« Ce couteau de cuisine n'est vraiment plus très pratique. On dirait qu'il est temps de le remplacer. » En voyant cela, prit un ton d'excuse. À vrai dire, il y songeait depuis un moment — ce couteau, il l'avait forgé à ses tout débuts, et même si le tranchant restait correct, il le trouvait peu maniable.
En entendant ces mots, le frissonna.
Digne d'un aîné, des exigences pareilles pour un simple couteau à légumes !
Dire que ce couteau qu'il qualifiait de « peu pratique » était précisément ce que le avait désespérément convoité sans jamais pouvoir se le procurer. Aux yeux de l'aîné, il n'était même pas assez bon pour couper des légumes.
« L'aîné est bien trop modeste. Comment un tel couteau pourrait-il ne pas être pratique ? » Le ne put retenir un soupir. « Si seulement j'avais un couteau comme celui-là ! »
À ces mots, soupira lui aussi.
Il faut croire que la famille de ce vieil homme est vraiment pauvre, au point de ne même pas avoir un couteau de cuisine correct à la maison.
Sans grand talent culinaire, les mains de produisirent trois plats et une soupe, qu'il apporta à table.
Dès la première bouchée, les yeux du et ceux de s'illuminèrent.
Tous deux auraient juré n'avoir jamais mangé d'aussi bons plats de toute leur existence !
Devant leur expression, sourit et hocha légèrement la tête. En matière de cuisine, il avait tout de même une certaine confiance en lui.
Il avait beau être un paresseux, c'était par nécessité. La nourriture de ce monde n'était vraiment pas fameuse. À part le bol de nouilles au bœuf qu'il s'offrait de temps à autre en face de chez lui, n'avait d'autre choix que d'améliorer ses propres repas.
Cela dit, même pour ces nouilles au bœuf d'en face, avait enseigné deux ou trois choses au patron.
Une fois que et les autres eurent mangé et bu tout leur soûl...
Dans l'arrière-salle.
Le chien sauvage que avait assommé d'un coup de pied reprenait peu à peu connaissance.
« Aïe, ça fait mal. »
« Maudit mortel, attends un peu que je récupère. Je ne te laisserai pas t'en tirer comme ça ! »
Le chien grondait intérieurement, débordant de haine envers . Il se disait que non seulement il appartenait au clan du , mais qu'il était de surcroît le fils de l'Empereur-Démon Dévoreur de Cieux. Et pourtant, il avait été vaincu par un simple mortel — l'humiliation suprême.
Odieux, tellement odieux !
« Si n'avait pas fui le clan pour se faire grièvement blesser par des scélérats, me laissant avec moins d'un dixième de ma puissance, comment une chose pareille aurait-elle pu arriver ? »
« Attends un peu que je te retrouve. Je te déchirerai en huit morceaux ! »
Tout en ruminant, le chien finit par soulever les paupières.
Vlan, vlan, vlan !
À cet instant, d'innombrables éclats lumineux fusèrent vers lui, si éblouissants qu'il n'arrivait plus à ouvrir les yeux. C'était comme s'il se trouvait au milieu d'une mer de lames et d'épées.
Quand il parvint à forcer ses paupières, il découvrit qu'il était entouré d'innombrables armes.
« Ces armes... »
était sidéré, sa gueule allongée grande ouverte. Ces armes étaient toutes de grade Spirituel au minimum.
Grands cieux !
Le chien se mit à douter de l'existence même.
Même en tant que fils de l'Empereur-Démon Dévoreur de Cieux, il n'avait jamais vu autant d'armes de grade Spirituel, voire de grade Sacré !
Autant d'armes — sans parler de lui, même son paternel n'en avait sans doute jamais vu une telle quantité.
Plus incroyable encore, ces armes traînaient éparpillées comme de la ferraille. Qui pouvait donc être assez riche pour un tel gaspillage ?
« Non, ça ne colle pas. »
sembla remarquer autre chose. Toutes ces armes éparpillées sur le sol étaient en réalité des rebuts.
« Par tous les dieux. »
en fut encore plus abasourdi, incapable de retrouver son calme pendant un long moment.
Les rebuts étaient déjà de grade Spirituel — alors à quel niveau se situaient les pièces abouties ?
Il faut bien comprendre qu'un maître forgeron capable de produire des pièces achevées de grade Spirituel n'avait rien à voir avec un forgeron dont les rebuts étaient déjà de grade Spirituel. Le ciel seul savait quel genre de monstre était ce second forgeron !
Absolument terrifiant !
« Mais qui cela peut-il bien être ? »
« Et c'est quoi, cet endroit ? »
Profitant du peu de forces récupérées depuis son évanouissement, se releva péniblement et s'aventura prudemment au-dehors pour explorer.
Mais il posa par mégarde la patte dans la salle principale.
À l'instant même où il y pénétra, il sentit le ciel tourner et une pression écrasante s'abattre sur lui. Puis les peintures sur les murs de chaque côté se mirent à briller, et les images de dix-huit armes fusèrent vers lui comme si elles prenaient vie.
« Aouh ! »
poussa un hurlement en sentant ses pattes se dérober. Sans demander son reste, il fit demi-tour et détala.
Quelle horreur pouvait bien se dissimuler dans cette salle ? Il avait failli se faire dessus, à l'instant. Mais qu'est-ce que c'était que cet endroit, bon sang !
Pris de panique, il courut dans une autre direction et se faufila prudemment à l'intérieur.
« Ouf ! »
Il poussa un soupir de soulagement. Heureusement, rien d'aussi terrifiant par ici.
En revanche, il y avait du monde !
Et ce mortel s'y trouvait aussi.
Les yeux d' s'emplirent instantanément de haine. Il s'accroupit, prêt à bondir pour mettre en pièces cet exécrable mortel.
Non, attends.
Au moment critique, se retint. Manger avec ce mortel, c'était...