaa ! Quoi ! Qu'est-ce que c'est ! Lâchez mes cheveux ! »

J'attrapai les cheveux de Madrenne, la plus proche de moi, et je secouai.

J'avais enduré jusque-là parce qu'être ignorée et négligée était mon quotidien. Non, il serait plus juste de dire que je subissais cela depuis un âge si tendre que l'idée de me révolter ne m'était même pas venue.

Mais donner puis reprendre était une tout autre affaire.

J'avais beau endurer les mauvais traitements et le mépris par crainte de mon père, je n'étais pas assez faible pour endurer une chose pareille. Cela me donnait plutôt un sentiment atroce, de penser que j'avais enduré jusqu'à maintenant. En tout cas, il fallait que je fasse payer tous ceux qui avaient blessé mon cœur tendre.

J'étais plus petite et plus maigre que Madrenne, mais ma colère suffisait largement à combler la différence.

« Aïe ! Mademoiselle ! Lâchez ça ! Qu'est-ce que vous faites ! Tenez votre rang ! »

« Tu devrais tenir le tien aussi. Vous êtes toutes mortes, aujourd'hui ! »

Après avoir arraché une poignée de cheveux à Madrenne, j'attrapai les cheveux de la servante à côté d'elle.

Elles peuvent bien m'ignorer autant qu'elles veulent, je reste la fille aînée du comte Bornes. Je reste une noble, et mon père ne pourrait jamais tolérer que ma belle apparence soit abîmée.

« Aaah ! Lâchez ça ! »

Ainsi, tandis que je les mettais en pièces, elles ne pouvaient que crier sans oser toucher mon corps. À cet instant, les trois servantes quittèrent la chambre et coururent quelque part.

« Monsieur ! Mademoiselle nous a arraché les cheveux et a fait un scandale ! »

Les yeux violets et froids du comte Bornes se tournèrent vers la servante qui dénonçait la faute de sa fille. La servante n'avait apparemment aucun doute qu'il punirait son propre enfant.

« Tu oses accuser ta maîtresse, et venir jusqu'à m'en parler. Qu'on lui coupe la langue sur-le-champ et qu'on la jette dehors. »

« Pardon ? »

Le visage de la servante devint blanc devant l'ordre soudain de son maître.

Le comte Bornes foudroya du regard les servantes derrière elle, d'un coup d'œil d'avertissement qui signifiait qu'elles savaient ce qui arriverait si elles se déchaînaient encore sans connaître leur place.

Les autres servantes venues avec elle baissèrent la tête, terrifiées que la même chose leur arrive.

En réalité, pour le comte Bornes, je n'avais qu'à entretenir mon image de bel ange. Il se souciait peu de ce que je faisais dans la maison, du moment que je lui obéissais.

« Monsieur ! Juste une fois ! Pardonnez-moi juste cette fois ! Je vous en supplie ! »

La servante pleura à grands cris tandis qu'on la traînait dehors, mais ce serait bientôt son dernier cri.

C'était le résultat d'avoir oublié que le comte avait beau se désintéresser de sa fille, il n'était pas homme à laisser passer l'insolence de ses domestiques.

Après ce jour, les serviteurs ne purent plus me traiter avec négligence.

Je réfléchis en me plongeant dans un bain chaud pour la première fois en onze ans.

J'aurais dû leur arracher les cheveux plus tôt.

Je compris que si je me remettais à être patiente là-dessus, je serais la seule à me sentir lésée et traitée injustement.

En tout cas, avec cela, l'ordre hiérarchique au sein de la famille venait d'être redéfini. Ma place ne venait qu'après celle du comte Bornes.

Il était temps que je fasse la leçon à ces domestiques arrogants. Je devais leur dire clairement qui j'étais et ce dont j'étais capable.

« Tout le monde, à genoux. »

C'est ainsi que je mis quelques domestiques à genoux, et depuis lors, mes choix n'ont plus été affaire de bien ou de mal. Je décidais et j'agissais que cela leur plaise ou non, et personne n'osa plus me contrarier, hormis mon père.

Je n'obéissais qu'à mon père et je vivais en feignant de ne pas savoir penser, comme une poupée. Mais ce n'était que mon apparence extérieure.

Dans quelques jours, je deviendrai adulte en atteignant mes dix-huit ans.

─────

« Nous vous remercions vivement d'être venue en personne aujourd'hui, dame Arianne. »

Je regardais avec indifférence l'homme devant moi, qui me frottait la main sous prétexte d'un baiser sur le dos de celle-ci.

« Monsieur le directeur, un instant. Quelqu'un souhaite vous parler. »

Un employé de l'orphelinat venait de le trouver. L'homme, qui me frottait la main depuis bien trop longtemps pour une salutation, fit claquer ses lèvres comme s'il le regrettait et lâcha enfin ma main.

L'employé, qui détaillait la femme devant lui, dit : « Revenez donc la semaine prochaine, Mademoiselle. »

Je tournai les talons sans répondre et quittai l'orphelinat. En arrivant à la voiture garée à l'entrée, je tendis mes gants à ma servante d'un geste crispé et dis : « Brûle-les. »

La servante ramassa les gants comme si cette scène lui était familière.

« Pfff, combien de temps est-ce que je vais devoir faire ça ? »

Alors un groupe de femmes qui m'avaient repérée se mit à s'agiter.

« Oh là là, regardez là-bas. C'est la demoiselle dont on parle. La demoiselle angélique de la famille du comte Bornes. »

« J'ai entendu dire qu'elle fait du bénévolat à l'orphelinat chaque week-end, et on dirait qu'elle est ici pour ça aujourd'hui. »

Mon humeur s'assombrit plus encore aux mots de ces dames.

« Qu'est-ce qu'elles veulent dire, bon sang, avec cet ange ? »

Arianne Bornes. J'étais connue pour ma belle apparence et mon cœur angélique, mais dans les faits, cela se limitait à mon apparence.

Je n'avais aucune intention de faire le moindre bénévolat, comme de me porter au secours des gens ou de collecter des fonds pour bâtir un hôpital dans les quartiers pauvres, ainsi que le voulait la rumeur. Tout cela, c'était ce que mon père m'avait dit de faire. Je ne faisais qu'exécuter ses ordres.

Mon père, le comte Bornes, était le second fils d'une famille de barons sans pouvoir. Cependant, il était plein d'ambition, et avec sa belle apparence, il séduisit ma mère, la princesse Heilin. Le grand-duc Federut fit courir la rumeur d'une idylle entre sa fille et le plus bel homme du siècle, puis les maria pour couvrir la honte de sa maison.

Cependant, la vie conjugale ne se déroula pas sans heurts. Le comte Bornes commença à traiter froidement la princesse Heilin après avoir obtenu son titre. La princesse Heilin, qui croyait qu'ils s'aimaient, comprit qu'elle avait été trompée pour ce mariage et se retrouva enceinte alors qu'elle tentait de demander le divorce.

En se disant que si un enfant naissait, le comte prendrait soin d'elle et de son enfant, elle endura et me mit au monde. Mais le comte Bornes ne fut pas même ébranlé par son propre sang.

« Notre fille, je m'en servirai pour un mariage politique. »

Ce fut tout ce qu'il dit à ce sujet. Après avoir prononcé ces mots, il ne revint même plus la voir.

Puis... la comtesse s'en alla.

Après cela, le grand-duc Federut ferma les portes de son château et ne parut plus au-dehors. Le grand-duc, dont on disait qu'il était le pilier de l'Empire, disparut ainsi, et le pouvoir du comte Bornes commença à s'étendre.

Le comte Bornes était un scélérat célèbre dans tout l'Empire. Non content de pratiquer le prêt usuraire, il n'y avait aucun crime qu'il ne commît : enlèvement, intimidation, traite d'êtres humains.

Cependant, il connaissait aussi ses failles. Aussi s'efforçait-il de me faire paraître pure et noble.

Quelqu'un a dit qu'il faisait cela parce qu'il aime sa fille ?

Certainement pas : ce n'est que sa façon de se servir d'elle pour un mariage politique.

Qui voudrait devenir le gendre du comte Bornes ?

Je considérais tout cela comme inutile et comme une perte de temps et d'argent. Bien entendu, les dons destinés à l'orphelinat allaient retourner dans le coffre de mon père.

Personne ne croirait que le directeur de l'orphelinat est l'un de ses trafiquants.

Le directeur est un associé de mon père.

À l'instant où j'allais monter dans ma voiture, les dames rassemblées au bord de la route se remirent à s'agiter.

« Oh mon Dieu ! C'est la voiture du duc Kaien ! »

« Vraiment ? Où ça ? S'il montrait seulement son visage à la fenêtre... »

« Si je pouvais croiser son regard une seule fois, je ne souhaiterais plus rien d'autre... »

Je tournai la tête sans m'en rendre compte, en suivant le regard de ces dames. Peu après, une voiture noire d'un autre âge passa devant nous. Mes sourcils fins se froncèrent.

« Il existe des voitures luxueuses comme la nôtre, mais qu'est-ce que c'est que ça, bon sang ? »

Je soupirai en regardant la voiture fastueuse qui tranchait par contraste avec celle du duc. Grâce à mon père, qui aimait les choses chères et voyantes, je devais me déplacer dans cette voiture. Son goût était si affirmé que n'importe qui, dans la capitale, reconnaissait la voiture du comte Bornes.

Je dis au cocher : « Je suis intimidée à l'idée de rencontrer qui que ce soit, alors rentrons. »

J'employai ce prétexte pour rentrer vite à la maison, alors que c'était le seul moment où l'on m'autorisait à sortir.

Ce soir-là.

Comme d'habitude, je regagnais ma chambre après avoir pris mon repas seule. Le bruit de mes pas s'arrêta au son qui venait du bureau de mon père.

« J'ai enfin trouvé un bon parti pour elle. »

C'était la voix de mon père.

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